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		<title>Les Subaltern Studies vues par Jacques Pouchepadass</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Sep 2011 16:45:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Entretien avec Pouchepadass sur la portée contestataire des études postcoloniales L&#8217;objectif des Subaltern Studies L’objet premier du discours critique des subalternistes indiens, c’est le grand récit normatif de la trajectoire historique de l’Europe de l’Ancien Régime au capitalisme industriel et à la modernité, récit qui constitue partout dans le monde, selon eux, le paradigme dominant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe frameborder="0" width="480" height="360" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xl3pse?theme=eggplant&#038;foreground=%23CFCFCF&#038;highlight=%23834596&#038;background=%23000000"></iframe><br /><a href="http://www.laviedesidees.fr/La-portee-contestataire-des-etudes.html" target="_blank">Entretien avec Pouchepadass sur la portée contestataire des études postcoloniales</a></p>
<h3 style="text-align: justify;">L&#8217;objectif des Subaltern Studies</h3>
<p style="text-align: justify;">L’objet premier du discours critique des subalternistes indiens,  c’est le grand récit normatif de la trajectoire historique de l’Europe  de l’Ancien Régime au capitalisme industriel et à la modernité, récit  qui constitue partout dans le monde, selon eux, le paradigme dominant  des sciences sociales, et notamment le modèle de référence implicite de  l’historiographie universitaire. L’histoire des sociétés non  européennes, expliquent-ils, est toujours analysée à partir de ce type  idéal et caractérisée par les différences qui l’en distinguent. À  l’époque des conquêtes coloniales, l’Europe a constamment justifié son  expansionnisme en affichant sa volonté d’étendre aux sociétés non  européennes prétendument moins avancées son modèle culturel de la  modernité, dont elle leur refusait le bénéfice dans la pratique.</p>
<p style="text-align: justify;">L’objectif des Subaltern Studies était de produire une histoire qui  restaure la parole du peuple des « subalternes » et témoigne de sa  culture politique autonome, non « prépolitique » ou arriérée mais  différente de celle de l’élite. Certes, il y avait là des traces de  romantisme populiste, mais aussi, dès le départ, l’esquisse d’une  critique des théories unilinéaires du progrès et de l’État-nation comme  incarnation d’une modernité bourgeoise répressive, culturellement  homogénéisante et sourde aux aspirations du peuple.</p>
<p style="text-align: justify;">Et s’il entreprenait de corriger la vision élitiste de l’histoire de  l’Inde jusqu’alors prédominante, c’est au nom de la conviction que les  élites indiennes exerçaient certes sur le peuple des subalternes leur  domination (matérielle), mais non pas leur hégémonie (c’est-à-dire leur  suprématie culturelle). C’est ce domaine autonome de la pensée et de  l’initiative des subalternes, systématiquement occulté par  l’historiographie élitiste, qu’il fallait ressusciter, non seulement  pour réparer l’injustice qui lui était faite et lui rendre sa dignité,  mais pour exposer en pleine lumière le rapport de forces interne à un  mouvement d’indépendance dont seules les élites avaient récolté les  fruits, et pour éclairer, en vue des luttes futures, les raisons  profondes de cet échec historique de la nation à réaliser sa destinée («  this historic failure of the nation to come into its own »), qui  constitue le problème central de l’historiographie de l’Inde coloniale  (Guha 1982 : 7).</p>
<h3 style="text-align: justify;">Critique du nationalisme</h3>
<p style="text-align: justify;">Les nationalismes du Tiers Monde, dont la plupart étaient  intrinsèquement des idéologies modernistes, ont souvent repris à leur  compte, à destination de leurs propres classes populaires, cette  téléologie de l’évolution historique nécessaire vers l’individualisme  bourgeois, la loi moderne et l’État-nation, posant en principe que les  droits de l’individu et l’idée abstraite de l’égalité étaient des  conceptions applicables à toute l’humanité dans les mêmes termes qu’en  Occident. (&#8230;) Certes, il  est indéniable que l’égalitarisme bourgeois et l’accès à la citoyenneté  dans le cadre d’un État-nation souverain ont rendu maîtres de leur  destin partout dans le monde des groupes jusqu’alors opprimés et  marginalisés. Mais ce que l’on reconnaît moins facilement, c’est que cet  idéalisme de la liberté, de la civilisation, du progrès, et plus  récemment du développement, a été et reste encore et partout associé,  sous une forme ou sous une autre, à la répression et à la violence.</p>
<p style="text-align: justify;">[Le] livre de Partha Chatterjee paru en 1986, <em>Nationalist Thought and  the Colonial World</em> (&#8230;) montrait que le discours nationaliste de  l’élite indienne, certes opposé au discours colonial mais enraciné dans  le même fonds idéologique, celui de la modernité bourgeoise, était  confronté à une contradiction fondamentale : l’élite se devait de parler  au nom des masses si elle voulait affronter le pouvoir colonial avec  une chance de succès, mais elle redoutait en même temps, et contenait  avec peine, l’irrépressible autonomie de leur mode de contestation.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Critique du marxisme</h3>
<p style="text-align: justify;">L’historiographie marxiste du mouvement  national, la seule qui  tranchât vraiment sur le récit nationaliste  conventionnel pendant les  premières décennies de l’indépendance,  péchait quant à elle par une  autre forme d’élitisme. Tout en prétendant  parler au nom des classes  opprimées et pour éclairer leur marche vers  l’émancipation et le  progrès, elle stigmatisait leur culture propre de  la résistance comme  mentalité pré-politique ou fausse conscience,  c’est-à-dire comme phase  primitive du développement de la conscience  révolutionnaire. Elle  mettait en doute les capacités de lutte de la  masse de la paysannerie,  considérant que ses révoltes ne pouvaient être  que des éclats de colère  collective spontanés et sans lendemain,  nécessairement dépourvus  d’organisation, de programme et d’efficacité  aussi longtemps qu’ils  n’étaient pas mobilisés et encadrés par une  avant-garde mieux formée et  politiquement plus avancée. Enfin, elle  tombait dans le déterminisme  économiciste en attribuant un rôle moteur  décisif aux contradictions  et aux conjonctures de crise de  l’économie.</p>
<p style="text-align: justify;">L’humanisme des Lumières étant dénoncé comme l’impensé du marxisme,  la critique subalterniste de la modernité englobe la pensée de Marx,  dont les analyses seraient imprégnées d’un discours d’émancipation qui  offrit autrefois une justification à l’expansion coloniale de l’Europe  et qui sert de nos jours à légitimer l’État-nation (Prakash 1994 :  1489-1490).</p>
<h3 style="text-align: justify;">Autonomie du peuple</h3>
<p style="text-align: justify;">Il s’agissait donc de rétablir le peuple comme sujet de sa propre histoire en refusant de le concevoir comme simple masse de manœuvre manipulée par les élites, et en rompant avec les téléologies qui le transforment en agent passif d’une mécanique historique universelle (qu’il s’agisse de l’histoire nationaliste qui présente les révoltes de l’époque coloniale comme autant d’étapes dans la genèse de l’État-nation, ou de l’histoire marxiste qui les voit comme des stades de l’émergence de la conscience de classe). Il fallait reconnaître son importance historique réelle à la capacité d’initiative (agency) libre et souveraine de ce peuple, redécouvrir sa culture propre, s’intéresser enfin sérieusement à son univers de pensée et d’expérience (et pas seulement à ses conditions matérielles d’existence). Il fallait faire admettre en somme qu’il existe un domaine autonome de la politique du peuple distinct de celui de l’élite, dont les idiomes, les normes, les valeurs sont enracinés dans l’expérience du travail et de l’exploitation sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Le peuple, selon le manifeste programmatique publié par Ranajit Guha en tête du premier volume des Subaltern Studies, ce sont <em>« les classes et groupes subalternes qui constituent la masse de la population laborieuse et les couches intermédiaires des villes et des campagnes »</em>, c’est-à-dire <em>« la différence démographique entre la population totale de l’Inde et tous ceux qui en constituent l’élite »</em>. Ce qui définit les subalternes (notion empruntée au Gramsci des Cahiers de prison), c’est la relation de subordination dans laquelle les élites les tiennent, relation qui se décline en termes de classe, de caste, de sexe, de race, de langue et de culture.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne se contentait pas de dénoncer la manœuvre par laquelle l’élite nationaliste, au cours de la lutte anticoloniale, avait instrumentalisé l’élan de la contestation populaire à son profit exclusif afin d’exercer le pouvoir sans partage une fois l’indépendance acquise. Il présentait cette politique du peuple comme une expression du domaine autonome de cette conscience subalterne toujours réfractaire à l’emprise de la bourgeoisie, un élément de ces <em>« vastes zones de la vie et de la conscience du peuple qui n’ont jamais été intégrées dans son hégémonie »</em> (Guha 1982 : 4-5), donnant ainsi la mesure à la fois de l’injustice sociale sur laquelle l’indépendance s’était historiquement construite, et de la nécessité de luttes futures.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Face au discours hégémonique de la modernité et du progrès, à cette « propagande de la raison », à cette « monomanie de l’imagination à l’œuvre chez le sujet savant, juge et maître qui sait toujours déjà ce qui est bon pour tout le monde avant même de s’en être assuré », il faut, écrit Chakrabarty, « aller vers le subalterne », « le laisser mettre en question nos conceptions de l’universel », faire leur place à l’affectif, au religieux, à « ce que nous avons fini, en devenant modernes, par voir comme irrationnel ».</strong></p>
<h3 style="text-align: justify;">Extraits de :</h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li><a href="http://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2004-3-page-67.htm">Jacques Pouchepadass « Que reste-t-il des Subaltern Studies ? », Critique internationale 3/2004 (no 24), p. 67-79.</a></li>
<li><a href="http://lhomme.revues.org/index75.html">Jacques Pouchepadas, « Les Subaltern Studies ou la critique postcoloniale de la modernité », L’Homme, 156 | octobre-décembre 200</a></li>
</ul>
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		<title>Colonialisme français : entre assimilation et association</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Mar 2010 14:57:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ma selection de liens du 27/01/2010 au 28/01/2010: Franc-maçonnerie &#8211; Colonisation 1930 : Assimilation-Association &#8211; Diagne &#8211; Au convent GODF de 1923, la commission conventuelle affirmait : « On ne peut s&#8217;arrêter ni à une rigide politique d&#8217;association, ni à une politique simpliste de brusque et complète assimilation ». Cette commission préconisait donc, en pleine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ma selection de liens du 27/01/2010 au 28/01/2010:</p>
<ul>
<li><a href="http://emsomipy.free.fr/Colonies.Odo/10.Assimilation.Association.htm#La_th%C3%A9orie_de_lassimilation_au_contact_des_r%C3%A9alit%C3%A9s__">Franc-maçonnerie &#8211; Colonisation 1930 : Assimilation-Association &#8211; Diagne</a> &#8211; Au convent GODF de 1923, la commission conventuelle affirmait : « On ne peut s&#8217;arrêter ni à une rigide politique d&#8217;association, ni à une politique simpliste de brusque et complète assimilation ». Cette commission préconisait donc, en pleine ambiguïté, «.qu&#8217;une politique souple de large association soit appliquée aux indigènes en vue de leur assimilation progressive et complète, posée en principe de base ».</li>
<li><a href="http://terrain.revues.org/index2618.html#tocto1n4">Entre « assimilation » et « décivilisation » : l’imitation et le projet colonial républicain</a> &#8211; La notion d’imitation a été au cœur du projet colonial de la 3ème République. Dans les dernières années du xixe siècle, l’imitation est convoquée dans la polémique entre « assimilation » et « association » ; dans les années 1920 et 1930, elle est au centre de la « sociologie coloniale » de René Maunier. L’imitation est enfin et surtout objet de préoccupations de la part de l’administration coloniale. Dans la mesure où celle-ci se donne pour tâche de reproduire le grand partage entre « indigènes » et « citoyens », elle doit faire face à une double contrainte posée par l’existence de phénomènes mimétiques : si l’imitation est l’instrument privilégié de la « mission civilisatrice », elle remet en cause la dichotomie colonisateur/colonisé au fondement de la domination coloniale produisant des « décivilisés » européens et des « évolués » indigènes.</li>
</ul>
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		<title>Mes signets du 08/06/2009 au 10/06/2009</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Jun 2009 17:05:40 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Ma selection de liens du 08/06/2009 au 10/06/2009:</p>
<ul>
<li><a href="http://biblioweb.samizdat.net/article63.html">De l&#8217;int&eacute;r&ecirc;t particulier des sans-papiers &agrave; l&#8217;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral de l&#8217;immigration &#8211; samizdat | biblioweb</a> &#8211; Beaucoup d&rsquo;immigr&eacute;s ne se consid&egrave;rent pas du tout comme des &eacute;trangers, mais bien comme des citoyens d&rsquo;ici qui revendiquent l&rsquo;immigration comme une identit&eacute; positive. Ces immigr&eacute;s-l&agrave; ne sont dissolubles ni dans la politique des quotas qui pointe &agrave; l&rsquo;horizon, ni dans &laquo; une grande loi de naturalisation &raquo;. Ils forment une communaut&eacute; d&rsquo;exp&eacute;rience qui, plus elle sera reconnue en tant que telle, mieux elle saura n&eacute;gocier sa place dans ce pays. L&rsquo;obtention du plein droit au s&eacute;jour des sans-papiers qui le d&eacute;sirent passe aussi par l&agrave;.</li>
<li><a href="http://lagryffe.net/spip.php?article38">Histoire et perspectives des mouvements issus de l&#8217;immigration &#8211; Librairie La Gryffe</a> &#8211; La France, grand pays de la R&eacute;volution (la plus radicale des r&eacute;volutions bourgeoises), inventrice des Droits de l&rsquo;Homme, va tr&egrave;s vite confondre tous les mouvements sociaux (et les droits qui en &eacute;mergent) avec l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;elle est l&rsquo;avant-garde du monde. C&rsquo;est d&egrave;s cette p&eacute;riode que commence &agrave; se constituer un certain chauvinisme fran&ccedil;ais, l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;il n&rsquo;y a que le peuple fran&ccedil;ais, la culture fran&ccedil;aise, la langue fran&ccedil;aise et la nation fran&ccedil;aise qui sont progressistes.</li>
<li><a href="http://www.legrandsoir.info/article8597.html">L&#8217;occident et sa mythologie du progr&egrave;s par Fethi GHARBI</a> &#8211; Un projet de d&eacute;colonisation des esprits et des peuples exige une universalit&eacute; distincte de l&rsquo;universel imp&eacute;rial eurocentr&eacute; qu&rsquo;il soit de droite ou de gauche. La pens&eacute; postmoderne, par exemple, m&ecirc;me si elle est critique vis &agrave; vis de la modernit&eacute;, elle n&rsquo;en demeure pas moins prisonni&egrave;re de la perspective eurocentrique et reste &eacute;trang&egrave;reaux pr&eacute;occupations de la p&eacute;riph&eacute;rie.</li>
<li><a href="http://lhomme.revues.org/index21205.html">Les Dossiers de la Recherche, 2006, 401&nbsp;: La science et les races</a> &#8211; Dans son num&eacute;ro d&rsquo;octobre 2006, La Recherche revient, avec un dossier sp&eacute;cial de dix-huit pages compos&eacute; de quatre articles, sur un th&egrave;me r&eacute;current de ce mensuel scientifique grand public1 : le concept de race et sa validit&eacute; scientifique.</li>
</ul>
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		<title>Notes de lecture de l&#8217;Occident Décroché de Jean-Loup Amselle</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2009/04/29/notes-de-lecture-de-loccident-decroche-de-jean-loup-amselle/</link>
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		<pubDate>Wed, 29 Apr 2009 00:34:28 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_303" class="wp-caption aligncenter" style="width: 337px"><img class="size-full wp-image-303" title="Amselle, Jean-Loup. – L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes" src="http://bader.lejmi.org/wp-content/uploads/2009/04/419ay83dfrl_ss500_.jpg" alt="Amselle, Jean-Loup. – L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes" width="327" height="327" /><p class="wp-caption-text">Amselle, Jean-Loup. – L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes</p></div>
<p>Je traînais dans la médiathèque de l&#8217;INT (Telecom SudParis maintenant&#8230;), cherchant un bouquin dans le style de Fanon, Foucault et compagnie&#8230; Et là je vois mis en avant, avec tous ses livres (pipo) sur le management, et des bouquins sur la dernière techno à la mode, ce livre de Jean-Loup Amselle, professeur à l&#8217;EHESS&#8230; Au départ dubitatif, je lis la 4ème de couv. Toujours pas convaincu, mais quand même la couv est bien jolie, je parcours quelques pages. Finalement, je me dis tiens celui là il a l&#8217;air d&#8217;être important, et je le prends&#8230; <a href="http://www.amazon.fr/LOccident-d%C3%A9croch%C3%A9-Enqu%C3%AAte-sur-postcolonialismes/dp/2234060427">L&#8217;Occident décroché, Enquête sur les postcolonialismes</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Et en effet. Ce bouquin est le seul que j&#8217;ai jamais lu qui parlait de sujets tel que le postcolonialisme et la French School (postmodernes français : Foucault, Deleuze, Guattari etc.). En fait, j&#8217;avais pris connaissance du livre d&#8217;Edward Saïd :  <a href="http://www.amazon.fr/Lorientalisme-LOrient-cr%C3%A9%C3%A9-par-lOccident/dp/2020792931">L&#8217;<em>Orientalisme</em>. L&#8217;<em>Orient</em> créé par l&#8217;Occident</a>.  Et ce livre, l&#8217;Occident Décroché, était en train de me dire que ce livre, que je pensais unique en son genre, était l&#8217;initiateur d&#8217;un mouvement culturel et politique majeur. Un mouvement qui allait remettre en cause toute la prétention universaliste de la pensée Occidentale&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Comme ce n&#8217;est pas un livre qui développe une thèse, mais plutot commente des auteurs et des oeuvres, et leurs apports sur l&#8217;histoire des idées, alors je ne pense pas en faire une fiche de lecture classique. Je vais plutôt restituer dans cet article l&#8217;ensemble de mes notes.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai essentiellement pris des notes concernant certains auteurs et leur pays respectif avec un court commentaire sur la théorie qu&#8217;ils développent d&#8217;après le point de vue de Jean-Loup Amselle .</p>
<p style="text-align: justify;">P16. Edward Saïd est le premier nom cité qui m&#8217;interpelle. Il donne en bas de page une référence à l&#8217;interview de Saïd sur sa vie personnelle et en quoi elle a impacté son œuvre (MARS, n°4, 1994, p. 7-24) et une autre à son œuvre parlant d&#8217;hybridité et d&#8217;identité dans « <a href="http://www.amazon.fr/contre-voie-M%C3%A9moires-Edward-W-Said/dp/2842613023">A contre-voie</a> » (Le Serpent à Plumes, 2002) dont le titre originelle est Out of Place. Un titre bien évocateur. Jean-Loup Amselle explique que Saïd s&#8217;est inspiré de Foucault pour développer ses idées que l&#8217;Orient était une idée de l&#8217;Occident, une essentialisation à des fins de domination.  Il entreprend par la suite une critique de Foucault, de son ethnocentrisme et de son relativisme. Pour ma part, je ne peux m&#8217;empêcher quand je lis Foucault, de voir à quel point son expérience en Tunisie l&#8217;a impacté. La culture en Tunisie est à la fois émancipatrice et oppressive, je ne dis pas qu&#8217;il existe une culture émancipatrice et une autre oppressive, non ! La même œuvre peut être les deux. Elle peut porter un message explicite progressiste tout en étant de façon latente aliénante. D&#8217;autre part, c&#8217;est une société où les instruments de la surveillance et de la punition n&#8217;ont pas besoin d&#8217;institution d&#8217;Etat explicite comme la police pour exister. J&#8217;ai l&#8217;intuition que cette expérience d&#8217;une société où les mécanismes de la surveillance, du savoir oppressif, de la punition étaient tellement apparent, qu&#8217;il a pu développer par la suite une analyse qu&#8217;il a ensuite appliqué au modèle français où ces formes d&#8217;oppressions étaient tout bonnement niés si ce n&#8217;est légitimer en tout cas dissimulées et tacites.</p>
<p style="text-align: justify;">p22. Deleuze et Guattari, ceux qui ont servit de socle à la théorie postcoloniale, se sont eux mêmes basés sur un nomadisme largement fantasmé des sociétés pour concevoir l&#8217;idée de déterritorialisation&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">p23. Les immigrés postcoloniaux sont condamnés au mimicry (Homi Bhabha) i.e. à s&#8217;intégrer par une parodie de la culture occidentale. Je dirais même un artefact, une forme complètement stéréotypée et fantasmée de l&#8217;identité occidentale vue comme étant supérieure.</p>
<p style="text-align: justify;">p23. Jean-Loup Amselle fait la critique occidentale intégrationniste classique : <em>&laquo;&nbsp;Mettre en avant l&#8217;hybridité actuelles des cultures du monde, c&#8217;est donc refuser toute possibilité de communication entre elles au cours de l&#8217;histoire&nbsp;&raquo;</em>. Il pose sa position : à partir de là je prends conscience que l&#8217;auteur a un parti pris, et s&#8217;oppose frontalement à ces auteurs postcoloniaux qu&#8217;il entends faire découvrir. Je me demande alors pourquoi il en parle ? Je comprends plus tard, avec le chapitre sur le décrochage juif, qu&#8217;il est déchiré, entre cette identité juive qui l&#8217;oppose à l&#8217;idée d&#8217;assimilation et son vécu celui d&#8217;un occidental fervent. Les postmodernes de la French School sont Lyotard, Derrida, Baudrillard, Foucault, Deleuze et Guattari. La liste est dressée, comme le menu que le livre s&#8217;apprête à servir.</p>
<p style="text-align: justify;">p27. Hannah Arendt est pour Amselle la première auteure du postcolonialisme. En celà, à mon sens, il n&#8217;a pas tort. Cependant il contribue à la création d&#8217;une idéologie faisant croire à une critique de l&#8217;Occident en son propre sein sans contacts avec l&#8217;extérieur : la déconstruction de l&#8217;Occident est l&#8217;oeuvre de l&#8217;Occident.  Et il fait remonter cette critique à celle de la révolution française par Edmund Burke. Ne pas mentionner la judéité d&#8217;Hannah Arendt me semble là faire partie du problème. Elle était autant à l&#8217;intérieur qu&#8217;à l&#8217;extérieur de l&#8217;Occident&#8230; Et suite au génocide des juifs en Europe durant la seconde guerre mondiale, je comprends qu&#8217;elle ne se sente pas très occidentale&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">p28. <a href="http://www.frantz-fanon.com/">Fanon</a> <a href="http://www.frantz-fanon.com/"><em>Damnés de la Terre</em></a>, à lire&#8230; J&#8217;avais lu : <em>P<a href="http://www.frantz-fanon.com/Oeuvre.htm">eaux noirs, masques blancs</a></em>. Mais on m&#8217;a dit que les Damnés de la Terre était plus sympa à lire. <em>Le salut de l&#8217;humanité ne vient que de l&#8217;émancipation des damnés de la Terre</em>. C&#8217;est ainsi qu&#8217;Amselle décrit la thèse de Fanon. Je ne comprends pas bien en quoi il n&#8217;est pas d&#8217;accord. Sûrement qu&#8217;il trouve ça trop réducteur et trop limité aux &laquo;&nbsp;<em>miséreux</em>&nbsp;&raquo; ?</p>
<p style="text-align: justify;">p29. Première mention du <strong>subalternisme indien</strong>, notion essentielle de ce livre. Il le fait remonter à Gramsci, Foucault et E. P. Thomson. Ce dernier auteur je ne le connaissais pas.  Je me demande pourquoi il spécifie indien. Aurait-il dit français pour parler des lumières ? Maintenant que je m&#8217;intéresse à ce champs théorique, je trouve que le subalternisme est une théorie s&#8217;appliquant à toutes les sociétés colonisés ou sous hégémonie Occidentale où les marxistes se refusaient à voir l&#8217;aliénation qu&#8217;ils subissaient.</p>
<p style="text-align: justify;">p32. <em>&laquo;&nbsp;Cette manifestation artistique et intellectuelle conteste ainsi la prétention de l&#8217;Europe à l&#8217;universalisme, sa volonté d&#8217;essentialiser l&#8217;évènement de la démocratie et des droits de l&#8217;homme en en faisant un récit mythique et sans tenir compte, entre contrepartie, de la violence subie par les peuples colonisés.&nbsp;&raquo;</em>Génial ! Mais quels sont les oeuvres de cette manifestation artistique ? Parce que là je ne vois de l&#8217;intellectuel&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">p43. <em>L&#8217;abbé Grégoire est responsable de l&#8217;assimilation forcée des juifs de France et de leur transformation en Français &laquo;&nbsp;civilisé&nbsp;&raquo;.</em><em> </em>Donc l&#8217;assimilation à la française viendrait de l&#8217;assimilation des juifs. Mais n&#8217;est-ce pas ce qui arrive actuellement avec la transformation des maghrébins de France en français musulmans ?<em> </em> Cette assimilation des juifs n&#8217;a pas empêché un fort antisémitisme, je dirais même a été encouragé par ce fort antisémitisme&#8230; De la même façon, aujourd&#8217;hui, le racisme structurel pousse à cette transformation, et à cette assimilation, au contraire de ce qu&#8217;on pourrait penser. La transformation du racisme anti-maghrébin, c&#8217;est-à-dire une xénophobie et un mépris colonial, se mue en suspicion ethnico-religieuse. Je pourrais m&#8217;étendre longuement sur le sujet, mais le simple fait que les jeunes &laquo;&nbsp;beurs&nbsp;&raquo; préfèrent comme femme et mari des français blancs convertis à l&#8217;Islam est à mon sens significatif de cette assimilation.</p>
<p style="text-align: justify;">p54. Jean-Loup Amselle se sentant français de papier a plus facilement eu de la sympathie pour les autres opprimés. Il se dit &laquo;&nbsp;subalterne avant la lettre&nbsp;&raquo;, ça marque à mon sens une légère incompréhension des propos de Spivak. Après avoir lu quelques de ces textes, le terme subalterne n&#8217;est en fait qu&#8217;un autre mot pour prolétaire dans une certaine position. Se dire subalterne n&#8217;a pas réellement de sens, c&#8217;est se dire priver de parole. Or Amselle parle, il parle et se fait entendre. A moins qu&#8217;il ait été réellement priver d&#8217;écoute lorsqu&#8217;il était jeune.</p>
<p style="text-align: justify;">p55. Ilan Halevi, en réalité Alain Albert, était un juif d&#8217;un teint plutôt foncé. Il s&#8217;est identifié aux noirs américains, comme l&#8217;ensemble de son petit groupe d&#8217;amis qui avait le point commun d&#8217;être juif, dont l&#8217;auteur faisait partie. Aux USA, il s&#8217;est donc fait passer pour un noir américain avec succès et en a écrit un livre &laquo;&nbsp;<em>La Tâche</em>&laquo;&nbsp;. Ensuite il a émigré en Israël où il a lutté contre le racisme des ashkénaze envers les séfarades. Il mentionne le fait que les noirs américains à peau claire s&#8217;assimilent aux blancs. C&#8217;est intéressant de mentionner que l&#8217;assimilation soit conditionné à la couleur de peau. On peut réfléchir aux autres critères permettant de sortir de son identité pour épouser la normalité. Ne pas être un croyant de la religion de son identité assignée, être plus clair de peau que l&#8217;identité assignée, avoir un meilleur niveau d&#8217;éducation, avoir un comportement social différent, ne pas porter un prénom de cette identité ou qui soit ambigu etc. permettent cette assimilation. Dans ce châpitre, Jean-Loup Amselle aborde le décrochage juif d&#8217;Occident sans pour autant le rendre vivant aux lecteurs. C&#8217;est bien dommage&#8230; Et de fait, vu le peu d&#8217;impact réel qu&#8217;il fait ressortir de son œuvre du décrochage juif, il ne convainc pas avec la prévalence d&#8217;une critique interne.</p>
<p style="text-align: justify;">p66. Le <a href="http://www.codesria.org/French/default.htm">CODESRIA</a> a été fondé en 1973 par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Samir_Amin">Samir Amin</a>, penseur marxiste anti-impérialiste franco-égyptien, pour contrer la supérmatie de la recherche Occidentale. Son analyse est que la recherche sur la domination de l&#8217;Occident sur l&#8217;Afrique doit venir de l&#8217;Afrique elle-même.</p>
<p style="text-align: justify;">A la page 78, la réflexion en cours d&#8217;Amselle m&#8217;a fait émerger une idée, un peu brouillone, que la philosophie politique en Occident se base sur des hypothèses d&#8217;homogénéité, que l&#8217;individu et l&#8217;identité c&#8217;est la même chose, et que groupe et classe sont la même chose. En bref, qu&#8217;un individu a une identité, que l&#8217;identité crée le groupe, et qu&#8217;une classe est nécessairement un groupe d&#8217;individus-identités. Or à mon sens, c&#8217;est non pas par rapport à soi qu&#8217;on crée son identité mais face à l&#8217;autre. Face à mon voisin, je m&#8217;allie avec mon cousin, face à mon cousin je m&#8217;allie avec mon frère&#8230; Le Nous change en fonction de qui n&#8217;est pas dans le Nous. Au fond c&#8217;est face à une différence de situation, que je vais identifier des différences d&#8217;identité (c&#8217;est une tautologie), et former mon identité propre. Il n&#8217;y a pas de naturalité d&#8217;identité. Et en ce sens il n&#8217;y a pas de récit universel qui ne se définisse par rapport à des Autres qui n&#8217;en seraient pas. L&#8217;universalité ne se définit non pas en niant les différences des Autres, mais en prenant comme base de tout un sujet qui s&#8217;est construit en excluant et en niant cette exclusion. Le groupe crée l&#8217;individu qui s&#8217;y reconnait membre en construisant l&#8217;identité. Or la classe est objective, ce sont ceux qui ont intérêt naturaliser, légitimer, cette identité comme étant la normalité pour profiter de la suprématie dans le groupe qu&#8217;elle confère. C&#8217;est, à mon sens, cette dynamique appelée racisme, qui permet de faire prendre conscience de l&#8217;identité, et donc faire émerger l&#8217;intérêt pour certains de la classe à l&#8217;intérieur même de ce groupe.</p>
<p style="text-align: justify;">p.78. La recherche dépends d&#8217;une modernité qui a tendance à être aveugle aux marques prémoderne. L&#8217;objectif mené par certains indigénistes tell que Joutondjii est de conserver les marques en établissant des distinctions claires entre le rationnalisable et le subjectif. Ce à quoi je réponds que l&#8217;analyse même des marques vernaculaires sont biaisés par la conception de ce qui est rationnel et de ce qui est subjectif. A mon sens, ce n&#8217;est pas dans la méthode qu&#8217;on peut conserver ses savoirs vernaculaires, mais dans le temps qu&#8217;on leur accorde et la place dans l&#8217;actualité du vécu qu&#8217;on leur concède.</p>
<p style="text-align: justify;">P103. Ayesha M. Iman, Amina Mama et Fatou Sow ont écrit <a href="http://www.amazon.fr/Sexe-genre-soci%C3%A9t%C3%A9-Engendrer-africaines/dp/2845861117">Sexe, Genre et Société. Engendrer les sciences sociales africaines</a>. Qui a été publié en 1997 en anglais et en 2004 en français. C&#8217;est à mon sens crucial comme œuvre d&#8217;autant que le mouvement féministe s&#8217;intéressant aux genres est celui qui dès l&#8217;origine a déconstruit la racialisation des personnes par et en Occident. C&#8217;est une critique avant tout interne, au sein d&#8217;un espace culturel, mais également au chemin de deux alterités fondamentales : celle du sexe, et donc la question du sexisme et du patriarcat, et celle de la race, et donc du racisme et de l&#8217;hégémonie blanche.</p>
<p style="text-align: justify;">Le féminisme du genre dès l&#8217;origine s&#8217;oppose à l&#8217;idée d&#8217;une domination dont l&#8217;abolition ferait s&#8217;effondrer les autres en cascade&#8230; Il permet donc d&#8217;accepter la réalité d&#8217;une hégémonie de l&#8217;Occident tout en ne reléguant pas au second plan les luttes internes à leur propre espace culturel.</p>
<p style="text-align: justify;">P117. Le <a href="http://www.sephis.org/">SEPHIS</a> et le <a href="http://www.codesria.org/French/default.htm">CODESRIA</a> ont organisé des tournées de conférences entre intellectuels du Sud. Livio Sansone est un universitaire brésilien ayant donné des conférences au Bénin, Sénégal et en Afrique du Sud. Et l&#8217;indien subalterniste Partha Chatterjee a voyagé en Afrique en 1996. Le passage par la case Occident est ici rompu. Mais je me demande si ce n&#8217;est pas plutôt le signe que la norme reste le passage par le référentiel Occident, même lors de la recherche de pensée alternatives à celle imposée par l&#8217;Occident. Il me semble même que l&#8217;Occident impose plus facilement sa pensée dominante à l&#8217;extérieur de ses frontières qu&#8217;en son sein. Les critiques dites internes, ou importées de périphéries, sont quasiment invisible aux autres périphéries&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">P121. Christobal Gnecco, un archéologue colombien, défends l&#8217;idée d&#8217;une archéologie démocratique et locale, c&#8217;est-à-dire une archéologie réalisée par des spécialistes mais au service des communautés locales détentrices légitimes de leur histoire. En ce sens Amselle, tends à dire qu&#8217;il légitime totalement l&#8217;exploitation de l&#8217;histoire à des fins politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">P126. Ibrahima Thiaw, un archéologue sénégalais, est cité comme le pourfendeur de l&#8217;archéologie coloniale française qui niait une relation entre les populations locales actuelles et celles que les archéologues étudiaient, ainsi qu&#8217;une trop grande focalisation sur les parties les plus accessibles du Sénégal. Je connais cet auteur par ailleurs par sa formidable dénonciation de l&#8217;économie de l&#8217;esclavage en Afrique même et comment elle a fondamentalement modifié la réalité africaine dans un sens de dépendance à cette économie d&#8217;exportation et d&#8217;exploitation des hommes à des fins de consumérisme bling-bling&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">P134. Ranajit Guha est l&#8217;auteur du manifeste du mouvement des Subaltern Studies née en Inde et se basant sur Gramsci ainsi qu&#8217;en s&#8217;inspirant des travaux de Saïd. Les Subaltern Studies ont utilisé la critique littéraire (lit-crit) pour déconstruire l&#8217;analyse occidentale de l&#8217;Orient.</p>
<p style="text-align: justify;">P139. Partha Chartterjee, subalterniste indien, est une nouvelle fois cité. Il emprunte en effet le concept de « révolution passive du capital » d&#8217;Antonio Gramsci pour décrire une situation où la bourgeoisie trop faible pour établir son hégémonie s&#8217;allie avec les anciennes classes dominantes en les transformant en de nouveaux partenaires compatibles avec l&#8217;ère capitaliste.</p>
<p style="text-align: justify;">P142. Chatterjee entends culturaliser l&#8217;Europe et continentaliser la pensée, c&#8217;est-à-dire affirmer que l&#8217;Europe aussi a sa culture et qu&#8217;elle n&#8217;est pas en soi la normalité et l&#8217;universel, toute pensée a une naissance dans un contexte donné y compris la pensée universelle.</p>
<p style="text-align: justify;">P143-144. Enfin Jean-Loup Amselle parle de Gayatri Spivak ! L&#8217;auteure principale des Subaltern Studies avec son magistral « <a href="http://www.postcolonialweb.org/poldiscourse/spivak/spivak2.html">Can the Subaltern Speak ? </a>». Il explique qu&#8217;elle a traduit « De la grammatologie » de Derrida, ce qui apparamment a fait à la fois sa réputation et son intérêt pour la littérature critique. Elle reproche dans son essai, à Deleuze et à Foucault, de ne s&#8217;intéresser qu&#8217;aux  opprimés du « premier monde », ceux qui ont la possibilité de s&#8217;exprimer. Elle oppose à ces 2 théoriciens, Derrida, et sa théorie de la <em>différance. </em>Il faudrait vraiment que je lise cet essai mais je ne trouve rien en français sur les Subaltern Studies. A croire qu&#8217;une censure académique pèse lourd sur les études postcoloniales&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">P146. Amselle présente l&#8217;idée de Spivak d&#8217;essentialisme stratégique c&#8217;est-à-dire « l&#8217;utilisation stratégique d&#8217;un essentialisme positif lorqu&#8217;il sert des objectifs politiques clairement définis » et je rajouterais dans un but d&#8217;abolition d&#8217;une domination. Exemple : dire l&#8217;Occident sans faire la distinction entre les représentants des Etats, les peuples et l&#8217;opposition éventuelle à l&#8217;impérialisme occidentale. De l&#8217;autre côté il est nécessaire pour les groupes dominés d&#8217;affirmer leur spécificité radicale, c&#8217;est-à-dire la différance qui fait d&#8217;eux des opprimés.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est le retournement de stigmate, comment retourner par exemple le terme de nègre. Ici, Amselle cite Kateb Yacine, et le concept de « butin de guerre », pour désigner ce retournement du stigmate sans que l&#8217;on évoque ce nom ni plus haut ni plus bas&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">A mon sens le concept de retournement de stigmate est essentiel, il permet sans passer dans la sphère culturelle du dominant, de mobiliser, de lutter et de l&#8217;emporter. Certains vont jusqu&#8217;à affirmer : ne vous déclarez pas noirs, arabes etc. mais simplement opprimés ou prolétaires, il ne faut pas se diviser face à l&#8217;ennemi ! Mais comment avoir ce discours quand l&#8217;union signifie la relégation d&#8217;une domination au second plan par rapport à celle jugée primaire ? Comment accepter cette unité, quand au sein de l&#8217;unité la lutte est biaisée par la domination subie, qu&#8217;elle soit raciale ou de genre ? Comment mobiliser au sein de son groupe, et constituer une conscience de classe, lorsque le stigmate identitaire n&#8217;est pas reconnu comme tel ? Car c&#8217;est sur la base de cette identité que l&#8217;oppression se fait, et c&#8217;est par cette identité que l&#8217;émancipation peut se faire&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">P150. Chakrabarty explique dans <em>Provincializing Europe</em> qu&#8217;il faut remettre en question la prétention de l&#8217;Europe à gouverner le monde au nom de la raison universelle et la réduire à une aire culturelle quelconque (provincialiser). Amselle y voit une menace à la communication entre les cultures. Alors même qu&#8217;on ne parle pas des cultures, mais d&#8217;une culture en particulier : l&#8217;Europe. Et moi de relever, qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas de couper la communication comme il l&#8217;exprime pour la seconde fois&#8230; Cette peur de voir la communication se couper, entre l&#8217;Occident et les Autres, me fait penser à un enfant bavard, choyé et gâté qui verrait la naissance de sa petite sœur, au départ avec bienveillance mais avec un manque de considération certain, et puis quand celle-ci commenceraient à parler il se moquerait d&#8217;elles de ses balbutiements, et lorsque celle-ci finira par oser parler à ses parents pour quelque fois se plaindre même de son frère (car au fond elle savait parler mais son grand frère la martyrisait tellement qu&#8217;ele n&#8217;osait pas) il ira se plaindre auprès de sa mère que sa petite sœur en devenant aussi bavarde coupera toute communication dans la famille&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">P153. Ashis Nandy est un subalterniste indien, qui a critiqué la vision marxiste et hégélienne de l&#8217;Histoire comme linéaire et dans laquelle toutes les autres cultures ne sont que des formes primitives au fond de la civilisation moderne Occidentale&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">P156. Amselle prends en exemple un penseur indien marxiste orthodoxe : Sumit Sarkar, qui s&#8217;insurge contre le culturalisme des subalternistes. Sarkar va même jusqu&#8217;à laisser entendre que c&#8217;est le Subalternisme qui a permit de fonder le fondamentalisme hindou et musulman. Chakrabarty a répondu à cette critique, et y a consacré un livre, ainsi que plusieurs articles dont que j&#8217;ai lu. Mais j&#8217;aimerais apporter mon propre commentaire. Il s&#8217;agit d&#8217;une analyse culturaliste, où un mouvement d&#8217;idée fonderait un mouvement politique rien que par l&#8217;entêtement de ses membres dans leur diatribe anti-occidentale. Or dans les Subaltern Studies, le dominant n&#8217;est pas seulement l&#8217;Occident, c&#8217;est également les élites locales qui vont copier les schemes occidentaux et les prendre à leur compte. En ce sens le nationalisme hindou est une aliénation issue du nationalisme européen. D&#8217;ailleurs le RSS (parti nationaliste fasciste hindou) voit dans l&#8217;hitlerisme un modèle&#8230; Et on pourrait faire une analyse similaire du fondamentalisme musulman (en réalité islamisme politique), car la définition de l&#8217;identité par la religion apparaît lorsque l&#8217;individu musulman devient un identité, un groupe, une classe, pour et par les autorités coloniales. L&#8217;essentialisme stratégique décrié par Amselle, n&#8217;est pas à mon sens l&#8217;affirmation d&#8217;un clivage religieux plus important que tous les autres&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">P160. Meera Nanda en appelle à des Lumières indiennes. Au sens non pas du mouvement d&#8217;émancipation intellectuelle mais celui d&#8217;une réplication des idées des Lumières partir de penseur locaux. Le penseur en question mobilisé est Ambedkar, un « intouchable » s&#8217;appuyant sur le bouddhisme, et notamment son interprétation matérialiste, en l&#8217;alliant avec le positivisme de Dewey. Cette idée, se base essentiellement sur le combat contre les idées postmodernes considérées comme des pseudo-sciences au même titre que l&#8217;astrologie. En Occident, cette idée rencontre un écho certain, notamment auprès d&#8217;Alan Sokal. J&#8217;ai moi-même constaté une forte réticence au post-modernisme chez ceux à la fois qui reprenait la critique Nouveaux Philosophes qualifiant ces idées d&#8217;amphigouries (du barratin quoi), et ceux qui s&#8217;estiment être des marxistes orthodoxes. Or concevoir la classe comme une classe sociologique repose à mon sens sur une erreur de compréhension monumentale ou alors à un biais culturel. Au fond, en Europe jusqu&#8217;à peu c&#8217;était le cas, la classe sociologique correspondait à peu de chose près à la classe politique. En France, comment pouvait-on faire comprendre que la conscience de classe est à créer lorsque le PCF quadrille toutes les usines et lieux d&#8217;habitiation des ouvriers ? Il est plus que temps pour certain de se rendre compte de la fin d&#8217;une ère&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">p161.  Ce que j&#8217;ai apprécié chez Amselle, dans ce biais français tout à fait délicieux pour une fois, c&#8217;est son intérêt pour l&#8217;Amérique latine. La théorie du &laquo;&nbsp;colonialisme interne&nbsp;&raquo; élaborée dans les années 60 par Rodolfo Stavenhagen et Pablo Gonzàlez Casanova explique d&#8217;un point de vue coloniale la domination des élites &laquo;&nbsp;métisses&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;créroles&nbsp;&raquo; sur les populations amérindiennes. C&#8217;est un propos subalterniste comme le revèle bien Amselle qui cite Silvia Rivera Cusicanqui qui reprendra ce travail. C&#8217;est à mon sens une réflexion cruciale pour penser la continuité de l&#8217;oppression malgré les indépendances. Le mépris des populations locales et le sentiment d&#8217;appartenance à la civilisation, forcément Occidentale, sont à comprendre dans ce sens.</p>
<p style="text-align: justify;">p184. Voilà que surgit de nulle part <a href="http://www.ladifference.fr/fiches/auteurs/khatibi.html">Abdelkébir Khatibi</a> dont je n&#8217;avais jamais entendu parler. A peine le temps de googler son nom que voilà que je découvre qu&#8217;il est décédé le 16 mars 2009. Encore une preuve du postcolonialisme ambiant. Comment un penseur de cette envergure a pu être oublié ? Alors mêmes qu&#8217;il était contemporain de Derrida, Deleuze et Foucault&#8230; Jacques Derrida écrit à son propos :     « Comme beaucoup d’autres, je tiens Abdelkébir     Khatibi pour un des très grands écrivains, poètes     et penseurs de langue française de notre temps [...] Je     tiens à souligner que cette œuvre, largement reconnue     dans le monde francophone et arabophone, est à la fois     une immense invention poétique et une puissante réflexion     théorique qui, entre tant d’autres thèmes,     s’attache à la problématique du bilinguisme     ou du biculturalisme. Ce que Khatibi fait de la langue française,     ce qu’il lui donne en y imprimant sa marque, est inséparable     de ce qu’il analyse de cette situation, dans ses dimensions     linguistiques, certes, mais aussi culturelles, religieuses, anthropologiques,     politiques. »</p>
<p style="text-align: justify;">p186-187. Amselle explique ici comment le subalternisme indien a bourgonné sur le continent américain par le biais du SEPHIS. Le SEPHIS est une organisation fondée par les Pays-Bas afin d&#8217;encourager les échanges Sud-Sud dans les études historiques. Lorsque des voyages ont été organisés dans les deux sens entre l&#8217;historien subalterniste indien Shahid Amin et des chercheurs-euses sud-américain-e-s. Apparamment ici un livre est clef : <span style="font-family: Times; font-size: small;"><span style="font-size: 13px; font-family: Times;"><em>Debates Post Coloniales: una introducción a los estudios de la Subalternidad, </em></span></span>une anthologie des textes de Ranajit Guha, Gyanendra Pandey, Shahid Amin, Dipesh Chakrabarty, Partha Chatterjee, Gayatri Chakravorty Spivak, Veena Das et Gyan Prakash. Il a été réalisé par les chercheuses Rivera Cusicanqui et Rossana Barraga.</p>
<p style="text-align: justify;">p188. La pensée du &laquo;&nbsp;fragment&nbsp;&raquo; et le concept de &laquo;&nbsp;globalisation fragmentée&nbsp;&raquo; promue par Gyanendra Panday, Partha Chatterjee et le sous-commandant Marcos permet de mieux comprendre l&#8217;ethnicité, l&#8217;héritage colonial et le colonialisme interne ce que le marxisme orthodoxe considère comme relevant du passé révolu&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">p200. Encore une référence &laquo;&nbsp;<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2001/01/NEGRI/14678">Empire</a>&nbsp;&raquo; de Hardt et Négri semble aborder l&#8217;ère des &laquo;&nbsp;multitudes&nbsp;&raquo; comme la résurgence des petites patries transcendant les frontières entre les différentants Etats et le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">p206. <a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/gramsci_antonio/lettres_de_la_prison/de_la_prison.html">Gramsci, Gramsci, Gramsci</a>. Pour moi c&#8217;est le fondateur des études postcoloniales. Celui qui a réfléchi sur les potentialités révolutionnaire du folklore et de ce que Marx considérait comme étant les fossiles de l&#8217;Histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">p210. Amselle fait ici une comparaison très intéressant entre la vision de l&#8217;intellectuel par Gramsci et celle de Boukharine et de Lénine. Pour Gramsci, le rôle de l&#8217;intellectuel est de transformer les sentiments incohérents et fragmentaires de ceux qui se trouvent dans une position de classe dominée en un rapport cohérent et raisonnée du monde tel qu&#8217;ils le perçoivent à partir de cette position. Alors que Boukharine pensait que les intellectuels doivent lutter contre la bourgeoisie et la religion tandis que pour Lénine ils devaient apporter la lumière de l&#8217;extérieur à la classe ouvrière. On voit bien ici que la position de Gramsci est foncièrement matérialiste et dialectique comparé à celles de Lénine et Boukharine. Ces derniers ont une vision idéaliste où l&#8217;intellectuel combat des idées ou implémente des idées qui semblent flotter dans l&#8217;air et ne pas avoir de lieu de production ni de classe de production. Il est donc assez comique aujourd&#8217;hui que ce soient les idéalistes qui soient qualifiés de marxistes orthodoxes&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">p215. Dans le texte &laquo;&nbsp;Gramsci&#8217;s Relevance for the Study of Race and Ethnicity&nbsp;&raquo; le magistral brittanique Stuart Hall explique en 1986 comment le théoriciel sud-italien peut apporter aux études postcoloniale et subalterne dans l&#8217;analyse de la culture. Culture ce mot si magique qui fait frétiller les gens de gauche comme de droite. Un terme dont je commence à apprendre à me méfier&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">p218. Cultural Studies. L&#8217;expression est lâchée. Il était temps. Car il s&#8217;agit d&#8217;un courant de réflexion ignorée en France trop longtemps sous des prétextes divers. Encore aujourd&#8217;hui le postcolonialisme, les études de genres etc. sont mal vues en France car remettant un peu trop en question la Culture à mon sens, la Culture dans tout ce qu&#8217;elle porterait soit-disant d&#8217;Universelle&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">p219. &laquo;&nbsp;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hegemony_and_Socialist_Strategy">Hegemony and Socialist Strategy</a>&nbsp;&raquo; de Laclau et Mouffe, entreprends d&#8217;allier les théories postmodernes et la pensée de Gramsci. Encore un livre à lire !</p>
<p style="text-align: justify;">p248. Achille Mbembe va jusqu&#8217;à parler de &laquo;&nbsp;palestinisation&nbsp;&raquo; des banlieues dans un texte intitulé &laquo;&nbsp;La République et sa bête&nbsp;&raquo; en décrivant le traitement colonial des banlieues par le gouvernement. La bête de la République serait ainsi la non-reconnaissance de la race. <a href="http://www.decitre.fr/livres/ContreTemps-N-16-Janvier-2006-Postcolonialisme-et-immigration.aspx/9782845971905">Mamadou Diouf a publié &laquo;&nbsp;<em>Les études postcoloniales à l&#8217;épreuve des traditions intellectuelles et des  banlieues français</em>&laquo;&nbsp;</a>, un texte qui peut se révéler crucial dans la compréhension des blocages traditionnelles français à l&#8217;égard des études postcoloniales.</p>
<p style="text-align: justify;">p253. Amselle revient sur <a href="http://fr.wikinews.org/wiki/Appel_contre_les_%C2%AB_ratonnades_anti-Blancs_%C2%BB">l&#8217;appel contre les &laquo;&nbsp;ratonnades anti-blancs&nbsp;&raquo;.</a> Ça me rappelle le tout récent film &laquo;&nbsp;La Journée de la Jupe&nbsp;&raquo; et la vidéo qui tourne sur Internet d&#8217;une agression suggérant qu&#8217;elle soit raciste anti-blanc. Ca a début en 1998 pour s&#8217;installer en 2995 avec cet appel publié dans le Monde du 23 mars 2005. Depuis la blanchitude est révérée comme une valeur si ce n&#8217;est comme ce qui définit l&#8217;univeralisme et la République.</p>
<p style="text-align: justify;">p255.Amselle fait une analyse intéressant de Dieudonné, de comment il a viré au racisme (antisémitisme) sur la base de la concurrence victimaire entre Juifs et Noirs. Et comment il a trouvé en Le Pen, quelqu&#8217;un reconnaissant la réalité actuelle de la race et son importance sociale. Ce que le paternalisme anti-raciste de SOS Racisme tends à nier, et en rendant la question noire invisible. Cependant bien que je partage volontier cette explication, je trouve malencontreux l&#8217;emploi par Amselle du mot &laquo;&nbsp;victimaire&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, c&#8217;est assez bon livre, qui a l&#8217;intérêt d&#8217;aborder le décrochage de l&#8217;Occident sur plusieurs aspects. Notamment la critique que je pourrais qualifier d&#8217;identitaire juive dans laquelle Jean-Loup Amselle nous fait part de son vécu personnel. Je trouve cependant dommage que la fin soit plutôt une suite de chroniques personnelles pro-républicainnes sans la force de la description des idées et des faits du reste du livre. Au moins la critique de Jean-Loup Amselle est celle d&#8217;un homme qui a pris soin de s&#8217;intéresser à son sujet.</p>
<p style="text-align: justify;">Autres notes de lectures, plus illustres :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.walf.sn/culture/suite.php?rub=5&amp;id_art=45067"><strong>Amady Aly Dieng</strong>, Les déconstructeurs de la pensée européenne</a></li>
<li><a href="http://etudesafricaines.revues.org/index13262.html"><strong>Jean-Philippe <span class="familyName">Béja</span></strong>, « Amselle, Jean-Loup. – <em>L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes</em> », <em>Cahiers d&#8217;études africaines</em>, 191 | 2008</a></li>
</ul>
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		<title>Mes signets du 19/03/2009 au 25/03/2009</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Mar 2009 20:02:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ma selection de liens du 19/03/2009 au 25/03/2009: G&#233;ographie du sexisme &#8211; Les mots sont importants (lmsi.net) &#8211; La r&#233;ponse est simple : le sexisme s&#233;vit &#171; l&#224;-bas &#187;, en banlieue, pas &#171; ici &#187;, dans la R&#233;publique fran&#231;aise. Et pour que ce soit plus clair encore, la pr&#233;sidente de NPNS a d&#233;clar&#233; que Sh&#233;razade [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ma selection de liens du 19/03/2009 au 25/03/2009:</p>
<ul>
<li><a href="http://lmsi.net/spip.php?article873">G&eacute;ographie du sexisme &#8211; Les mots sont importants (lmsi.net)</a> &#8211; La r&eacute;ponse est simple : le sexisme s&eacute;vit &laquo; l&agrave;-bas &raquo;, en banlieue, pas &laquo; ici &raquo;, dans la R&eacute;publique fran&ccedil;aise. Et pour que ce soit plus clair encore, la pr&eacute;sidente de NPNS a d&eacute;clar&eacute; que Sh&eacute;razade &eacute;tait le &laquo; symbole aujourd&rsquo;hui des violences faites aux femmes &raquo;.</li>
<li><a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/CHOLLET/12172">Machisme sans fronti&egrave;re (de classes), par Mona Chollet (Le Monde diplomatique)</a> &#8211; Ce ne sont pas des inconnus que les femmes doivent craindre. Tr&egrave;s souvent, elles sont battues, viol&eacute;es ou tu&eacute;es par leur compagnon. S&rsquo;il vient d&rsquo;un milieu ais&eacute;, le criminel est trait&eacute; avec bienveillance par les m&eacute;dias. S&rsquo;il est issu d&rsquo;une couche d&eacute;favoris&eacute;e, et plus encore d&rsquo;une famille immigr&eacute;e, la stigmatisation est de rigueur. Pourtant, la violence touche les femmes des beaux quartiers tout autant que celles des banlieues. Refuser d&rsquo;en examiner les causes contribue &agrave; perp&eacute;tuer le ph&eacute;nom&egrave;ne.</li>
<li><a href="http://www.laviedesidees.fr/La-culture-du-pauvre-en-Inde.html">La culture du pauvre en Inde &#8211; La vie des id&eacute;es</a> &#8211; Loin de Bollywood, le film Slumdog Millionnaire nous plonge en plein c&oelig;ur de la plan&egrave;te bidonville sans verser pour autant dans le mis&eacute;rabilisme. Igor Martinache nous en propose une lecture sociologique.</li>
</ul>
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		<title>Mes signets du 16/02/2009</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Feb 2009 18:06:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ma selection de liens du 16/02/2009 : Multitudes Web &#8211; 5. &#171; Les Subalternes peuvent-illes parler ? &#187; et autres questions transcendantales. &#8211; L&#8217;auteur repend la question soulev&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1990 par Gayatri Spivak dans un article c&#233;l&#232;bre et difficile : &#171; Les Subalternes peuvent-illes parler ? &#187;, qui a aliment&#233; d&#8217;interminables discussions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ma selection de liens du 16/02/2009 :</p>
<ul>
<li><a href="http://multitudes.samizdat.net/Les-Subalternes-peuvent-illes">Multitudes Web &#8211; 5. &laquo; Les Subalternes peuvent-illes parler ? &raquo; et autres questions transcendantales.</a> &#8211; L&rsquo;auteur repend la question soulev&eacute;e au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 par Gayatri Spivak dans un article c&eacute;l&egrave;bre et difficile : &laquo; Les Subalternes peuvent-illes parler ? &raquo;, qui a aliment&eacute; d&rsquo;interminables discussions dans le champ des &eacute;tudes postcoloniales. Il entend montrer que la question est trompeuse, qu&rsquo;il s&rsquo;agit moins de savoir dans l&rsquo;absolu si les subalternes peuvent parler &#8211; ils le font de toute &eacute;vidence -, que de savoir s&rsquo;ils parviennent &agrave; le faire et &agrave; se faire entendre lorsque cela importe vraiment, dans un contexte politique d&eacute;termin&eacute;.</li>
<li><a href="http://www.sophia.be/index.php/texts/view/47?CAKEPHP=870e817eab2d4d88d4694ce6f30cfbf1">&quot;Performe ton genre : Performe ta race !&quot;, Repenser l&#8217;articulation entre sexisme et racisme &agrave; l&#8217;&egrave;re de la postcolonie &#8211; Sophia</a> &#8211; Le corps, le corps sexu&eacute;, n&rsquo;est pas le fondement in&eacute;branlable, le socle naturel des hi&eacute;rarchies et divisions sociales. Le corps sexu&eacute; n&rsquo;est pas la cause &#8211; ou m&ecirc;me l&rsquo;occasion &#8211; d&rsquo;un rapport de pouvoir, mais plut&ocirc;t l&rsquo;effet d&rsquo;un rapport de pouvoir, au sens o&ugrave; il est fa&ccedil;onn&eacute;, disciplin&eacute; par ce rapport, qui renvoie &agrave; un syst&egrave;me de domination articul&eacute; &agrave; l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rosexualit&eacute; reproductive.</li>
<li><a href="http://www.reseau-terra.eu/article699.html">R&eacute;seau scientifique TERRA</a> &#8211; &laquo; Toutes les femmes sont blanches, tous les Noirs sont hommes, mais nous sommes quelques unes &agrave; &ecirc;tre courageuses &raquo;. D&eacute;noncer la double exclusion des femmes noires d&rsquo;un f&eacute;minisme blanc et bourgeois et d&rsquo;un nationalisme noir sexiste. Ces f&eacute;ministes noires ont d&eacute;nonc&eacute; une oppression simultan&eacute;e de race, de classe, de sexe et du mod&egrave;le de sexualit&eacute;.</li>
<li><a href="http://multitudes.samizdat.net/Savoirs-Vampires-War">Multitudes Web &#8211; 05. Savoirs_Vampires@War</a> &#8211; Les subalternes peuvent-ils parler ? Quel savoir peuvent produire des anormaux, des indig&egrave;nes ou des handicap&eacute;s  ?  Ce texte offre une cartographie sch&eacute;matique des d&eacute;placements des savoirs dominants vers une multiplicit&eacute; de savoirs locaux ou minoritaires (critiques postcoloniales, postf&eacute;ministes, queer, trans).</li>
</ul>
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		<title>links for 2008-06-27</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jun 2008 12:34:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une étude à échelle mondiale révèle la colère grandissante face aux inégalités sociales Un sondage mondial a montré qu&#8217;une écrasante majorité de personnes pensent que le gouffre social existant entre l’élite financière et le reste de la population est devenu beaucoup trop important. (tags: finance mondialisation capitalisme inégalités inégalité)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<ul class="delicious">
<li>
<div class="delicious-link"><a href="http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&#038;code=VAN20080530&#038;articleId=9129">Une étude à échelle mondiale révèle la colère grandissante face aux inégalités sociales</a></div>
<div class="delicious-extended">Un sondage mondial a montré qu&#8217;une écrasante majorité de personnes pensent que le gouffre social existant entre l’élite financière et le reste de la population est devenu beaucoup trop important.</div>
<div class="delicious-tags">(tags: <a href="http://del.icio.us/baderdean/finance">finance</a> <a href="http://del.icio.us/baderdean/mondialisation">mondialisation</a> <a href="http://del.icio.us/baderdean/capitalisme">capitalisme</a> <a href="http://del.icio.us/baderdean/inégalités">inégalités</a> <a href="http://del.icio.us/baderdean/inégalité">inégalité</a>)</div>
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		<title>Une semaine à Paris</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Mar 2008 23:42:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je passe une semaine à Paris. Non, je ne suis pas rentré, ni n&#8217;ait fuit Tunis. J&#8217;avais à faire à Paris et je suis venu. Mais j&#8217;en suis heureux ! J&#8217;en ai profité pour revoir des amis, me rendre compte que certaines connaissances n&#8217;était rien pour moi, et que d&#8217;autres en valaient la peine. Certains [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je passe une semaine à Paris. Non, je ne suis pas rentré, ni n&#8217;ait fuit Tunis. J&#8217;avais à faire à Paris et je suis venu. Mais j&#8217;en suis heureux !<br />
J&#8217;en ai profité pour revoir des amis, me rendre compte que certaines connaissances n&#8217;était rien pour moi, et que d&#8217;autres en valaient la peine. Certains ne se sont même pas rendu compte de mon absence, certains même m&#8217;ont ostensiblement ignoré, d&#8217;autres me demandaient de mes nouvelles, d&#8217;autres m&#8217;ont dit lire mon blog et c&#8217;est ce qui m&#8217;a le plus surpris. J&#8217;ai revu pas mal de personnes que je n&#8217;ai pas vu depuis longtemps et qui m&#8217;ont manqué&#8230; Je crois que j&#8217;ai passé l&#8217;étape de ma vie où je cherchais sans relâche la nouveauté pour trouver mon moule. C&#8217;est, je pense, à moi de le former.</p>
<p>Cette semaine, j&#8217;ai aussi revu <a href="http://chamia.info/bader/archives/165">Khamsoun</a> ! Vu que la pièce était jouée dans le cadre du festival Vagamondes à Evry comme je vous en avait déjà parlé, j&#8217;y suis allé avec les gens du club théâtre de l&#8217;INT. J&#8217;ai re-adoré, surtout que j&#8217;ai eu la chance de discuter avec les metteurs en scène. Et comme si ça ne suffisait pas, j&#8217;ai remis ça Samedi soir avec ma mère et ma soeur venues spécialement à Evry voir <a href="http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&#038;friendID=154432817">Amine &#038; Hamza</a>, deux frères musiciens tunisiens contemporains. J&#8217;ai beaucoup aimé, ma mère à coté encore plus&#8230; Et elle l&#8217;a montré ^^</p>
<p>Je ne sais pas si je dois vous le dire, mais je ne veux pas que ça reste sur mon coeur. Quant à moi, j&#8217;ai croisé du regard, à quelques reprises, une charmante brune aux cheveux bouclés assise en bas à gauche. Assis à coté de ma mère et de ma soeur, j&#8217;étais immobilisé, incapable de toute action. Par la suite nous sommes sorti, et je l&#8217;ai revu, j&#8217;étais encore avec ma mère et ma soeur, mon coeur était en train de saigner de l&#8217;intérieur tant c&#8217;était difficile de ne pas aller au moins lui dire quelques mots &#8230; Je ne sais pas si c&#8217;est la fille en question, ou la situation, mais elle m&#8217;a marqué plus que de raison&#8230; (Si vous la connaissez faites moi signe)</p>
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		<title>20 ans de changements en Tunisie&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Nov 2007 02:37:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cela fait aujourd&#8217;hui 20 ans jour pour jour, que le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali est au pouvoir. J&#8217;ai lu beaucoup d&#8217;articles de la presse française critiquant sa personne et le régime tunisien. Mais j&#8217;y trouve de plus en plus des relents d&#8217;un certain chauvinisme français qui ne veut voir en la Tunisie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait aujourd&#8217;hui 20 ans jour pour jour, que le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali est au pouvoir. J&#8217;ai lu beaucoup d&#8217;articles de la presse française critiquant sa personne et le régime tunisien. Mais j&#8217;y trouve de plus en plus des relents d&#8217;un certain chauvinisme français qui ne veut voir en la Tunisie qu&#8217;un pays sous-développé bon qu&#8217;à exploiter le tourisme&#8230; Dans ces mêmes journaux, je n&#8217;ai jamais l&#8217;occasion de lire des articles sur la Tunisie qui parle de ses réussites sociales, économiques et culturelles.</p>
<p>Alors au lieu de m&#8217;ajouter au concert de l&#8217;opposition de l&#8217;étranger et des énnemis déclarés du régime, je préfère prendre un peu de recul et parler de quelques faits avant toute chose. Car c&#8217;est ça également être un citoyen libre revendicant la liberté d&#8217;expression et d&#8217;opinion. Faire le portrait d&#8217;un dualisme manichéen : le président d&#8217;un coté et les opposants de l&#8217;autre, ne fera rien avancer. Certes le président tunisien tiens le pouvoir depuis 20 ans, mais c&#8217;est également le président d&#8217;une République avec une justice, une vie sociale, culturelle pluraliste et un pays dans lequel la pauvreté recule tandis que l&#8217;éducation progresse.</p>
<p>L&#8217;espérance de vie du tunisien à la naissance en 2007 est de 75 ans. Le taux d&#8217;alphabétisation des adultes est de 74% en 2007, soit le plus élevé du Maghreb et le deuxième d&#8217;Afrique. Le taux de scolarisation universitaire se situe en 2006-2007 à 34,6% et de 77% pour le secondaire. La pauvreté est passé de 14% de la population en 1990 à 3.7% en 2007 ! Ne pas mettre au crédit du président Zine El Abidine Ben Ali ces réussites serait intellectuellement malhonnête, surtout que l&#8217;on met au crédit de l&#8217;ancien président Habib Bourguiba la libération de la femme.</p>
<p>Le président Zine el Abidine Ben Ali a ainsi déclaré dans un <a href="http://www.infotunisie.com/2007/11/interview-arbies.html">récent interview au mensuel ARABIES</a>, je cite : « Autant nous respectons ceux qui ont des évaluations différentes de la nôtre et accueillons favorablement toute appréciation objective, autant nous rejetons les jugements excessifs, sans relation avec les réalités tunisiennes, qui d&#8217;évidence tendent à déformer l&#8217;image du pays.». Il faut admettre que je ne tente pas de déformer l&#8217;image du pays, et cite chiffres à l&#8217;appui des réalités tunisiennes qui sont tout à l&#8217;honneur de la Tunisie. Mais comme l&#8217;a exprimé l&#8217;opposant, candidat aux présidentielles de 2004, Mohammed Ali Halouani : « Nous sommes conscients que le pays a fait des progrès appréciables au niveau de l&#8217;éducation, de la santé, de l&#8217;économie et de l&#8217;émancipation de la femme, mais nous ne devons pas dormir sur nos lauriers ». En effet, selon de nombreuses ONG tunisiennes ou étrangères, dont Amnesty International et la Ligue Internationale des Droits de l&#8217;Homme, les droits de l&#8217;Homme et des libertés fondamentales n&#8217;est pas garantie. Alors même que le président a déclaré «[veiller] à ce qu&#8217;ils soient scrupuleusement respectés dans la pratique», or avouons-le ils sont loin d&#8217;être scrupulusement respectés.</p>
<p>En terme d&#8217;indice de perceiption de la corruption, la Tunisie a perdu 10 places en une année selon le classement de <a href="http://www.transparency.org/">Transparency International</a> (61e avec 4,2 en 2007 contre 51e avec 4,6 en 2006). Mais le pays reste plus ou moins bien lotie par rapport au Maroc (72e) et l’Algérie (99e). Ainsi entre 2006 et 2007, en Tunisie le phénomène de corruption semble s&#8217;aggraver. Cet indice n&#8217;est ni excessif, ni éloigné des réalités tunisiennes puisqu&#8217;il a même été cité par <a href="http://www.leconomiste.com.tn/fr/doc.asp?docid=784&#038;mcat=4&#038;mrub=52">l&#8217;Economiste Maghreb</a> et <a href="http://www.babnet.net/rttdetail-11486.asp">BabNet</a>, médias tunisiens. Selon cette même ONG, les organismes ou groupes jugés les plus touchés par la corruption sont les partis politiques, le pouvoir législatif et la police. Des institutions intimement liés à l&#8217;Etat. Or dans sa <a href="http://www.tunisieinfo.com/references/declaration7nov.html">déclaration radiophonique du 7 novembre 1987</a>, Zine el Abidine Ben Ali déclairait : «Nous agirons en vue de restaurer le prestige de l&#8217;Etat et de mettre fin au chaos et au laxisme. Point de favoritisme et d&#8217;indifférence face à la dilapidation du bien public.» Ce prestige est aujourd&#8217;hui menacé par la corruption qui le gangrène. Or une simple observation nous indique que les pays les moins minés par la corruption sont également ceux qui sont les plus démocratique, et où le peuple est le plus souverain.</p>
<p>Le <a href="http://www.tunisieinfo.com/references/declaration7nov.html">7 novembre 1987, le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali déclarait</a> que le peuple tunisien avait «atteint un tel niveau de responsabilité et de maturité que tous ses éléments et ses composantes sont à même d&#8217;apporter leur contribution constructive à la gestion de ses affaires». Si en 1987 il l&#8217;avait atteint, c&#8217;est qu&#8217;aujourd&#8217;hui c&#8217;est encore plus le cas vu les progrès réalisés ! Et pour ne pas régresser, il faut avancer&#8230; Si tous ses éléments et ses composantes en sont à même, pourquoi en exclure certains ?</p>
<p>En dehors de l&#8217;action de l&#8217;Etat également, la société civile agit. Des ONG telle que <a href="http://www.endarabe.org.tn/">ENDA Inter-Arabe</a> contribue fortement à la réduction de la pauvreté et au développement par l&#8217;octroi de micro-crédit souvent plus efficaces que les lourdes politiques de défiscalisation et de zones spéciales. <a href="http://www.enda.sn/prixtunisie.htm">L&#8217;action d&#8217;enda inter arabe a permis en dix ans à 33 000 micro-entrepreneurs  d&#8217;accéder à une source de financement continu à travers plus de 98000 prêts octroyés d&#8217;une valeur cumulée de près de 41 millions de dinars</a>. Ainsi début 2006, après la Banque de l’Habitat (avec 2 MDT), c’est <a href="http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=1360">l’Union Internationale de Banques (UIB) qui a accordé un prêt de 1 million de dinars tunisiens à l&#8217;ONG</a>. Ce sont ce genre d&#8217;initatives dont j&#8217;aimerais que la Tunisie fasse davantage la promotion ! Et je ne peux m&#8217;empêcher de me demander pourquoi les voix de ces personnes ne portent pas davantage en Tunisie quand je lis <a href="http://www.resacoop.org/Boite_Outils/reunions-geo-thematiques/Reu_pg13.asp#enda">leurs propos saillants à la fois de réalisme et d&#8217;optimisme</a>.</p>
<p>Autre point intéressant, <a href="http://www.environnement.nat.tn/agenda21/index.asp?pID=98">l&#8217;Agenda 21 en Tunisie</a>. Il s&#8217;agit d&#8217;un programme international pour le développement durable dont la réalisation se déroule dans un cadre local et participatif. Voilà une belle initiative permettant aux citoyens de s&#8217;exprimer et de participer activement à la gestion locale de leur ville. Qui mieux que les habitants d&#8217;une ville peuvent travailler en faveur d&#8217;un développement plus humain et harmonieux de leur propre ville ? Ses réalisations très concrètes, comme dans la ville d&#8217;El Jem, a permis de sonder les participants qui ont exprimé leurs priorités, puis de ces priorités ont été un vrai programme de gestion municipal incluant la promotion de la vie associative ou la gestion des infrastructures, notamment ceux des déchêts. Pourquoi ne pas pousser plus loin cette expérience en élargissant et généralisant l&#8217;expérience de démocratie participative à l&#8217;ensemble des habitants d&#8217;une ville, puis de toutes les villes de Tunisie. De nombreux pays en voie de développements et émergents l&#8217;ont entrepris telle <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Porto_Alegre#La_d.C3.A9mocratie_participative">la municipalité de Porto Allegre au Brésil</a>. Il ne s&#8217;agit pas de sélectionner les plus «compétents» pour gouverner car ça ne consistera pas en une bonne gouvernance. De telles initiatives ne doivent pas consister à réunir les notables locaux y compris associatifs pour qu&#8217;ils se mettent d&#8217;accord entre eux sinon on en reviendrait à un clientélisme des plus archaïque, mais bien à une implication réelle des citoyens. </p>
<p>Car le problème de la démocratie en Tunisie est plus important à développer encore au niveau local que national. C&#8217;est là que sont présentes les instances suspectées de corruption, c&#8217;est là que se trouve les possibilités d&#8217;améliorer et de réformer le dialogue entre les pouvoirs publics et les citoyens. C&#8217;est là encore, que la lutte contre le clientélisme, la corruption et en faveur des droits des citoyens peut se faire. Car attendre encore et toujours que le pouvoir agisse, comme il promet de le faire, c&#8217;est toujours et encore se positionner comme sujet plus que comme citoyen responsable. C&#8217;est seulement lorsque les citoyens agissent en tenant «compte de l&#8217;histoire et de la culture de notre pays, c&#8217;est-à-dire de ses spécificités», pour paraphraser le président Zine El Abidine Ben Ali, qu&#8217;à mon sens des <strong>changements</strong> peuvent avoir lieu. C&#8217;est ainsi que je comprends désormais son discours, en résumé : <strong>prenez des initiatives</strong>.</p>
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		<title>Mes signets du 19/08/2007</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Aug 2007 09:05:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
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		<guid isPermaLink="false">http://chamia.info/bader/archives/152</guid>
		<description><![CDATA[Mes signets du jour : Fonds social européen &#8211; par pays Les projets aidés et les possibilités d&#8217;aide par pays par le FSE. (tags: entreprendre financement aides europe fse entrepreneuriat)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mes signets du jour :</p>
<ul>
<li class="xfolkentry">
<p><strong><a class="taggedlink" href="http://ec.europa.eu/employment_social/esf/index_fr.htm" title="Fonds social européen - par pays">Fonds social européen &#8211; par pays</a></strong><br />
<span class="extended">
<p>Les projets aidés et les possibilités d&#8217;aide par pays par le FSE.</p>
<p></span><br />
(<span class="meta">tags: <a rel="tag" class="tag" href="http://blogmarks.net/user/bader/tag/entreprendre">entreprendre</a> <a rel="tag" class="tag" href="http://blogmarks.net/user/bader/tag/financement">financement</a> <a rel="tag" class="tag" href="http://blogmarks.net/user/bader/tag/aides">aides</a> <a rel="tag" class="tag" href="http://blogmarks.net/user/bader/tag/europe">europe</a> <a rel="tag" class="tag" href="http://blogmarks.net/user/bader/tag/fse">fse</a> <a rel="tag" class="tag" href="http://blogmarks.net/user/bader/tag/entrepreneuriat">entrepreneuriat</a></span>)</p>
</li>
</ul>
<p style="text-align:right">
<a href="http://blogmarks.net/user/bader"><img src="http://blogmarks.net/img/button.png" alt="blogmarks.net" border="0" /></a></p>
]]></content:encoded>
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