Mahomet, prophète de Dieu ou Muhammad, messager d’Allah ?
Pourquoi retrouvons-nous si souvent le nom Mahomet au lieu de Muhammad ou de Mohammed pour désigner le messager1 d’Allah d’après l’Islam ? Même chose pour le terme Dieu remplaçant Allah dans les traductions du Coran alors même que dans le Coran, Allah est le nom de dieu, et que c’est le mot ilah qui s’apparente davantage à dieu. Ce que faisaient les romains avec les dieux des peuples vaincus, et en l’espèce les romains, peut nous permette de mieux comprendre…
On s’est souvent étonné que César ne donne pas les noms gaulois de ces divinités essentielles ; certains ont vu dans ce silence la preuve d’un manque d’information : il nous paraît impossible qu’après 6 années de présence et de lutte serrée dans le pays, César n’ait entendu le nom d’aucune divinité gauloise. S’il n’avait pas réussi à connaître ces noms parce que les Gaulois en gardaient le secret, il aurait signalé cette particularité. Si donc il n’a pas transmis cette sorte de renseignements, c’est qu’il ne l’a pas voulu. On trouverait sans difficultés des raisons à ce silence : désir d’affirmer l’universalité des dieux romains ; de valoriser la religiosité des Gaulois en la rapprochant de celle des Romains ; d’atténuer les différences qui séparaient les vaincus (surtout les Éduens, les Rèmes et autres alliés de Rome) et les vainqueurs : chaque fois qu’il le peut, César présente ses adversaires non comme d’horribles barbares, mais comme des êtres évolués, doués de belles facultés d’assimilation, et qu’il est d’autant plus méritoire de mettre à raison (les barbares, ce sont les Germains, qui servent de «repoussoir» aux Celtes). Les Gaulois «se font», dit-il, «de leur dieux à peu près la même idée que les autres peuples» : «Une affirmation de ce genre, dit Jullian, convenait bien aux maîtres du jour, soit aux politiques de Rome, qui inculquaient ainsi aux Gaulois la souveraineté universelle des dieux du Midi, soit aux philosophes grecs, qui rappellent ainsi l’unicité de principe de toutes les religions.» C’est pourquoi César appelle par leurs noms romains ces dieux universels, non par leur noms indigènes.
- Paix et bénédictions d’Allah sur lui [↩]
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La théologie de libération du Père François Houtard
Le sociologue et prêtre catholique François Houtart est un des penseurs de la théologie de libération. Voici quelques uns de ses textes concernant notamment les rapports entre religion, théologie et transformation sociale :
- Analyse marxiste et foi chrétienne – 1ère partie : Le Père et sociologue François Houtart présente certains concepts clés du marxisme qui font le plus de difficultés aux croyants : le matérialisme historique, l’analyse marxiste des fonctions sociales de la religion, l’athéisme.
- Analyse marxiste et foi chrétienne – 2ème partie : Analyse par François Houtart du facteur religieux dans le mode de production capitaliste.
- L’état actuel de la théologie de la libération en Amérique latine – La théologie de la libération prend comme point de départ la situation des opprimés. C’est ce qu’on appelle un « lieu théologique », c’est-à-dire la perspective au départ de laquelle se construit le discours sur Dieu. Un Dieu d’amour ne peut exister avec l’injustice, l’exploitation, la guerre. Donc, comme le disait un théologien récemment, il s’agit d’une théologie qui ne se demande pas si Dieu existe, mais où il se trouve ? C’est la réalité des luttes sociales et l’engagement des chrétiens, en faveur de la justice, qui forment la base de l’élaboration de la pensée et du discours.
- De nouveaux défis pour la théologie de la libération – Mémoire des luttes – La théologie de la libération est une véritable théologie, c’est-à-dire un discours sur Dieu. Elle s’affirme cependant contextuelle, à l’encontre d’une théologie a-historique qui se prétend hors du temps. Ce que l’on pourrait appeler une théologie sur la Lune…
- Echanges et Synergie asbl – François Houtart – On ne doit pas idéaliser le vaudou comme s’il était un système parfait par rapport à une histoire de désir d’émancipation constante, mais on doit voir le vaudou comme un partenaire à l’intérieur de cette grande résistance dans le monde entier face à ce qui écrase, et la nature, et les être humains.
- François Houtart, Sociologie de la religion – Cairn.info – François Houtart nous livre son credo personnel : la perspective sociologique, qui étudie la religion comme fait social, comme construction culturelle liée à une certaine formation sociale, n’est pas contradictoire avec la foi religieuse. On peut étudier sociologiquement les religions, comme les philosophies, l’art ou tout autre produit culturel humain. Cela ne contredit pas un point de vue théologique : dans l’hypothèse de l’existence de Dieu, tout ce qui est observable est la façon dont les groupes humains se le représentent, s’organisent pour le culte, etc. Ce n’est pas à la sociologie de se prononcer sur l’existence de Dieu…
- HOUTART, François, Religion et modes de production précapitalistes- Cet ouvrage mérite certainement d’être pris en sérieuse considération. Il vaut comme synthèse d’études utilisant une grille d’analyse marxiste pour l’analyse des religions. Il illustre également, à bien des égards, la fécondité des hypothèses qui peuvent être faites à partir d’une sociologie qui s’inspire du materialisme historique.
- Construire un nouveau sujet historique – Mémoire des luttes – L’enjeu est véritablement la construction d’un nouveau sujet historique, qui a été la classe ouvrière pendant le XIXe et le XXe siècle. Il est en train de se faire sa place aujourd’hui, mais le nouveau sujet historique est un sujet plus réel, précisément parce que nous nous trouvons devant la nécessité d’une convergence d’existences. C’est un sujet pluriel, populaire et démocratique. Ce sera quelque chose à discuter plus tard.
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Chacun est tenu de désobéir aux lois injustes.

Une loi juste est une prescription établie par l'homme en conformité avec la loi morale ou la loi de Dieu. Une loi injuste est une prescription qui ne se trouve pas en harmonie avec la loi morale.
Devinez de qui est la citation accompagnant l’illustration ci-haut et le texte suivant ? :
- d’un islamiste, tendance frère musulman double-langage, voulant appliquer la Chariaah ?
- d’un militant non-violent pro-américain pour l’égalité et l’intégration ?
- d’un leader communautariste bafouant ostensiblement la laïcité et la République ?
« Comment pouvez-vous recommander de violer certaines lois et d’en respecter certaines autres ? » La réponse repose sur le fait qu’il existe deux catégories de lois : celles qui sont justes et celles qui sont injustes. Je suis le premier à prêcher l’obéissance aux lois justes. L’obéissance aux lois justes n’est pas seulement un devoir juridique, c’est aussi un devoir moral. Inversement, chacun est tenu de désobéir aux lois injustes. J’abonderais dans le sens de saint Augustin pour qui « une loi injuste n’est pas une loi ».
Comment déterminer si une loi est juste ou injuste ? Une loi juste est une prescription établie par l’homme en conformité avec la loi morale ou la loi de Dieu. Une loi injuste est une prescription qui ne se trouve pas en harmonie avec la loi morale. Pour le dire dans les termes qu’emploie saint Thomas d’Aquin, une loi injuste est une loi humaine qui ne plonge pas ses racines dans la loi naturelle et éternelle. Toute loi qui élève la personne humaine est juste. Toute loi qui la dégrade est injuste.
[...]
Une prescription que la majorité impose à la minorité sans s’y soumettre elle-même est une loi injuste. Elle établit l’inégalité devant la loi. À l’inverse, une prescription que la majorité impose à la minorité mais qu’elle est disposée à respecter elle-même est une loi juste. Elle établit l’égalité devant la loi. Ajoutons-y une autre explication. Une prescription imposée à la minorité qui n’a pris aucune part à son élaboration ou à sa promulgation, faute de disposer du droit de voter librement, est une loi injuste.
Martin Luther King, Lettre de la geôle de Birmingham, 1963
Le fameux militant non-violent pour l’égalité et l’intégration…


