La théologie de libération du Père François Houtard

Le sociologue et prêtre catholique François Houtart est un des penseurs de la théologie de libération. Voici quelques uns de ses textes concernant notamment les rapports entre religion, théologie et transformation sociale :

  • Analyse marxiste et foi chrétienne – 1ère partie : Le Père et sociologue François Houtart présente certains concepts clés du marxisme qui font le plus de difficultés aux croyants : le matérialisme historique, l’analyse marxiste des fonctions sociales de la religion, l’athéisme.
  • Analyse marxiste et foi chrétienne – 2ème partie : Analyse par François Houtart du facteur religieux dans le mode de production capitaliste.
  • L’état actuel de la théologie de la libération en Amérique latine – La théologie de la libération prend comme point de départ la situation des opprimés. C’est ce qu’on appelle un « lieu théologique », c’est-à-dire la perspective au départ de laquelle se construit le discours sur Dieu. Un Dieu d’amour ne peut exister avec l’injustice, l’exploitation, la guerre. Donc, comme le disait un théologien récemment, il s’agit d’une théologie qui ne se demande pas si Dieu existe, mais où il se trouve ? C’est la réalité des luttes sociales et l’engagement des chrétiens, en faveur de la justice, qui forment la base de l’élaboration de la pensée et du discours.
  • De nouveaux défis pour la théologie de la libération – Mémoire des luttes – La théologie de la libération est une véritable théologie, c’est-à-dire un discours sur Dieu. Elle s’affirme cependant contextuelle, à l’encontre d’une théologie a-historique qui se prétend hors du temps. Ce que l’on pourrait appeler une théologie sur la Lune…
  • Echanges et Synergie asbl – François Houtart – On ne doit pas idéaliser le vaudou comme s’il était un système parfait par rapport à une histoire de désir d’émancipation constante, mais on doit voir le vaudou comme un partenaire à l’intérieur de cette grande résistance dans le monde entier face à ce qui écrase, et la nature, et les être humains.
  • François Houtart, Sociologie de la religion – Cairn.info – François Houtart nous livre son credo personnel : la perspective sociologique, qui étudie la religion comme fait social, comme construction culturelle liée à une certaine formation sociale, n’est pas contradictoire avec la foi religieuse. On peut étudier sociologiquement les religions, comme les philosophies, l’art ou tout autre produit culturel humain. Cela ne contredit pas un point de vue théologique : dans l’hypothèse de l’existence de Dieu, tout ce qui est observable est la façon dont les groupes humains se le représentent, s’organisent pour le culte, etc. Ce n’est pas à la sociologie de se prononcer sur l’existence de Dieu…
  • HOUTART, François, Religion et modes de production précapitalistes– Cet ouvrage mérite certainement d’être pris en sérieuse considération. Il vaut comme synthèse d’études utilisant une grille d’analyse marxiste pour l’analyse des religions. Il illustre également, à bien des égards, la fécondité des hypothèses qui peuvent être faites à partir d’une sociologie qui s’inspire du materialisme historique.
  • Construire un nouveau sujet historique – Mémoire des luttes – L’enjeu est véritablement la construction d’un nouveau sujet historique, qui a été la classe ouvrière pendant le XIXe et le XXe siècle. Il est en train de se faire sa place aujourd’hui, mais le nouveau sujet historique est un sujet plus réel, précisément parce que nous nous trouvons devant la nécessité d’une convergence d’existences. C’est un sujet pluriel, populaire et démocratique. Ce sera quelque chose à discuter plus tard.

La figure clivée du colonisé entre différence et ressemblance

Colonisé sauvage

Colonisé régénéré (mimétisme)

Colonisé civilisé

«Il est en effet évident que le Malgache peut parfaitement supporter de ne pas être un Blanc. Un Malgache est un Malgache; ou plutôt non, un Malgache n’est pas un Malgache : il existe absolument sa « malgacherie ». S’il est Malgache, c’est parce que le Blanc arrive, et si, à un moment donné de son histoire, il a été amené à se poser la question de savoir s’il était un homme ou pas, c’est parce qu’on lui contestait cette réalité d’homme. Autrement dit, je commence à souffrir de ne pas être un Blanc dans la mesure où l’homme blanc m’impose une discrimination, fait de moi un colonisé, m’extorque toute valeur, toute originalité, me dit que je parasite le monde,  qu’il faut que je me mette le plus rapidement possible au pas du monde blanc, « que je suis une bête brute, que mon peuple et moi sommes comme un fumier ambulant hideusement prometteur de canne tendre et de coton soyeux, que je n’ai rien à faire au monde ». Alors j’essaierai tout simplement de me faire blanc, c’est-à-dire j’obligerai le Blanc à reconnaître mon humanité.»

Frantz Fanon, Du prétendu complexe de dépendance du colonisé – Peau Noire, masques blancs, 1952, p. 79

«Le Noir est à la fois le sauvage (le cannibale) et pourtant le plus obéissant et le plus célébré des serviteurs (le porteur de nourriture) ; il est l’incarnation de la sexualité ramante, le primitif, le simple d’esprit et pourtant le menteur  et le manipulateur des forces sociales le plus accompli du monde. À chaque fois, ce qui est dramatisé est une séparation – entre les races, les cultures et les histoires, au sein des histoires -, une séparation entre un avant et un après qui répète obsessivement le moment mythique de la disjonction. […] Le fantasme colonial […] propose une téléologie – dans certaines conditions de domination coloniale et de contrôle, l’indigène est progressivement réformable. De l’autre, toutefois, il affiche effectivement la «séparation», il la rend plus visible. C’est la visibilité de cette séparation qui, en déniant au colonisé toute capacité d’autogouvernement, d’indépendance, de modes occidentaux de civilité, donne son autorité à la version et à la mission officielles du pouvoir coloniale.»

Homi Bhabha, Les lieux de la culture, Payot, 2007, p. 144.

«Le mimétisme colonial est le désir d’un Autre réformé, reconnaissable, comme sujet d’une différence qui est presque le même, mais pas tout à fait. Ce qui revient à dire que le discours du mimétisme se construit autour d’une ambivalence ; pour être efficace, le mimétisme doit sans cesse produire son glissement, son excès, sa différence. »

Ibid, p. 148

Herméneutique du sujet par Michel Foucault

Dans l’ensemble des travaux de Michel Foucault, la société est analysée à partir des rapports entre le dispositif de pouvoir-savoir, celui du contrôle-discipline et le sujet. En réalité, la question que se posait en permanence Michel Foucault, est celle de la vérité par rapport au sujet. Qu’est-ce que le sujet peut savoir de vrai depuis sa propre position ? Dans cette herméneutique du sujet Michel Foucault tente d’y repondre. C’est une question cruciale si l’on essaye de penser un savoir pratique comme celui de l’engagement politique. Dans quelle mesure mon engagement relève-t-il de la vérité vu qui je suis ?

  • Les avant-dernières choses: L’Herméneutique du sujet | Michel Foucault, cours au Collège de France (1982) – MP3 de L'Herméneutique du sujet | Michel Foucault, cours au Collège de France (1982)
  • Cours de Michel Foucault 1981-1982 : Michel Foucault Archives – Ceci est la présentation sous trois formes différentes de la première leçon du cours de Michel Foucault au Collège de France intitulé "L’Herméneutique du Sujet" :
    – sous la forme imprimée par Frédéric Gros qui a assuré l’édition de ce cours pour les éditions Gallimard/Le Seuil/Hautes Etudes.
    – sous la forme audio de l’enregistrement fait à l’époque par Jacques Lagrange sur bandes magnétiques.
    – sous la forme manuscrite extraite des notes de la main de Michel Foucault base de son énonciation au Collège de France
  • Michel Foucault, philosophe spirituel, par Robert Redeker (Le Monde diplomatique) – la spiritualité, pour sa part, est « la recherche, la pratique, l’expérience par lesquelles le sujet opère sur lui-même les transformations nécessaires pour avoir accès à la vérité ».
  • Cairn.info – Foucault et l’idée d’une histoire de la subjectivité : le moment moderne – En janvier 1984, quelques mois avant sa mort, Foucault donnait [1] une lecture rétrospective de son œuvre dans laquelle il déclarait que le rapport entre subjectivité et vérité « fut toujours mon problème, même si j’ai formulé d’une façon un peu différente le cadre de cette réflexion. J’ai cherché à savoir comment le sujet humain entrait dans des jeux de vérité, que ce soit des jeux de vérité qui ont la forme d’une science ou qui se réfèrent à un modèle scientifique, ou des jeux de vérité comme ceux qu’on peut trouver dans des institutions ou des pratiques de contrôle.

Mes signets du 23/06/2009 au 24/06/2009

Ma selection de liens du 23/06/2009 au 24/06/2009:

  • [LDH-Toulon] projet de loi anti-bandes de Christian Estrosi : inutile et dangereux pour les libertés – Les Bandes de jeunes, cette loi n’est qu’un prétexte : « C’est avant tout pour afficher que l’on se préoccupe d’un problème et pour occuper un espace politique dont on pense qu’il est rentable vis-à-vis d’une partie de l’électorat » [2].
  • Miguel Benasayag : "La liberté, c’est déployer sa propre puissance dans chaque situation" – Article11 – Extraits : "Le commun est devenu de l’entubage. On assiste à la création d’un monde en réaction avec le commun, où finalement la seule évidence qui existe, c’est moi. Moi j’existe, moi je suis comme ça, j’aime le chocolat. La seule vérité, c’est donc « Moi, je… ».
    On passe d’un monde dans lequel il y a un grand dessein, un grand récit, à un autre dans lequel il n’y a que des petits récits minables. (…) Pour moi, des gens qui n’agissent que pour le plaisir c’est synonyme de barbarie. Il est évident que si l’on accepte que le plaisir soit le moteur principal de notre agir, ça ne peut conduire qu’à la barbarie."
  • Mon Massir: Journal d’une femme adultère – Critique d'un roman par Massir. Dans ce livre racontant l'histoire d'une femme adultère dans un milieu juif le racisme est prégnant : "au sein de ces juifs, il y ait une discrimination: il y a le bon juif, qui est d'origine européenne, et le mauvais juif qui est d'origine arabe."
    Entre en somme le juif qui est excusé d'être juif parceque blanc et le juif arabe qui cumulerait les tares…
  • Quelle histoire pour les dominés ? – « Provincialiser l’Europe », tel est le credo provocateur de cet historien du sous-continent indien. Figure de proue des subaltern studies, Dipesh Chakrabarty marque avec force que la modernité peut avoir bien des visages et pas seulement celui des élites occidentales.