Il existe un degré au delà duquel le ghetto ne peut plus se refroidir… — Stokely Carmichael

CARMICHAEL SPEAKS TO STUDENTS

La voilà l’allumette qui continuera d’allumer la dynamite du ghetto : la sottise des responsables, l’anachronisme des institutions, l’incapacité de regarder les choses en face et surtout la crainte d’innover.

Les administrations auront beau mettre sur pied des dispositifs de fortune pour éviter les émeutes, elles ne feront que gagner du temps. L’Amérique blanche peut bien continuer à dépenser des millions de dollars pour essayer de transplanter, pour l’été, les adolescents noirs hors des rues dans lesquelles ils traînent et ‘de les mettre dans de jolies fermes vertes. Elle peut bien continuer à fournir des piscines préfabriquées et à construire en toute hâte des terrains de jeux ! Il existe un degré au-delà duquel le ghetto ne peut plus se refroidir. Il est grotesque de croire que ces mesures temporaires réussiront à contenir pour longtemps la colère d’un peuple opprimé.

Et le jour où la dynamite sautera, les pieux discours et les appels à la patience ne seront plus de mise. Inutile d’accuser « des agitateurs extérieurs », « l’influence communiste » ou les partisans du « Black Power ». Cette dynamite, c’est le racisme blanc qui l’a placée là et ce sont l’indifférence, la répugnance des racistes à se montrer justes qui l’ont mise à feu.

Stokely Carmichael aka Kwame Ture, Le « Black Power » aux USA pour une politique de libération

Se définir soi-même et refuser les stéréotypes


Quand nous aurons entrepris de nous définir, tous les stéréotypes – c’est-à-dire les mensonges – qu’on nous a appliqués n’auront plus cours que dans la communauté blanche. La communauté noire, elle se fera une image positive d’elle-même. Elle se verra telle qu’elle s’est créée. Désormais, nous ne pouvons plus nous qualifier de paresseux, d’apathiques, de muets, de mous, de futiles, etc. Ce sont les Américains blancs qui se sont servis de ces mots-là pour nous définir. Si nous les acceptons, comme certains d’entre nous l’ont fait par le passé, nous n’aurons de nous-mêmes qu’une image négative, celle précisément que l’Amérique blanche veut que nous ayons. Notre énergie sera brisée, et notre volonté de combattre paralysée.

Stokely Carmichael & Charles Hamilton. Pouvoir Noir, pour une politique de libération !