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	<title>Bader.log &#187; islamophobie</title>
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	<description>politique {émancipation, oppression, subalternes}, arts {cinéma, musique, théâtre, littérature}</description>
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		<title>Contre l&#8217;islamophobie et le sionisme : la savate</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Dec 2009 03:09:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_564" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-564" title="Savate-Old-Pic" src="http://bader.lejmi.org/wp-content/uploads/2009/12/Savate-Old-Pic1-300x232.jpg" alt="La savate française comme stratégie nationale" width="300" height="232" /><p class="wp-caption-text">La savate française comme stratégie nationale de résistance</p></div>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes le 28 décembre 2009. Soit un an et un jour après le début de l&#8217;agression par l&#8217;armée sioniste de ce que nous devons désormais nommer  ghetto de Gaza. Agression qui a couté la vie à près de 1400 personnes dont plus de 400 enfants, et par près de 5500 blessés dont à peu près la moitié de femmes et d’enfants. Nous pourrions discourir longtemps sur les horreurs de cette guerre mais ce n&#8217;est pas l&#8217;objet de notre propos.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur un réseau social bien connu, le message de Tahar Houhou, participant de la Gaza Freedom March<sup>1</sup> m&#8217;a été transmis par une khomrada<sup>2</sup> : <em>&laquo;&nbsp;Nous allons passer notre seconde nuit devant l&#8217;ambassade. Enfermés, privés de tout, à plus 300 sur 900 m2. On est dans la situation des Gazaouites, 1 toilette pour 300, rien à manger, rien à boire. Encerclés par plus de 1000 policiers, affamés, assoiffés que nous alimentons comme on peut. Honte à la France, honte à l&#8217;Egypte&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Un peu plus tard je lis un message de la même khomrada, m&#8217;invitant à écrire au Ministère français des Affaires étrangères et à l’ambassade d’Egypte. L&#8217;objectif étant de faire en sorte que la France fasse pression sur l&#8217;Egypte pour laisser la Marche pour la Paix entrer dans Gaza. Sur le moment javoue que mon sentiment de culpabilité de citoyen français bien au chaud dans un pays dit libre a été titillé. Les cours d&#8217;éducation civique m&#8217;enseignant les formidables valeurs républicaines n&#8217;étaient pas tombées dans l&#8217;oreille d&#8217;un sourd. J&#8217;avais déjà reçu par le passé des invitations à faire pression sur mon gouvernement pour tel ou telle cause. Jugeant celle-ci particulièrement juste et nécessitant une action urgente, je m&#8217;apprêtais à faire preuve de responsabilité et ainsi réaliser mon devoir de citoyen concerné en écrivant à mon Ministre en lui demandant fermement, mais avec tous les égards du à sa position, de mettre en application le fameux <em>&laquo;&nbsp;droit d&#8217;ingérence&nbsp;&raquo;</em> dont il est un des plus ardents promoteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis dans la minute qui a suivit, une autre nouvelle m&#8217;a rappelée à la dure réalité de ce monde triste et sordide. Cette nouvelle m&#8217;informait que le directeur du Renseignement militaire français, le général de corps d’armée Benoît Puga, est venu personnellement inspecter le chantier de construction du mur sous-terrain cloturant le côté egyptien du ghetto de Gaza<sup>3</sup>). Chantier supervisé par ailleurs par des officiels français et états-uniens&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Je m&#8217;apprêtais donc candidement à demander à M. Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires Etrangères, de faire pression sur l&#8217;Egypte pour permettre à des gentils et pacifiques volontaires internationaux de rentrer dans Gaza apporter de l&#8217;aide humanitaire. Le même homme, Bernard Kouchner, qui avait tour à tour : soutenu en 1991 et en 2003 l&#8217;invasion de l&#8217;Irak et demandé la tête de feu le Président Saddam Hussein, blanchi en 2003 l&#8217;emploi par Total de travailleurs forcés en Birmanie sous l&#8217;opprobe des ONG<sup>4</sup>, avait signé la perfide pétition contre les prétendus «ratonnades anti-Blancs» en 2005<sup>5</sup>, refuse de décerner la médaille des droits de l&#8217;homme à une ONG Palestinienne<sup>6</sup>, s&#8217;échine à tenter de faire libérer le soldat israelien Guilad Shalit par tous les moyens<sup>7</sup> tandis qu&#8217;il accorde à peine de l&#8217;attention au français Salah Hamouri emprisonné par Israel<sup>8</sup>, et soutient toujours l&#8217;occupation notamment par la France de l&#8217;Afghanistan tout en faisant partie du gouvernement du Président le plus sioniste que la République Française ait connue. Le Ministre d&#8217;un gouvernement qui participe à la construction d&#8217;un mur sous-terrain brisant le peu de liens avec l&#8217;extérieur qu&#8217;entretient le ghetto de Gaza.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi comme disait le souverainiste Jean-Pierre Chevènement, Bernard Kouchner n&#8217;a pas besoin de retourner sa veste, c&#8217;est l&#8217;uniforme de la pensée conforme, doublée à l&#8217;intérieure. De ses positions nous pouvons ainsi déceler le contenu de cette pensée unique. <strong>Le droit d&#8217;ingérence, étendard de Kouchner, n&#8217;est, pour Chevènement, que <em>&laquo;&nbsp;le maquillage astucieux de ce que l&#8217;on pourrait appeler le néo-impérialisme&nbsp;&raquo;</em></strong><sup>9</sup>. C&#8217;est d&#8217;ailleurs le chroniqueur télé tendance vieille droite, Thierry Ardisson, qui dans une émission radio en 1993<sup>10</sup>, déclarait : <em>&laquo;&nbsp;La colonisation ? De toute façon, on va devoir s&#8217;y remettre. Alors, on appellera ça comme on veut pour pas choquer les gens, on appellera ça ingérence humanitaire mais ce sera la même chose.&nbsp;&raquo; </em>Il y présente d&#8217;ailleurs son roman où voulant donner un visage humain à la colonisation, il présente un colon  européo-centriste des années 1930, mais de gauche, utopiste et voulant apporter &laquo;&nbsp;<em>la liberté, l&#8217;égalité, la fraternité, l&#8217;électricité</em>&nbsp;&raquo; aux &laquo;&nbsp;<em>bons hindous</em>&laquo;&nbsp;, qu&#8217;il décrit comme <em>&laquo;&nbsp;un Kouchner de l&#8217;époque&nbsp;&raquo;</em>. Ce colon, un Kouchner de l&#8217;époque, ses amis de gauche (on devine laquelle) avouent l&#8217;aimer : <em>&laquo;&nbsp;Ton gars on l&#8217;aime et plus on l&#8217;aime plus on devient colonialiste&nbsp;&raquo;</em>. C&#8217;est là que tout se joue !</p>
<p style="text-align: justify;">Car, en réalité, les colonisateurs sionistes ont plutôt la côte en France. Certes on aimerait qu&#8217;ils soient moins brutaux mais eux-mêmes admettent y être poussé de force par la barbarie arabo-islamique. Au fond, se disent-ils, Israel n&#8217;est-elle pas la seule démocratie du Moyen-Orient disposant de l&#8217;armée la plus morale du monde ? Ainsi la logorrhée du lobby sioniste n&#8217;a de succès que parcequ&#8217;elle renforce l&#8217;idéologie colonialiste Occidentale poussée dans ses derniers retranchements. Le lobby sioniste ne fait qu&#8217;un avec ses alliers naturels, les élites dominantes  politiques et médiatiques, aux intérêts éminément convergents dans la défense de la suprématie de l&#8217;Occident Blanc-chrétien. La propagande sioniste renvoyant à l&#8217;Occident sa propre image, l&#8217;ennemi du sionisme est l&#8217;ennemi de l&#8217;Occident. Lorsque cette clique vous affublera de l&#8217;étiquette antisémite, ce ne sera qu&#8217;un synonyme d&#8217;ennemi de l&#8217;Occident Blanc<sup>11</sup>. Et comme si celà ne suffisait pas, cette collusion se double d&#8217;un marquage aux fers rouges des musulmans. Ce soudain amour des Juifs, après des siècles de persécution en Occident, légitime l&#8217;antisémitisme génétique de l&#8217;Occident sur son autre face sémite : l&#8217;arabo-musulman. L&#8217;amour des Juifs et d&#8217;Israel passant désormais par un redoublement d&#8217;islamophobie tandis que l&#8217;islamophobie conduit à un sionisme invétéré<sup>12</sup>. Le site occidentaliste par essence, Riposte Laique, dans un article titré <em>Comparer l’islamophobie à l’antisémitisme des années 30 est une obscénité</em>, apologétique à l&#8217;égard  d&#8217;Israel, déclare ainsi <em>&laquo;&nbsp;être islamophobe, c’est lutter contre l’antisémitisme, alors que combattre l’islamophobie, c’est le favoriser</em>&nbsp;&raquo;<sup>13</sup>. Le débat en cours sur l&#8217;identité nationale de notre chère patrie des droits de l&#8217;homme, est une flagrante  démonstration de l&#8217;incorporation de l&#8217;islamophobie dans l&#8217;idéologie nationale toute entière focalisée sur la question musulmane<sup>14</sup>. Etrange miroir de la <em>question juive</em> qui, en un siècle en France, est passée de la rhétorique de l&#8217;assimilation avec les Lumières à celle de l&#8217;extermination sous Vichy<sup>15</sup> puis à celle du soutien au sionisme, un colonialisme juif.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Prenons un instant au sérieux ces sionistes islamophobes, combattre l&#8217;islamophobie et extirper le lobby sioniste de la France, nous l&#8217;avons vu c&#8217;est lié, n&#8217;est-ce pas au fond s&#8217;en prendre à l&#8217;idée même d&#8217;identité nationale ? Car en effet le sionisme est un colonialisme dont la France est un membre fondateur</strong>. Mieux qu&#8217;un discours, en voici une preuve en vidéo :</p>
<p><script src="http://www.ina.fr/js/global/controle/ogp_player_embed.js" type="text/javascript"></script><script src="http://www.ina.fr/player/embed/w/480/h/398/id_notice/AFE85002317/id_utilisateur/921388/hash/49a7de1d26f96e6eb10ea67645b47f16" type="text/javascript"></script></p>
<div style="background-color: #000000; font-family: Arial,Helvetica,Verdana,sans-serif; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 11px; line-height: 18px; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; color: #b4d2fe; width: 480px;">retrouver ce média sur <a style="font-weight: bold; color: #b4d2fe;" href="http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/AFE85002317/la-colonie-francaise-de-neve-ilam.fr.html" target="_blank">www.ina.fr</a></div>
<p style="text-align: justify;">Ainsi je ne vois rien de français pouvant nous aider à faire pression sur le gouvernement despotique et collaborateur d&#8217;Egypte et encore moins sur Israël, si ce n&#8217;est la boxe, ou plutôt la savate française. Car c&#8217;est par des coups de savates, à l&#8217;instar de l&#8217;illustre Montadhar Zaïdi<sup>16</sup>, que nous ferons pression sur nos gouvernants et que nous les ferons céder plutôt que par d&#8217;innombrables autant qu&#8217;inutiles pétitions. Pour le ghetto de Gaza et la libération de la Palestine, pratiquons, en France, la politique de la savate !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=830">Cet article a été republié sur le site des Indigènes de la République.</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_561" class="footnote"><a href="http://www.legrandsoir.info/+Lettre-ouverte-de-la-Gaza-Freedom-March-au-President-Mubarak+.html">http://www.legrandsoir.info/+Lettre-ouverte-de-la-Gaza-Freedom-March-au-President-Mubarak+.html</a></li><li id="footnote_1_561" class="footnote">contraction de kho&#8217; et de camarade, le tout au féminin</li><li id="footnote_2_561" class="footnote"><a href="http://www.voltairenet.org/article163396.html"><span>Gaza : la France supervise le prolongement du Mur de séparation</span></a></li><li id="footnote_3_561" class="footnote"><a href="http://www.novethic.fr/novethic/planete/ong/campagnes/rapport_kouchner_ong_consternees/73232.jsp">Rapport Kouchner : les ONG consternées</a></li><li id="footnote_4_561" class="footnote"><a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20050326.OBS2271/un_appel_controverse_contrele_racisme_antiblancs.html">Un appel controversé contre le racisme &laquo;&nbsp;anti-blancs&nbsp;&raquo;</a></li><li id="footnote_5_561" class="footnote"><a href="http://www.bakchich.info/Kouchner-interdit-la-Palestine,09571.html">Kouchner interdit la Palestine</a></li><li id="footnote_6_561" class="footnote"><a href="http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/12/23/01011-20091223FILWWW00376-shalitfrance-attendez-quelques-jours.php">http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/12/23/01011-20091223FILWWW00376-shalitfrance-attendez-quelques-jours.php</a> et <a href="http://www.ambafrance-il.org/spip.php?article7354">Détention de Guilad Shalit : Réponse de Bernard Kouchner</a></li><li id="footnote_7_561" class="footnote"><a href="http://www.salah-hamouri.fr/node/142">La claque de B. Kouchner à la famille Hamouri</a></li><li id="footnote_8_561" class="footnote"><a href="http://www.dailymotion.com/video/x8uozg_chevenement-casse-bhl-et-kouchner_news">http://www.dailymotion.com/video/x8uozg_chevenement-casse-bhl-et-kouchner_news</a></li><li id="footnote_9_561" class="footnote"><a href="http://www.fdesouche.com/mp3/1993-10-13.mp3">Thierry Ardisson chez Serge de Beketch</a></li><li id="footnote_10_561" class="footnote"><a href="http://bader.lejmi.org/2009/12/23/une-these-a-scandale-la-reaction-philosemite/">comme l&#8217;affirme par ailleurs Ivan Ségré dans la réaction philosémite</a></li><li id="footnote_11_561" class="footnote"><a href="http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=825">http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=825</a></li><li id="footnote_12_561" class="footnote"><a href="http://www.ripostelaique.com/Comparer-l-antisemitisme-des.html">http://www.ripostelaique.com/Comparer-l-antisemitisme-des.html</a></li><li id="footnote_13_561" class="footnote"><a href="http://oumma.com/Identite-nationale-islam-laicite)">http://oumma.com/Identite-nationale-islam-laicite</a></li><li id="footnote_14_561" class="footnote"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Question_juive">http://fr.wikipedia.org/wiki/Question_juive</a></li><li id="footnote_15_561" class="footnote"><a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2789">L’histoire de ma chaussure, par Muntadhar al-Zaidi</a></li></ol>
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		<title>Mes signets du 11/11/2009 au 13/11/2009</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 01:06:31 +0000</pubDate>
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Observatoire des in&#233;galit&#233;s &#8211; Le retour des bandes &#8211; Les jeunes qui utilisent la force pour parvenir &#224; leurs fins ne cherchent ni &#224; d&#233;truire la soci&#233;t&#233; ni &#224; contester ses principes fondateurs. Ils visent tout autant &#224; s&#8217;emparer de biens mat&#233;riels inaccessibles extr&#234;mement valoris&#233;s qu&#8217;&#224; exprimer symboliquement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ma selection de liens du 11/11/2009 au 13/11/2009:</p>
<ul>
<li><a href="http://www.inegalites.fr/spip.php?article1131">Observatoire des in&eacute;galit&eacute;s &#8211; Le retour des bandes</a> &#8211; Les jeunes qui utilisent la force pour parvenir &agrave; leurs fins ne cherchent ni &agrave; d&eacute;truire la soci&eacute;t&eacute; ni &agrave; contester ses principes fondateurs. Ils visent tout autant &agrave; s&rsquo;emparer de biens mat&eacute;riels inaccessibles extr&ecirc;mement valoris&eacute;s qu&rsquo;&agrave; exprimer symboliquement une tr&egrave;s vive protestation. Par Robert Muchembled, historien.</li>
<li><a href="http://www.respectmag.com/node/1175">Esther Benbassa : &laquo; Islam, obsession du si&egrave;cle &raquo; | RespectMag</a> &#8211; L&rsquo;islam, c&rsquo;est l&rsquo;obsession du XXIe si&egrave;cle comme le juda&iuml;sme l&rsquo;&eacute;tait au XIXe si&egrave;cle et d&eacute;but XXe. Les pr&eacute;jug&eacute;s &agrave; l&rsquo;encontre de musulmans sont les m&ecirc;mes que ceux rencontr&eacute;s par les juifs au 18&egrave;me si&egrave;cle. &laquo; Ils se multiplient trop vite &raquo;, disait-on &agrave; l&rsquo;&eacute;poque ! L&rsquo;antis&eacute;mitisme et l&rsquo;islamophobie sont les r&eacute;sultats de ces focalisations. J&rsquo;irai m&ecirc;me plus loin : l&rsquo;islam des Arabes d&eacute;range. Les Noirs musulmans sont nombreux mais on n&rsquo;en parle pas. Le rapport Obin de juin 2004 (2) ne parle que des Arabes. Tout &ccedil;a reste tr&egrave;s politis&eacute;. Quand Nicolas Sarkozy vante &laquo; les racines chr&eacute;tiennes de la France &raquo;, cela veut dire : &laquo; la Turquie musulmane ne peut pas entrer dans la communaut&eacute; europ&eacute;enne chr&eacute;tienne &raquo;. Sauf que l&rsquo;Europe a connu des bouleversements d&eacute;mographiques&hellip;</li>
<li><a href="http://civilisations.revues.org/index1954.html#tocto1n11">Global Challenge &#8211; A propos de L&rsquo;Occident d&eacute;croch&eacute; de Jean-Loup Amselle par Ir&egrave;ne BELLIER</a> &#8211; Le titre choisi par Jean-Loup Amselle pour son Enqu&ecirc;te sur les postcolonialismes t&eacute;moigne d&rsquo;une angoisse. On pourrait penser que dans un monde globalis&eacute;, interconnect&eacute;, et du point de vue d&rsquo;un anthropologue sp&eacute;cialiste des &laquo; branchements &raquo; culturels, l&rsquo;Occident se retrouve plut&ocirc;t &laquo; interpell&eacute; &raquo; par les voix alternatives qui ont &eacute;merg&eacute; dans les ann&eacute;es 1980, si l&rsquo;on se place dans la perspective du dialogue, &laquo; rattrap&eacute; &raquo; si l&rsquo;on r&eacute;fl&eacute;chit en termes g&eacute;opolitiques, ou &laquo; d&eacute;pass&eacute; &raquo; si l&rsquo;on pense &agrave; la crise du capitalisme et en termes de comp&eacute;tition.</li>
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		<title>Mes signets du 01/10/2009 au 18/10/2009</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Oct 2009 21:03:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ma selection de liens du 01/10/2009 au 18/10/2009:

L&#8217;ennemi int&#233;rieur &#8211; r e g a r d e a v u e &#8211; Un entretien de 40 mn avec Mathieu Rigouste qui vient de publier son livre : L&#8217;ennemi int&#233;rieur. La g&#233;n&#233;alogie coloniale et militaire de l&#8217;ordre s&#233;curitaire dans la France contemporaine.
Homi K. Bhabha : Les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ma selection de liens du 01/10/2009 au 18/10/2009:</p>
<ul>
<li><a href="http://regardeavue.com/index.php/2009/03/09/242-l-ennemi-interieur">L&#8217;ennemi int&eacute;rieur &#8211; r e g a r d e a v u e</a> &#8211; Un entretien de 40 mn avec Mathieu Rigouste qui vient de publier son livre : L&rsquo;ennemi int&eacute;rieur. La g&eacute;n&eacute;alogie coloniale et militaire de l&rsquo;ordre s&eacute;curitaire dans la France contemporaine.</li>
<li><a href="http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&amp;art=1879&amp;PHPSESSID=94632ce0eb838bc2101379095851ab1e">Homi K. Bhabha : Les lieux de la culture. Une th&eacute;orie postcoloniale</a> &#8211; [le] cosmopolitisme vernaculaire est un processus politique qui ouvre en direction des objectifs partag&eacute;s de gouvernance d&eacute;mocratique, au lieu de simplement reconna&icirc;tre des entit&eacute;s ou des identit&eacute;s politiques &quot;marginales d&eacute;j&agrave; constitu&eacute;es&quot;</li>
<li><a href="http://blog.mondediplo.net/2009-09-17-Islamophobie-savante-islamophobie-politique">Islamophobie savante, islamophobie politique &#8211; Les blogs du Diplo</a> &#8211; Nous vivons les temps de l&rsquo;islamophobie. Chaque jour apporte sa pierre &agrave; l&rsquo;&eacute;dification d&rsquo;une machine de guerre d&rsquo;autant plus efficace qu&rsquo;elle ne rel&egrave;ve d&rsquo;aucun complot et qu&rsquo;elle enr&ocirc;le sous sa banni&egrave;re des responsables de gauche et de droite, des intellectuels de gauche et de droite, des &laquo; savants &raquo; de gauche et de droite. Burqa, affaire Vincent Geisser &ndash; que j&rsquo;ai eu tort de ne pas &eacute;voquer avant sur ce blog &ndash;, femmes afghanes, pratique du ramadan, etc, tout est bon, non pour critiquer l&rsquo;islam (&laquo; Peut-on critiquer l&rsquo;islam ? &raquo;), mais pour stigmatiser les musulmans et, surtout, cr&eacute;er une atmosph&egrave;re de troisi&egrave;me guerre mondiale.</li>
</ul>

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		<title>Touche pas la femme blanche : La Journée de la jupe</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 21:48:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce texte est la version française d&#8217;un article rédigé par Geneviève Sellier pour le volume collectif intitulé &#171;&#160;Screening Integration: Recasting Maghrebi Immigration in Contemporary France&#160;&#187; sous la direction de Sylvie Durmelat et Vinay Swamy à paraître chez University of Nebraska Press.
« Touche pas la femme blanche : La Journée de la jupe (Lilienfeld, Arte, 2009) ou le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Ce texte est la version française d&#8217;un article rédigé par <a href="http://www.emilieduchatelet.org/Organigramme/Sellier.html">Geneviève Sellier</a> pour le volume collectif intitulé &laquo;&nbsp;Screening Integration: Recasting Maghrebi Immigration in Contemporary France&nbsp;&raquo; sous la direction de Sylvie Durmelat et Vinay Swamy à paraître chez University of Nebraska Press.</em></p>
<h2 style="text-align: justify;">« Touche pas la femme blanche : La Journée de la jupe (Lilienfeld, Arte, 2009) ou le féminisme instrumentalisé par l&#8217;islamophobie » </h2>
<p><sup>1</sup></p>
<h4 style="text-align: justify;">Geneviève Sellier, Université de Caen</h4>
<p style="text-align: justify;">Le succès du film <em>Indigènes</em> au Festival de Cannes et sur les écrans en 2006 et la popularité grandissante du comédien Jamel Debbouze (producteur du film) à la télévision avec le Jamel Comedy Club sur Canal+ (2006) semblaient témoigner d’une nouvelle visibilité positive des minorités françaises issues des anciennes colonies, mais la diffusion sur Arte (la chaîne culturelle franco-allemande) en 2009 de <em>La Journée de la jupe</em>, avec Isabelle Adjani, réactive les débats qui ont secoué le pays en 2004 au moment du vote de la loi sur les signes religieux à l’école publique, plus connue comme « loi contre le foulard » (ou « contre le voile »). Avant qu’un groupe de députés de tous bords ne soulève en juin 2009 le « problème de la burqa », immédiatement repris par toute la presse puis par le Président de la République dans son discours devant le Congrès réuni à Versailles le 22 juin, laissant penser que la laïcité républicaine serait menacée par les quelques femmes<sup>2</sup> qui se couvrent d’un voile intégral<sup>3</sup>. Cette réactivation régulière d’une figure d’altérité menaçante liée à l’islam permet de créer une union sacrée autour de la défense des valeurs « républicaines » et « laïques » qui dispense de lutter concrètement d’une part contre les discriminations de toutes sortes qui frappent les Français-es issu-e-s des anciennes colonies et d’autre part contre les inégalités persistantes entre hommes et femmes dans la société française.</p>
<p style="text-align: justify;">Le (télé)film diffusé sur Arte le 20 mars 2009 raconte, quasiment en « temps réel », l’histoire d’une professeure de français dans un collège de banlieue (le collège Maxime Gorki<sup>4</sup>) qui prend ses élèves (quasi-exclusivement musulmans et/ou d’origine maghrébine ou africaine) en otages avec un revolver confisqué à l’un d’entre eux.  Les autorités du collège et les forces de police envoyées sur place croient d’abord que c’est un élève qui a pris la classe en otage. Quand ils comprennent la véritable situation, le négociateur de l’unité spécialisée transmet les exigences de Sonia Bergerac<sup>5</sup>: créer une « journée de la jupe » dans tous les établissements scolaires pour apprendre aux garçons le respect des filles… La ministre de l’Intérieur venue sur place (en tailleur pantalon) pense avoir affaire à une folle, et les collègues se répandent en propos ambigus sur sa rigidité et son « look » peu adapté à la banlieue. Un montage alterné entre ce qui se passe dans la classe et ce qui se passe à l’extérieur (dans le collège et dans la rue) permet aux spectateurs, dans la tradition des films d’action à suspense, de suivre les péripéties de la prise d’otages jusqu’à son dénouement tragique : Sonia Bergerac est abattue par les hommes du RAID<sup>6</sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Paradoxalement, le téléfilm a été produit par Arte, la chaîne culturelle qui privilégie le cinéma d’auteur, alors que le réalisateur et scénariste Jean-Paul Lilienfeld (inconnu des milieux cinéphiles jusque là) s’est illustré précédemment (comme scénariste et comme réalisateur) dans un cinéma de genre qu’on peut rattacher au boulevard, pour traiter des questions de société sur un mode comique assez lourd<sup>7</sup>. Arte est sorti pour l’occasion de ses rails habituels – les productions à haute valeur culturelle ajoutée –, et cela devrait nous alerter sur les enjeux particuliers liés à ce téléfilm. Il a réuni plus de 2 millions de téléspectateurs le 20 mars 2009, ce qui est un record d’audience pour Arte. Sorti juste après sur les grands écrans (opération pratiquée uniquement par Arte, dans un pays où les films et les téléfilms sont habituellement séparés par une frontière étanche sur le plan économique et institutionnel<sup>8</sup>), le film marque le retour au cinéma d’Isabelle Adjani, dont le dernier rôle notable date de 2003, avec Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau. Si Arte a déjà associé son nom à une star de cinéma, c’est dans des conditions toutes différentes, par exemple pour la biographie de Marie Bonaparte<sup>9</sup>, une des fondatrices de la psychanalyse, incarnée par Catherine Deneuve et filmée par Benoît Jacquot, cinéaste labellisé « auteur ».
</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Paul Lilienfeld raconte avoir envoyé le scénario à Isabelle Adjani, laquelle s’est engagée immédiatement sur le projet. Nous analyserons longuement ce choix d’une actrice dont l’origine ethnico-culturelle (elle est la fille d’un couple mixte, père algérien, mère allemande) a été occultée jusqu’à récemment, et dont l’image de star s’est construite aux antipodes de cette identité. Ses yeux bleus et sa peau blanche, ainsi que sa formation classique (le Conservatoire puis la Comédie française), et la totalité de ses rôles sont là pour accréditer l’idée de sa « francité ». De la même façon, dans le film, son personnage réaffirme constamment son identité française « pure », jusqu’à ce que, dans les 5 dernières minutes, on l’entende parler arabe avec son père.</p>
<p style="text-align: justify;">La Journée de la jupe arrive après deux films marquants sur l’école dans les quartiers « difficiles » : L’Esquive d’Abdelatif Kechiche<sup>10</sup>, sorti en 2004, couronné par 4 Césars en 2005 (l’équivalent français des Oscars), qui a attiré 450 000 spectateurs, et surtout Entre les murs de Laurent Cantet, qui obtient la Palme d’or au Festival de Cannes en 2008, et réunira environ 2 millions de spectateurs en salles. Dans le premier, une professeur de français parvient à faire jouer à ses élèves de collège Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux ; dans le deuxième, un professeur de français a plus de difficultés à leur faire lire Le journal d’Anne Franck<sup>11</sup> mais dans l’un comme dans l’autre, le regard du cinéaste sur les élèves, qu’ils soient en situation de réussite ou d’échec scolaire, est un regard empathique, sans pour autant que les enseignants soient diabolisés. Les deux films ont en commun d’adopter le ton de la chronique sociale, sans acteurs connus, et avec beaucoup de non-professionnels. Entre les murs, contrairement à L’Esquive, ne suit pas les élèves (ni les profs) en dehors de leur lieu de travail, mais il nous donne accès (davantage que l’ouvrage de François Bégaudeau dont il est tiré) au point de vue des élèves<sup>12</sup>. Ces deux films construisent une représentation des élèves d’un collège défavorisé qui s’efforce d’éviter la diabolisation comme l’idéalisation ; tant les garçons que les filles présentent des personnalités nettement différenciées qui ne se réduisent ni à leur origine ethnico-sociale, ni à leur genre.</p>
<p style="text-align: justify;">La Journée de la jupe rompt avec cette posture. Les élèves sont présentés comme une masse indifférenciée, garçons d’un côté, filles de l’autre, à qui leur professeure de français tente vainement de faire répéter Le Bourgeois gentilhomme<sup>13</sup> ; elle finit par se contenter de leur faire dire sous la menace du pistolet le « vrai nom » de Molière !</p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de critiques ont présenté le film de Lilienfeld comme l’anti Entre les murs. Danièle Heymann (Marianne, 21/03/09) : « Tout de suite, on voit qu’à côté de ces gamins-là, ceux d’Entre les murs sont des angelots sortis de la comtesse de Ségur. » David Fontaine (Le Canard enchaîné, 25/03/09) parle de la « fougue magistrale qui ferait quasiment passer Entre les murs pour un conte de fées… » ; pour Témoignage chrétien (19/03/09) le film est « bien plus fort que le consensuel Entre les murs… » Dans les journaux comme l’Humanité, Le Nouvel Observateur, L’Express, on trouve aussi de longs entretiens politiques avec Isabelle Adjani sur ses origines algériennes, son soutien à la loi « contre le voile à l’école », son personnage de « passionaria, de stakhanoviste de la laïcité ». Elle est clairement sollicitée pour donner sa caution d’ « enfant d’immigré » au film<sup>14</sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais malgré le logo flatteur d’Arte, la critique cinéphile a boudé le film : Les Inrockuptibles (20/03/09) avoue que « le film n’a guère convaincu notre rédaction ». Pour Libération (25/03/09), « le malaise recherché aurait été autrement plus dense et intéressant si le propos n’avait pas été parasité par une contextualisation censée produire ce désastre collectif à travers, en vrac, des profs démagogiques, un proviseur lâche, des flics belliqueux, des politiciens cyniques et des parents d’une rare malhonnêteté intellectuelle. » En revanche, Le Monde comme Libération parlent de la réception du film dans leurs pages « société » : dans les deux cas, il s’agit de faire confirmer par des professeurs de collège et leurs élèves la validité des situations présentées par le film<sup>15</sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, le film a provoqué une activité intense sur les blogs<sup>16</sup>, en particulier chez les défenseurs de la « laïcité ». Un de leurs représentants les plus actifs, Jean-Paul Brighelli<sup>17</sup>, écrit par exemple :</p>
<p style="text-align: justify;">« La Journée de la jupe » est un grand film anti-raciste. (…) Celui que les organisations bien pensantes vomissent. (…) Politiquement incorrect, disent les journalistes ! (…)On leur donne à baver devant Entre les murs, film bien pensant comme on en faisait sous Vichy<sup>18</sup>. »</p>
<p style="text-align: justify;">Le blog de Riposte laïque titre « “La journée de la jupe” : LE film qui pulvérise l’islamiquement correct »</p>
<p style="text-align: justify;">Plus étonnant, le film recueille aussi l’appui enthousiaste de Philippe Meirieu<sup>19</sup>, le représentant le plus connu de la « pédagogie active », alors que le film semble prendre parti assez lourdement pour les partisans d’un enseignement traditionnel des auteurs classiques : Pour Meirieu, au-delà « des personnages stéréotypés qui égratignent les bien-pensants », le film dénonce les comportements de machisme violent et de virilité archaïque d’un certain nombre de garçons (aux origines ethniques et aux appartenances religieuses différentes). (…) Il porte haut et fort les revendications légitimes des filles et des femmes pour une « égale dignité » qui est bien loin d’être atteinte.</p>
<p style="text-align: justify;">Le film réussit donc à créer une union sacrée entre les tenants de l’enseignement traditionnel et les partisans d’une pédagogie centrée sur l’élève , grâce à la désignation d’un ennemi commun : le garçon musulman<sup>20</sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">On trouve quelques textes qui rompent avec ce consensus : les uns à partir d’un point de vue pédagogique, comme celui de Christophe Chartreux<sup>21</sup> ,professeur de collège, qui dénonce cette représentation de la banlieue comme « lieu de perdition, de violences, de voitures brulées, de viols en tournantes, de langue française massacrée, de rackets, de drogues ». De même, Bernard Girard<sup>22</sup> remarque que « un film sur le machisme, le sexisme, la bêtise et l’intolérance, on pouvait en tourner partout dans de petits collèges ruraux de la France profonde, dans les lycées des beaux quartiers, privés ou non, dans les grandes écoles. »</p>
<p style="text-align: justify;">Mona Chollet<sup>23</sup> met le film en relation avec les discours de stigmatisation des Français issus des ex-colonies « Fidèle adaptation au cinéma des Territoires perdus de la République<sup>24</sup>, La Journée de la jupe aligne avec soin tous les clichés que la féroce propagande de ces dernières années a installés dans les têtes comme autant d’évidences. Les personnages n’ont aucune épaisseur propre, aucune individualité ; ils sont là pour incarner des stéréotypes. »</p>
<p style="text-align: justify;">Nul doute en effet qu’il s’agisse d’un « film à thèse » qui se caractérise par l’instrumentalisation de tous les éléments narratifs et formels au service d’une démonstration idéologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Le thème de la violence et de l’insécurité dans les banlieues et de ses effets à l’école passent dès le début par l’identification du spectateur avec la professeure, présentée comme une missionnaire (blanche) qui tente d’apporter la civilisation (occidentale) à une masse menaçante de barbares (africains). Pour ce faire, la mise en scène, le découpage et le montage utilisent des codes narratifs très anciens au cinéma : ceux qui ont été inventés par D.W. Griffith dans les années 1910 pour raconter des histoires d’affrontement entre bons et méchants, blancs et noirs, honnêtes gens et hors la loi, victimes et bourreaux, pour transmettre une vision manichéenne d’un monde où les rapports de classe, de sexe et de race sont masqués (autant que faire se peut) par la morale judéo-chrétienne des WASP. Dès la première séquence qui met en présence la prof et ses élèves, la petite silhouette blanche d’Adjani au fond du cadre, fait face à la masse sombre des garçons plus grands en premier plan de dos, qui menacent constamment d’envahir son espace vital, tandis qu’elle est acculée contre un mur où elle se plaque comme contre un poteau d’exécution. Cette mise en scène éminemment anxiogène se répète à plusieurs reprises, dans le couloir où elle essaie d’obtenir le calme, puis dans la salle de théâtre, où elle est censée leur faire répéter Le Bourgeois gentilhomme, quand elle essaie de les faire asseoir ; puis quand elle confisque l’arme qu’elle a découvert dans le sac d’un des élèves. De plus, la salle de théâtre – avec sa scène surélevée par rapport au parterre qui prend l’allure d’une fosse – est sans fenêtre, ce qui accentue la sensation de claustrophobie (et on apprendra plus tard qu’elle est insonorisée, c’est-à-dire complètement isolée du monde extérieur). Si bien que les spectateurs qui, comme elle, ont du mal à respirer, sont soulagés quand elle brandit l’arme et force à reculer le grand Noir prénommé Mouss (diminutif de Moussa, Moïse en arabe) qui la menace des pires représailles (viol en bande). Elle doit tirer pour qu’il prenne au sérieux son ordre, ce qui suggère que « ces gens-là » ne comprennent que la force.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout est fait dès le début de la séquence pour provoquer chez les spectateurs une sensation d’oppression : les garçons se précipitent devant alors que les filles traînent derrière, à l’inverse de ce qu’on observe habituellement dans les classes de collège. La salle de théâtre est située en bas d’un escalier qui forme un cul de sac que la caméra filme d’abord en contre-plongée en accompagnant l’enseignante quand elle se fraye péniblement un chemin dans la masse des élèves plus grands et plus massifs qu’elle. On pense à Blandine dans la fosse aux lions ! Sa vulnérabilité est accentuée par son habillement : non seulement elle est en jupe (beige), mais elle porte une veste blanche sur un chemisier blanc, alors que les élèves sont tous et toutes habillé-e-s avec des vêtements informes et sombres qui les couvrent entièrement. Son teint blanc, qui a souvent été mis en valeur dans ses films précédents, depuis Possession (1980) jusqu’à La Reine Margot<sup>25</sup>(1994), achève de connoter sa vulnérabilité, face aux variantes de brun plus ou moins foncé des garçons qui l’agressent ; bizarrement, les filles, qui se révèleront plus « civilisées », ont le teint plus clair, ce qui nous renvoie à une tradition filmique hollywoodienne qui perdure encore, où les femmes « de couleur » sont d’autant plus positivées par le récit qu’elles sont claires de peau, alors que les (mauvais) hommes noirs qui les convoitent sont beaucoup plus foncés<sup>26</sup>. Mais la « blancheur » d’Adjani renvoie aussi, comme Richard Dyer l’a analysé<sup>27</sup> à la norme, à une catégorie non marquée, par rapport au « brun », au « jaune » ou au « noir », qui signifient l’altérité. Le spectateur, et surtout la spectatrice, peuvent s’identifier à elle, d’autant plus qu’elle a abandonné les caractéristiques qui en faisaient, dans la plupart des films qui l’ont rendue célèbre, un être d’exception : en effet, sa coupe de cheveux informe mais courte (alors que sa longue chevelure noire servant d’écrin à son visage délicat était un élément majeur de son image) cache en partie un visage légèrement bouffi (elle a visiblement pris du poids) ; ses formes ne sont aucunement mises en valeur par une veste droite, un chemisier boutonné haut, une jupe portefeuille et des bottes à talon marron qui montent jusqu’aux genoux. Rien qui connote la star, mais plutôt l’assignation à une féminité ordinaire mais vulnérable : les hauts talons, le blanc, la jupe qui entrave les mouvements et qui force à s’asseoir les genoux serrés. « Corset invisible », comme la qualifie Pierre Bourdieu<sup>28</sup> la jupe est un rappel fait aux femmes de l’arraisonnement de leur corps, mis à disposition de l’autre sexe. Dans le film, la tenue d’Adjani en fait une proie facile pour les grandes brutes en pantalon qui lui font face.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se différencie de sa lointaine ancêtre de cinéma, la frêle jeune fille de Naissance d’une nation (1914) qui préfère se jeter du haut d’une falaise plutôt que d’être violée par un soldat noir déserteur de l’armée du Nord, par sa capacité à répondre à l’agresseur en retournant ses armes contre lui : en cela, elle est l’héritière plus directe de Thelma et Louise (1994) et de toutes les femmes qui dans les genres d’action contemporains (américains), brandissent des armes pour tenir à distance les hommes violents. Le choix de l’élève agresseur, les insultes et les menaces explicitement sexuelles qu’il profère contre Sonia Bergerac (« T’as une idée de ce que ça te fera de sentir deux bites &#8211; deux belles bites de bamboulas - te ramoner en même temps, salope ! »), donnent une dimension raciale et sexuelle à la crise d’autorité que vivent les enseignant-e-s.</p>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième thème concerne plus directement l’école, la culture qu’elle transmet, les méthodes qu’elle emploie, la place respective qu’y tiennent les élèves, les professeurs, le personnel administratif et les autorités de tutelle. La vision qu’en propose le film est étonnamment conservatrice ; paradoxalement, le fait que le cours se passe dans une salle de théâtre et non pas dans une salle de classe, devient dans le film un élément perturbateur, au lieu d’être le moyen d’une pédagogie plus attractive. Comme si le film voulait suggérer que la topographie de la salle, en permettant aux élèves de monter sur l’estrade, sapait l’autorité du professeur qui se retrouve dans la fosse (ce que renforce à ce moment-là le champ contre champ avec plongée et contre-plongée). La répétition de la scène est d’ailleurs un fiasco absolu, parce qu’elle ne peut « surveiller » les autres élèves qui sont dans son dos pendant qu’elle parle à ceux qui sont sur scène. L’enseignement semble relever ici du vieux principe « Surveiller et punir » dont Michel Foucault<sup>29</sup>a montré qu’il s’était étendu de la prison à l’école. Le problème de Sonia Bergerac, c’est que le dispositif de la salle de théâtre ne lui permet plus d’exercer un regard panoptique sur ses élèves et donc de « tenir sa classe » ! Grâce à l’arme qu’elle trouve dans le sac de l’un d’entre eux, elle parviendra à rétablir un dispositif satisfaisant, en les faisant d’abord coucher par terre, puis s’asseoir aux places qu’elle leur prescrit. Nous sommes bien dans une vision carcérale de l’école !</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la série déjà longue des films français sur l’école, les deux derniers succès exceptionnels (plus de 2 millions de spectateurs) faits à des films « art et essai », Etre et avoir (Nicolas Philibert, 2002) et Entre les murs (Laurent Cantet, 2008), ont en commun de proposer une figure masculine pour incarner l’enseignant<sup>30</sup>, à l’école primaire pour le premier, au collège pour le second, alors que la féminisation est presque totale à l’école primaire, et que les femmes enseignantes sont majoritaires au collège. L’enseignant dans une petite école rurale du documentaire de Philibert est une figure patriarcale traditionnelle, alors que François Bégaudeau qui joue son propre rôle dans la fiction tirée par Laurent Cantet de son livre autobiographique, est une version moderne d’autorité masculine, qui utilise l’humour et la dérision pour instituer une complicité avec ses élèves et relativiser les conflits et les problèmes pédagogiques. En revanche, Isabelle Adjani, l’enseignante de français de La Journée de la jupe, incarne superlativement les vulnérabilités féminines : non seulement par les éléments vestimentaires et physiques déjà évoquées, mais par son image d’« héroïne fragile, perturbée ou mystérieuse<sup>31</sup> », fortement connotée du côté de la névrose et la folie (Adèle H., Possession, Camille Claudel), la nymphomanie (L’Eté meurtrier, La Reine Margot), la mort (Mortelle randonnée). Cette vulnérabilité est ambiguë : d’une part, le film semble prendre acte de la souffrance que vivent les enseignant-e-s dans l’exercice quotidien d’un métier qui a perdu tout prestige social, y compris aux yeux des élèves ; mais d’autre part, cette vulnérabilité que met en scène l’actrice à travers son image et son jeu (dès les premières séquences, elle semble suffoquer), renvoie à la vision traditionnelle d’une féminité fragile, incapable de faire face aux difficultés du métier dès qu’il n’est plus assimilable à du maternage.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette impression est renforcée par le montage alterné avec Labouret, l’officier « négociateur » du RAID, incarné par Denis Podalydès, qui est aux antipodes d’Adjani comme figure d’acteur. En effet, s’il est entré à la Comédie-Française comme Adjani, il en est devenu sociétaire en 2000 et parvient à mener de front les deux activités (théâtre et cinéma), alors qu’Adjani a dû démissionner de la Maison de Molière trois ans après son admission, à cause d’une carrière cinématographique jugée trop prenante (et sans doute trop voyante) par les sociétaires. Frère du réalisateur Bruno Podalydès, avec qui il tourne régulièrement, Denis Podalydès est associé au cinéma d’auteur (Desplechin, Ducastel, Bourdieu, Guédiguian, Haneke) et « son air fragile, indécis et lunaire lui vaut d&#8217;interpréter des personnages perdus dans des situations qu&#8217;il ne maîtrise pas <sup>32</sup>». On peut dire qu’il est à contre-emploi dans ce rôle d’officier du RAID chargé de négocier avec les preneurs d’otages, mais son image lui permet d’humaniser un rôle que les spectateurs ont plutôt l’habitude de voir dans des films d’action américains (Sonia Bergerac et ses élèves mentionnent eux-mêmes le film Le Négociateur<sup>33</sup> quand ils comprennent que le RAID a introduit une caméra dans leur salle en passant sous l’estrade). Il est le « gentil » face au « méchant » incarné par Yann Collette<sup>34</sup>, l’officier qui veut donner l’assaut et finira par avoir gain de cause. Pour bien enfoncer le clou de son humanité, on nous montre Labouret, entre deux négociations avec Sonia Bergerac, tenter (également au téléphone) d’amadouer sa femme qui vient de le quitter, lasse d’être sacrifiée à ses impératifs professionnels… Face au comportement imprévisible d’Isabelle Adjani, complètement dépassée par le séisme qu’elle a déclenché, Denis Podalydès incarne une autorité bienveillante, à la manière d’Harvey Keitel dans Thelma et Louise. C’est lui qui calme le mari de l’enseignante, après qu’il a agressé physiquement le proviseur, coupable selon lui d’avoir négligé les appels au secours de sa femme. C’est lui qui accepte de se déshabiller pour aller parlementer avec madame Bergerac et obtient qu’elle libère un élève, comme preuve de bonne volonté. Son physique quelconque, sa minceur, sa calvitie naissante, lui permettent de jouer cette scène en caleçon, en évitant les deux écueils du ridicule et de l’érotisation. Leurs nombreux échanges téléphoniques filmés en montage alterné et en plan serrés, sont construits sur l’opposition entre son calme et l’affolement de l’enseignante, perceptible par sa respiration haletante, ses réponses incohérentes ou balbutiantes. Même si les efforts de négociation de l’officier ne sont pas couronnés de succès (comme pour Harvey Keitel dans Thelma et Louise), il représente dans le film la seule instance à laquelle le spectateur peut s’identifier, en dehors de Sonia Bergerac. Tous les autres représentants du pouvoir (la ministre, l’officier du RAID), de l’école (le proviseur, les collègues) ou de la société civile (les parents, les journalistes, les habitants du quartier), sont des caricatures plus ou moins lourdes que le film renvoie dos à dos. Quant au mari, dont on comprend qu’il vient de quitter sa femme parce qu’il ne supportait plus sa souffrance professionnelle, il est juste pitoyable…</p>
<p style="text-align: justify;">L’asymétrie entre Isabelle Adjani et Denis Podalydès tient aussi au fait qu’ils ne sont pas au même moment de leur carrière. La star, née en 1955, est sur le déclin : son dernier rôle notable au cinéma date de 2003 (Bon voyage) et sa dernière récompense date de 1994 (La Reine Margot<sup>35</sup>) ; Denis Podalydès, né en 1963, déploie au contraire, dans le champ de la culture d’élite, une activité de plus en plus intense, tant au théâtre qu’au cinéma (six films comme acteur depuis 2007) ; de plus, il a franchi les limites du cinéma d’auteur pour jouer dans des films de genre (Embrassez qui vous voudrez, Laissez-passer, Palais royal !, La vie d’artistes, Coluche) et même des blockbusters internationaux (Da Vinci Code). Comme l’a montré Raphaëlle Moine<sup>36</sup>, les actrices françaises incarnent principalement la sexualité, alors que l’image des acteurs est beaucoup plus riche et complexe sur le plan social et culturel. Adjani représente un « éternel féminin » fait de séduction et de vulnérabilité, dont l’attractivité est fortement limitée par l’âge, alors que Podalydès,  lui, incarne la culture d’élite française sous une forme moderne, dépourvue de pédantisme et d’arrogance, et dont la séduction augmente avec l’âge. A travers leur asymétrie se dessine la manière dont la culture française continue à construire l’inégalité entre les genres et la domination masculine.</p>
<p style="text-align: justify;">Le film conforte l’idée que la fragilité « naturelle » des femmes est mal adaptée à la violence du monde moderne, alors que l’autorité « naturelle » des hommes, peut s’enrober de douceur pour s’adapter aux complexités d’une société démocratique.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, le film instrumentalise Isabelle Adjani, elle-même fille d’immigrant algérien, pour en faire une icône de la « bonne » intégration (elle s’appelle désormais Bergerac – comme Cyrano – et refuse d’enseigner autre chose que Molière) ; aux deux tiers du film, elle est soudain cadrée seule en plan américain de face, sans contre-champ, pour un monologue qui s’adresse autant à ses élèves qu’aux spectateurs dans la salle :</p>
<p style="text-align: justify;">« Vos parents, ils sont partis de chez eux pour vous offrir une vie meilleure… c’est votre devoir de réussir… il faut que vous donniez un sens à leur sacrifice, vous comprenez (…) vous êtes mal lotis, mais c’est pas une raison pour dire « j’suis une victime ! c’est pas d’ma faute ! » vous pouvez pas mettre la responsabilité sur les autres, comme ça, dans votre vie ! […] je vous en supplie [elle croise les mains], ne pensez pas comme ça ! C’est pas parce qu’on est une victime qu’on peut pas être un bourreau ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ce monologue réactive le discours méritocratique de l&#8217;école républicaine, basé sur une supposée égalité des chances, qui nie le poids des structures sociales, les dysfonctionnements de l&#8217;école et la violence symbolique qu&#8217;elle exerce. Il renvoie aux immigrés eux-mêmes les « problèmes » que pose leur intégration.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce discours est rétrospectivement d’autant plus fort quand Sonia Bergerac se met à parler arabe à son père au téléphone, devant les élèves (et les spectateurs) stupéfaits : elle avait réussi à cacher complètement ses origines maghrébines! Comme s’il s’agissait d’un secret honteux, d’une souillure qui l’aurait empêchée d’être crédible comme enseignante de français ! Mais le film, au lieu de déconstruire cette intériorisation de la stigmatisation, nous fait adhérer jusqu’au bout à l’effort pathétique de Sonia Bergerac pour être « plus blanche que les Blanches ». On comprend à ce moment-là que la famille algérienne de Sonia l’a ostracisée parce qu’elle a épousé un « Français de souche ». Son « pétage de plombs<sup>37</sup> » s’explique aussi, nous dit le film, par les souffrances provoquées par cette situation familiale, non par les discriminations que subissent les immigrés et leurs enfants, mais par l’intolérance des parents musulmans qui empêchent leurs filles de s’intégrer « vraiment » en épousant des garçons « vraiment français » (c’est-à-dire non-musulmans). Derrière Sonia Bergerac, se dessine ainsi la norme française d’intégration, qui passe par l’abandon total de la culture d’origine, jusqu’au nom : à ce compte, seules les filles, par le mariage qui permet l’abandon du nom du père au profit du nom du mari, peuvent s’intégrer « complètement ». Les garçons n’ont aucune possibilité d’intégration totale puisqu’ils ne peuvent pas « se débarrasser » de leur nom. Autrement dit, le système patriarcal traditionnel, tel qu’il fonctionne encore dans la société française, en particulier à travers l’adoption du nom marital (qui n’est plus une obligation, mais continue à être pratiquée par la plupart des femmes qui se marient), est donné comme le modèle à adopter pour permettre aux filles « musulmanes » de s’émanciper. De même que la jupe, signe ostensible de la différence des sexes dans la société occidentale (c’est-à-dire de l’assignation des femmes à un féminin dominé<sup>38</sup>), est donnée par le film comme preuve ultime d’émancipation, l’adoption du nom du mari est suggérée, à travers le personnage de Sonia Bergerac, comme la « bonne » solution pour les filles d’origine immigrée qui veulent devenir des Françaises indétectables. On comprend mieux pourquoi ce « féminisme » plaît tant à des défenseurs de la « laïcité » qui dénoncent par ailleurs toute lutte contre les discriminations sexistes comme une guerre des sexes et contre les discriminations racistes comme du communautarisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce téléfilm a réactivé avec succès les peurs des couches moyennes cultivées (à qui s’adresse Arte) pour qui l’ascenseur social a cessé de fonctionner, et qui craignent d’être happées par et vers les couches populaires d’origine étrangère ; il opère dans le même temps un détournement des questions d’inégalités femmes/hommes, pour lesquelles la France est en retard par rapport à ses voisins européens, tant sur le plan politique que sur le plan des salaires et du partage des tâches<sup>39</sup>, vers les questions de différences culturelles qui permettent de stigmatiser les communautés de culture musulmane comme principales responsables des discriminations contre les femmes<sup>40</sup>. Enfin, en agitant le chiffon rouge de la laïcité, étendard commun à la droite et à la gauche française, le film crée un consensus à propos des maux dont souffre le système scolaire, qui laisse complètement de côté les discriminations sociales qui ont transformé en ghetto pour pauvres les collèges de banlieue, pendant qu’est préservé le statut de ghetto pour riches des lycées de centre ville. Comme on le voit, il s’agit d’une opération à triple détente dont la médiocrité culturelle est passée largement inaperçue, tant elle comblait efficacement des peurs sociales réactivées par la crise.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ce texte est la version française d&#8217;un article rédigé par <a href="http://www.emilieduchatelet.org/Organigramme/Sellier.html">Geneviève Sellier</a> pour le volume collectif intitulé &laquo;&nbsp;Screening Integration: Recasting Maghrebi Immigration in Contemporary France&nbsp;&raquo; sous la direction de Sylvie Durmelat et Vinay Swamy à paraître chez University of Nebraska Press.</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_460" class="footnote">Je remercie Sophie Broza, Delphine Chedaleux, Mehdi Derfoufi, Gwenaëlle Le Gras et Charlotte Sanson de leurs remarques qui ont enrichi cet article.</li><li id="footnote_1_460" class="footnote">Deux notes de la police française, transmises au gouvernement, concluent que le port de la burqa est un phénomène ultra-minoritaire, selon Le Monde du 29 juillet 2009. L&#8217;une des deux notes, celle qui provient de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), estime que 367 femmes porteraient la burka en France. Ce chiffre est issu de l&#8217;observation, sur tout le territoire, des équipes des services de renseignements. «Une majorité de ces femmes identifiées portent le voile intégral volontairement; la plupart d&#8217;entre elles ont moins de 30 ans; 26% sont des Françaises converties à la religion musulmane ».</li><li id="footnote_2_460" class="footnote">Une commission parlementaire a même été créée pour traiter de ce grave problème, au moment où la crise économique entraine en France des milliers de suppression d’emplois…</li><li id="footnote_3_460" class="footnote">Le nom de ce collège suggère qu’il est situé dans une banlieue « rouge », c’est à dire dans une municipalité qui est ou a été dirigée par le Parti communiste. Tous les disfonctionnements sociaux que montre le film, vont donc être associés pour le public français à l’échec réel ou supposé de la politique municipale de ce parti, qu’il a longtemps mise en avant comme sa plus grande réussite.</li><li id="footnote_4_460" class="footnote">Comme le remarque Mona Chollet (<a href="http://blog.mondediplo.net/2009-04-12-Ils-ne-comprennent-que-la-force">http://blog.mondediplo.net/2009-04-12-Ils-ne-comprennent-que-la-force</a>), le choix des noms propres des personnages renforce systématiquement l’opposition entre « Français de souche » et issus de l’immigration. Ici, la référence à Cyrano de Bergerac, une œuvre emblématique de la culture scolaire dans les collèges, fonctionne d’autant plus efficacement, que l’adaptation de Rappeneau avec Depardieu (1989), a donné une nouvelle jeunesse à la pièce.</li><li id="footnote_5_460" class="footnote">Unité d’élite issue de la Police nationale, utilisée dans les prises d’otages et le terrorisme (le GIGN – Groupe d’Intervention de la Police Nationale dépend lui de la Gendarmerie nationale). Depuis les attentats de 1995 à Paris, le terrorisme auquel répond le RAID est systématiquement associé à l’intégrisme musulman, phénomène encore renforcé par les attentats du 11 septembre 2001.</li><li id="footnote_6_460" class="footnote">Comme réalisateur : HS (2000), Quatre garçons pleins d’avenir (1997), XY (1995), Il n&#8217;y a guère que les actions qui montent ces temps-ci (1990) ; comme scénariste : Génial, mes parents divorcent (1991) de Patrick Braoudé ; La Contre-allée (1991) de Isabel Sebastian ; Et moi et moi (1989) de Guy Mouyal ; Sale destin (1987) de Sylvain Madigan ; L’œil au beurre noir (1986) de Serge Meynard ; L’Eté en pente douce (1987) de Gérard Krawczyk </li><li id="footnote_7_460" class="footnote">Les aides publiques et privées au cinéma et à la télévision ne relèvent pas des mêmes organismes, même si toutes les télévisions doivent verser un pourcentage de leur chiffre d’affaires au compte de soutien du cinéma. Et les films de cinéma obéissent à une « chronologie des médias » qui imposent de respecter des délais entre la sortie en salle, la sortie en DVD et la diffusion sur les chaines à péage et gratuites.</li><li id="footnote_8_460" class="footnote">Princesse Marie, téléfilm en 2 épisodes, diffusé en 2003. Cf. l’article de Gwenaëlle Le Gras : « Le “patrimoine” Deneuve d’une chaîne télévisée (TF1) à l’autre (Arte) », in Fictions patrimoniales sur grand et petit écran : contours et enjeux d&#8217;un genre intermédiatique, sous la direction de Pierre Beylot et Raphaëlle Moine, Presses Universitaires de Bordeaux, 2009, p. 139 à 152.</li><li id="footnote_9_460" class="footnote">Cf. Geneviève Sellier, « l’Ecole, point aveugle de l’universalisme républicain : Etre et avoir et L’Esquive, deux films rassurants », in Tausend Augen n° 32, 2009/04, Lille, pp.54-58.. </li><li id="footnote_10_460" class="footnote">Ces deux œuvres n’ont évidemment pas le même statut culturel ; d’un côté un monument incontournable du panthéon théâtral français, associé à la veine libertine et socialement contestataire du XVIIIe siècle des Lumières ; de l’autre, le récit autobiographique d’une adolescente juive allemande victime du génocide nazi, dont la valeur est avant tout éthique, et dont le choix est typique d’un enseignement plus orienté vers la pédagogie que vers la transmission du patrimoine culturel.</li><li id="footnote_11_460" class="footnote">Cf. Ginette Vincendeau « Class Warfare : Laurent Cantet’s The Class – the ambiguities of a realist project », Sight and Sound, March 2009.</li><li id="footnote_12_460" class="footnote">Cette pièce qui fait partie du corpus le plus traditionnel des œuvres enseignées en collège, est commentée le plus souvent comme une farce contre les parvenus. La dimension « orientaliste » de la pièce n’est pas prise en compte, sauf comme un ressort comique. D’une manière générale, Molière, comme la plupart des auteurs du patrimoine, ne donne jamais lieu à la moindre analyse critique quand il est enseigné en collège.</li><li id="footnote_13_460" class="footnote">Isabelle Adjani naît le 27 juin 1955 à Paris 17e, d&#8217;un père algérien, Mohamed Chérif et d&#8217;une mère allemande, Augusta, surnommée Gusti, décédée en février 2007. Elle grandit avec son frère cadet Éric (qui deviendra plus tard photographe) à Gennevilliers dans la banlieue nord-ouest de Paris et va au collège à Courbevoie.</li><li id="footnote_14_460" class="footnote">Dans Le Monde du 07/04/09, « l’enquête » de Catherine Simon est intitulée « Le printemps de la jupe » ; Libération du 09/04/09 titre : « Porter une jupe, parfois ça donne une réputation, les garçons matent ».</li><li id="footnote_15_460" class="footnote">Parmi les blogs identifiables qui consacrent un article conséquent au film, on trouve des blogs pédagogiques (Philippe Meirieu ; le blog éducation du Monde ; les Cahiers pédagogiques ; Zéro de conduite ; le web pédagogique) ; des blogs « laïques » et « anti-pédagogiques » (Bonnet d’âne ; Riposte laïque ; Jean-Paul Brighelli ; le Volontaire ; Athéisme) ; des blogs politiques (Rue89 ; Bakchich ; le Monde diplomatique ; Marianne ; Indigènes de la République) ; des blogs « citoyens » (Agoravox), mais pas de blogs « cinéphiles ».</li><li id="footnote_16_460" class="footnote">Professeur de Lettres en lycée, il publie en 2005, La Fabrique du Crétin et en 2006, À bonne école et Une école sous influence ou Tartuffe-Roi. En 2008, Fin de récré. Il milite pour un retour aux fonctions traditionnelles de l&#8217;école, la transmission des savoirs, contre les options des « pédagogistes » représentés par Philippe Meirieu.</li><li id="footnote_17_460" class="footnote"><a href="http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2009/03/25/la-journee-de-la-jupe.html">http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2009/03/25/la-journee-de-la-jupe.html</a></li><li id="footnote_18_460" class="footnote">Spécialiste en sciences de l&#8217;éducation et en pédagogie, inspirateur de réformes pédagogiques, il est Professeur en sciences de l&#8217;éducation à l&#8217;Université Lumière-Lyon 2.</li><li id="footnote_19_460" class="footnote">Cf. Nacira Guénif-Souilamas et Eric Macé, Les féministes et le garçon arabe, La Tour d&#8217;Aigues, Éditions de l&#8217;Aube, 2004. L’amalgame entre les garçons d’origine maghrébine et ceux de l’Afrique noire francophone, se fait dans le film à travers leur supposée identité religieuse commune, l’Islam, ce qui est très discutable dans la réalité sociale, mais correspond aux fantasmes islamophobes qui dominent dans la dernière période en France.</li><li id="footnote_20_460" class="footnote">« En finir avec la démagogie sécuritaire », sur le blog de Philippe Meirieu.</li><li id="footnote_21_460" class="footnote">paru sur Rue89 et repris par les Indigènes de la République, « &nbsp;&raquo;La Journée de la jupe&nbsp;&raquo;, la triple imposture »</li><li id="footnote_22_460" class="footnote"><a href="http://blog.mondediplo.net/2009-04-12-Ils-ne-comprennent-que-la-force">http://blog.mondediplo.net/2009-04-12-Ils-ne-comprennent-que-la-force</a></li><li id="footnote_23_460" class="footnote">Emmanuel Brenner (dir .), Les territoires perdus de la république. Antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire, Paris, Mille et une nuits, 2002.</li><li id="footnote_24_460" class="footnote">On se souvient que l’affiche du film de Chéreau la montrait dans une magnifique robe blanche maculée de sang.</li><li id="footnote_25_460" class="footnote">Voir par exemple Régis Dubois, Images du Noir dans le cinéma américain blanc, 1980-1995, Paris, L’Harmattan, 2000.</li><li id="footnote_26_460" class="footnote">Richard Dyer, White : Essays on Race and Culture, London, Routledge, 1997.</li><li id="footnote_27_460" class="footnote">Voir <a href="http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/Btele983.html">http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/Btele983.html</a></li><li id="footnote_28_460" class="footnote">Michel Foucault, Surveiller et punir, naissance de la prison, (Paris : Gallimard, 1975).</li><li id="footnote_29_460" class="footnote">Il faudrait aussi citer Les Choristes qui a fait plus de 8 millions d’entrées, mais le film de Christophe Baratier qui met en scène un « pion » musicien incarné par Gérard Jugnot dans un internat de garçons des années 50, relève d’une autre catégorie socioculturelle, le film patrimonial, et s’adresse au public populaire, contrairement à La Journée de la jupe, Etre et avoir ou Entre les murs. Pour une analyse sociologique des Choristes, cf. Jean-Pierre Garnier, « Le passé radieux. Les Choristes : un analyseur des nostalgies populaires », in L’Homme et la société n°154, « Le cinéma populaire et ses idéologies », 2004/4, pp. 69-91.</li><li id="footnote_30_460" class="footnote"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Adjani">http://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Adjani</a></li><li id="footnote_31_460" class="footnote">Fiche de la base de données de la Bibliothèque du film. cf <a href="http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=88718">http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=88718</a></li><li id="footnote_32_460" class="footnote">Le Négociateur, 1998, avec Samuel Jackson et Kevin Spacey </li><li id="footnote_33_460" class="footnote">On sait que l’acteur Yann Collette a perdu un œil ; son profil d’aigle, son crâne rasé et son œil de verre lui ont valu des rôles inquiétants… la Journée de la jupe ne déroge pas à la règle !</li><li id="footnote_34_460" class="footnote">Meilleure interprétation féminine, 1994 aux Césars du Cinéma Français pour le film La Reine Margot ; Meilleure interprétation féminine, 1989 aux Césars du Cinéma Français pour le film Camille Claudel; Meilleure interprétation féminine, 1989 au Berlinale Internationale Filmfestspiele, Berlin pour le film Camille Claudel ; Meilleure interprétation féminine, 1984 aux Césars du Cinéma Français pour le film L&#8217;été meurtrier; Meilleure interprétation féminine, 1982 aux Césars du Cinéma Français pour le film Possession ; Prix d&#8217;interprétation féminine, 1981 au Festival International du Film (Cannes) pour le film Quartet / Possession</li><li id="footnote_35_460" class="footnote">Raphaëlle Moine, Remakes. Les films française à Hollywood, Paris, CNRS éditions, 2007</li><li id="footnote_36_460" class="footnote">Expression familière employée dans beaucoup de recensions du film pour signifier le moment où quelqu’un d’épuisé, d’exaspéré par une situation sans issue, adopte un comportement criminel ou suicidaire.</li><li id="footnote_37_460" class="footnote">Comme le rappelle l’historienne Christine Bard, « l’ordonnance de la préfecture de police de Paris interdisant en 1800 aux femmes de s’habiller en homme n’a jamais été abrogée ». Cf. <a href="http://www.laviedesidees.fr/La-jupe-en-revolution.html">http://www.laviedesidees.fr/La-jupe-en-revolution.html</a></li><li id="footnote_38_460" class="footnote">Selon les dernières enquêtes de l’INSEE, les femmes en France consacrent 2 fois plus de temps que les hommes aux tâches domestiques et d’élevage (dans un couple où les deux travaillent) et l’écart se creuse avec le nombre d’enfants ; les salaires des femmes sont en moyenne 27% inférieurs à ceux des hommes ; malgré la loi sur la parité votée en 2000, l’Assemblée nationale ne comprend que 18,5% de femmes en 2009, ce qui fait de la France la lanterne rouge de l’Union européenne.</li><li id="footnote_39_460" class="footnote">On sait que l’actuelle secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, Fadela Amara, est issue de l’association « Ni putes ni soumises » intronisée par la droite comme représentante du féminisme d’Etat, uniquement occupé à dénoncer les violences des garçons arabes et le port du foulard islamique par des filles forcément opprimées.</li></ol>
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		<title>Mes signets du 03/09/2009</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 03:18:35 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Ma selection de liens du 03/09/2009 :

Ensaios Imperfeitos: Jews Confront Zionism &#8211; One of the main accomplishments of the Israeli government&#8217;s bombing and invasion of the Gaza Strip last winter was to inspire new vitality within leftist and peace groups in solidarity with the Palestinian struggle for justice and liberation.
Mayo 37 &#62; Mai 37 &#62; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ma selection de liens du 03/09/2009 :</p>
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<li><a href="http://ensaiosimperfeitos.blogspot.com/2009/06/jews-confront-zionism.html">Ensaios Imperfeitos: Jews Confront Zionism</a> &#8211; One of the main accomplishments of the Israeli government&rsquo;s bombing and invasion of the Gaza Strip last winter was to inspire new vitality within leftist and peace groups in solidarity with the Palestinian struggle for justice and liberation.</li>
<li><a href="http://mx.geocities.com/mayo_37/bund.html">Mayo 37 &gt; Mai 37 &gt; May &#8216;37 &#8211; Les origines du Bund</a> &#8211; Les ouvriers juifs ne souffrent pas seulement en tant que prol&eacute;taires, mais aussi en tant que Juifs. . . Il faut lutter en m&ecirc;me temps pour les droits civiques&#8230; Ce combat ne peut &ecirc;tre men&eacute; que par les ouvriers eux-m&ecirc;mes.</li>
<li><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jud%C3%A9o-bolchevisme">Jud&eacute;o-bolchevisme &#8211; Wikip&eacute;dia</a> &#8211; Le Jud&eacute;o-bolch&eacute;visme est l&#39;ancienne version de l&#39;islamo-gauchisme&#8230;</li>
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		<title>Merci Sœurs Caroline, Elisabeth et Dounia…</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Aug 2009 18:12:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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La plus grande partie des preuves à charge contre l&#8217;hypocrisie féministe et diversité de ces députés est issu du travail de la revue Pro-Choix à l&#8217;élection des législatives de 20021. Nous les en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Cet article fait partie du <a href="http://bader.lejmi.org/2009/08/20/rien-ne-vaut-une-burqa-pour-se-decouvrir-une-vocation-de-feministe/">dossier sur la burqa</a>. Il documente la constatation des dégats causés par la burqa sur quelques éminentes féministes…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La plus grande partie des preuves à charge contre l&#8217;hypocrisie féministe et diversité de ces députés est issu du travail de la revue Pro-Choix à l&#8217;élection des législatives de 2002<sup>1</sup></em>. Nous les en aurions remercié si sa directrice, Caroline Fourest, ne s&#8217;était pas montré d&#8217;un cynisme sans pareil. En effet elle était invité à l’émission télé <em>C dans l’air</em> sur  France 5 intitulé <em>« Le voile : second round »</em> et animé par l’inerrable Yves Calvi avec comme autre supporter de l&#8217;interdiction du port du voile intégral le député UMP Jacques Myard<sup>2</sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce dernier  avait y osé dire qu’en France <em>« nous sommes dans une tradition multiséculaire où les femmes sont l’égale de l’homme»</em>. Parlons-nous de la même France, celle dont la « <em>tradition multiséculaire</em> » incluait droit de cuissage, mariages forcés, interdiction du divorce, de l’avortement, interdiction de la femme de gérer ses biens et de voter ? Celle qui éxécuta Olympe de Gouge et qui pratiqua la prostitution à grande échelle dans ses colonies ? Ces propos rétablissent le patriarcat français <em>« traditionnel »</em> le plus dur par l’entremise d’un révisionnisme<sup>3</sup>. Si vous vous imaginez qu’e ce monsieur fut corrigé dans l’instant par Caroline Fourest, militante féministe « pro-choix », vous auriez été très déçu.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant elle savait pertinemment qui elle avait en face d&#8217;elle puisqu&#8217;elle l’avait placardé dans le top 12 des pires députés <em>« anti-choix que l&#8217;on voudrait vraiment ne plus voir à l&#8217;Assemblée »</em><sup>4</sup> dans la revue Pro-Choix qu&#8217;elle dirige… Mais sur le plateau, nulle mention de sa part des positions sexistes, racistes, homophobes et xénophobes qu’a eut Jacques Myard dont elle avait pourtant connaissance. Bien au contraire, elle abondait dans son sens pour défendre l&#8217;interdiction de la burqa dans une sorte de pacte de non-agression entre féministes blanches et mâles blancs réactionnaires prenant en appui commun leur paternalisme colonial et leur islamophobie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux, ex-membre du CFCM, hier défenseuse des filles voilées<sup>5</sup>, pratique désormais le désormais très populaire takfir<sup>6</sup> (déni d’islamité) à l&#8217;encontre des femmes musulmans en niqab dans l&#8217;espoir que sacrifier ces femmes à l&#8217;autel de l&#8217;hystérie islamophobe permettrait de sauver les « musulman-e-s modéré-e-s » dont elle s&#8217;imagine la bergère&#8230; Ainsi devant la la mission d’information parlementaire sur le port du voile intégral, elle a défendue une loi de prohibition en insistant sur la nécessité de l&#8217;aborder par son volet sécuritaire et non religieux pour ne pas «<em>considérer le niqab comme musulman</em>» par peur de donner «<em>une vision archaïque</em>» de l&#8217;Islam afin de ne pas «<em>faire le procès de l’Islam</em>»<em>. </em>Ce faisant, l&#8217;on constate que de façon paradoxale, qu&#8217;elle aborde le sujet d&#8217;un point de vue religieux en violation du principe de laïcité qui ne reconnaissant aucun culte peut encore moins chercher à donner une bonne vision ou respecter l&#8217;Islam comme elle le demande. Étonnant retournement de veste après son article <em>« Monsieur Islam n&#8217;existe pas, Pour une désislamisation des débats. »</em><sup>7</sup> implorant les responsables politiques de cesser d&#8217;aborder les problèmes de société par le fait religieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Elisabeth Badinter, féministe française quant elle luttait encore contre le patriarcat, s&#8217;est elle aussi reconverti dans désormais très prospère filon du féminisme colonial<sup>8</sup>. Publié le 9 juillet 2009 dans le Nouvel Observateur, elle envoie une «<em> adresse à celles qui portent volontairement la burqa »</em><sup>9</sup> qui relève davantage de l&#8217;invective affichant publiquement son ignorance vu qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas de burqa mais de niqab. Mais elle se montre surtout méprisante de la liberté de culte garantie par la laïcité en  s&#8217;improvisant, comme tant d&#8217;autres avant elles, théologienne islamique en affirmant que le voile intégral ne relève <em>« pas du commandement religieux mais de la tradition »</em> wahabite<sup>10</sup> et pachtoune. Légitimant l&#8217;intolérance religieuse, elle déclare <em>« vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes. »</em>. Elle reprends également à son compte le crédo <em>« La France aimez-la ou quittez-là »</em> sous forme d&#8217;une question rhétorique <em>« pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes »</em> oublieuse que la grande majorité de ces femmes sont françaises&#8230; D’ailleurs dans les rapports mentionnant le nombre de femmes portant la burqa, est rapporté qu’un grand nombre d’entre elles sont des françaises converties, c-a-d des françaises blanches. Parler de françaises converties c’est une façon de nier le caractère français des converties descendantes d’immigrés  africains subsahariens et de maghrébins<sup>11</sup>. Elisabeth Badinter n&#8217;échappe pas au crédo de l&#8217;accusation de fascisme vert<sup>12</sup> : <em>« vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie ».</em> La réponse du berger à la bergère serait de lui répondre <em>« vous utilisez le féminisme pour les retourner contre le droit des femmes à disposer d&#8217;elles-mêmes  »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bader.lejmi.org/2009/08/20/messieurs-et-encore-messieurs-et-toujours-messieurs-les-deputes/">Mais épargnons ces féministes égarées et revenons plutôt à nos patriarches souchistes de députés qui eux méritent notre juste colère&#8230;</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_380" class="footnote">Nous avons pris au mot l&#8217;invitation à se mobiliser que la <a href="http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/legindex.html">campagne d&#8217;informations</a> qui se donnait <em>« pour but de réveiller la conscience civique en armant (d&#8217;informations citoyennes) les citoyens-militants désireux de se mobiliser pour que certains élus ne puissent plus exercer leur action anti-choix au sein du parlement. »</li><li id="footnote_1_380" class="footnote"><a href="http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&amp;id_rubrique=1186">http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&amp;id_rubrique=1186</a></li><li id="footnote_2_380" class="footnote"><a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/04/CHOLLET/14649">http://www.monde-diplomatique.fr/2007/04/CHOLLET/14649</a></li><li id="footnote_3_380" class="footnote"><a href="http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/legindex.html">http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/legindex.html</a></li><li id="footnote_4_380" class="footnote"><a href="http://www.nsae.fr/actualite/voilees-ou-non-les-jeunes-musulmanes-semancipent/">http://www.nsae.fr/actualite/voilees-ou-non-les-jeunes-musulmanes-semancipent/</a></li><li id="footnote_5_380" class="footnote">Coran 4:176. Plusieurs hadiths du prophète Muhammad (SAWS) insistent sur la gravité du takfîr : <em>« Si une personne dit à son frère : Ô kâfir (mécréant), alors l&#8217;un des deux le mérite. Soit l&#8217;accusateur a raison, soit c&#8217;est lui-même à qui ce nom s&#8217;applique.  »</em> Rapporté par Boukahry et Mouslim. <em>«  Celui qui lance à son frère une accusation de kufr (mécréance), c&#8217;est comme s&#8217;il le tuait. »</em> Rapporté par Boukahry et Mouslim.</li><li id="footnote_6_380" class="footnote"><a href="http://www.amazon.fr/Monsieur-Islam-nexiste-pas-d%C3%A9sislamisation/dp/201235842X">http://www.amazon.fr/Monsieur-Islam-nexiste-pas-d%C3%A9sislamisation/dp/201235842X</a></li><li id="footnote_7_380" class="footnote"><a href="http://lmsi.net/spip.php?article188">http://lmsi.net/spip.php?article188</a></li><li id="footnote_8_380" class="footnote"><a href="http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2331/articles/a405327-.html?xtmc=burqa&amp;xtcr=2">http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2331/articles/a405327-.html?xtmc=burqa&amp;xtcr=2</a></li><li id="footnote_9_380" class="footnote">Courant religieux islamique officiel d&#8217;Arabie Saoudite.</li><li id="footnote_10_380" class="footnote">http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/29/la-police-estime-marginal-le-port-de-la-burqa_1223776_3224.html</li><li id="footnote_11_380" class="footnote">Terme inventé pour désigner une forme de fascisme qui se baserait sur l&#8217;Islam</li></ol>
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		<pubDate>Thu, 19 Mar 2009 17:43:01 +0000</pubDate>
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		<pubDate>Sun, 29 Jun 2008 00:31:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ces derniers temps, dans les medias, on a beaucoup commenté un jugement rendu par le Tribunal de grande instance de Lille. Une femme a menti sur sa virginité à son futur mari. Le marié découvrant la vérité, demanda alors l&#8217;annulation du mariage qu&#8217;il obtint en vertu du mensonge sur les &#171;&#160;qualités essentielles&#160;&#187;, principe du Droit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ces derniers temps, dans les medias, on a beaucoup commenté un jugement rendu par le Tribunal de grande instance de Lille. Une femme a menti sur sa virginité à son futur mari. Le marié découvrant la vérité, demanda alors l&#8217;annulation du mariage qu&#8217;il obtint en vertu du mensonge sur les &laquo;&nbsp;qualités essentielles&nbsp;&raquo;, principe du Droit français. La jurisprudence a reconnu que parmi ces &laquo;&nbsp;qualités essentielles&nbsp;&raquo; il y avait la nationalité et la capacité à donner du plaisir sexuel à sa ou son partenaire. Ne pas être un bon coup au lit, ou ne pas avoir la bonne nationalité semble étrangement tout à fait acceptable. <strong>Tous ces critères sont des atteintes à la dignité humaine car le mariage ne doit pas être un simple contrat</strong>.</p>
<p>Des dizaines d&#8217;articles qui se déversent en long et en large dans la presse française s&#8217;attardent sur la religion des mariés <a href="http://www.maitre-eolas.fr/tgi-lille-1er-avril-2008">alors que le jugement n&#8217;a jamais fait mention de la religion ni des origines des plaignants et que ces derniers n&#8217;ont jamais invoqué l&#8217;islam comme argument</a>. <strong>Pourquoi alors spécifier que les mariés étaient musulmans ?</strong> Christianisme, judaisme n&#8217;ont-ils pas la même position sur la sexualité hors mariage ?</p>
<p>Mais voyons les choses en face, il ne s&#8217;agit que de <strong>prétextes pour attaquer encore une fois les musulmans.</strong> Des musulmans présumés coupables de vouloir attenter à la laïcité et faire régresser la France pour reprendre les mots de l&#8217;UMP et de <a href="http://www.liberation.fr/rebonds/329441.FR.php">&laquo;&nbsp;Ni Putes Ni Soumises&nbsp;&raquo;</a>. L&#8217;ancienne présidente de &laquo;&nbsp;Ni putes ni Soumises&nbsp;&raquo;, et Ministre, Fadela Amara, a évoqué une «fatwa contre l&#8217;émancipation des femmes» ajoutant «J&#8217;ai cru que l&#8217;on parlait d&#8217;un verdict rendu à Kandahar.» Pardon, mais quel rapport avec une fatwa ? La justice française n&#8217;a fait qu&#8217;appliquer le droit franco-français ! Pourquoi faire le rapprochement avec un régime intégriste disparu, avec une réalité extérieure à la France ? Peut-être pour<strong> retirer aux Français musulmans leur qualité de Français, leur assigner une identité étrangère</strong>, et faire encore et toujours de la seconde religion de France un fait &laquo;&nbsp;anti-français&nbsp;&raquo; par nature ?</p>
<p>Le député UMP Jacques Myard a exprimé son &laquo;&nbsp;indignation&nbsp;&raquo; face à une décision &laquo;&nbsp;choquante (qui) avalise un intégrisme archaïque&nbsp;&raquo;. Marie-Georges Buffet, secrétaire générale du PCF, a déclaré quant à elle: &laquo;&nbsp;Toute logique communautariste devrait être étrangère à la justice française, et Mme Dati aurait du demander au parquet de faire appel de cette décision, plutôt que de justifier l&#8217;injustifiable&nbsp;&raquo;. Il est bon de se demander si ces responsables politiques auraient tenu des propos de cette nature dans le cas où les époux n&#8217;auraient pas été d&#8217;origine marocaine ?</p>
<p>En parlant de Rachida Dati et de sa condamnation de la politique des &laquo;&nbsp;grands frères&nbsp;&raquo; et puisqu&#8217;on parle de femmes et de laïcité, rappelons qu<strong>&#8216;un mâle basané n&#8217;est pas un macho archaïque en puissance</strong>. Le sexisme n&#8217;est le monopole d&#8217;aucune origine ou religion.<strong> La stratégie paternaliste de &laquo;&nbsp;protection&nbsp;&raquo; des jeunes filles menacées par l&#8217;archaïsme de leur &laquo;&nbsp;communauté&nbsp;&raquo; est une autre manière de stigmatiser les mâles</strong> de la dite communauté. La cause de l&#8217;égalité entre hommes et femmes est trop importante pour servir de faire-valoir à des propos à la limite du racisme.</p>
<p>Sur le fond de la décision, la jurisprudence considère que c&#8217;est aux personnes de définir eux-mêmes de définir ce qu&#8217;est la qualité essentielle d&#8217;une personne. Après tout nous vivons dans une société où chacun a sa moralité, n&#8217;est-ce pas ? Tout est pareil, tout se vaut. Et le racisme au fond, n&#8217;est qu&#8217;une opinion n&#8217;est-ce pas ? <strong>Non, il faut refuser ce genre de pensée, et réaffirmer l&#8217;universalité des principes qui doivent régir notre société</strong> et contenu dans la Déclaration Universelle des Droits de l&#8217;Homme. &laquo;&nbsp;[L'homme et la femme] ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution&nbsp;&raquo; ainsi que  &laquo;&nbsp;Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Version longue  <a href="http://www.lesindivisibles.fr/page_reactions.php?reaction=32">sur la base d&#8217;un texte que j&#8217;ai rédigé</a> pour <a href="http://www.lesindivisibles.fr">Les Indivisibles</a></p>
<p>Sources :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.maitre-eolas.fr/2008/05/30/969-n-y-a-t-il-que-les-vierges-qui-puissent-se-marier">Maître Eolas</a></li>
<li><a href="http://www.20minutes.fr/article/234206/France-Mariage-annule-faute-de-virginite-la-voix-discordante-de-Rachida-Dati.php">20 Minutes : Rachida Dati</a></li>
<li><a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/05/30/mariage-annule-faute-de-virginite-l-ump-demande-a-la-chancellerie-de-reagir_1051955_3224.html?xtor=RSS-3208">Le Monde : l&#8217;UMP</a></li>
<li><a href="http://www.liberation.fr/rebonds/329441.FR.php">Ni Putes, Ni Soumises</a></li>
</ul>

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</ul>

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