Contre l’islamophobie et le sionisme : la savate

décembre 29, 2009 · Posted in Pensées · 8 Comments 
La savate française comme stratégie nationale

La savate française comme stratégie nationale de résistance

Nous sommes le 28 décembre 2009. Soit un an et un jour après le début de l’agression par l’armée sioniste de ce que nous devons désormais nommer ghetto de Gaza. Agression qui a couté la vie à près de 1400 personnes dont plus de 400 enfants, et par près de 5500 blessés dont à peu près la moitié de femmes et d’enfants. Nous pourrions discourir longtemps sur les horreurs de cette guerre mais ce n’est pas l’objet de notre propos.

Sur un réseau social bien connu, le message de Tahar Houhou, participant de la Gaza Freedom March1 m’a été transmis par une khomrada2 : « Nous allons passer notre seconde nuit devant l’ambassade. Enfermés, privés de tout, à plus 300 sur 900 m2. On est dans la situation des Gazaouites, 1 toilette pour 300, rien à manger, rien à boire. Encerclés par plus de 1000 policiers, affamés, assoiffés que nous alimentons comme on peut. Honte à la France, honte à l’Egypte ».

Un peu plus tard je lis un message de la même khomrada, m’invitant à écrire au Ministère français des Affaires étrangères et à l’ambassade d’Egypte. L’objectif étant de faire en sorte que la France fasse pression sur l’Egypte pour laisser la Marche pour la Paix entrer dans Gaza. Sur le moment javoue que mon sentiment de culpabilité de citoyen français bien au chaud dans un pays dit libre a été titillé. Les cours d’éducation civique m’enseignant les formidables valeurs républicaines n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. J’avais déjà reçu par le passé des invitations à faire pression sur mon gouvernement pour tel ou telle cause. Jugeant celle-ci particulièrement juste et nécessitant une action urgente, je m’apprêtais à faire preuve de responsabilité et ainsi réaliser mon devoir de citoyen concerné en écrivant à mon Ministre en lui demandant fermement, mais avec tous les égards du à sa position, de mettre en application le fameux « droit d’ingérence » dont il est un des plus ardents promoteur.

Puis dans la minute qui a suivit, une autre nouvelle m’a rappelée à la dure réalité de ce monde triste et sordide. Cette nouvelle m’informait que le directeur du Renseignement militaire français, le général de corps d’armée Benoît Puga, est venu personnellement inspecter le chantier de construction du mur sous-terrain cloturant le côté egyptien du ghetto de Gaza3). Chantier supervisé par ailleurs par des officiels français et états-uniens…

Je m’apprêtais donc candidement à demander à M. Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires Etrangères, de faire pression sur l’Egypte pour permettre à des gentils et pacifiques volontaires internationaux de rentrer dans Gaza apporter de l’aide humanitaire. Le même homme, Bernard Kouchner, qui avait tour à tour : soutenu en 1991 et en 2003 l’invasion de l’Irak et demandé la tête de feu le Président Saddam Hussein, blanchi en 2003 l’emploi par Total de travailleurs forcés en Birmanie sous l’opprobe des ONG4, avait signé la perfide pétition contre les prétendus «ratonnades anti-Blancs» en 20055, refuse de décerner la médaille des droits de l’homme à une ONG Palestinienne6, s’échine à tenter de faire libérer le soldat israelien Guilad Shalit par tous les moyens7 tandis qu’il accorde à peine de l’attention au français Salah Hamouri emprisonné par Israel8, et soutient toujours l’occupation notamment par la France de l’Afghanistan tout en faisant partie du gouvernement du Président le plus sioniste que la République Française ait connue. Le Ministre d’un gouvernement qui participe à la construction d’un mur sous-terrain brisant le peu de liens avec l’extérieur qu’entretient le ghetto de Gaza.

Ainsi comme disait le souverainiste Jean-Pierre Chevènement, Bernard Kouchner n’a pas besoin de retourner sa veste, c’est l’uniforme de la pensée conforme, doublée à l’intérieure. De ses positions nous pouvons ainsi déceler le contenu de cette pensée unique. Le droit d’ingérence, étendard de Kouchner, n’est, pour Chevènement, que « le maquillage astucieux de ce que l’on pourrait appeler le néo-impérialisme »9. C’est d’ailleurs le chroniqueur télé tendance vieille droite, Thierry Ardisson, qui dans une émission radio en 199310, déclarait : « La colonisation ? De toute façon, on va devoir s’y remettre. Alors, on appellera ça comme on veut pour pas choquer les gens, on appellera ça ingérence humanitaire mais ce sera la même chose. » Il y présente d’ailleurs son roman où voulant donner un visage humain à la colonisation, il présente un colon  européo-centriste des années 1930, mais de gauche, utopiste et voulant apporter « la liberté, l’égalité, la fraternité, l’électricité » aux « bons hindous« , qu’il décrit comme « un Kouchner de l’époque ». Ce colon, un Kouchner de l’époque, ses amis de gauche (on devine laquelle) avouent l’aimer : « Ton gars on l’aime et plus on l’aime plus on devient colonialiste ». C’est là que tout se joue !

Car, en réalité, les colonisateurs sionistes ont plutôt la côte en France. Certes on aimerait qu’ils soient moins brutaux mais eux-mêmes admettent y être poussé de force par la barbarie arabo-islamique. Au fond, se disent-ils, Israel n’est-elle pas la seule démocratie du Moyen-Orient disposant de l’armée la plus morale du monde ? Ainsi la logorrhée du lobby sioniste n’a de succès que parcequ’elle renforce l’idéologie colonialiste Occidentale poussée dans ses derniers retranchements. Le lobby sioniste ne fait qu’un avec ses alliers naturels, les élites dominantes  politiques et médiatiques, aux intérêts éminément convergents dans la défense de la suprématie de l’Occident Blanc-chrétien. La propagande sioniste renvoyant à l’Occident sa propre image, l’ennemi du sionisme est l’ennemi de l’Occident. Lorsque cette clique vous affublera de l’étiquette antisémite, ce ne sera qu’un synonyme d’ennemi de l’Occident Blanc11. Et comme si celà ne suffisait pas, cette collusion se double d’un marquage aux fers rouges des musulmans. Ce soudain amour des Juifs, après des siècles de persécution en Occident, légitime l’antisémitisme génétique de l’Occident sur son autre face sémite : l’arabo-musulman. L’amour des Juifs et d’Israel passant désormais par un redoublement d’islamophobie tandis que l’islamophobie conduit à un sionisme invétéré12. Le site occidentaliste par essence, Riposte Laique, dans un article titré Comparer l’islamophobie à l’antisémitisme des années 30 est une obscénité, apologétique à l’égard  d’Israel, déclare ainsi « être islamophobe, c’est lutter contre l’antisémitisme, alors que combattre l’islamophobie, c’est le favoriser »13. Le débat en cours sur l’identité nationale de notre chère patrie des droits de l’homme, est une flagrante  démonstration de l’incorporation de l’islamophobie dans l’idéologie nationale toute entière focalisée sur la question musulmane14. Etrange miroir de la question juive qui, en un siècle en France, est passée de la rhétorique de l’assimilation avec les Lumières à celle de l’extermination sous Vichy15 puis à celle du soutien au sionisme, un colonialisme juif.

Prenons un instant au sérieux ces sionistes islamophobes, combattre l’islamophobie et extirper le lobby sioniste de la France, nous l’avons vu c’est lié, n’est-ce pas au fond s’en prendre à l’idée même d’identité nationale ? Car en effet le sionisme est un colonialisme dont la France est un membre fondateur. Mieux qu’un discours, en voici une preuve en vidéo :

retrouver ce média sur www.ina.fr

Ainsi je ne vois rien de français pouvant nous aider à faire pression sur le gouvernement despotique et collaborateur d’Egypte et encore moins sur Israël, si ce n’est la boxe, ou plutôt la savate française. Car c’est par des coups de savates, à l’instar de l’illustre Montadhar Zaïdi16, que nous ferons pression sur nos gouvernants et que nous les ferons céder plutôt que par d’innombrables autant qu’inutiles pétitions. Pour le ghetto de Gaza et la libération de la Palestine, pratiquons, en France, la politique de la savate !

Cet article a été republié sur le site des Indigènes de la République.

  1. http://www.legrandsoir.info/+Lettre-ouverte-de-la-Gaza-Freedom-March-au-President-Mubarak+.html []
  2. contraction de kho’ et de camarade, le tout au féminin []
  3. Gaza : la France supervise le prolongement du Mur de séparation []
  4. Rapport Kouchner : les ONG consternées []
  5. Un appel controversé contre le racisme « anti-blancs » []
  6. Kouchner interdit la Palestine []
  7. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/12/23/01011-20091223FILWWW00376-shalitfrance-attendez-quelques-jours.php et Détention de Guilad Shalit : Réponse de Bernard Kouchner []
  8. La claque de B. Kouchner à la famille Hamouri []
  9. http://www.dailymotion.com/video/x8uozg_chevenement-casse-bhl-et-kouchner_news []
  10. Thierry Ardisson chez Serge de Beketch []
  11. comme l’affirme par ailleurs Ivan Ségré dans la réaction philosémite []
  12. http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=825 []
  13. http://www.ripostelaique.com/Comparer-l-antisemitisme-des.html []
  14. http://oumma.com/Identite-nationale-islam-laicite []
  15. http://fr.wikipedia.org/wiki/Question_juive []
  16. L’histoire de ma chaussure, par Muntadhar al-Zaidi []

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Fête de l’Humanité ou le bonheur illusoire des blancs

septembre 25, 2009 · Posted in Pensées · 3 Comments 

La fête de l’Humanité est le moment et l’espace de rencontre annuel de toutes les gauches radicales, anti-capitalistes, et de transformation sociale que connait la France et plus particulièrement l’Ile-de-France où elle se déroule. C’est à la fois un moment festif et politique. Festif par la pléthore de concerts au prix, il faut l’avouer, modique au vu de la quantité de concerts, de 18€1. Ce prix comparé à un simple concert ou à un autre festival apparaît presque dérisoire, mais il n’est pas une simple participation aux frais ou un don, c’est un coût qu’on espère bien rentabiliser2 entre les festivités musicales et les moments plus politiques entre conférences et stands… Enfin la majorité de ses 600 000 visiteurs3 sont plus attirés par le côté festif, avouons-le.

Le prolétariat en France est en partie, et de façon non négligeable, composé des habitants des quartiers populaires. Ceux-là sont désormais souvent des immigrés ou descendants d’immigrés postcoloniaux. Les organisateurs de la fête de l’Humanité, voulant probablement surfer sur le courant diversité, ont d’ailleurs très bien saisit l’intérêt d’exploiter le filon.

La race dans la promotion de la fête : programmation, affiche et clip

En regardant cette affiche, je me suis dis : tiens ils ont mis une Marianne noire. C’est ce qui a lancé ma réflexion et aiguisé mon sens de l’observation sur le sujet de la race. Cette mise en avant d’une Marianne noire a nécessairement un sens, et je me suis attelé à le déceler le sens de la mise en avant dans la race, en premier lieu dans l’affiche elle-même ainsi que dans l’ensemble des moyens de promotion que sont l’affiche, la programmation et le clip.

Affiche de la Marianne noire

Affiche de la Marianne noire

Puisque ce festival est avant tout musical, nous regardons en premier lieu dans la programmation musicale afin d’y déceler une touche de ce qu’on a communément fait d’appeler diversité et que je qualifie de personnes racisées car identifiées par leur race4. L’affiche présente également les 15 stars du festival découpé en 3 niveaux. Nous y retrouvons 3 artistes racisés, ici noirs : Keziah Jones, Casey et B. James. Keziah Jones est au second niveau, tandis que Casey et B.James au troisième niveau. Keziah Jones est un artiste nigérian catégorisé comme musique du monde et qui n’est pas malgré sa couleur de peau marqué ethniquement, en effet son cœur de public n’est ni les noirs, ni les africains et encore moins les habitants des quartiers populaires. Casey et B.James, eux en revanche, font partie de la mouvance rap français, que l’on peut même qualifier de hardcore mais avec une très forte coloration politique et une teinte plutôt underground. Cette année donc, pas d’artistes massivement populaires dans les quartiers populaires contrairement aux années précédentes donc où nous avons pu retrouver Kerry James ou Diam’s. En 20085 il y avait même un plateau Rap richement fourni en groupes qui montent…

Liberté guidant le peuple dEugène Delacroix

Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix

Revenons donc à cette Marianne noire. L’affiche présente une femme noire pieds nu tenant une guitarre à la main et le drapeau rouge sur un fond de festivaliers en ombres en référence à la peinture d’Eugène Delacroix « La liberté guidant le peuple6. En apparence seule la couleur de peau de la Marianne a changé. Mais ce n’est qu’une apparence bien qu’en elle soit significative et nous y reviendrons. Les différences sont cependant notables avec l’original. D’une part et ce qui m’a le plus surpris c’est la pacification, nulle trace de combat, de lutte, des morts et des fusils. Et Marianne ne tient plus de fusil et n’a plus les seins nus. Je ne peux m’empêcher de faire un rapport avec la race de la femme. Dans l’imaginaire colonial et raciste nous savons que la femme noire est fortement sexuelle, d’une sexualité et d’une bestialité effrayante. Peut-être fallait-il couvrir ses seins et supprimer le fusil pour cette raison ? Supprimer le combat, la lutte et les morts est aussi une façon d’étouffer dans l’œuf d’éventuelles images de guerre des races. Puisque derrière une Marianne noire, il faudrait nécessairement trouver des noirs, même en minorité… Un noir qui tient un fusil ou un sabre, c’est autrement plus effrayant qu’un communard dans l’imaginaire… Gavroche lui-même disparaît. En faire un garçon arabe aurait été dans la même logique de changement de couleur de peau, mais ça n’est pas le cas. Je ne vais pas être parano et supposer un enième complot colonialiste du patriarcat blanc contre le garçon arabe… Et finalement le drapeau français est remplacé par le drapeau socialiste. Le drapeau français ne disparaît cependant pas, puisque la couleur blanche est associée à son haut, et le bleu à sa jupe. Cette femme noire n’est pas une immigrée, elle ne porte pas de vêtements traditionnels africains qui pourraient l’identifier comme telle, ce qui pourtant est le cas de nombreuses femmes noires. Elle n’est pas non plus voilée, ce qui est également le cas de nombreuses femmes noires. Son habit l’identifie en dehors de ces 2 réalités sociales. Je ne dis pas que des femmes noires ne peuvent pas s’habiller comme ça, ce que je dis c’est que cette femme noire n’est pas identifiable, à première vue, comme une habitante des quartiers populaires issue de l’immigration africaine7 . Ses vêtements tendent à la présenter comme une femme noire assimilée à la communauté culturelle dominante. La guitarre électrique, instrument portant sa propre connotation sociale, renforce cette présomption. La boucle d’oreille créole ne trompe ici personne quant à l’ appartenance culturelle de la Marianne noire à la communauté française perçue comme blanche. Je ressens donc une gène en regardant cette affiche, celle d’une forme d’injonction à s’assimiler pour être perçu comme français. En tout cas cette femme noire n’est pas identifiable comme originaire des quartiers populaires et ce n’est clairement pas le but de cette affiche. Je remarque donc une disjonction entre le culturel et le biologique dans la représentation de la race, seule la différence biologique est représentée ici, ainsi qu’un soupçon de masquage ou d’euphémisation de l’identité racisée. Cette Marianne noire ne corresponds donc pas à une volonté de cibler les femmes noires en tant que groupe social, ni les habitants des quartiers populaires et les racisés, et encore moins les immigrés postcoloniaux et leurs descendants.

Pour appuyer encore mon propos, si l’on jette un coup d’œil au clip de promotion de la fête8 nous avons encore un faisceau de présomptions qui appuye notre hypothèse. On y retrouve dans un décors glauque en France deux enfants noirs imitant la mélodie d’un rythme rock bien connu tout en mimant le geste de jouer de la guitarre.  es enfants noirs qui sont, selon moi, présenté en tant qu’exoticité noir et non pas en tant qu’enfants des quartiers populaires descendants d’immigrants postcoloniaux.Comprenez-moi, je ne nie en rien que des noirs puissent aimer le rock, jouer de la guitarre électrique, s’habiller baba-cool. Mais c’est clairement faire l’impasse sur le fait que l’ensemble de ces références culturelles en France sont clairement celles de catégories sociales où les noirs sont en grande partie absent.

En réalité la catégorie noire représentée dans la promotion de la fête de l’Humanité est tout sauf celle des descendants des immigrés postcoloniaux d’Afrique subsaharienne habitant les quartiers populaires. C’est un procédé de communication instrumentalisant la race comme la satisfaction du désir d’exoticité, en terme plus conventionnel l’ouverture au monde, des visiteurs de la fête, identifiés comme blancs.

Les racisés dans la fête de l’Humanité

Partant de cette première hypothèse j’ai gardé un oeil ouvert pendant tout le trajet jusqu’à la fête et lorsque j’y suis arrivé. Tout d’abord la fête se déroule à la Courneuve, banlieue parisienne qui ferait une belle illustration de la France des Indigènes. C’est particulièrement visible dimanche, le jour du marché avec les parents immigrés, leurs enfants, et quelques jeunes couples. En celà les visiteurs contrastent totalement avec le paysage. Les organisateurs de la fête d’ailleurs semblent complètement ignorer l’environnement entourer la fête de l’Humanité. Une fois qu’on y entre on se rends compte que c’est un îlot blanc dans une banlieue rouge mais surtout noire, marron et jaune. Cette blancheur contraste également avec le personnel en contact jusqu’à l’arrivée à la fête. Entre  parmi les habitants de la Courneuve, les employés de la RATP, les jeunes gens qui distribuent des flyers  ou même qui vendent des places d’entrées, on retrouve de nombreux racisés si ce n’est une majorité de racisés ! Mais également à l’intérieur de la fête parmi les vigiles et es vendeurs dans les stands commerciaux de nourriture. La fête de l’Humanité n’échappe donc pas à cette assignation des êtres humains à des fonctions sociales en fonction de leur apparence physique ou de leur culture, ce qu’on appelle racisation. Elle l’exacerbe même car le discours craché par les haut-parleurs, affiché en caractères gigantesques sur les banderoles et autres affiches mais également les bribes de discours très anti-capitaliste et humaniste des visiteurs de la fête font croire à une grande fraternité, à un espace où l’utopie serait déjà un peu réalisée.

Au lieu de celà la problématique raciale s’en retrouve davantage renforcée. Elle l’est d’autant plus que lorsqu’on est de citoyenneté française mais que ça ne se voit pas, comprendre lorsqu’on est non-blanc, on ne trouve rien qui nous ressemble dans les différents stands de la zone France. Il faut aller à l’étranger, c’est-à-dire au Village du Monde, pour commencer à sentir des odeurs familières de nourriture, voire des visages qui pourraient être ceux de nos parents, de nos frères, sœurs et enfants mais aussi de nos voisins dans les quartiers populaires. En sortant de l’espace France, que j’ai renommé ainsi parce que c’est l’espace où l’on retrouve les stands de toutes les régions de France. Mais cet espace pourrait très bien s’appeler Métropole vu qu’il est au centre, qu’il concentre les stands principaux que sont l’Agora, l’espace du journal l’Humanité, le salon du Livre, et des représentants d’autres acteurs de la société. C’est en sortant de la Métropole vers une extrémité de la fête de l’Humanité que l’on retrouve le Village du Monde. Et c’est dans ce village exotique que nous retrouvons les associations de quartiers et antiracistes tel que le MRAP ou le Forum Social des Quartiers Populaires. La gréographie de la fête ne ments pas, pas plus que sa démographie ou sa communication. Nous n’y existons pas. Bien sûr que l’on retrouve des indigènes  des quartiers populaires parmi les visiteurs de la fête mais c’est justement ce qui fait le plus mal. D’en voir mais que ceux qui organisent cette fête ne les considèrent simplement pas.

Le discours de cloture de la fête, par Patrick le Hyaric, directeur du journal l’Humanité, mentionne les quartiers populaires dans cet extrait de discours :

« L’hôte de l’Elysée, qui se déguise en petit policier, avait promis une ère de sécurité, n’hésitant pas à stigmatiser les jeunes et les étrangers de nos quartiers populaires, ce qui semble avoir beaucoup plu à une partie des électeurs du Front national. »9

Cette mention ne sert qu’à contrer la promesse sarkozytste d’ »ère de sécurité ». Or ce discours comme sa contradition n’est pas destiné à ses habitants mais à ceux des zones pavillonnaires pour qui l’insécurité est un thème politique majeur. Plus grave les stigmatisés par Sarkozy sont les « les jeunes et les étrangers », nommant étrangers les résidents français travailleurs immigrés ce qui en soit est déjà problématique, et faisant l’impasse sur le fait que ce ne sont pas tous les jeunes qui sont stigmatisés, mais essentiellement les non-blancs. Ce discours adressé aux habitants blancs des pavillons tente de les rassurer tout en continuant à nommer les habitants des quartiers populaires de telle façon qu’elle souligne leur extériorité à la nation par le terme étrangers, et donc in fine à leur refuser le droit à la citoyenneté, ainsi qu’en passant sous silence le caractère raciale de cette stigmatisation.

Les musulmans cultu-r-els dans la fête

Vous me trouverez un peu sévère si je ne vous rappelle pas quelques faits. La fête de l’Humanité ces 2 dernières années se déroule pendant le mois de Ramadan. Le mois sacré des musulmans c’est le mois le plus important de l’année pour les musulmans culturels et cultuels, c’est un mois de jeune et de réjouissances.Tous les jours de ce mois au coucher du soleil, les musulmans rompent le jeune, pour des raisons religieuses mais aussi culturelles. Tout comme de nombreux français chrétiens d’origine fêtent Noël, ou que d’autres achètent du muguet le 1er mai. Il faut reconnaître que la fête de l’Humanité tombe en plein Ramadan , qui plus est pendant ses 10 dernières jours les plus importants, est un hasard. Mais ce qui n’est pas un hasard c’est que, par exemple, rien n’est fait pour faciliter aux jeuneurs de venir à la fête. L’exemple le plus criant est la seule conférence officielle sur les quartiers populaires se déroule entre 20H et 21h et donc chevauche pile-poile le moment de rupture du jeune vers 20H20. En fait tout se passe presque comme si on décourageait un segment de la population, composante de premier plan des quartiers populaires, de se rendre à la fête de l’Humanité. Cette population ce sont les musulmans cultu-r-els10. Rien pour signaler l’heure de rupture du jeune. Aucun espace dédié collectif pour le repas de l’Iftar11. Un espace qui serait consacré à ce repas et qui serait ouvert aux musulmans cultu-r-els ou simplement aux curieux. Aucune garantie que la nourriture fournie soit conforme aux principes rituels musulman d’abbatage si ce n’est la parole de ceux qui vous la vendent. Et bien entendu aucun espace dédié à la prière12 J’entends les critiques sur la laïcité mais les communistes sont-ils en premier lieu pour l’égalité ou contre l’existence des pratiquants ? Il n’est pas exigé des communistes qu’ils établissent l’Islam en norme ou qu’ils cessent de critiquer la religion. Mais il est simplement demandé de prendre en compte l’existence de personnes pratiquant un culte ou faisant partie d’une culture et considérant ce culte ou cette culture comme partie intégrante d’eux-mêmes et dont l’abandon n’est pas négociable. L’absence de prise en compte du Ramadan13 , alors même que la fête de l’Humanité se présente comme une fête politique, traitant notamment des quartiers populaires et de leur population, est une discrimination systémique à l’encontre des musulmans cultu-r-els. L’adage communiste « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » aurait du prévaloir sur ce racisme structurel. J’entends déjà les anticléricaux hurler la religion c’est l’opium du peuple ou encore Ni Dieu Ni Maître. Moi je dis que lorsque la promotion d’un opium bien réel, l’alcool, se fait avec un maître le profit14, quand on connaît le fléau que représente l’alcoolisme15 et son industrie16 on n’a pas de leçons à donner aux croyants. Mais de façon plus prosaïque tous ceux qui sont entrés à cette fête ont payé leur place et de ce fait un traitement non-discriminatoire des visiteurs s’imposent car même si la fête de l’Humanité n’est pas un service public elle n’en reste pas moins un espace publique.

Des arguments peuvent être opposés à cette dénonciation du racisme tels que l’impératif économique, l’argument selon lesquels les racisés ne représenteraient qu’une infime partie des visiteurs, ou le principe de laïcité poussé à son paroxysme, ainsi que l’absence d’une volonté raciste affichée explicitement… Ces réserves ne peuvent être retenu lorsqu’il y a un manquement manifeste à l’obligation morale et légale de non-discrimination.  Ce qu’il faut exiger de la fête de l’Humanité et de tous les autres espaces publiques c’est de manifester leur volonté manifeste de lutter activement contre le racisme systémique à l’œuvre dans leur espace.

Cette Marianne noire ne corresponds donc pas à une volonté de cibler les habitants des quartiers populaires et les racisés, en particulier les noirs ou les immigrés postcoloniaux et leurs descendants. A quoi corresponds donc cette volonté de communiquer sur la raCette Marianne noire ne corresponds donc pas à une volonté de cibler les habitants des quartiers populaires et les racisés, en particulier les noirs ou les immigrés postcoloniaux et leurs descendants. A quoi corresponds donc cette volonté de communiquer sur la race ? ce ?
  1. prix modique qui du même temps écarte définitivement l’argument selon lequel il n’y aurait pas de discrimination raciale mais simplement économique []
  2. vous m’excuserez l’expression capitaliste []
  3. http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_de_l%27Humanit%C3%A9 []
  4. oui je sais la race biologique n’existe pas, je parle là de la perception de l’appartenance à une race []
  5. http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_de_l%27Humanit%C3%A9#Sc.C3.A8ne_Zebrock_.2F_Avant-Garde []
  6. http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Libert%C3%A9_guidant_le_peuple []
  7. Subsaharienne et maghrébine []
  8. http://www.humanite.fr/fete-article.html?id_article=2748572&f=14618 []
  9. http://patricklehyaric.net/2009/09/14/ensemble-nous-ne-les-lacherons-pas/ []
  10. car musulmans culturels et cultuels sont difficilement différenciables d’un point de vue laïque et ne le sont pas du tout et d’un point de vue social car ils existent avant tout en tant que groupe []
  11. repas de la rupture du jeune []
  12. c’est le seul point qui ne concernent que les musulmans cultuels []
  13. entre autres fait cultu-r-els des musulmans []
  14. par exemple avec le sponsoring de Pernod-Ricard []
  15. L’alcool, une drogue sous-estimée []
  16. L’ALCOOL ET LES MULTINATIONALES []

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Mes signets du 20/09/2009 au 23/09/2009

septembre 23, 2009 · Posted in Liens · Comment 

Ma selection de liens du 20/09/2009 au 23/09/2009:

  • Les poupées Barbie de l’Islam light : exhibitionnisme et érotisme victimaires – Actualité, | Oumma.com – L’homme français du XXIe siècle doit arrêter de se projeter comme l’émancipateur en puissance de la « femme musulmane », que celle-ci porte voile ou pas, la réduisant à n’être finalement qu’un objet de ses fantasmes sexuels et pulsions érotisantes.
  • Sémites, ou la fiction de l’Autre – Selon un très vieux préjugé, Juifs et Arabes, juifs et musulmans, s’ils sont «ennemis», sont avant tout des «frères» partageant un rapport commun au monde, à la religion et aux texte sacrés. Cette unité se manifeste dans la fiction du «Sémite». Se fondant sur une lecture deSemites: Race, Religion, Literature de Gil Anidjar, Warren Montag soutient que, si cette unité fictionnelle est avant tout le fruit de l’opération par laquelle le christianisme – dont la laïcité ne serait que l’un des derniers avatars – s’est construit un Autre, elle est peut-être également susceptible d’une récupération politique, problématique mais féconde, par ceux qu’elle est censée désigner.
  • Pouvoir / Savoir – Peut-être faut-il renoncer à croire que le pouvoir rend fou et qu’en retour la renonciation au pouvoir est une des conditions auxquelles on peut devenir savant. Il faut plutôt admettre que le pouvoir produit du savoir ( et pas simplement en le favorisant parce qu’il le sert ou en l’appliquant parce qu’il est utile); que pouvoir et savoir s’impliquent directement l’un l’autre; qu’il n’y a pas de relation de pouvoir sans constitution corrélative d’un champ de savoir, ni de savoir qui ne suppose et ne constitue en même temps des relations de pouvoir.

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