Mes signets du 08/06/2009 au 10/06/2009

Ma selection de liens du 08/06/2009 au 10/06/2009:

  • De l’intérêt particulier des sans-papiers à l’intérêt général de l’immigration – samizdat | biblioweb – Beaucoup d’immigrés ne se considèrent pas du tout comme des étrangers, mais bien comme des citoyens d’ici qui revendiquent l’immigration comme une identité positive. Ces immigrés-là ne sont dissolubles ni dans la politique des quotas qui pointe à l’horizon, ni dans « une grande loi de naturalisation ». Ils forment une communauté d’expérience qui, plus elle sera reconnue en tant que telle, mieux elle saura négocier sa place dans ce pays. L’obtention du plein droit au séjour des sans-papiers qui le désirent passe aussi par là.
  • Histoire et perspectives des mouvements issus de l’immigration – Librairie La Gryffe – La France, grand pays de la Révolution (la plus radicale des révolutions bourgeoises), inventrice des Droits de l’Homme, va très vite confondre tous les mouvements sociaux (et les droits qui en émergent) avec l’idée qu’elle est l’avant-garde du monde. C’est dès cette période que commence à se constituer un certain chauvinisme français, l’idée qu’il n’y a que le peuple français, la culture française, la langue française et la nation française qui sont progressistes.
  • L’occident et sa mythologie du progrès par Fethi GHARBI – Un projet de décolonisation des esprits et des peuples exige une universalité distincte de l’universel impérial eurocentré qu’il soit de droite ou de gauche. La pensé postmoderne, par exemple, même si elle est critique vis à vis de la modernité, elle n’en demeure pas moins prisonnière de la perspective eurocentrique et reste étrangèreaux préoccupations de la périphérie.
  • Les Dossiers de la Recherche, 2006, 401 : La science et les races – Dans son numéro d’octobre 2006, La Recherche revient, avec un dossier spécial de dix-huit pages composé de quatre articles, sur un thème récurrent de ce mensuel scientifique grand public1 : le concept de race et sa validité scientifique.

Mes signets du 04/03/2009 au 10/03/2009

Ma selection de liens du 04/03/2009 au 10/03/2009:

  • Multitudes Web – 3. L’ordre et le sexe. Discours de gauche, discours de droite – S’il y a une visée commune aux extrêmes droites et aux divers intégrismes religieux, c’est la soumission des femmes. Leur projet d’un monde en ordre, intègre et conforme à la Loi, repose sur la domination et la libre disposition des femmes. D’abord et avant toute autre chose, dans un monde qui serait ce qu’il doit être, elles sont destinées à assurer la reproduction selon les normes définies par les hommes, à servir l’ensemble du corps social et cela dans la dépendance, la limitation de leur mobilité et la contrainte. Le racisme départage clairement les options de la gauche et de la droite. Ce n’est pas le cas du sexisme. En fait, il n’est pas perçu. La définition du sexisme comme délit, acquise au niveau législatif, n’est rien moins qu’évidente dans le quotidien. Attirer l’attention sur lui fait grincer les dents, à gauche tout comme à droite. Prononcer même le mot c’est soulever la violence ou la dérision.
  • Sexe, race et pratique du pouvoir de Colette Guillaumin – On imagine trop souvent que les caractères « naturels » (le sexe, la race, par exemple) « tombent sous le sens », sont des évidences inquestionnables. Cet ouvrage associe la description d’une réalité matérielle quotidienne dans ses formes les plus banales (conversations de bistrot, scènes de rue, faits divers) et l’analyse précise des systèmes idéologiques.
  • FEMINISTES PARTOUT: Féministes Partout ! Appel à la marche du 7 mars – Si vous aussi vous êtes fatiguéEs par le paternalisme qui parle à notre place, ou par la violence qui cherche à nous faire taire, rejoignez-nous à la manifestation féministe du 7 mars 2009 !
     Pour un féminisme qui refuse de voir son discours récupéré à des fins racistes, qui sache se démultiplier, concevoir l’émancipation sous toutes ses formes, un féminisme offensif qui lutte pleinement contre le système patriarcal et toutes les oppressions, qu’elles soient de classe, sexiste, raciste ou liées à la sexualité, un féminisme qui se revendique aussi des féminismes non-blancs, trans’ et lesbiens.
  • Cairn – Qui a peur des Post Colonial Studies en France ? – Deux ouvrages récemment parus à la croisée des gender, cultural et post colonial studies, Les féministes et le garçon arabe de Nacira Guénif Souilamas et d’Eric Macé, et L’Atlantique Noir. Modernité et double conscience de Paul Gilroy, contribuent à renouveler la réflexion et le débat public franco-français sur l’immigration en pensant ensemble les identités de genre, de classe et de race dans le jeu de la conflictualité sociale contemporaine.

Je me lance en politique

La défaite de la gauche hier, m’a décidé à me lancer en politique. Ou plutôt elle a a accéléré ma décision. En effet jusque là, j’attendais ma naturalisation. Elle ne risque de pas venir de si tôt. (J’ai fais ma demande il y a près de 2 ans et demi). Je veux apporter ma pierre à l’édifice, compter pour que ça change. Mes opinions politiques sont fondées depuis maintenant longtemps. Je me rappelle qu’en 1995, je scandais déjà « Balladur, Ordure! ». J’avais suivis les élections de 1995 et vu la victoire de Chirac et de son « mangez des pommes ». Depuis lors la passion de la politique ne m’a plus quitté. Ma mère est de gauche, mon père je dirais gaulliste. Le fait de ne pas avoir la nationalité française m’a encore davantage incité à m’y intéresser.

Je savais que le consensus est qu’un étranger n’avait pas le droit de m’exprimer sur la politique de son pays. Et je voyais déjà là une injustice. Et puis, autour de moi, je voyais la détresse sociale. Moi-même je l’ai vécu. Ma famille est passé de périodes de prosperité jusqu’au début des années 90 à la crise.
Tout ce passif m’a conduit à connaître les idées et la logique qui les portaient: les idéologies. J’ai toujours été un fervent républicain. Je me rappelle toujours avoir adhéré à l’idéal démocratique, à Liberté Égalité Fraternité, aux droits de l’Homme et du citoyen. Pour moi c’est ça la France, bien avant d’être une nation, c’est une République. Devant toutes les inégalitées, les injustices, j’étais farouchement pour la justice et le progrès. Ne pas penser qu’à sa pomme est également central à mon éducation, d’où l’idée de l’intérêt commun primant sur l’intérêt de groupes particuliers.
Au fur et à mesure que je grandissais je me suis rendu compte que ce point de vue avait un nom: la gauche.

Je me suis alors intéressé à la politique en Tunisie, compris le nationalisme arabe de gauche de Bourguiba tout en rejettant sa composante clanique et autoritaire. En France, l’autoritarisme et la recherche de l’intérêts de minorités privilégiés a pour moi un nom: la droite.
Jusqu’à mon adolescence, la politique chez moi était utopique, idéalisée. A l’adolescence je voulais le progrès, le changement j’étais réformiste. Mais les grands héros à mes yeux étaient encore ceux de la Révolution française, de la Commune de Paris et de la Résistance. J’ai vaguement papillonné autour des mouvements anarchistes et communistes. Mais comme on m’avait expliqué que le communisme était disqualifié et que l’anarchisme est plus un romantisme, je me suis intéressé à la social-démocratie et à DSK. Mais au fur et à mesure des mes idées et de mes rencontres, j’ai réalisé qu’il existe un énorme fossé entre la France qui ignore son peuple, et ce dernier. Celle qui voient dans le pauvre un assisté, un d’origine étrangère, une racaille en puissance. J’ai découvert des gens de droite. J’ai réalisé l’étendue de la richesse et de la pauvreté dans notre pays. Et en même temps je me suis intéressé aux fondements théoriques du socialisme, du communisme et de la social-démocratie.
Nous pouvons et nous avons le devoir de faire en sorte que chacun vive dignement. Les théories libérales ont montré leurs limites et ne sont pas nécessairement meilleures pour l’économie. La pensée: « la droite c’est bon pour l’économie, la gauche pour le social » m’est totalement étrangère. Je n’ai jamais vu la gauche comme un mouvement de romantiques pour la charité. C’est un projet pour une meilleure société, plus efficace et plus juste. Alors cette conclusion a, à mes yeux, totalement disqualifié la social-démocratie.
Si j’avais suivit mon éducation et mon milieu social j’aurais été écolo, ou au PS. Mais je connais les idées derrières les sigles. Je suis pour le progrès économique. Par conséquent ma famille c’est le socialisme démocratique.
Comme je sais que mon point de vue aujourd’hui est minoritaire et dévalorisé, je ne vise pas le pouvoir, je vise à influer sur ceux qui l’auront. Je veux convaincre les gens que l’espoir est possible, que la politique peut changer leurs vies. Que la justice et la démocratie sont bénéfiques pour tous.
De toute façon, je suis fils d’immigrés et suis vu comme tel. Même si mes parents ont eu tous deux une éducation dans le supérieur, même s’ils n’ont jamais été ouvriers, je suis vu comme appartenant à ce monde. Quant bien même je m’enrichirais, je réussirais, je deviendrais un bourgeois bien établi, cette vision persistera. Bien loin de la rejetter, je l’épouse totalement !

La lutte c’est classe…
contre classe.