Revue de presse autour de l’affaire Mustapha Kessous

Revue de presse de l’affaire Mustaha Kessous, ce journaliste du Monde qui a témoigné sur le racisme ordinaire dont il était la victime et ce malgré son statut social :

  • Des Noms pas Propres – LeMonde.fr – Il y a des noms propres qui portent en eux-mêmes un statut de signifiant pur, détaché de la désignation d’une personne physique. Mustapha. N’Diaye. Lévy. Droit dans le symptôme de notre France profonde dans laquelle le pétainisme, le colonialisme, ont été tout, sauf des accidents. Prénoms et noms sont détournés de leur destination, ils cessent de décliner une identité. Ils deviennent le nom-de-l’Arabe, le nom-du-Noir, le nom-du-Juif.
  • Moi, Mustapha Kessous, journaliste au « Monde » et victime du racisme – Des histoires comme celles-là, j’en aurais tant d’autres à raconter. On dit de moi que je suis d’origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un « beurgeois », un enfant issu de l’immigration… Mais jamais un Français, Français tout court.
  • Les Indigènes de la république » Un miroir français – « Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom quand je me présente… ». C’est dans le journal Le Monde, un récit sobre, sans effets de plume, légèrement désabusé, mais gardant la distance de Mustapha Kessous qui sème l’émoi dans la blogosphère française. Ce sont racontées, des expériences ordinaires, banales, du quotidien d’un Français qui ne correspond pas à l’image d’Epinal du citoyen hexagonal.
  • BondyBlog : Et si c’était, aussi, la faute du « Monde » ? – Le récent témoignage de Mustapha Kessous, dans le journal « Le Monde », prouve l’incroyable arriération de la société française à l’égard de ses propres citoyens. Mais il est aussi, indirectement, un aveu accablant pour les rédactions des grands journaux français qui ont trop longtemps négligé la diversité en leur sein.
  • De quoi Kessous est-il le nom ? Malgré l’humiliation d’avoir parfois dû s’appeler Philippe ou Jean-Claude pour garder un emploi, les pionniers de l’immigration dont descend Mustapha Kessous n’ont jamais perdu leur dignité. Alors, quand un de leurs enfants, officiant dans un quotidien national de référence, suscite une vague d’anti-racisme bien-pensant en arguant qu’il s’abstient de faire usage de son prénom, on s’interroge… Sur qui se cache derrière son nom.
Malgré l’humiliation d’avoir parfois dû s’appeler Philippe ou Jean-Claude pour garder un emploi, les pionniers de l’immigration dont descend Mustapha Kessous n’ont jamais perdu leur dignité. Alors, quand un de leurs enfants, officiant dans un quotidien national de référence, suscite une vague d’anti-racisme bien-pensant en arguant qu’il s’abstient de faire usage de son prénom, on s’interroge… Sur qui se cache derrière son nom.

On ne se cache pas derrière les mots…


Dans ce débat-conférence sur Radio France Culture le 4 juin 2009, Houria Bouteldja, invitée en tant que porte-parole du Mouvement des Indigènes de la République, s’est exprimée sur de nombreux sujets concernant les indigènes.

(Cliquez sur les flèches pour écouter les extraits)

Ce débat sur le « Nous et les Autres » a permis d’aborder le sujet de la communauté politique. C’est à dire sous quelles conditions Nous (les Blancs) et les Autres (les Indigènes) peuvent former un Nous politique selon l’optique décoloniale du MIR.

Par ailleurs, et vu que les mots sont importants, Houria Bouteldja a abordé la question du mot « diversité ». Pourquoi ce mot a-t-il tant de succès ? Que cache-t-il ? Quels sont les intérêts politiques qu’il sert ? Houria fait indubitablement partie de cette diversité. Mais comment le savons nous ? D’où nous viens ce savoir permettant d’identifier immédiatement un membre de la diversité ? Vous verrez que la diversité révèle la culture « scientifique » de la race qui imprègne la société française pour mieux tenter de la dissimuler et de sauver la colonialité nichée au sein de la République. Mais « on ne peut pas se cacher derrière les mots »…

C’est en opposition au terme de diversité, dont une critique doit émerger dans l’espace publique, que nous devons lui opposer le terme Indigène qui recouvre la même réalité mais avec une optique opposée, celle de révéler la confrontation raciale de la société et de la combattre au lieu de la dissimuler.

Finalement, un autre mot « intégration » est à remplacer par celui de « libération ». Intégrés, nous le sommes déjà, les militants de l’immigration n’ont eu de cesse de le rappeler. Et comme projet alternatif à celui de l’intégration, forme euphémisée d’assimilation, nous proposons celui de libération. Libération des indigènes, mais qui conduit à la libération des blancs eux-même du poids colonial. En effet les indigènes n’existent que parce qu’il y a des blancs, et de la même façon les blancs n’existent que parce qu’il y a des indigènes.

Ensuite, la séance de questions/réponses a permis d’explorer d’autres mots. Youssef Boussoumah a rappeler dans le cas de la Guerre d’Algérie, l’importance de la mémoire collective des victimes et pourquoi il ne fallait pas laisser la prétendue vérité historique scientifique avoir le dernier mot… Bien sûr son exemple est extensible à d’autres situations, il est universalisable. Il a abordé aussi le problème très actuel de l’anti-capitalisme, et pourquoi il fallait y inclure le rapport Nord/Sud pour le remettre sur ses pieds…

Houria Bouteldja nous a donné également une belle leçon de féminisme ! Salutaire rappel en ces temps où le féminisme est exploité à des fins paternalistes voires même racistes à l’égard des femmes identifiées comme musulmanes, notamment par des féministes historiques comme Elisabeth Badinter, mais également par NPNS et les féministes islamophobes où qui pensent que l’Islam est la source du problème…

Puis une femme blanche qui écrit l’Histoire se présentant comme telle, a exprimé son mal-aise dégoulinant. Bien mal lui en a pris, le voilà accusée de simplification abusive et d’opposer les méchants hommes/blancs aux gentils femmes/indigènes. Ce qui a quand même permis à Houria Bouteldja de lui expliquer ce qu’est le féminisme, et en quoi dénoncer le privilège Blanc est nécessaire et relève bien de la complexité de ce monde.

Contexte :
« Hors les Murs », Collège International de Philosophie sur France Culture.
Emission « Nous et les Autres ».
par Joël Roman, directeur de la collection Pluriel chez Hachette Littérature.