Le travailleur libre vaincra ! (Non, pas toi…)

L'ouvrier blanc est libre ! Pas le noir déporté esclavagisé, pas le musulman colonisé...

Le travailleur blanc libre vaincra ! Pas le Noir déporté esclavagisé, pas le Musulman colonisé...

«le prolétariat anglais s’embourgeoise de plus en plus et que cette nation, la plus bourgeoise de toutes, veut donc apparemment, en venir à posséder une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois à côté de la bourgeoisie. Il va sans dire que pour une nation qui exploite le monde entier c’est assez normal. Seules quelques années très mauvaises pourraient y remédier, mais il ne faut pas trop compter dessus»

Lettre à K. Marx, F. Engels, 7 octobre 1858, Manchester

« Précisément dans le parasitisme et la putréfaction qui caractérisent le stade historique suprême du capitalisme, c’est-à-dire l’impérialisme. Comme il est montré dans ce livre, le capitalisme a assuré une situation privilégiée à une poignée (moins d’un dixième de la population du globe ou, en comptant de la façon la plus « large » et la plus exagérée, moins d’un cinquième) d’Etats particulièrement riches et puissants, qui pillent le monde entier par une simple « tonte des coupons ». L’exportation des capitaux procure un revenu annuel de 8 à 10 milliards de francs, d’après les prix et les statistiques bourgeoises d’avant-guerre. Aujourd’hui beaucoup plus, évidemment.
On conçoit que ce gigantesque surprofit (car il est obtenu en sus du profit que les capitalistes extorquent aux ouvriers de « leur » pays) permette de corrompre les chefs ouvriers et la couche supérieure de l’aristocratie ouvrière. Et les capitalistes des pays « avancés » la corrompent effectivement : ils la corrompent par mille moyens, directs et indirects, ouverts et camouflés.
Cette couche d’ouvriers embourgeoisés ou de l' »aristocratie ouvrière », entièrement petits-bourgeois par leur mode de vie, par leurs salaires, par toute leur conception du monde, est le principal soutien de la IIe Internationale, et, de nos jours, le principal soutien social (pas militaire) de la bourgeoisie.»

N. Lénine, 6 juillet 1920

Soutien au peuple martyr frère d’Haïti

Haïti, première colonie française ayant fait la fortune de la République et de ses esclavagistes, première colonie ayant obtenue en 1804 son indépendance par une révolution anti-coloniale et anti-esclavagiste, connait depuis quelque jour un drame terrible. Frappé par un séisme, le pays est en pièces et son peuple plus bas qu’à genou.

Les médias annoncent plusieurs centaines de milliers de morts dans un pays de moins de 10 millions d’habitants, nous innondent d’images et de vidéos, d’adjectifs, de superlatifs, sans lésiner sur le registre de l’affect, sans que nous percevions dans leur discours rôdés de professionnels l’expression d’une émotion sincère. Pour nous, ce ne sont pas simplement des personnes à l’autre bout du monde que nous voyons mourir, souffrir, tenter de survivre au milieu du chaos. C’est un peuple frère Noir du Sud issu simultanément de l’oppression et de la résistance à l’esclavage, la colonisation et l’impérialisme. Notre fraternité prends racine dans nos âmes d’indigènes soupirant à l’unisson à l’évocation de la catastrophe, la Naqba, frappant les haitiens en plein cœur. Les mots qui sortent de nos bouches, les phrases issues de nos plumes, sont bien en deça des sentiments émanant de nos cœurs. Aimé Césaire disait : « L’Occident pardonnera-t-il un jour aux descendants de Toussaint Louverture ? Nous qui avons choisi une lutte de substitution à l’intérieur du monde colonial, nous devons à notre tour aider les Haïtiens. Jamais nous ne compenserons tout à fait ce que nous devons au nègre fondateur. Le nègre fondateur, c’est la Révolution de Saint-Domingue, c’est Toussaint Louverture. » Le peuple-frère haïtien est le peuple esclave-indigène fondateur s’il en est. Fondateur car prototype de la situation des peuples oppressés du système-monde. Fondateur par sa lutte victorieuse exemplaire. Le peuple-frère haïtien est le peuple esclave-indigène fondateur s’il en est, par sa situation matrice de celle du système-monde actuel, et sa lutte victorieuse exemplaire. Exemplarité que l’Occident lui a fait chèrement payée à de nombreuses moments de son histoire notamment par de multiples invasions, coups d’Etat, tyrannies et rançons  ((En 1825, Boyer obtint la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France, mais celle-ci exigea en contrepartie le paiement d’une énorme indemnité aux planteurs dépossédés. Pour payer cette indemnité, Haïti dut emprunter à la France, à un taux usuraire, l’argent nécessaire ; Haïti honora sa dette, mais, pendant un siècle, le remboursement et le service de cette dette allaient peser lourdement sur son économique(…)in « L’histoire d’haiti »)). Prototype que l’Occident s’est attaché à reproduire là où son avidité pour les ressources naturelles le conduisait ((« Les mécanismes du pillage systématique des ressources africaines tournent à plein régime au mépris du développement économique et démocratique de l’Afrique » in « Les dessous de la présence économique de la France en Afrique »)).

Nous rejetons, avec résolution, le cynisme de ceux qui y voient une malédiction, un fléau punissant l’insolente soif de liberté d’un peuple indigène. Ceux là sont des sinistres blasphémateurs lorsqu’ils invoquent Dieu. Le seul dieu d’un tel fléau n’est autre que celui de la suprématie Occidentale. Ceux là sont des sinistres personnages blasphémateurs lorsqu’ils invoquent Dieu, le seul dieu d’un tel fléau n’est autre que celui de la suprématie Occidentale. La misère d’Haïti est sans aucun doute le facteur principal de ce drame, dont le séisme est le coup de grace. Mais cette pauvreté ne doit pas servir d’excuse pour nous défausser de nos responsabilités. Il faut condamner les propos imputant ce désastre à l’incurie présumée des haïtiens eux-mêmes. Si le déclencheur conjoncturel de ce ce drame est un phénomène naturel, sa cause stucturelle en est la folie des maîtres de ce monde. En effet, comme le dit le président, Fidel Castro, de Cuba toute proche : « Les Haïtiens ne sont pas coupables de leur pauvreté actuelle : ils sont les victimes du système imposé au monde. Ils n’ont pas inventé le colonialisme, le capitalisme, l’impérialisme, l’échange inégal, le néolibéralisme, ni les formes d’exploitation et de pillage qui sévissent sur la planète depuis deux cents ans. »

Lorsque le sordide ministre Besson, se croyant charitable, annonce qu’il suspends les expulsions vers Haïti, nous devons lui retorquer avec fermeté que c’est le devoir de toutes les Nations occidentales d’accueillir sur leurs sols les victimes de ce drame. Comme c’est leur devoir également de panser les plaies de ce pays meurtri et de lui rendre son indépendance en lui fournissant tous les moyens matériels nécessaires de son autonomie, et ce quelqu’en soit le coût, ainsi qu’en cessant l’occupation néo-coloniale de ce pays sous couvert d’ONU. Sans quoi, il n’est pas de doute, qu’une fois le bal évènementiel de l’aide international passé, les mêmes causes ayant les mêmes effets, la situation pourrait se répéter au moindre soubresaut de notre planète.

Allah yester w yahfad.

Article publié initialement sur le site des Indigènes de la République le 17 janvier 2010.

Zone Verte – Green Zone – métaphore de la cité coloniale

La zone verte de Baghdad est tout à la fois un havre de paix dans un monde de chaos, une enclave inaccessible, une vision du futur Irak vu par la mission civilisatrice des USA. Cette expression zone verte se retrouve également dans des projets d’urbanisme tel que dans la ville de Berlin où il désigne une zone spéciale dans la ville où la qualité de vie environnementale y est garanti. C’est la matrice même de la ville coloniale en réalité qui crée simultanément des havres de paix irréels nécessitant la relégation de tous les problèmes en dehors et en miroir la création d’enclaves de chaos, de zones rouges, tel le ghetto de Gaza.

  • video REPORTERS. Bagdad : Au coeur de la zone verte – zone verte … – Récit vidéo de journalistes en Zone Verte en Irak. Les producteurs de propagande par la production, sélection de l’information forgeant les représentations et donnant le matériel adéquat à l’idéologie racontent leurs difficultés et la Zone Verte.
  • Le contrôle de la « zone verte » de Bagdad donné aux Irakiens | France 24 – Dans cet article de propagande sur le transfert de contrôle de la zone verte aux irakiens voulant faire croire à une souveraineté Irakienne, en réalité fantoche, la vidéo d’illustration est celle des bombardements israeliens sur le ghetto de Gaza. Le message est clair : la zone verte perdure dont la contrepartie est l’existence des zones rouge sang tel l’emblématique ghetto de Gaza…
  • La bulle coloniale de la Zone Verte en Irak – Lors des conversations à table, un protocole non explicite était observé. Il était toujours adéquat de rendre hommage à «la mission», c’est-à-dire la campagne de l’administration Bush pour transformer l’Irak en une démocratie pacifique, moderne et séculière, qui conviendrait à chacun, quelle que soit l’ethnie ou la confession à laquelle il appartient. Les tirades sur la façon dont Saddam avait ruiné le pays et les descriptions sur comment on allait le ressusciter étaient aussi les bienvenues.
  • Baghdad Green Zone – The Green Zone — also called « The Bubble » – is the hub of the vision for the New Iraq. It is almost self-sufficient, and staff working there can be treated in the compound’s hospital or run safely in its grounds. When they leave, it is by armored car with an armed military escort.
  • Umweltzone, la zone verte de Berlin – À partir du premier janvier 2008, l’accès des voitures au centre de Berlin sera réglementé. L’objectif est de réduire la pollution dans le centre de la ville.

Contre l’islamophobie et le sionisme : la savate

La savate française comme stratégie nationale

La savate française comme stratégie nationale de résistance

Nous sommes le 28 décembre 2009. Soit un an et un jour après le début de l’agression par l’armée sioniste de ce que nous devons désormais nommer ghetto de Gaza. Agression qui a couté la vie à près de 1400 personnes dont plus de 400 enfants, et par près de 5500 blessés dont à peu près la moitié de femmes et d’enfants. Nous pourrions discourir longtemps sur les horreurs de cette guerre mais ce n’est pas l’objet de notre propos.

Sur un réseau social bien connu, le message de Tahar Houhou, participant de la Gaza Freedom March ((http://www.legrandsoir.info/+Lettre-ouverte-de-la-Gaza-Freedom-March-au-President-Mubarak+.html)) m’a été transmis par une khomrada ((contraction de kho’ et de camarade, le tout au féminin)) : « Nous allons passer notre seconde nuit devant l’ambassade. Enfermés, privés de tout, à plus 300 sur 900 m2. On est dans la situation des Gazaouites, 1 toilette pour 300, rien à manger, rien à boire. Encerclés par plus de 1000 policiers, affamés, assoiffés que nous alimentons comme on peut. Honte à la France, honte à l’Egypte ».

Un peu plus tard je lis un message de la même khomrada, m’invitant à écrire au Ministère français des Affaires étrangères et à l’ambassade d’Egypte. L’objectif étant de faire en sorte que la France fasse pression sur l’Egypte pour laisser la Marche pour la Paix entrer dans Gaza. Sur le moment javoue que mon sentiment de culpabilité de citoyen français bien au chaud dans un pays dit libre a été titillé. Les cours d’éducation civique m’enseignant les formidables valeurs républicaines n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. J’avais déjà reçu par le passé des invitations à faire pression sur mon gouvernement pour tel ou telle cause. Jugeant celle-ci particulièrement juste et nécessitant une action urgente, je m’apprêtais à faire preuve de responsabilité et ainsi réaliser mon devoir de citoyen concerné en écrivant à mon Ministre en lui demandant fermement, mais avec tous les égards du à sa position, de mettre en application le fameux « droit d’ingérence » dont il est un des plus ardents promoteur.

Puis dans la minute qui a suivit, une autre nouvelle m’a rappelée à la dure réalité de ce monde triste et sordide. Cette nouvelle m’informait que le directeur du Renseignement militaire français, le général de corps d’armée Benoît Puga, est venu personnellement inspecter le chantier de construction du mur sous-terrain cloturant le côté egyptien du ghetto de Gaza ((Gaza : la France supervise le prolongement du Mur de séparation))). Chantier supervisé par ailleurs par des officiels français et états-uniens…

Je m’apprêtais donc candidement à demander à M. Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires Etrangères, de faire pression sur l’Egypte pour permettre à des gentils et pacifiques volontaires internationaux de rentrer dans Gaza apporter de l’aide humanitaire. Le même homme, Bernard Kouchner, qui avait tour à tour : soutenu en 1991 et en 2003 l’invasion de l’Irak et demandé la tête de feu le Président Saddam Hussein, blanchi en 2003 l’emploi par Total de travailleurs forcés en Birmanie sous l’opprobe des ONG ((Rapport Kouchner : les ONG consternées)), avait signé la perfide pétition contre les prétendus «ratonnades anti-Blancs» en 2005 ((Un appel controversé contre le racisme « anti-blancs »)), refuse de décerner la médaille des droits de l’homme à une ONG Palestinienne ((Kouchner interdit la Palestine)), s’échine à tenter de faire libérer le soldat israelien Guilad Shalit par tous les moyens ((http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/12/23/01011-20091223FILWWW00376-shalitfrance-attendez-quelques-jours.php et Détention de Guilad Shalit : Réponse de Bernard Kouchner)) tandis qu’il accorde à peine de l’attention au français Salah Hamouri emprisonné par Israel ((La claque de B. Kouchner à la famille Hamouri)), et soutient toujours l’occupation notamment par la France de l’Afghanistan tout en faisant partie du gouvernement du Président le plus sioniste que la République Française ait connue. Le Ministre d’un gouvernement qui participe à la construction d’un mur sous-terrain brisant le peu de liens avec l’extérieur qu’entretient le ghetto de Gaza.

Ainsi comme disait le souverainiste Jean-Pierre Chevènement, Bernard Kouchner n’a pas besoin de retourner sa veste, c’est l’uniforme de la pensée conforme, doublée à l’intérieure. De ses positions nous pouvons ainsi déceler le contenu de cette pensée unique. Le droit d’ingérence, étendard de Kouchner, n’est, pour Chevènement, que « le maquillage astucieux de ce que l’on pourrait appeler le néo-impérialisme » ((http://www.dailymotion.com/video/x8uozg_chevenement-casse-bhl-et-kouchner_news)). C’est d’ailleurs le chroniqueur télé tendance vieille droite, Thierry Ardisson, qui dans une émission radio en 1993 ((Thierry Ardisson chez Serge de Beketch)), déclarait : « La colonisation ? De toute façon, on va devoir s’y remettre. Alors, on appellera ça comme on veut pour pas choquer les gens, on appellera ça ingérence humanitaire mais ce sera la même chose. » Il y présente d’ailleurs son roman où voulant donner un visage humain à la colonisation, il présente un colon  européo-centriste des années 1930, mais de gauche, utopiste et voulant apporter « la liberté, l’égalité, la fraternité, l’électricité » aux « bons hindous« , qu’il décrit comme « un Kouchner de l’époque ». Ce colon, un Kouchner de l’époque, ses amis de gauche (on devine laquelle) avouent l’aimer : « Ton gars on l’aime et plus on l’aime plus on devient colonialiste ». C’est là que tout se joue !

Car, en réalité, les colonisateurs sionistes ont plutôt la côte en France. Certes on aimerait qu’ils soient moins brutaux mais eux-mêmes admettent y être poussé de force par la barbarie arabo-islamique. Au fond, se disent-ils, Israel n’est-elle pas la seule démocratie du Moyen-Orient disposant de l’armée la plus morale du monde ? Ainsi la logorrhée du lobby sioniste n’a de succès que parcequ’elle renforce l’idéologie colonialiste Occidentale poussée dans ses derniers retranchements. Le lobby sioniste ne fait qu’un avec ses alliers naturels, les élites dominantes  politiques et médiatiques, aux intérêts éminément convergents dans la défense de la suprématie de l’Occident Blanc-chrétien. La propagande sioniste renvoyant à l’Occident sa propre image, l’ennemi du sionisme est l’ennemi de l’Occident. Lorsque cette clique vous affublera de l’étiquette antisémite, ce ne sera qu’un synonyme d’ennemi de l’Occident Blanc ((comme l’affirme par ailleurs Ivan Ségré dans la réaction philosémite)). Et comme si celà ne suffisait pas, cette collusion se double d’un marquage aux fers rouges des musulmans. Ce soudain amour des Juifs, après des siècles de persécution en Occident, légitime l’antisémitisme génétique de l’Occident sur son autre face sémite : l’arabo-musulman. L’amour des Juifs et d’Israel passant désormais par un redoublement d’islamophobie tandis que l’islamophobie conduit à un sionisme invétéré ((http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=825)). Le site occidentaliste par essence, Riposte Laique, dans un article titré Comparer l’islamophobie à l’antisémitisme des années 30 est une obscénité, apologétique à l’égard  d’Israel, déclare ainsi « être islamophobe, c’est lutter contre l’antisémitisme, alors que combattre l’islamophobie, c’est le favoriser » ((http://www.ripostelaique.com/Comparer-l-antisemitisme-des.html)). Le débat en cours sur l’identité nationale de notre chère patrie des droits de l’homme, est une flagrante  démonstration de l’incorporation de l’islamophobie dans l’idéologie nationale toute entière focalisée sur la question musulmane ((http://oumma.com/Identite-nationale-islam-laicite)). Etrange miroir de la question juive qui, en un siècle en France, est passée de la rhétorique de l’assimilation avec les Lumières à celle de l’extermination sous Vichy ((http://fr.wikipedia.org/wiki/Question_juive)) puis à celle du soutien au sionisme, un colonialisme juif.

Prenons un instant au sérieux ces sionistes islamophobes, combattre l’islamophobie et extirper le lobby sioniste de la France, nous l’avons vu c’est lié, n’est-ce pas au fond s’en prendre à l’idée même d’identité nationale ? Car en effet le sionisme est un colonialisme dont la France est un membre fondateur. Mieux qu’un discours, en voici une preuve en vidéo :

retrouver ce média sur www.ina.fr

Ainsi je ne vois rien de français pouvant nous aider à faire pression sur le gouvernement despotique et collaborateur d’Egypte et encore moins sur Israël, si ce n’est la boxe, ou plutôt la savate française. Car c’est par des coups de savates, à l’instar de l’illustre Montadhar Zaïdi ((L’histoire de ma chaussure, par Muntadhar al-Zaidi)), que nous ferons pression sur nos gouvernants et que nous les ferons céder plutôt que par d’innombrables autant qu’inutiles pétitions. Pour le ghetto de Gaza et la libération de la Palestine, pratiquons, en France, la politique de la savate !

Cet article a été republié sur le site des Indigènes de la République.

Islam et orientalisme sexuel : le cas de l’homosexualité

desiringarabs

Joseph Massad, chercheur, nous explique comment l’international Gay produit le discours sur l’homosexualité en Islam et à quelles fins. Frédéric Lagrange, lui, aborde la question de la norme sexuelle en Islam d’un point de vue à la fois historique et théologique.

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Messieurs et encore messieurs, et toujours messieurs les députés

Cet article fait partie du dossier sur la burqa. Il documente l’affirmation selon laquelle l’avant-garde du combat contre la burqa est constituée d’une petite élite  de députés sexistes et souchistes sous leurs airs bonhomme de patriarche.

Il suffit ainsi pour confirmer notre intuition de jeter un coup d’oeil à la liste des députés ayant présenté, le 9 juin 2009, la proposition de résolution N°1725, tendant à la création d’une commission d’enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national ((http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion1725.asp)).

En la comparant à la mission d’évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes ((http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i1799-t1.asp)), nous sommes surpris de ne la voir composée que par 30 députés pour près de 58 pour celle concernant le voile intégral. Un phénomène touchant rappelons-le moins de 400 femmes en France pour 1,3 million de femmes qui « vivent chaque jour dans la violence de leur conjoint. ». Et nous n’y retrouvons que 4 députés membres des deux groupes. Dans la mission d’évaluation sur les violences faites aux femmes nous y retrouvons 19 femmes, soit près des 2/3. Dans celle concernant le voile intégral seulement 9 femmes… Pour une revendication prétendument féministe, le voile intégral mobilise peu les femmes. Et pour des mâles députés se revendiquant pour l’égalité hommes-femmes, je les trouve bien peu soucieux du sort concret des femmes… Cette mission a débouché sur 65 propositions afin de combattre les violences vécues par les femmes au sein du foyer, dans l’espace publique  mais également au travail. Ce qu’elle peut nous apprendre sur le voile intégral c’est que ce sont les femmes désocialisées, c’est-à-dire isolées ou exclues de la sphère publique, qui sont le plus touchées. Or la loi prohibant le voile intégral a pour but d’exclure de la sphère publique ces femmes, les fragilisant encore davantage.

Nous avons donc d’un côté une commission d’enquête contre le voile intégral, dirigée par 2 hommes, composée par un très grand nombre de députés, mais avec une très faible minorité de femmes, dont le but n’est certainement pas d’améliorer la condition de la femme; et de l’autre une mission d’évaluation composée d’un faible nombre de députés au regard de la tâche à accomplir, dirigée par une femme et proposant une série de mesures concrètes luttant pour l’égalité hommes-femmes. Le plus grave c’est que son rapport rendu  le 7 juillet 2009, n’a eu que très peu d’échos et a certainement subit l’ombre du débat sur le voile intégral ((RAPPORT D’INFORMATION, N° 1799, FAIT AU NOM DE LA MISSION D’ÉVALUATION DE LA POLITIQUE DE PRÉVENTION ET DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES)). Nous n’avons entendu aucune des féministes institutionnelles s’exprimer sur le sujet, ou au mieux leur parole n’a pas été relayée par les médias.

Des députés patriarches…

Ainsi ces prétendus défenseurs de la femme que sont les députés UMP Jacques Myard, Pierre Lellouche, Lionel Luca et Thierry Mariani ont tous voté contre la réforme de l’IVG et de la contraception du 5/12/2000 et contre le PACS.  «Si je me bats au quotidien pour le droit des femmes en Afghanistan, vous comprendrez bien que je souhaiterais que toutes les femmes en France aient droit à leur corps et à leur personne», c’est ce qu’affirme par ailleurs Pierre Lellouche, le député UMP, un des 58 co-signataires de la proposition de résolution et ancien représentant spécial de la France pour l’Afghanistan et le Pakistan  ((http://www.liberation.fr/societe/0101574845-burqa-a-chacun-de-se-positionner-sur-la-laicite)) puisqu’il y a désormais été remplacé par Thierry Mariani ((http://www.liberation.fr/politiques/0101580400-thierry-mariani-succede-a-lellouche)). Au regard de ses prises de positions politiques, ce pour quoi au quotidien il se bat relève plutôt de la justification de l’occupation française de ce pays. Nous pouvons légitimement penser que la démarche de Thierry Mariani relève de la même logique ;

Jacques Myard, Pierre Lellouche, Lionel Luca ont également signé la pétition homophobe de Michel Pinton des maires contre le CUS (PaCS). Lors d’un débat sur le PaCS, tandis que la Garde des Sceaux assurait que les couples homosexuels n’adopteront pas, Pierre Lellouche s’est écrié : « Alors, stérilisez-les ! » ((http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/lellouche.html)) .

Jacques Myard avait affirmé dans sa proposition de loi que les femmes portant un voile intégral se trouvaient « dans l’impossibilité d’établir le moindre contact humain en dehors de sa famille. » Il aurait du s’en réjouir puisque ce prétendu défenseur de l’émancipation de la femme préside le groupe parlementaire à fort relent patriarcal : « Oser la famille ».

Représentants de circonscriptions rurales, Dominique Souchet et Véronique Besse du MPF, parti ostensiblement défenseur de la souchitude et du patriarcat ((http://www.pourlafrance.fr/charte-du-mpf.html)), se sont également associés à la démarche pour « faire de la prévention » ((http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-07-02/port-de-la-burqa-l-assemblee-nationale-installe-une-mission-d-information/920/0/357500)).

Ce sont ceux qui combattaient le droit à l’avortement, le droit à l’union civile quelque soit l’orientation sexuelle, qui se prétendent aujourd’hui les héraults des valeurs de la République face aux femmes musulmanes portant un voile intégral. Les femmes sont tellement au centre de leurs préoccupations qu’ils se sont évertués à combattre les lois défendant leur dignité. Pourquoi alors penser que cette proposition de loi qu’ils s’apprêtent à présenter ne serait pas le prolongement d’un tel combat sexiste ?

Des députés souchistes…

D’ailleurs parmi ces députés qui en préambule de la proposition prétendent reconnaître la diversité, nous trouvons également des fervents défenseurs de la souchitude et de la France coloniale. Ainsi les députés Jacques Myard, Pierre Lellouche, Lionel Luca et Thierry Mariani ont voté le 22 janvier 2002 contre la proposition de loi relative à la reconnaissance du 19 mars comme Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats du  Maroc et de Tunisie. Jacques Myard avait justifié son vote de défense de l’ère coloniale en expliquant que selon lui la proposition de loi « est une manœuvre politicienne ayant pour objectif de tenter de recréer le mythe du peuple de gauche, prétendument progressiste et juste. » ((http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/myard.html)). L’ironie c’est qu’il essaye désormais de faire croire au mythe du peuple « De Souche », prétendument progressiste et juste envers les femmes depuis sa genèse éludant la réalité historique du patriarcat en France et les luttes féministes contre cette France là. C’est donc sur ces députés là que nous nous attarderons donc quelque temps par ordre croissant de degré de souchisme ostensible…

Je vous épargne le suspens en vous annonçant que le rapporteur de la commission, André Gérin, et Jacques Myard, le précurseur de la lutte contre la burqa sont également ses plus éminents représentants.

Lionel Luca, le nettoyeur ethnique

Lionel Luca (UMP, Alpes-Maritimes), défendait ainsi un référendum sur la peine de mort proposé par Charles Pasqua  ((Communiqué de presse, 13 mars 2002)) peu de temps après le « 11 septembre » pour lutter contre le terrorisme sous un climat délétère de suspicion de tout musulman d’être un terroriste potentiel.

Il avait également intimer aux siffleurs du match France/Tunisie de «faire leur valise pour réintégrer le pays de leurs origines» ((http://www.liberation.fr/politiques/0101148643-du-bruit-et-une-odeur-de-demagogie)) probablement afin de bien leur faire comprendre, avec une certaine morgue coloniale, qu’ils ne sont pas tout à fait des citoyens comme les autres. D’ailleurs il avait estimé que sans «la colonisation, ni Léon Bertrand ni Azouz Begag ne seraient ministres de la République française». Lionel Luca avait déjà remarqué que «ceux qui aux Antilles font toute sorte d’amalgames avec l’esclavage ne crachent pas sur le RMI des anciens colonisateurs !».

Nous retrouvons également sa trace sur le site du parti d’extrême-droite MNR, dans des initiatives communes avec Bruno Mégret, ou encore dans toutes les propositions de loi visant à réduire l’accession à la nationalité française. ((http://racismeordinaire.over-blog.com/article-1387524.html))

Thierry Mariani, le pourfendeur des immigré-e-s et de leurs enfants

Comme l’affirme la revue Pro-Choix  ((http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/mariani.html)) « Plus anti-immigrés qu’autre chose, ses multiples assauts contre le PaCS ont visé principalement l’ouverture du contrat aux étrangers. » Mariani craint par dessus tout la régularisation des sans-papiers : « on en est à se demander si vous n’attendez pas, pour réagir, que les intéressés puissent conclure un ‘PACS blanc’ afin d’obtenir leur régularisation » ((Assemblée nationale. 13 oct 1998, 1ère séance – Question sur les étrangers en situation irrégulière.)); « et je ne parle pas des conséquences du PaCS sur l’immigration. » ; « le PaCS sera en réalité la voiture-balai des régularisations de sans-papiers, et cela nous ne pouvons l’accepter ». Il a proposé une loi visant à supprimer toute possibilité d’acquérir la nationalité française aux étrangers coupables de crime ou de trafic de stupéfiants renforçant ainsi une justice donc à double vitesse qui condamne doublement les enfants d’immigrés. Des personnes socialisés en France qui ne pourront jamais devenir des citoyens. « Lors du premier tour de l’élection présidentielle 2002, il a recommandé à ses élus de soutenir Nicolas Miguet, ancien proche de Jean-Marie Le Pen, dans sa quête des 500 signatures ». Et plus récemment c’est lui l’auteur du fameux amendement ADN incluant des tests ADN pour les candidats au regroupement familial ((http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/La-loi-Hortefeux-est-passee-101637/)).

Jacques Myard, la fierté de la France réac

Jacques Myard  n’est pas un  novice dans la matière. Comme il s’en orgueillit lui-même il avait déjà proposé l’interdiction du voile intégral dans une proposition de loi prétendant viser « à lutter contre les atteintes à la dignité de la femme résultant de certaines pratiques religieuses » présentée à l’Assemblée Nationale le 23 septembre 2008.

Dans l’introduction le ton est donné puisque que la loi discriminatoire d’interdiction du voile islamique à l’école aurait permis « l’apaisement dans les écoles minées depuis des années par des polémiques prosélytes et idéologiques. » Mais de quelles polémiques prosélytes et idéologiques parle-t-il ? Nous aurions espéré qu’il s’agisse des multiples réformes visant à dépecer l’école publique…

Mais cette loi ne se limitait pas à une interdiction. Elle prévoyait une peine d’emprisonnement de 2 mois ferme et 15 000 euros d’amende pour toute personne n’ayant pas le « le visage découvert » ainsi que « l’incitation à violer ledit principe ». Sans compter qu’elle incluait une discrimination envers les étrangers qui se verraient en plus punir d’une expulsion du territoire natonal. Il suffit donc de soutenir les militants au visage masqué de « Génération Précaire » ((http://www.generation-precaire.org/spip.php?article186)) pour écoper de 2 mois d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Si en plus vous êtes étranger, c’est l’expulsion ! Et puis ceux qui défendront le droit pour les femmes de se couvrir ou non le visage selon leur souhait se verront également punir par la loi… Et le pire dans toute l’histoire, c’est que ce sont les femmes subissant le port du voile intégral qui se verraient sanctionné doublement ! Inciter à ne plus sortir de chez elles, à la moindre incartade, en plus de la répression patriarcal domestique elles devront affronter la répression policière d’Etat (raciste) ((http://www.rfi.fr/actufr/articles/064/article_35579.asp)).

A propos des grèves en Guadeloupe, il avait mis les pieds dans le plat des stéréotypes racistes concernant les noirs en affirmant: « Il faut être ferme, parce que je crois qu’il y a un petit coté aussi où en Guadeloupe, les grèves durent parce que ça permet de participer à un coté mani-festif » ((http://lmsi.net/spip.php?article868)).

Ce prétendu défenseur de la dignité humaine s’est également positionné contre l’application des droits de l’Homme pour les sans-papiers : « Notre justice se trompe lourdement lorsqu’elle fait prévaloir l’existence des droits fondamentaux de l’homme – dont le mariage – que personne ne peut nier, sur le devoir non moins fondamental d’être en situation régulière sur le territoire français pour exercer ces mêmes droits. »

Jacques Myard a expliqué l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour des présidentielles de 2002 non pas par une montée de la xénophobie, mais en premier lieu par une sanction des « 68ards attardés » ((« Le 1er tour des présidentielles est indubitablement une surprise, mais il n’est en rien l’effet du hasard. En premier lieu, il est une sanction sans appel des soixante-huitard attardés qui depuis 5 ans gèrent la France avec le succès que l’on connaît »)).. Sa volonté de chatouiller les relents xénophobes ne fait pas de secret puisque comme le FN, Jacques Myard signale et publie les nationalités des personnes dont il a, comme maire, accepté ou refusé le certificat d’hébergement. Il s’est également distingué pour avoir défendu un durcissement d’acquisition de la nationalité française « afin de lutter contre le terrorisme » ((Question au gouvernement publiée au JO le : 22/10/2001)).  Dans un interview au journal d’extrême droite Minute, il avait expliqué que l’immigration est la cause des tensions en banlieue : « Il faut répéter sans cesse que nous ne sommes pas à la fin de l’immigration mais que nous en sommes au tout début ! Sauf à être aveugle, inconscient, et à ne pas regarder la réalité du monde tel qu’elle est, il faut reprendre cette législation [Ndlr: sur les certificats d’accueil des étrangers] car il en va des tensions internes que nous allons connaître dans nos banlieues. » Il a également défendu un durcissement des conditions de séjour des étrangers au motif que « nous sommes en train de laisser venir sur notre territoire des populations qui importent leurs propres valeurs, qui ne sont pas toujours les nôtres, et surtout qui importent leurs conflits » ((Minute, 12 décembre 2001)).  Sa position suprématiste « De Souche » ne fait là aucun doute.

Le problème de la France avait-il affirmé était que les hommes politiques français «n’ont eu de cesse de dénigrer leur pays ». Nous comprenons donc que lorsqu’il dénigrent les femmes musulmanes, il ne pense pas dénigrer des citoyennes de son pays, puisqu’au fond ce ne sont pas des françaises « De Souche » n’est-ce pas ? Pour couronner le tout il avait affirmé que la reconnaissance des droits des minorités conduisait notamment au « mouvement terroriste corse » ainsi qu’au PACS, l’union des homosexuels et la charte des langues régionales ! ((2000-08-28 France Quo Vadis ?))

André Gérin, le barbare de la République

Si nous nous en tenons à la définition de Claude-Lévi Strauss sur le barbare (le barbare, c’est d’abord celui qui croit à la barbarie), alors André Gérin est probablement le barbare de la République. Pour André Gerin qui dirige la mission d’information une « crise de civilisation » guette la France, charriant « guerre civile » et « barbarie » ((20 minutes, 2 juillet)). Mais de quelle barbarie s’agit-il ? Entre qui se déroule cette guerre civile ? Qui menace la civilisation ?

Dans son livre Les Ghettos de la République, il donne des réponses à ces questions en reprennant à son compte le discours raciste de Chirac sur « le bruit et l’odeur »  : « Prenons le débat sur l’immigration. Droite et gauche ont agi de la même façon depuis trente ans en noyant le poisson ou en évitant de dire la réalité. On a refusé de reconnaître que des différences importantes existaient dans les modes de vie, les cultures et les traditions entre le monde musulman et la culture judéo-chrétienne. Tout le monde s’est tu. Après avoir évoqué dans un discours de 1991 les fameuses « odeurs », Jacques Chirac a dû pratiquement se renier et s’excuser d’avoir usé d’un tel terme. Cela lui a valu une campagne de dénigrement incroyable. Pourtant il n’avait dit que la vérité. Mais nous étions incapables de l’entendre. Moi-même j’ai dû dire à l’époque « il parle comme le Front national » » ((La Riposte (12/07/2009), La croisade de Gerin contre la burqa : une aubaine pour la droite)).

Sa défense du souchisme se fait encore plus explicite lorsqu’il affirme son patriotisme en expliquant que « l’identité de la France est fondamentale et elle a besoin d’un combat républicain gauche/droite ». Mais nous craignons que ce combat républicain ne soit, au regard des propos cités plus haut, qu’un combat en faveur d’une République souchiste. Son nationalisme est manifeste lorsqu’il affirme que « Nous sommes fiers d’être Français » en se basant sur l’idée d’une « égalité entre l’homme et la femme » acquise et non à porter comme projet d’une société encore à venir délégitimant les luttes féministes dans la « culture judéo-chrétienne » puisque déjà égalitaire, au profit d’un féminisme racialisé exclusif au « monde musulman » intrinsèquement patriarcal.

Pour lui en tout cas tout ça se déroule sous fond de « diatribe anti-occident, d’un racisme anti-blanc, anti-France. » ((Extrait de la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national et d’une lettre qu’il a adressé au premier ministre)). Ses propos dénoncent toute forme de contestation des problèmes que causent le nationalisme français,  le racisme et l’impérialisme Occidentaliste. Lutter contre le nationalisme et vous êtes anti-France. Lutter contre le racisme et vous êtes anti-blanc. Lutter contre l’impérialisme Occidentaliste et vous êtes anti-occident. Cette proposition de loi synthétisant les débats publics autour des musulmans en France enseigne à l’ensemble des citoyens, sous couvert de laïcité et de féminisme, la défense du nationalisme, du racisme et de l’impérialisme.

Lire la conclusion de l’article.

Mes signets du 08/06/2009 au 10/06/2009

Ma selection de liens du 08/06/2009 au 10/06/2009:

  • De l’intérêt particulier des sans-papiers à l’intérêt général de l’immigration – samizdat | biblioweb – Beaucoup d’immigrés ne se considèrent pas du tout comme des étrangers, mais bien comme des citoyens d’ici qui revendiquent l’immigration comme une identité positive. Ces immigrés-là ne sont dissolubles ni dans la politique des quotas qui pointe à l’horizon, ni dans « une grande loi de naturalisation ». Ils forment une communauté d’expérience qui, plus elle sera reconnue en tant que telle, mieux elle saura négocier sa place dans ce pays. L’obtention du plein droit au séjour des sans-papiers qui le désirent passe aussi par là.
  • Histoire et perspectives des mouvements issus de l’immigration – Librairie La Gryffe – La France, grand pays de la Révolution (la plus radicale des révolutions bourgeoises), inventrice des Droits de l’Homme, va très vite confondre tous les mouvements sociaux (et les droits qui en émergent) avec l’idée qu’elle est l’avant-garde du monde. C’est dès cette période que commence à se constituer un certain chauvinisme français, l’idée qu’il n’y a que le peuple français, la culture française, la langue française et la nation française qui sont progressistes.
  • L’occident et sa mythologie du progrès par Fethi GHARBI – Un projet de décolonisation des esprits et des peuples exige une universalité distincte de l’universel impérial eurocentré qu’il soit de droite ou de gauche. La pensé postmoderne, par exemple, même si elle est critique vis à vis de la modernité, elle n’en demeure pas moins prisonnière de la perspective eurocentrique et reste étrangèreaux préoccupations de la périphérie.
  • Les Dossiers de la Recherche, 2006, 401 : La science et les races – Dans son numéro d’octobre 2006, La Recherche revient, avec un dossier spécial de dix-huit pages composé de quatre articles, sur un thème récurrent de ce mensuel scientifique grand public1 : le concept de race et sa validité scientifique.

Notes de lecture de l’Occident Décroché de Jean-Loup Amselle

Amselle, Jean-Loup. – L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes

Amselle, Jean-Loup. – L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes

Je traînais dans la médiathèque de l’INT (Telecom SudParis maintenant…), cherchant un bouquin dans le style de Fanon, Foucault et compagnie… Et là je vois mis en avant, avec tous ses livres (pipo) sur le management, et des bouquins sur la dernière techno à la mode, ce livre de Jean-Loup Amselle, professeur à l’EHESS… Au départ dubitatif, je lis la 4ème de couv. Toujours pas convaincu, mais quand même la couv est bien jolie, je parcours quelques pages. Finalement, je me dis tiens celui là il a l’air d’être important, et je le prends… L’Occident décroché, Enquête sur les postcolonialismes.

Et en effet. Ce bouquin est le seul que j’ai jamais lu qui parlait de sujets tel que le postcolonialisme et la French School (postmodernes français : Foucault, Deleuze, Guattari etc.). En fait, j’avais pris connaissance du livre d’Edward Saïd :  L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident.  Et ce livre, l’Occident Décroché, était en train de me dire que ce livre, que je pensais unique en son genre, était l’initiateur d’un mouvement culturel et politique majeur. Un mouvement qui allait remettre en cause toute la prétention universaliste de la pensée Occidentale…

Comme ce n’est pas un livre qui développe une thèse, mais plutot commente des auteurs et des oeuvres, et leurs apports sur l’histoire des idées, alors je ne pense pas en faire une fiche de lecture classique. Je vais plutôt restituer dans cet article l’ensemble de mes notes.

J’ai essentiellement pris des notes concernant certains auteurs et leur pays respectif avec un court commentaire sur la théorie qu’ils développent d’après le point de vue de Jean-Loup Amselle .

P16. Edward Saïd est le premier nom cité qui m’interpelle. Il donne en bas de page une référence à l’interview de Saïd sur sa vie personnelle et en quoi elle a impacté son œuvre (MARS, n°4, 1994, p. 7-24) et une autre à son œuvre parlant d’hybridité et d’identité dans « A contre-voie » (Le Serpent à Plumes, 2002) dont le titre originelle est Out of Place. Un titre bien évocateur. Jean-Loup Amselle explique que Saïd s’est inspiré de Foucault pour développer ses idées que l’Orient était une idée de l’Occident, une essentialisation à des fins de domination.  Il entreprend par la suite une critique de Foucault, de son ethnocentrisme et de son relativisme. Pour ma part, je ne peux m’empêcher quand je lis Foucault, de voir à quel point son expérience en Tunisie l’a impacté. La culture en Tunisie est à la fois émancipatrice et oppressive, je ne dis pas qu’il existe une culture émancipatrice et une autre oppressive, non ! La même œuvre peut être les deux. Elle peut porter un message explicite progressiste tout en étant de façon latente aliénante. D’autre part, c’est une société où les instruments de la surveillance et de la punition n’ont pas besoin d’institution d’Etat explicite comme la police pour exister. J’ai l’intuition que cette expérience d’une société où les mécanismes de la surveillance, du savoir oppressif, de la punition étaient tellement apparent, qu’il a pu développer par la suite une analyse qu’il a ensuite appliqué au modèle français où ces formes d’oppressions étaient tout bonnement niés si ce n’est légitimer en tout cas dissimulées et tacites.

p22. Deleuze et Guattari, ceux qui ont servit de socle à la théorie postcoloniale, se sont eux mêmes basés sur un nomadisme largement fantasmé des sociétés pour concevoir l’idée de déterritorialisation…

p23. Les immigrés postcoloniaux sont condamnés au mimicry (Homi Bhabha) i.e. à s’intégrer par une parodie de la culture occidentale. Je dirais même un artefact, une forme complètement stéréotypée et fantasmée de l’identité occidentale vue comme étant supérieure.

p23. Jean-Loup Amselle fait la critique occidentale intégrationniste classique : « Mettre en avant l’hybridité actuelles des cultures du monde, c’est donc refuser toute possibilité de communication entre elles au cours de l’histoire ». Il pose sa position : à partir de là je prends conscience que l’auteur a un parti pris, et s’oppose frontalement à ces auteurs postcoloniaux qu’il entends faire découvrir. Je me demande alors pourquoi il en parle ? Je comprends plus tard, avec le chapitre sur le décrochage juif, qu’il est déchiré, entre cette identité juive qui l’oppose à l’idée d’assimilation et son vécu celui d’un occidental fervent. Les postmodernes de la French School sont Lyotard, Derrida, Baudrillard, Foucault, Deleuze et Guattari. La liste est dressée, comme le menu que le livre s’apprête à servir.

p27. Hannah Arendt est pour Amselle la première auteure du postcolonialisme. En celà, à mon sens, il n’a pas tort. Cependant il contribue à la création d’une idéologie faisant croire à une critique de l’Occident en son propre sein sans contacts avec l’extérieur : la déconstruction de l’Occident est l’oeuvre de l’Occident.  Et il fait remonter cette critique à celle de la révolution française par Edmund Burke. Ne pas mentionner la judéité d’Hannah Arendt me semble là faire partie du problème. Elle était autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Occident… Et suite au génocide des juifs en Europe durant la seconde guerre mondiale, je comprends qu’elle ne se sente pas très occidentale…

p28. Fanon Damnés de la Terre, à lire… J’avais lu : Peaux noirs, masques blancs. Mais on m’a dit que les Damnés de la Terre était plus sympa à lire. Le salut de l’humanité ne vient que de l’émancipation des damnés de la Terre. C’est ainsi qu’Amselle décrit la thèse de Fanon. Je ne comprends pas bien en quoi il n’est pas d’accord. Sûrement qu’il trouve ça trop réducteur et trop limité aux « miséreux » ?

p29. Première mention du subalternisme indien, notion essentielle de ce livre. Il le fait remonter à Gramsci, Foucault et E. P. Thomson. Ce dernier auteur je ne le connaissais pas.  Je me demande pourquoi il spécifie indien. Aurait-il dit français pour parler des lumières ? Maintenant que je m’intéresse à ce champs théorique, je trouve que le subalternisme est une théorie s’appliquant à toutes les sociétés colonisés ou sous hégémonie Occidentale où les marxistes se refusaient à voir l’aliénation qu’ils subissaient.

p32. « Cette manifestation artistique et intellectuelle conteste ainsi la prétention de l’Europe à l’universalisme, sa volonté d’essentialiser l’évènement de la démocratie et des droits de l’homme en en faisant un récit mythique et sans tenir compte, entre contrepartie, de la violence subie par les peuples colonisés. »Génial ! Mais quels sont les oeuvres de cette manifestation artistique ? Parce que là je ne vois de l’intellectuel…

p43. L’abbé Grégoire est responsable de l’assimilation forcée des juifs de France et de leur transformation en Français « civilisé ». Donc l’assimilation à la française viendrait de l’assimilation des juifs. Mais n’est-ce pas ce qui arrive actuellement avec la transformation des maghrébins de France en français musulmans ? Cette assimilation des juifs n’a pas empêché un fort antisémitisme, je dirais même a été encouragé par ce fort antisémitisme… De la même façon, aujourd’hui, le racisme structurel pousse à cette transformation, et à cette assimilation, au contraire de ce qu’on pourrait penser. La transformation du racisme anti-maghrébin, c’est-à-dire une xénophobie et un mépris colonial, se mue en suspicion ethnico-religieuse. Je pourrais m’étendre longuement sur le sujet, mais le simple fait que les jeunes « beurs » préfèrent comme femme et mari des français blancs convertis à l’Islam est à mon sens significatif de cette assimilation.

p54. Jean-Loup Amselle se sentant français de papier a plus facilement eu de la sympathie pour les autres opprimés. Il se dit « subalterne avant la lettre », ça marque à mon sens une légère incompréhension des propos de Spivak. Après avoir lu quelques de ces textes, le terme subalterne n’est en fait qu’un autre mot pour prolétaire dans une certaine position. Se dire subalterne n’a pas réellement de sens, c’est se dire priver de parole. Or Amselle parle, il parle et se fait entendre. A moins qu’il ait été réellement priver d’écoute lorsqu’il était jeune.

p55. Ilan Halevi, en réalité Alain Albert, était un juif d’un teint plutôt foncé. Il s’est identifié aux noirs américains, comme l’ensemble de son petit groupe d’amis qui avait le point commun d’être juif, dont l’auteur faisait partie. Aux USA, il s’est donc fait passer pour un noir américain avec succès et en a écrit un livre « La Tâche« . Ensuite il a émigré en Israël où il a lutté contre le racisme des ashkénaze envers les séfarades. Il mentionne le fait que les noirs américains à peau claire s’assimilent aux blancs. C’est intéressant de mentionner que l’assimilation soit conditionné à la couleur de peau. On peut réfléchir aux autres critères permettant de sortir de son identité pour épouser la normalité. Ne pas être un croyant de la religion de son identité assignée, être plus clair de peau que l’identité assignée, avoir un meilleur niveau d’éducation, avoir un comportement social différent, ne pas porter un prénom de cette identité ou qui soit ambigu etc. permettent cette assimilation. Dans ce châpitre, Jean-Loup Amselle aborde le décrochage juif d’Occident sans pour autant le rendre vivant aux lecteurs. C’est bien dommage… Et de fait, vu le peu d’impact réel qu’il fait ressortir de son œuvre du décrochage juif, il ne convainc pas avec la prévalence d’une critique interne.

p66. Le CODESRIA a été fondé en 1973 par Samir Amin, penseur marxiste anti-impérialiste franco-égyptien, pour contrer la supérmatie de la recherche Occidentale. Son analyse est que la recherche sur la domination de l’Occident sur l’Afrique doit venir de l’Afrique elle-même.

A la page 78, la réflexion en cours d’Amselle m’a fait émerger une idée, un peu brouillone, que la philosophie politique en Occident se base sur des hypothèses d’homogénéité, que l’individu et l’identité c’est la même chose, et que groupe et classe sont la même chose. En bref, qu’un individu a une identité, que l’identité crée le groupe, et qu’une classe est nécessairement un groupe d’individus-identités. Or à mon sens, c’est non pas par rapport à soi qu’on crée son identité mais face à l’autre. Face à mon voisin, je m’allie avec mon cousin, face à mon cousin je m’allie avec mon frère… Le Nous change en fonction de qui n’est pas dans le Nous. Au fond c’est face à une différence de situation, que je vais identifier des différences d’identité (c’est une tautologie), et former mon identité propre. Il n’y a pas de naturalité d’identité. Et en ce sens il n’y a pas de récit universel qui ne se définisse par rapport à des Autres qui n’en seraient pas. L’universalité ne se définit non pas en niant les différences des Autres, mais en prenant comme base de tout un sujet qui s’est construit en excluant et en niant cette exclusion. Le groupe crée l’individu qui s’y reconnait membre en construisant l’identité. Or la classe est objective, ce sont ceux qui ont intérêt naturaliser, légitimer, cette identité comme étant la normalité pour profiter de la suprématie dans le groupe qu’elle confère. C’est, à mon sens, cette dynamique appelée racisme, qui permet de faire prendre conscience de l’identité, et donc faire émerger l’intérêt pour certains de la classe à l’intérieur même de ce groupe.

p.78. La recherche dépends d’une modernité qui a tendance à être aveugle aux marques prémoderne. L’objectif mené par certains indigénistes tell que Joutondjii est de conserver les marques en établissant des distinctions claires entre le rationnalisable et le subjectif. Ce à quoi je réponds que l’analyse même des marques vernaculaires sont biaisés par la conception de ce qui est rationnel et de ce qui est subjectif. A mon sens, ce n’est pas dans la méthode qu’on peut conserver ses savoirs vernaculaires, mais dans le temps qu’on leur accorde et la place dans l’actualité du vécu qu’on leur concède.

P103. Ayesha M. Iman, Amina Mama et Fatou Sow ont écrit Sexe, Genre et Société. Engendrer les sciences sociales africaines. Qui a été publié en 1997 en anglais et en 2004 en français. C’est à mon sens crucial comme œuvre d’autant que le mouvement féministe s’intéressant aux genres est celui qui dès l’origine a déconstruit la racialisation des personnes par et en Occident. C’est une critique avant tout interne, au sein d’un espace culturel, mais également au chemin de deux alterités fondamentales : celle du sexe, et donc la question du sexisme et du patriarcat, et celle de la race, et donc du racisme et de l’hégémonie blanche.

Le féminisme du genre dès l’origine s’oppose à l’idée d’une domination dont l’abolition ferait s’effondrer les autres en cascade… Il permet donc d’accepter la réalité d’une hégémonie de l’Occident tout en ne reléguant pas au second plan les luttes internes à leur propre espace culturel.

P117. Le SEPHIS et le CODESRIA ont organisé des tournées de conférences entre intellectuels du Sud. Livio Sansone est un universitaire brésilien ayant donné des conférences au Bénin, Sénégal et en Afrique du Sud. Et l’indien subalterniste Partha Chatterjee a voyagé en Afrique en 1996. Le passage par la case Occident est ici rompu. Mais je me demande si ce n’est pas plutôt le signe que la norme reste le passage par le référentiel Occident, même lors de la recherche de pensée alternatives à celle imposée par l’Occident. Il me semble même que l’Occident impose plus facilement sa pensée dominante à l’extérieur de ses frontières qu’en son sein. Les critiques dites internes, ou importées de périphéries, sont quasiment invisible aux autres périphéries…

P121. Christobal Gnecco, un archéologue colombien, défends l’idée d’une archéologie démocratique et locale, c’est-à-dire une archéologie réalisée par des spécialistes mais au service des communautés locales détentrices légitimes de leur histoire. En ce sens Amselle, tends à dire qu’il légitime totalement l’exploitation de l’histoire à des fins politiques.

P126. Ibrahima Thiaw, un archéologue sénégalais, est cité comme le pourfendeur de l’archéologie coloniale française qui niait une relation entre les populations locales actuelles et celles que les archéologues étudiaient, ainsi qu’une trop grande focalisation sur les parties les plus accessibles du Sénégal. Je connais cet auteur par ailleurs par sa formidable dénonciation de l’économie de l’esclavage en Afrique même et comment elle a fondamentalement modifié la réalité africaine dans un sens de dépendance à cette économie d’exportation et d’exploitation des hommes à des fins de consumérisme bling-bling…

P134. Ranajit Guha est l’auteur du manifeste du mouvement des Subaltern Studies née en Inde et se basant sur Gramsci ainsi qu’en s’inspirant des travaux de Saïd. Les Subaltern Studies ont utilisé la critique littéraire (lit-crit) pour déconstruire l’analyse occidentale de l’Orient.

P139. Partha Chartterjee, subalterniste indien, est une nouvelle fois cité. Il emprunte en effet le concept de « révolution passive du capital » d’Antonio Gramsci pour décrire une situation où la bourgeoisie trop faible pour établir son hégémonie s’allie avec les anciennes classes dominantes en les transformant en de nouveaux partenaires compatibles avec l’ère capitaliste.

P142. Chatterjee entends culturaliser l’Europe et continentaliser la pensée, c’est-à-dire affirmer que l’Europe aussi a sa culture et qu’elle n’est pas en soi la normalité et l’universel, toute pensée a une naissance dans un contexte donné y compris la pensée universelle.

P143-144. Enfin Jean-Loup Amselle parle de Gayatri Spivak ! L’auteure principale des Subaltern Studies avec son magistral « Can the Subaltern Speak ? ». Il explique qu’elle a traduit « De la grammatologie » de Derrida, ce qui apparamment a fait à la fois sa réputation et son intérêt pour la littérature critique. Elle reproche dans son essai, à Deleuze et à Foucault, de ne s’intéresser qu’aux  opprimés du « premier monde », ceux qui ont la possibilité de s’exprimer. Elle oppose à ces 2 théoriciens, Derrida, et sa théorie de la différance. Il faudrait vraiment que je lise cet essai mais je ne trouve rien en français sur les Subaltern Studies. A croire qu’une censure académique pèse lourd sur les études postcoloniales…

P146. Amselle présente l’idée de Spivak d’essentialisme stratégique c’est-à-dire « l’utilisation stratégique d’un essentialisme positif lorqu’il sert des objectifs politiques clairement définis » et je rajouterais dans un but d’abolition d’une domination. Exemple : dire l’Occident sans faire la distinction entre les représentants des Etats, les peuples et l’opposition éventuelle à l’impérialisme occidentale. De l’autre côté il est nécessaire pour les groupes dominés d’affirmer leur spécificité radicale, c’est-à-dire la différance qui fait d’eux des opprimés.

C’est le retournement de stigmate, comment retourner par exemple le terme de nègre. Ici, Amselle cite Kateb Yacine, et le concept de « butin de guerre », pour désigner ce retournement du stigmate sans que l’on évoque ce nom ni plus haut ni plus bas…

A mon sens le concept de retournement de stigmate est essentiel, il permet sans passer dans la sphère culturelle du dominant, de mobiliser, de lutter et de l’emporter. Certains vont jusqu’à affirmer : ne vous déclarez pas noirs, arabes etc. mais simplement opprimés ou prolétaires, il ne faut pas se diviser face à l’ennemi ! Mais comment avoir ce discours quand l’union signifie la relégation d’une domination au second plan par rapport à celle jugée primaire ? Comment accepter cette unité, quand au sein de l’unité la lutte est biaisée par la domination subie, qu’elle soit raciale ou de genre ? Comment mobiliser au sein de son groupe, et constituer une conscience de classe, lorsque le stigmate identitaire n’est pas reconnu comme tel ? Car c’est sur la base de cette identité que l’oppression se fait, et c’est par cette identité que l’émancipation peut se faire…

P150. Chakrabarty explique dans Provincializing Europe qu’il faut remettre en question la prétention de l’Europe à gouverner le monde au nom de la raison universelle et la réduire à une aire culturelle quelconque (provincialiser). Amselle y voit une menace à la communication entre les cultures. Alors même qu’on ne parle pas des cultures, mais d’une culture en particulier : l’Europe. Et moi de relever, qu’il ne s’agit pas de couper la communication comme il l’exprime pour la seconde fois… Cette peur de voir la communication se couper, entre l’Occident et les Autres, me fait penser à un enfant bavard, choyé et gâté qui verrait la naissance de sa petite sœur, au départ avec bienveillance mais avec un manque de considération certain, et puis quand celle-ci commenceraient à parler il se moquerait d’elles de ses balbutiements, et lorsque celle-ci finira par oser parler à ses parents pour quelque fois se plaindre même de son frère (car au fond elle savait parler mais son grand frère la martyrisait tellement qu’ele n’osait pas) il ira se plaindre auprès de sa mère que sa petite sœur en devenant aussi bavarde coupera toute communication dans la famille…

P153. Ashis Nandy est un subalterniste indien, qui a critiqué la vision marxiste et hégélienne de l’Histoire comme linéaire et dans laquelle toutes les autres cultures ne sont que des formes primitives au fond de la civilisation moderne Occidentale…

P156. Amselle prends en exemple un penseur indien marxiste orthodoxe : Sumit Sarkar, qui s’insurge contre le culturalisme des subalternistes. Sarkar va même jusqu’à laisser entendre que c’est le Subalternisme qui a permit de fonder le fondamentalisme hindou et musulman. Chakrabarty a répondu à cette critique, et y a consacré un livre, ainsi que plusieurs articles dont que j’ai lu. Mais j’aimerais apporter mon propre commentaire. Il s’agit d’une analyse culturaliste, où un mouvement d’idée fonderait un mouvement politique rien que par l’entêtement de ses membres dans leur diatribe anti-occidentale. Or dans les Subaltern Studies, le dominant n’est pas seulement l’Occident, c’est également les élites locales qui vont copier les schemes occidentaux et les prendre à leur compte. En ce sens le nationalisme hindou est une aliénation issue du nationalisme européen. D’ailleurs le RSS (parti nationaliste fasciste hindou) voit dans l’hitlerisme un modèle… Et on pourrait faire une analyse similaire du fondamentalisme musulman (en réalité islamisme politique), car la définition de l’identité par la religion apparaît lorsque l’individu musulman devient un identité, un groupe, une classe, pour et par les autorités coloniales. L’essentialisme stratégique décrié par Amselle, n’est pas à mon sens l’affirmation d’un clivage religieux plus important que tous les autres…

P160. Meera Nanda en appelle à des Lumières indiennes. Au sens non pas du mouvement d’émancipation intellectuelle mais celui d’une réplication des idées des Lumières partir de penseur locaux. Le penseur en question mobilisé est Ambedkar, un « intouchable » s’appuyant sur le bouddhisme, et notamment son interprétation matérialiste, en l’alliant avec le positivisme de Dewey. Cette idée, se base essentiellement sur le combat contre les idées postmodernes considérées comme des pseudo-sciences au même titre que l’astrologie. En Occident, cette idée rencontre un écho certain, notamment auprès d’Alan Sokal. J’ai moi-même constaté une forte réticence au post-modernisme chez ceux à la fois qui reprenait la critique Nouveaux Philosophes qualifiant ces idées d’amphigouries (du barratin quoi), et ceux qui s’estiment être des marxistes orthodoxes. Or concevoir la classe comme une classe sociologique repose à mon sens sur une erreur de compréhension monumentale ou alors à un biais culturel. Au fond, en Europe jusqu’à peu c’était le cas, la classe sociologique correspondait à peu de chose près à la classe politique. En France, comment pouvait-on faire comprendre que la conscience de classe est à créer lorsque le PCF quadrille toutes les usines et lieux d’habitiation des ouvriers ? Il est plus que temps pour certain de se rendre compte de la fin d’une ère…

p161.  Ce que j’ai apprécié chez Amselle, dans ce biais français tout à fait délicieux pour une fois, c’est son intérêt pour l’Amérique latine. La théorie du « colonialisme interne » élaborée dans les années 60 par Rodolfo Stavenhagen et Pablo Gonzàlez Casanova explique d’un point de vue coloniale la domination des élites « métisses » et « créroles » sur les populations amérindiennes. C’est un propos subalterniste comme le revèle bien Amselle qui cite Silvia Rivera Cusicanqui qui reprendra ce travail. C’est à mon sens une réflexion cruciale pour penser la continuité de l’oppression malgré les indépendances. Le mépris des populations locales et le sentiment d’appartenance à la civilisation, forcément Occidentale, sont à comprendre dans ce sens.

p184. Voilà que surgit de nulle part Abdelkébir Khatibi dont je n’avais jamais entendu parler. A peine le temps de googler son nom que voilà que je découvre qu’il est décédé le 16 mars 2009. Encore une preuve du postcolonialisme ambiant. Comment un penseur de cette envergure a pu être oublié ? Alors mêmes qu’il était contemporain de Derrida, Deleuze et Foucault… Jacques Derrida écrit à son propos : « Comme beaucoup d’autres, je tiens Abdelkébir Khatibi pour un des très grands écrivains, poètes et penseurs de langue française de notre temps […] Je tiens à souligner que cette œuvre, largement reconnue dans le monde francophone et arabophone, est à la fois une immense invention poétique et une puissante réflexion théorique qui, entre tant d’autres thèmes, s’attache à la problématique du bilinguisme ou du biculturalisme. Ce que Khatibi fait de la langue française, ce qu’il lui donne en y imprimant sa marque, est inséparable de ce qu’il analyse de cette situation, dans ses dimensions linguistiques, certes, mais aussi culturelles, religieuses, anthropologiques, politiques. »

p186-187. Amselle explique ici comment le subalternisme indien a bourgonné sur le continent américain par le biais du SEPHIS. Le SEPHIS est une organisation fondée par les Pays-Bas afin d’encourager les échanges Sud-Sud dans les études historiques. Lorsque des voyages ont été organisés dans les deux sens entre l’historien subalterniste indien Shahid Amin et des chercheurs-euses sud-américain-e-s. Apparamment ici un livre est clef : Debates Post Coloniales: una introducción a los estudios de la Subalternidad, une anthologie des textes de Ranajit Guha, Gyanendra Pandey, Shahid Amin, Dipesh Chakrabarty, Partha Chatterjee, Gayatri Chakravorty Spivak, Veena Das et Gyan Prakash. Il a été réalisé par les chercheuses Rivera Cusicanqui et Rossana Barraga.

p188. La pensée du « fragment » et le concept de « globalisation fragmentée » promue par Gyanendra Panday, Partha Chatterjee et le sous-commandant Marcos permet de mieux comprendre l’ethnicité, l’héritage colonial et le colonialisme interne ce que le marxisme orthodoxe considère comme relevant du passé révolu…

p200. Encore une référence « Empire » de Hardt et Négri semble aborder l’ère des « multitudes » comme la résurgence des petites patries transcendant les frontières entre les différentants Etats et le monde.

p206. Gramsci, Gramsci, Gramsci. Pour moi c’est le fondateur des études postcoloniales. Celui qui a réfléchi sur les potentialités révolutionnaire du folklore et de ce que Marx considérait comme étant les fossiles de l’Histoire.

p210. Amselle fait ici une comparaison très intéressant entre la vision de l’intellectuel par Gramsci et celle de Boukharine et de Lénine. Pour Gramsci, le rôle de l’intellectuel est de transformer les sentiments incohérents et fragmentaires de ceux qui se trouvent dans une position de classe dominée en un rapport cohérent et raisonnée du monde tel qu’ils le perçoivent à partir de cette position. Alors que Boukharine pensait que les intellectuels doivent lutter contre la bourgeoisie et la religion tandis que pour Lénine ils devaient apporter la lumière de l’extérieur à la classe ouvrière. On voit bien ici que la position de Gramsci est foncièrement matérialiste et dialectique comparé à celles de Lénine et Boukharine. Ces derniers ont une vision idéaliste où l’intellectuel combat des idées ou implémente des idées qui semblent flotter dans l’air et ne pas avoir de lieu de production ni de classe de production. Il est donc assez comique aujourd’hui que ce soient les idéalistes qui soient qualifiés de marxistes orthodoxes…

p215. Dans le texte « Gramsci’s Relevance for the Study of Race and Ethnicity » le magistral brittanique Stuart Hall explique en 1986 comment le théoriciel sud-italien peut apporter aux études postcoloniale et subalterne dans l’analyse de la culture. Culture ce mot si magique qui fait frétiller les gens de gauche comme de droite. Un terme dont je commence à apprendre à me méfier…

p218. Cultural Studies. L’expression est lâchée. Il était temps. Car il s’agit d’un courant de réflexion ignorée en France trop longtemps sous des prétextes divers. Encore aujourd’hui le postcolonialisme, les études de genres etc. sont mal vues en France car remettant un peu trop en question la Culture à mon sens, la Culture dans tout ce qu’elle porterait soit-disant d’Universelle…

p219. « Hegemony and Socialist Strategy » de Laclau et Mouffe, entreprends d’allier les théories postmodernes et la pensée de Gramsci. Encore un livre à lire !

p248. Achille Mbembe va jusqu’à parler de « palestinisation » des banlieues dans un texte intitulé « La République et sa bête » en décrivant le traitement colonial des banlieues par le gouvernement. La bête de la République serait ainsi la non-reconnaissance de la race. Mamadou Diouf a publié « Les études postcoloniales à l’épreuve des traditions intellectuelles et des banlieues français« , un texte qui peut se révéler crucial dans la compréhension des blocages traditionnelles français à l’égard des études postcoloniales.

p253. Amselle revient sur l’appel contre les « ratonnades anti-blancs ». Ça me rappelle le tout récent film « La Journée de la Jupe » et la vidéo qui tourne sur Internet d’une agression suggérant qu’elle soit raciste anti-blanc. Ca a début en 1998 pour s’installer en 2995 avec cet appel publié dans le Monde du 23 mars 2005. Depuis la blanchitude est révérée comme une valeur si ce n’est comme ce qui définit l’univeralisme et la République.

p255.Amselle fait une analyse intéressant de Dieudonné, de comment il a viré au racisme (antisémitisme) sur la base de la concurrence victimaire entre Juifs et Noirs. Et comment il a trouvé en Le Pen, quelqu’un reconnaissant la réalité actuelle de la race et son importance sociale. Ce que le paternalisme anti-raciste de SOS Racisme tends à nier, et en rendant la question noire invisible. Cependant bien que je partage volontier cette explication, je trouve malencontreux l’emploi par Amselle du mot « victimaire ».

Finalement, c’est assez bon livre, qui a l’intérêt d’aborder le décrochage de l’Occident sur plusieurs aspects. Notamment la critique que je pourrais qualifier d’identitaire juive dans laquelle Jean-Loup Amselle nous fait part de son vécu personnel. Je trouve cependant dommage que la fin soit plutôt une suite de chroniques personnelles pro-républicainnes sans la force de la description des idées et des faits du reste du livre. Au moins la critique de Jean-Loup Amselle est celle d’un homme qui a pris soin de s’intéresser à son sujet.

Autres notes de lectures, plus illustres :

Contagion du virus palestinien

Depuis le début de l’attaque militaire israëlienne dans la bande de Ghaza, la minorité arabe de France est clairement suspecte. C’est sur on attends son coup de poignard dans le dos, ou plutot dans la kippa. C’est bien connu les musulmans euhh les beurs euhh les arabes euhh les palestiniens n’aiment pas les juifs ! Ou l’inverse !

En tout cas le mot d’ordre a été donné par Mme Fadela Amara, ministre de la Ville, « certains » veulent du mal aux juifs… Mais qui sont ces certains ? En tout cas ce qui est certain, c’est que les musulmans de banlieue, (ou plutôt la banlieue des musulmans ?), sont des certains potentiels. Et certainement, que le conflit Israëlo-Palestinien, n’est pas la question de tous les français, mais seulement de certains, ceux qui sont plus Mohamed ou David que Philippe ou Pierre[1]… Certains ressentent de l’émotion, mais Mme Amaraen appelle à la raison : comprenez au cynisme. D’ailleurs c’est bien pour ça que c’est elle qu’on interviewe.

En effet, ça ne mérite pas le déplacement de M. Kouchner, ministre des affaires étrangères, vu que c’est un problème interne… Si si, je vous assure, depuis qu’une entreprise appellée Communautarisme Inc. a importé le conflit Israelo-Palestinien en France, les arabes ont été contaminé par la haine anti juive tandis que les juifs sont pris d’un amour irraisonnée pour Israël. Les arabes sont bien sûr les habitants des quartiers populaires dont Mme Amara est chargée. Et c’est donc à elle que revient cette tâche de décontamination, de nettoyage (au kärcher ?) de ces « certains »…

Mais cette fausse neutralité des médias, de la classe politique, de l’Etat français, est bien vite démentie lorsque l’on ne voit invité à des plateaux télé que rabbins sommés de représenter Israel et islamologues modérément supportant modérément les palestiniens. Lorsque les représentants des partis politiques se taisent sur le sujet, et lorsque Mme Amara invite des associations des quartiers populaires et une association juive pour signer un manifeste en faveur de la paix. On croirait que Gaza est une banlieue française et que Sderot est le centre-ville bourgeois d’à côté qui se plait de l’insécurité permanente de ses bruyants voisins…

Soyons sérieux, le conflit Israëlo-Palestinien mérite une vraie politique, des actes forts en faveur d’une paix juste et durable et du respects des droits humains, et non pas une mascarade visant à déplacer le problème sur une partie de la population française. Rappelons que la France a participé à la création de l’Etat d’Israël, l’équipe en centrale nucléaire qui lui ont servit à s’armer, est partenaire économique privilégié par l’UE, finance par le biais de l’UE des hopitaux et écoles palestiniennes, et donc s’est elle-même exportée dans le conflit et non l’inverse !

Tandis que les représentants de l’O.N.U sont choqués par la situation à Ghaza, en France, on se regarde le nombril et on fait tout pour regarder ce qui se passe. On préfère comme d’habitude monter les uns contre les autres… Et que l’on s’étonne pas si à la prochaine attaque israëlienne, des français juifs et arabes soient victimes d’actes racistes de ces fameux certains. A force de présenter le conflit Israëlo-Palestinien comme une problématique exclusivement entre juifs et arabes, on a finit par en persuader les populations…

Les actes racistes anti-juives contre des synagogues survenu ces dernières semaines doivent être considérés comme un problème raciste et non plus comme une question sociale liée aux quartiers populaires. N’oublions pas que le colonel Dreyfus, français juif, a subi une campagne de diffamation violente se basant sur un fond raciste anti-juif profondément ancré en France, à une époque où ni l’Etat d’Israël, ni l’immigration maghrébine n’existaient.

[1] 2 parmi les plus grands antisémites mondiaux sont des « patriotes » français « de souche » et ont livré à la gestapo, plusieurs milliers de citoyens français de confession juive, tziganes, ou simples dissidents politiques. Il s’agit de M. Pierre Laval et du Maréchal Philippe Pétain !

Pour aller plus loin :

links for 2008-06-25