Y’a Bon Awards : les Césars de la propagation des préjugés ethno-raciaux

mars 19, 2009 · Posted in Pensées · Comment 

Les premiers Y’a bon awards, parodie des César organisée par « les Indivisibles » et destinée à tourner en dérision les préjugés ethno-raciaux, ont été décernés mardi 17 mars à Paris à l’occasion de la semaine internationale d’action contre le racisme. Sur scène pour présenter et remettre les prix, Rokhaya Diallo, présidente des Indivisibles, l’humoriste, Blanche, la comédienne Aïssa Maïga, l’humoriste Thomas Ngigol, les Gérard, le boxeur N.Kefa … Dans la salle, les membres du jury, entre autres, Lilian Thuram, Audrey Pulvar, l’historien Marcel Blanchard, l’écrivaine Léonora Miano… Mais ni Luc Ferry, lauréat du prix "le bruit et l’odeur, ni Eric Raoult , prix pour "l’ensemble de son oeuvre", ou encore Sylvie Noachovitch, prix des Envahisseurs ne sont venus pour recevoir leur trophée: une peau de banane dorée. Une cérémonie sous le signe du rire. Ambiance…
Je suis membre actif des Indivisibles et fier que nous ayons réalisé cet évènement.

Mes signets du 16/02/2009

février 16, 2009 · Posted in Liens · Comment 

Ma selection de liens du 16/02/2009 :

  • Multitudes Web – 5. « Les Subalternes peuvent-illes parler ? » et autres questions transcendantales. – L’auteur repend la question soulevée au début des années 1990 par Gayatri Spivak dans un article célèbre et difficile : « Les Subalternes peuvent-illes parler ? », qui a alimenté d’interminables discussions dans le champ des études postcoloniales. Il entend montrer que la question est trompeuse, qu’il s’agit moins de savoir dans l’absolu si les subalternes peuvent parler – ils le font de toute évidence -, que de savoir s’ils parviennent à le faire et à se faire entendre lorsque cela importe vraiment, dans un contexte politique déterminé.
  • "Performe ton genre : Performe ta race !", Repenser l’articulation entre sexisme et racisme à l’ère de la postcolonie – Sophia – Le corps, le corps sexué, n’est pas le fondement inébranlable, le socle naturel des hiérarchies et divisions sociales. Le corps sexué n’est pas la cause – ou même l’occasion – d’un rapport de pouvoir, mais plutôt l’effet d’un rapport de pouvoir, au sens où il est façonné, discipliné par ce rapport, qui renvoie à un système de domination articulé à l’hétérosexualité reproductive.
  • Réseau scientifique TERRA – « Toutes les femmes sont blanches, tous les Noirs sont hommes, mais nous sommes quelques unes à être courageuses ». Dénoncer la double exclusion des femmes noires d’un féminisme blanc et bourgeois et d’un nationalisme noir sexiste. Ces féministes noires ont dénoncé une oppression simultanée de race, de classe, de sexe et du modèle de sexualité.
  • Multitudes Web – 05. Savoirs_Vampires@War – Les subalternes peuvent-ils parler ? Quel savoir peuvent produire des anormaux, des indigènes ou des handicapés ? Ce texte offre une cartographie schématique des déplacements des savoirs dominants vers une multiplicité de savoirs locaux ou minoritaires (critiques postcoloniales, postféministes, queer, trans).

Siffler la Marseillaise : un délit d’ingratitude ?

octobre 16, 2008 · Posted in Messages, Perso, Politique, Travaux · 1 Comment 

La France a encore une fois été humilié au stade de France lors d’un match de football entre une équipe d’un pays du Maghreb ancien colonisé et d’origine de grands nombres de français descendants d’immigrés. Le motif suprême de l’humiliation : l’hymne national français, que Mme la ministre Christine Boutin souhaitait abolir, y a été sifflé. Encore une fois c’est le tollé dans les rangs des hommes d’Etat. M. Le Premier ministre propose d’interrompre les matchs lorsque les hymnes nationaux sont sifflés. Et c’est l’entraîneur de la très « De Souche » équipe de rugby national, qui propose de discriminer les pays du Maghreb en ne jouant pas avec eux.

Les hommes politiques renoueraient donc-ils avec l’amour de la patrie et le nationalisme ? N’est-il plus permis de critiquer son propre pays ? Ou alors est-ce plutôt qu’il n’est pas permis de critiquer le pays qui nous accueille mais dont on reste fondamentalement un étranger ? D’ailleurs ces « soit-disant » français ne sont-ils pas suspects de trahison lorsqu’ils soutiennent le pays de leur parents contre le « généreux » pays qui les a « accueilli » ? Ils devraient apparamment se montrer bien reconnaissant de l’honneur qui leur est fait. Au lieu de ça ils profitent des avantages de la France, et rejettent ce qui ne leur plaît pas. A peu près comme tous les autres citoyens. Des citoyens qui n’ont de cesse de parler de leur pays comme d’un pays à la trâine, d’un pays de fénéants. Ce droit à la critique, garanti par les droits de l’Homme, dont la France se voit comme la patrie mère ne s’applique apparamment à tous de la même façon. Pour avoir le droit de critiquer apparamment il faut montrer patte blanche…

Frédéric Lefebvre, éminent membre de la très patriote UMP, explique que les français d’origine tunisienne ont été adoptés par la France et qu’en conséquence ils lui doivent le respect. C’est évident l’enfant abandonné et adopté par une nouvelle famille lui doit le respect. La France a recueilli les orphelins tunisiens, ces mal-famés dont personne ne voulait, et les a traité comme ses propres enfants. Nan mais on croit rêver… Les français d’origine tunisienne apprécieront… Sont-ils des enfants illégitimes ? Sont-ils des enfants adoptés ? Avoir une mère et un père tunisien est-ce moins honorable qu’avoir des parents français ?

Razzy Hammadi, secrétaire national du PS, n’a pas joué lui sur la fibre nationaliste mais sur la République. Un idéal qu’il est interdit de critiquer. Ces français selon M. Hammadi devraient être reconnaissant car il est à l’opposé de celui de Ben Ali. Pourtant M. Ben Ali est le président d’une République également. Et c’est là qu’on comprends, la République française est elle pure, intouchable, et ces nouveaux citoyens devraient être reconnaissant de vivre dans un pays où ils sont égaux, libre et la fraternité règne. Du moins dans l’idéal. Car dans cet idéal républicain, les citoyens descendants d’immigrés semblent devoir rester moins égaux, moins libre et se contenter de ce qu’ils ont.

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