Liquidation du désir par la jouissance

grocery store 2007 . 50 x 64 cm

«La première malédiction du désir, la première malédiction qui pèse comme une malédiction chrétienne, qui pèse sur le désir et qui remonte aux Grecs1, c’est le désir est manque. La seconde malédiction c’est : le désir sera satisfait par le plaisir, ou sera dans un rapport énonçable avec la jouissance. Bien sûr, on nous expliquera que ce n’est pas la même chose. Il y a quand même un drôle de circuit DESIR-PLAISIR-JOUISSANCE. Et tout ça, encore une fois, c’est une manière de maudire et de liquider le désir ! [..] Je voudrais que vous sentiez juste que de toutes manières, ils considèrent le désir comme le sale truc qui nous réveille, et qui nous réveille de la manière la plus désagréable, c’est à dire – soit en nous mettant en rapport avec un manque fondamental qui peut être dès lors apaisé avec une espèce d’activité de décharge, et puis on aura la paix, et puis ça recommencera …»
Deleuze, Désir et Plaisir, Cours du 26 Mars 1973

  1. Ndrl : il faudrait nuancer, si ce n’est contredire, cette généalogie qui fait remonter ce problème au christiannisme et surtout aux Grecs, par un rappel de l’ordre colonial, esclavagiste, hétéro-patriarcal, et bourgeois de cette modernité et du mythe de ses racines grecques ou de son essence chrétienne. []