Mes signets du 31/03/2009 au 12/04/2009
Ma selection de liens du 31/03/2009 au 12/04/2009:
- Ils ne comprennent que la force – Les blogs du Diplo – Critique de "La journée de la jupe" par Mona Chollet qui y dévoile les relents racisants et clairement machiste d'un film crée pour dénoncer les nouvelles classes dangereuses : les islamo-indigènes des quartiers; tout en faisant l'apologie de l'assimilation, de l'Ordre et de la discipline.
- Observatoire des inégalités – Dans le domaine de l’emploi, du logement, de l’éducation, de la santé, les cinq millions d’immigrés en France sont la plupart du temps défavorisés par rapport à la population non immigrée alors que beaucoup d’entre eux possèdent la nationalité française. Une analyse de Noam Leandri de l’Observatoire des inégalités.
- De quoi la Palestine est-elle le nom ? – [Alternatives International] – Que se cache-t-il donc derrière cette focalisation sur la Palestine ? Pour certains, la réponse ne fait aucun doute : c’est la présence des juifs, la haine contre eux qui est le moteur de cet intérêt malsain. La critique de l’Etat d’Israël et de sa politique servirait de feuille de vigne à l’antisémitisme éternel.
Manifestation : Sexisme partout, féministes partout !
Je relaie, une fois n’est pas coutume, un appel à une manifestation contre le sexisme à l’occasion de la journée mondiale de la femme. Les femmes sont toujours les dominées de cette société : elles subissent de multiples violences : économiques, raciales, sexuelles… Malgré les faits accablants le discours dominant veut faire croire que le sexisme n’existe que dans les quartiers et chez les musulmans. C’est pourquoi il est aujourd’hui plus important que jamais de se mobiliser en faveur d’une égalité réelle.
Manifestation samedi 7 mars 2009 à 16h, place de la République, Paris
Si vous aussi vous êtes fatiguéEs par le paternalisme qui parle à notre place, ou par la violence qui cherche à nous faire taire, rejoignez-nous à la manifestation féministe du 7 mars 2009 !
Parce qu’il existe pour la majorité des gens toujours deux classes distinctes, les femmes et les hommes, et qu’il vaut mieux appartenir à la seconde qu’à la première. Parce que nous revendiquons d’avoir le choix : de notre sexe, de notre genre, de notre sexualité. Parce que nous désirons que les femmes, et touTEs leurs alliéEs, puissent s’approprier leur corps et ses représentations, sans devoir se conformer aux injonctions de normes oppressantes, réductrices et stéréotypées, véhiculées dans tous les domaines.
Parce qu’il existe mille façons de faire rentrer dans le « droit chemin » les insurgéEs contre leur sexe, leur genre, leur destin obligatoire : de l’assignation forcée des intersexes par mutilations génitales, au viol de représailles contre les lesbiennes ; de la psychiatrisation des trans’, aux violences masculines les plus régulières – en France, tous les trois jours, une femme est assassinée par l’homme avec qui elle vit.
Parce que notre santé passe en dernier, parce que le droit des femmes à disposer de leur corps est sans cesse remis en question, comme le montre la récente remise en cause du financement public du Planning familial et de nombreuses autres associations d’éducation populaire, parce que le savoir gynécologique est accaparé par les médecins, la contraception pas toujours remboursée, le droit à l’IVG menacé sous l’influence de l’Église catholique. Parce que, partout, les institutions qui exercent un pouvoir au nom de la religion ou d’une autorité morale ou politique prétendent toujours contrôler nos corps.
Parce que nous sommes largement touchées par le VIH, discriminées dans les essais par les labos qui ne prennent pas en compte notre métabolisme spécifique, parce que nous n’avons pas le même accès à des traitements de qualité, parce que nous sommes négligées dans les campagnes de prévention publiques, parce que, précarisées, nous sommes particulièrement touchées par les attaques contre la Sécurité Sociale, et notamment par l’instauration des franchises, ou par la remise en cause de l’hôpital public.
Parce que nous sommes précaires et trop souvent à temps partiel sans l’avoir choisi, que nous sommes toujours moins payées que les hommes à travail égal et à qualifications égales, et que nous effectuons l’immense majorité du travail gratuit appelé « travail domestique ». Parce que nous sommes les premières à payer la crise et le démantèlement des services publics. Parce que, malgré les lois et les effets d’annonce, le domaine public et politique nous reste toujours largement fermé.
Parce qu’en tant que femmes racialisées, nous luttons dans tous les domaines contre cette double oppression raciste et sexiste. Parce que la logique du racisme s’attaque directement à notre droit à disposer librement de notre corps. Parce qu’elle opère par exclusion, comme la loi sur le port de signes religieux à l’école qui prétend nous « protéger » – en particulier les filles musulmanes – et en fait contribue à nous stigmatiser, à nous enfermer dans le statut de « victimes » et à nous marginaliser.
Parce que, sans papiers, nous souffrons tout à la fois de la précarité, de la politique raciste du gouvernement français, des remises en cause du droit au regroupement familial, de l’intensification des interpellations policières. Parce que ce climat répressif nous éloigne encore davantage de l’accès aux soins.
Parce qu’en tant que prostituéEs, nous sommes mépriséEs, harceléEs et criminaliséEs par la loi sur la sécurité intérieure (LSI) de 2003. Parce que le délit de racolage passif accroît notre précarité et notre clandestinité et que nous ne pouvons pas exercer notre activité dans des conditions décentes et qui nous protègent.
Pour un féminisme qui refuse de voir son discours récupéré à des fins racistes, qui sache se démultiplier, concevoir l’émancipation sous toutes ses formes, un féminisme offensif qui lutte pleinement contre le système patriarcal et toutes les oppressions, qu’elles soient de classe, sexiste, raciste ou liées à la sexualité, un féminisme qui se revendique aussi des féminismes non-blancs, trans’ et lesbiens.
À l’appel de :
Alternative Libertaire, Atelier de lectures féministes (cip-idf), CFPE (Collectif des Féministes Pour l’Égalité), Droits et prostitution, Étudions Gayment, Femmes Publiques, collectif Langues de putes, collectif Les mots sont importants, Mix-Cité Paris, Les Panthères roses, Pari-T, les Putes, le Torchon brûle toujours, les TumulTueuses
- Repas de soutien : dimanche 1er mars à 19h30, à la Rôtisserie, 4 rue Ste-Marthe, 75010, métro Belleville, Goncourt ou Colonel Fabien.
- Manifestation : samedi 7 mars à 16h, départ Place de la République.
- Fête : samedi 7 mars au soir, à la CIP-IDF, 14 quai de Charente, 75019, Métro Corentin Cariou.
- Lors de la fête à la CIP sera également projeté le film Un racisme à peine voilé, de Jérôme Host (2004) (plus d’infos sur le film : http://www.hprod.org)
Plus d’informations sur :
- Féministes Partout par le collectif des associations organisatrices
- Le sexisme est partout : FEMINISTES PARTOUT ! sur Les Mots sont Importants
20 ans de changements en Tunisie…
Cela fait aujourd’hui 20 ans jour pour jour, que le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali est au pouvoir. J’ai lu beaucoup d’articles de la presse française critiquant sa personne et le régime tunisien. Mais j’y trouve de plus en plus des relents d’un certain chauvinisme français qui ne veut voir en la Tunisie qu’un pays sous-développé bon qu’à exploiter le tourisme… Dans ces mêmes journaux, je n’ai jamais l’occasion de lire des articles sur la Tunisie qui parle de ses réussites sociales, économiques et culturelles.
Alors au lieu de m’ajouter au concert de l’opposition de l’étranger et des énnemis déclarés du régime, je préfère prendre un peu de recul et parler de quelques faits avant toute chose. Car c’est ça également être un citoyen libre revendicant la liberté d’expression et d’opinion. Faire le portrait d’un dualisme manichéen : le président d’un coté et les opposants de l’autre, ne fera rien avancer. Certes le président tunisien tiens le pouvoir depuis 20 ans, mais c’est également le président d’une République avec une justice, une vie sociale, culturelle pluraliste et un pays dans lequel la pauvreté recule tandis que l’éducation progresse.
L’espérance de vie du tunisien à la naissance en 2007 est de 75 ans. Le taux d’alphabétisation des adultes est de 74% en 2007, soit le plus élevé du Maghreb et le deuxième d’Afrique. Le taux de scolarisation universitaire se situe en 2006-2007 à 34,6% et de 77% pour le secondaire. La pauvreté est passé de 14% de la population en 1990 à 3.7% en 2007 ! Ne pas mettre au crédit du président Zine El Abidine Ben Ali ces réussites serait intellectuellement malhonnête, surtout que l’on met au crédit de l’ancien président Habib Bourguiba la libération de la femme.
Le président Zine el Abidine Ben Ali a ainsi déclaré dans un récent interview au mensuel ARABIES, je cite : « Autant nous respectons ceux qui ont des évaluations différentes de la nôtre et accueillons favorablement toute appréciation objective, autant nous rejetons les jugements excessifs, sans relation avec les réalités tunisiennes, qui d’évidence tendent à déformer l’image du pays.». Il faut admettre que je ne tente pas de déformer l’image du pays, et cite chiffres à l’appui des réalités tunisiennes qui sont tout à l’honneur de la Tunisie. Mais comme l’a exprimé l’opposant, candidat aux présidentielles de 2004, Mohammed Ali Halouani : « Nous sommes conscients que le pays a fait des progrès appréciables au niveau de l’éducation, de la santé, de l’économie et de l’émancipation de la femme, mais nous ne devons pas dormir sur nos lauriers ». En effet, selon de nombreuses ONG tunisiennes ou étrangères, dont Amnesty International et la Ligue Internationale des Droits de l’Homme, les droits de l’Homme et des libertés fondamentales n’est pas garantie. Alors même que le président a déclaré «[veiller] à ce qu’ils soient scrupuleusement respectés dans la pratique», or avouons-le ils sont loin d’être scrupulusement respectés.
En terme d’indice de perceiption de la corruption, la Tunisie a perdu 10 places en une année selon le classement de Transparency International (61e avec 4,2 en 2007 contre 51e avec 4,6 en 2006). Mais le pays reste plus ou moins bien lotie par rapport au Maroc (72e) et l’Algérie (99e). Ainsi entre 2006 et 2007, en Tunisie le phénomène de corruption semble s’aggraver. Cet indice n’est ni excessif, ni éloigné des réalités tunisiennes puisqu’il a même été cité par l’Economiste Maghreb et BabNet, médias tunisiens. Selon cette même ONG, les organismes ou groupes jugés les plus touchés par la corruption sont les partis politiques, le pouvoir législatif et la police. Des institutions intimement liés à l’Etat. Or dans sa déclaration radiophonique du 7 novembre 1987, Zine el Abidine Ben Ali déclairait : «Nous agirons en vue de restaurer le prestige de l’Etat et de mettre fin au chaos et au laxisme. Point de favoritisme et d’indifférence face à la dilapidation du bien public.» Ce prestige est aujourd’hui menacé par la corruption qui le gangrène. Or une simple observation nous indique que les pays les moins minés par la corruption sont également ceux qui sont les plus démocratique, et où le peuple est le plus souverain.
Le 7 novembre 1987, le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali déclarait que le peuple tunisien avait «atteint un tel niveau de responsabilité et de maturité que tous ses éléments et ses composantes sont à même d’apporter leur contribution constructive à la gestion de ses affaires». Si en 1987 il l’avait atteint, c’est qu’aujourd’hui c’est encore plus le cas vu les progrès réalisés ! Et pour ne pas régresser, il faut avancer… Si tous ses éléments et ses composantes en sont à même, pourquoi en exclure certains ?
En dehors de l’action de l’Etat également, la société civile agit. Des ONG telle que ENDA Inter-Arabe contribue fortement à la réduction de la pauvreté et au développement par l’octroi de micro-crédit souvent plus efficaces que les lourdes politiques de défiscalisation et de zones spéciales. L’action d’enda inter arabe a permis en dix ans à 33 000 micro-entrepreneurs d’accéder à une source de financement continu à travers plus de 98000 prêts octroyés d’une valeur cumulée de près de 41 millions de dinars. Ainsi début 2006, après la Banque de l’Habitat (avec 2 MDT), c’est l’Union Internationale de Banques (UIB) qui a accordé un prêt de 1 million de dinars tunisiens à l’ONG. Ce sont ce genre d’initatives dont j’aimerais que la Tunisie fasse davantage la promotion ! Et je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi les voix de ces personnes ne portent pas davantage en Tunisie quand je lis leurs propos saillants à la fois de réalisme et d’optimisme.
Autre point intéressant, l’Agenda 21 en Tunisie. Il s’agit d’un programme international pour le développement durable dont la réalisation se déroule dans un cadre local et participatif. Voilà une belle initiative permettant aux citoyens de s’exprimer et de participer activement à la gestion locale de leur ville. Qui mieux que les habitants d’une ville peuvent travailler en faveur d’un développement plus humain et harmonieux de leur propre ville ? Ses réalisations très concrètes, comme dans la ville d’El Jem, a permis de sonder les participants qui ont exprimé leurs priorités, puis de ces priorités ont été un vrai programme de gestion municipal incluant la promotion de la vie associative ou la gestion des infrastructures, notamment ceux des déchêts. Pourquoi ne pas pousser plus loin cette expérience en élargissant et généralisant l’expérience de démocratie participative à l’ensemble des habitants d’une ville, puis de toutes les villes de Tunisie. De nombreux pays en voie de développements et émergents l’ont entrepris telle la municipalité de Porto Allegre au Brésil. Il ne s’agit pas de sélectionner les plus «compétents» pour gouverner car ça ne consistera pas en une bonne gouvernance. De telles initiatives ne doivent pas consister à réunir les notables locaux y compris associatifs pour qu’ils se mettent d’accord entre eux sinon on en reviendrait à un clientélisme des plus archaïque, mais bien à une implication réelle des citoyens.
Car le problème de la démocratie en Tunisie est plus important à développer encore au niveau local que national. C’est là que sont présentes les instances suspectées de corruption, c’est là que se trouve les possibilités d’améliorer et de réformer le dialogue entre les pouvoirs publics et les citoyens. C’est là encore, que la lutte contre le clientélisme, la corruption et en faveur des droits des citoyens peut se faire. Car attendre encore et toujours que le pouvoir agisse, comme il promet de le faire, c’est toujours et encore se positionner comme sujet plus que comme citoyen responsable. C’est seulement lorsque les citoyens agissent en tenant «compte de l’histoire et de la culture de notre pays, c’est-à-dire de ses spécificités», pour paraphraser le président Zine El Abidine Ben Ali, qu’à mon sens des changements peuvent avoir lieu. C’est ainsi que je comprends désormais son discours, en résumé : prenez des initiatives.


