La place refusée des musulmans et des « Banlieues » en République Française

Une du Monde du 4 octobre 2011

Une du Monde du 4 octobre 2011

« Roulement de tambours… Oyé, Oyé nobles lecteurs du Monde ! Approchez et venez lire vos rêves et cauchemars les plus secrets sur la banlieue et l’islam devenus réalité. ». Le couple islam-banlieues semble être devenu aux journalistes ce que Eléphantman ou la Vénus Noire furent aux forins. Le dernier article sur ce sujet paru dans le Monde de ce mardi 4 octobre en est une admirable illustration. Son titre originel : « Banlieues, islam : l’enquête qui dérange ». Son accroche : « Voilà un constat qui va déranger ». Se proclamer du politiquement incorrect pour débiter des poncifs sur les banlieues et l’islam ou comment faire passer une rhétorique usée jusqu’à la corde pour téméraire. Ce sensationnel érigé en règle m’évoque bien plus les récits d’explorateurs en terre inconnue que du journalisme sérieux. A l’opposé de cette démarche, c’est quelque peu gêné que je dois vous avouer que si le message que j’ai à vous transmettre vous dérange c’est bien malgré moi…

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Lettre à mon frère Hamza de la Maison des Potes de St Etienne

Hamza Ould Mohamed, président de la Maison des Potes de Saint-Etienne

Salam Hamza,

j’ai lu l’article de la journaliste Sylvia ZAPPI sur ce que tu as subi à l’université d’automne des Maisons des potes, association du réseau de SOS Racisme. Cette fédération se sert allègrement des quartiers comme un faire-valoir. Elle aime à cantonner les quartiers dans le cliché du jeune beur à casquette qui ne désire qu’une chose, se faire aimer de la France. Cette maison des potes, n’est pas la notre assurément… Mais toi, à St Etienne, tu as su en faire quelque chose de neuf. Tu as su, en toute autonomie avec tes potes, mobiliser 400 jeunes des quartiers de St Etienne. Tu as su faire en sorte que les quartiers se l’approprient pour en faire leur maison. Celle de leur dignité retrouvée et inchaAllah de leur libération.

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Retour sur «Comédie Indigène», un drame bien français

Comédie Indigène

Comédie Indigène

Voici un article qui a été publié il y a plus d’un an sur le magazine Fumigène.

La pièce, une création de Lotfi Achour, parle de colonialisme. Non, ni la décolonisation, ni la diversité, ni le métissage n’ont rendu cette problématique obsolète. Le spectacle l’illustre par une mise en scène rythmée, ponctuée de chansons coloniales dont celle de Nénuphar «un p’tit négro d’Afrique centrale» qui «pour être élégant c’est aux pieds qu’il mettait ses gants», ou encore de la fille du bédouin, portrait d’une femme soumise et objet sexuel… Ernest Renan, Victor Hugo, Alexis de Tocqueville, et d’autres penseurs de la prétendue démocratie libérale européenne, sont confondus par leurs propos. En voix off, surgit le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, dont cet extrait traitant du paysan africain : «Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.».

Pour le public, c’est un choc. Certains sont pris d’un sentiment de culpabilité, d’autres d’un malaise diffu. Beaucoup ne prennent conscience qu’au fur et à mesure de la pièce, que la colonisation n’est pas cette entreprise progressiste entâchée par des excès, décrite par la droite, mais bien une aliénation, un délire de suprématie raciale. «Comédie Indigène» est la catharsis de toutes ces émotions refoulées, de toutes ces intériorisations de l’infériorité de l’Africain, de l’Arabe, de l’Asiatique par rapport au blanc.

Lotfi Achour a réussi à faire revivre l’atmosphère coloniale. Après avoir vu cette pièce, il n’est plus possible de ne pas faire le rapprochement aujourd’hui avec le traitement médiatique et politique des banlieus, des jeunes et de leurs prétendues sauvageries.

D’ailleurs en parlant de cette prétendue sauvagerie, les jeunes de la MJC de Ris -Orangis ont joué une pièce de théâtre, «Place des Mythos», narrant la révélation de l’homosexualité d’un jeune des quartiers populaires et les réactions qu’elle y suscite. Le jour de la dernière représentation le 20 novembre, Noria, une spectatrice, explique : «Dans le public, ¾ de jeunes.», plus conquise par le sujet : «le moment le meilleur c’est lorsque 3 journalistes arrivent dans la cité et s’adressent aux jeunes avec plein de préjugés. C’était vraiment drôle, une vraie parodie !», que par la forme :«RNB trop mielleux et une mise en scène trop pauvre». Hé oui, on peut aussi être exigeant avec la création de banlieu car ce n’est pas de l’art au rabais ! Il seraît peut être temps de cesser de réserver le théâtre, comme la création artistique en général, à une élite socialement privilégiée…

Bader Lejmi, pour les Indivisibles

Quelques extraits des citations les plus savoureuses :

Caractères moraux des Arabes

Une belle unanimité réunit nos grands hommes. Alexis de Tocqueville, qui nous dit : « Ayant beaucoup étudié le Coran à cause surtout de notre position vis-à-vis des populations musulmanes d’Algérie, j’affirme qu’il y a peu de religions aussi funestes aux hommes que celle de Mahomet. Elle est, à mon sens, la principale cause de la décadence aujourd’hui visible du monde musulman. Les Arabes sont assassins, violeurs, faussaires, et tous abandonnés à la pédérastie. »

Écoutons Maupassant quand il nous dit : « Tout prisonnier qui tombe dans leurs mains est aussitôt utilisé pour leurs plaisirs, et si les indigènes sont nombreux, l’infortuné peut mourir à la suite de ce supplice de volupté. »

…Quand la justice est appelée à constater un assassinat, elle constate souvent que le cadavre a été violé après la mort, par le meurtrier.

Plusieurs cadavres d’Arabes disséqués à l’amphithéâtre ont montré que le pénis, au lieu d’être rétracté et réduit à un petit volume comme celui de l’Européen, présentait encore un développement considérable. C’est avec un tel appareil qu’il recherche le coït anal. Il n’est pas difficile dans le choix et tout lui est bon, l’âge comme le sexe.

Ceci s’explique. Antonin Porot, homme de science et patron pendant trente ans de la faculté de psychiatrie d’Alger, mort en 1965, connaît bien l’Arabe, qu’il a décrit au congrès international des aliénistes de langue française, je cite : « Le Nord-Africain musulman se définit comme un débile hystérique, sujet, de surcroît, à des impulsions homicides imprévisibles. Il est incapable d’assumer des activités supérieures de nature morale et intellectuelle. L’indigène nord-africain est un être primitif dont la vie est essentiellement végétative et instinctive. L’Algérien n’a pas de cortex ou, pour être plus précis, il est dominé, comme chez les vertébrés inférieurs, par l’activité du diencéphale. Il représente parmi les races blanches méditerranéennes le traînard resté loin en arrière et fait partie des races condamnées à s’éteindre. »

Les Arabes les plus mâles ont une exhalaison ammoniacale, cette odeur, vous le savez, dépend surtout de la résorption de la liqueur séminale dans l’économie animale. La sécrétion qui noircit la peau de l’Éthiopien est fournie par le foie, et de là elle se répand dans tout le corps. Cette sécrétion est aussi plus abondante dans l’Arabe, le Maure et le Kabyle que chez l’Européen. Le caractère bilieux domine donc parmi les Arabes, ce qui les rend impétueux et irascibles.

Quant à la femme arabe, exploitée par un mari qui la traite comme une bête de somme, privée de tout enseignement, habituée dès l’enfance au mépris du sexe fort, elle est le type du dévergondage le plus brutal qu’il soit possible de rêver. La pudeur lui est inconnue, elle se prostitue au premier venu dans n’importe quelle circonstance, se donne à qui veut la prendre et se vend à qui veut l’acheter, elle n’a même pas conscience de son infamie. Le système de compression du mariage a développé au plus haut degré la ruse et le mensonge chez la femme arabe. Chez elle il y a une préoccupation incessante de tromperie.

Carte postale Mauresque : prostituée coloniale

Carte postale Mauresque : prostituée coloniale

Bête a plaisir avec un corps de femme… Notre grand Flaubert en a d’ailleurs quelque peu goûté… Il relate dans une de ses correspondances : « J’ai en un jour tiré cinq coups et gamahuché trois fois, j’ajoute que ça m’a fait plaisir. Pendant que Max, lui, s’est fait polluer par un enfant femelle qui ignorait presque ce que c’était. C’était une petite fille de douze à treize ans environ. Il s’est branlé avec les mains de l’enfant posées sur son vit.»

Dotées d’un coeur trop rudimentaire et d’une sensibilité trop peu raffinée, presque toutes les femmes arabes répandent au loin une odeur infecte.

Maupassant nous dit : « En Afrique, les filles foisonnent, mais elles sont toutes aussi malfaisantes et pourries que le liquide fangeux des puits sahariens. »

Portrait d'une algérienne dévoilée de force 1960 © Marc Garanger

Portrait d'une algérienne dévoilée de force 1960 © Marc Garanger

Mes signets du 27/03/2009

Ma selection de liens du 27/03/2009 :

  • S’aimer dans les banlieues – La vie des idées – Comme tous les adolescents, les jeunes des cités draguent, s’aiment et se séparent… La sociologue Isabelle Clair a enquêté sur les jeux de l’amour et du hasard dans deux villes de la banlieue parisienne. Son étude, exemplaire, révèle l’ambiguïté des relations entre filles et garçons, entre rapports de domination, transports amoureux et construction des identités de genres.
  • The Atlantic Online | May 2009 | The Quiet Coup | Simon Johnson – Nationalization seem like strong medicine. But in fact, while necessary, it is insufficient. The problem the U.S. faces—the power of the oligarchy—is just as important as the immediate crisis of lending. And the advice from the IMF and Simon Johnson (MIT) on this front would again be simple: *break* the oligarchy.
  • Pièce de théâtre sur La Fraction Armée Rouge – Les blogs du Diplo – La Décennie rouge retrace de façon chronologique les principaux événements ayant marqué l’histoire de la RAF (Rote Armee Fraktion). Chaque séquence s’ouvre sur une indication de date et de lieu donnée par une voix off (Ingrid Caven). Elle convoque archives, citations, extraits de journaux… qu’elle mélange à de la fiction, mais en restant au plus près d’un théâtre de documentation. Elle associe des extraits de textes produits par la RAF, des lettres échangées entre ses membres, des minutes des procès, avec des textes d’écrivains engagés comme Heinrich Böll ou Günter Grass.

Mes signets du 19/03/2009 au 25/03/2009

Ma selection de liens du 19/03/2009 au 25/03/2009:

  • Géographie du sexisme – Les mots sont importants (lmsi.net) – La réponse est simple : le sexisme sévit « là-bas », en banlieue, pas « ici », dans la République française. Et pour que ce soit plus clair encore, la présidente de NPNS a déclaré que Shérazade était le « symbole aujourd’hui des violences faites aux femmes ».
  • Machisme sans frontière (de classes), par Mona Chollet (Le Monde diplomatique) – Ce ne sont pas des inconnus que les femmes doivent craindre. Très souvent, elles sont battues, violées ou tuées par leur compagnon. S’il vient d’un milieu aisé, le criminel est traité avec bienveillance par les médias. S’il est issu d’une couche défavorisée, et plus encore d’une famille immigrée, la stigmatisation est de rigueur. Pourtant, la violence touche les femmes des beaux quartiers tout autant que celles des banlieues. Refuser d’en examiner les causes contribue à perpétuer le phénomène.
  • La culture du pauvre en Inde – La vie des idées – Loin de Bollywood, le film Slumdog Millionnaire nous plonge en plein cœur de la planète bidonville sans verser pour autant dans le misérabilisme. Igor Martinache nous en propose une lecture sociologique.

Manifestation : Sexisme partout, féministes partout !

Je relaie, une fois n’est pas coutume, un appel à une manifestation contre le sexisme à l’occasion de la journée mondiale de la femme. Les femmes sont toujours les dominées de cette société : elles subissent de multiples violences : économiques, raciales, sexuelles… Malgré les faits accablants le discours dominant veut faire croire que le sexisme n’existe que dans les quartiers et chez les musulmans. C’est pourquoi il est aujourd’hui plus important que jamais de se mobiliser en faveur d’une égalité réelle.

Manifestation samedi 7 mars 2009 à 16h, place de la République, Paris

Si vous aussi vous êtes fatiguéEs par le paternalisme qui parle à notre place, ou par la violence qui cherche à nous faire taire, rejoignez-nous à la manifestation féministe du 7 mars 2009 !

Tract pour la manifestation du 7 mars

Tract pour la manifestation du 7 mars

Parce qu’il existe pour la majorité des gens toujours deux classes distinctes, les femmes et les hommes, et qu’il vaut mieux appartenir à la seconde qu’à la première. Parce que nous revendiquons d’avoir le choix : de notre sexe, de notre genre, de notre sexualité. Parce que nous désirons que les femmes, et touTEs leurs alliéEs, puissent s’approprier leur corps et ses représentations, sans devoir se conformer aux injonctions de normes oppressantes, réductrices et stéréotypées, véhiculées dans tous les domaines.

Parce qu’il existe mille façons de faire rentrer dans le « droit chemin » les insurgéEs contre leur sexe, leur genre, leur destin obligatoire : de l’assignation forcée des intersexes par mutilations génitales, au viol de représailles contre les lesbiennes ; de la psychiatrisation des trans’, aux violences masculines les plus régulières – en France, tous les trois jours, une femme est assassinée par l’homme avec qui elle vit.

Parce que notre santé passe en dernier, parce que le droit des femmes à disposer de leur corps est sans cesse remis en question, comme le montre la récente remise en cause du financement public du Planning familial et de nombreuses autres associations d’éducation populaire, parce que le savoir gynécologique est accaparé par les médecins, la contraception pas toujours remboursée, le droit à l’IVG menacé sous l’influence de l’Église catholique. Parce que, partout, les institutions qui exercent un pouvoir au nom de la religion ou d’une autorité morale ou politique prétendent toujours contrôler nos corps.

Parce que nous sommes largement touchées par le VIH, discriminées dans les essais par les labos qui ne prennent pas en compte notre métabolisme spécifique, parce que nous n’avons pas le même accès à des traitements de qualité, parce que nous sommes négligées dans les campagnes de prévention publiques, parce que, précarisées, nous sommes particulièrement touchées par les attaques contre la Sécurité Sociale, et notamment par l’instauration des franchises, ou par la remise en cause de l’hôpital public.

Parce que nous sommes précaires et trop souvent à temps partiel sans l’avoir choisi, que nous sommes toujours moins payées que les hommes à travail égal et à qualifications égales, et que nous effectuons l’immense majorité du travail gratuit appelé « travail domestique ». Parce que nous sommes les premières à payer la crise et le démantèlement des services publics. Parce que, malgré les lois et les effets d’annonce, le domaine public et politique nous reste toujours largement fermé.

Parce qu’en tant que femmes racialisées, nous luttons dans tous les domaines contre cette double oppression raciste et sexiste. Parce que la logique du racisme s’attaque directement à notre droit à disposer librement de notre corps. Parce qu’elle opère par exclusion, comme la loi sur le port de signes religieux à l’école qui prétend nous « protéger » – en particulier les filles musulmanes – et en fait contribue à nous stigmatiser, à nous enfermer dans le statut de « victimes » et à nous marginaliser.

Parce que, sans papiers, nous souffrons tout à la fois de la précarité, de la politique raciste du gouvernement français, des remises en cause du droit au regroupement familial, de l’intensification des interpellations policières. Parce que ce climat répressif nous éloigne encore davantage de l’accès aux soins.
Parce qu’en tant que prostituéEs, nous sommes mépriséEs, harceléEs et criminaliséEs par la loi sur la sécurité intérieure (LSI) de 2003. Parce que le délit de racolage passif accroît notre précarité et notre clandestinité et que nous ne pouvons pas exercer notre activité dans des conditions décentes et qui nous protègent.

Pour un féminisme qui refuse de voir son discours récupéré à des fins racistes, qui sache se démultiplier, concevoir l’émancipation sous toutes ses formes, un féminisme offensif qui lutte pleinement contre le système patriarcal et toutes les oppressions, qu’elles soient de classe, sexiste, raciste ou liées à la sexualité, un féminisme qui se revendique aussi des féminismes non-blancs, trans’ et lesbiens.

À l’appel de :
Alternative Libertaire, Atelier de lectures féministes (cip-idf), CFPE (Collectif des Féministes Pour l’Égalité), Droits et prostitution, Étudions Gayment, Femmes Publiques, collectif Langues de putes, collectif Les mots sont importants, Mix-Cité Paris, Les Panthères roses, Pari-T, les Putes, le Torchon brûle toujours, les TumulTueuses

  • Repas de soutien : dimanche 1er mars à 19h30, à la Rôtisserie, 4 rue Ste-Marthe, 75010, métro Belleville, Goncourt ou Colonel Fabien.
  • Manifestation : samedi 7 mars à 16h, départ Place de la République.
  • Fête : samedi 7 mars au soir, à la CIP-IDF, 14 quai de Charente, 75019, Métro Corentin Cariou.
  • Lors de la fête à la CIP sera également projeté le film Un racisme à peine voilé, de Jérôme Host (2004) (plus d’infos sur le film : http://www.hprod.org)

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