Le travailleur libre vaincra ! (Non, pas toi…)

septembre 9, 2011 · Posted in Citations, Pensées · Comment 
L'ouvrier blanc est libre ! Pas le noir déporté esclavagisé, pas le musulman colonisé...

Le travailleur blanc libre vaincra ! Pas le Noir déporté esclavagisé, pas le Musulman colonisé...

«le prolétariat anglais s’embourgeoise de plus en plus et que cette nation, la plus bourgeoise de toutes, veut donc apparemment, en venir à posséder une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois à côté de la bourgeoisie. Il va sans dire que pour une nation qui exploite le monde entier c’est assez normal. Seules quelques années très mauvaises pourraient y remédier, mais il ne faut pas trop compter dessus»

Lettre à K. Marx, F. Engels, 7 octobre 1858, Manchester

« Précisément dans le parasitisme et la putréfaction qui caractérisent le stade historique suprême du capitalisme, c’est-à-dire l’impérialisme. Comme il est montré dans ce livre, le capitalisme a assuré une situation privilégiée à une poignée (moins d’un dixième de la population du globe ou, en comptant de la façon la plus « large » et la plus exagérée, moins d’un cinquième) d’Etats particulièrement riches et puissants, qui pillent le monde entier par une simple « tonte des coupons ». L’exportation des capitaux procure un revenu annuel de 8 à 10 milliards de francs, d’après les prix et les statistiques bourgeoises d’avant-guerre. Aujourd’hui beaucoup plus, évidemment.
On conçoit que ce gigantesque surprofit (car il est obtenu en sus du profit que les capitalistes extorquent aux ouvriers de « leur » pays) permette de corrompre les chefs ouvriers et la couche supérieure de l’aristocratie ouvrière. Et les capitalistes des pays « avancés » la corrompent effectivement : ils la corrompent par mille moyens, directs et indirects, ouverts et camouflés.
Cette couche d’ouvriers embourgeoisés ou de l’ »aristocratie ouvrière », entièrement petits-bourgeois par leur mode de vie, par leurs salaires, par toute leur conception du monde, est le principal soutien de la IIe Internationale, et, de nos jours, le principal soutien social (pas militaire) de la bourgeoisie.»

N. Lénine, 6 juillet 1920

Soutien au peuple martyr frère d’Haïti

février 4, 2010 · Posted in Pensées, Textes · Comment 

Haïti, première colonie française ayant fait la fortune de la République et de ses esclavagistes, première colonie ayant obtenue en 1804 son indépendance par une révolution anti-coloniale et anti-esclavagiste, connait depuis quelque jour un drame terrible. Frappé par un séisme, le pays est en pièces et son peuple plus bas qu’à genou.

Les médias annoncent plusieurs centaines de milliers de morts dans un pays de moins de 10 millions d’habitants, nous innondent d’images et de vidéos, d’adjectifs, de superlatifs, sans lésiner sur le registre de l’affect, sans que nous percevions dans leur discours rôdés de professionnels l’expression d’une émotion sincère. Pour nous, ce ne sont pas simplement des personnes à l’autre bout du monde que nous voyons mourir, souffrir, tenter de survivre au milieu du chaos. C’est un peuple frère Noir du Sud issu simultanément de l’oppression et de la résistance à l’esclavage, la colonisation et l’impérialisme. Notre fraternité prends racine dans nos âmes d’indigènes soupirant à l’unisson à l’évocation de la catastrophe, la Naqba, frappant les haitiens en plein cœur. Les mots qui sortent de nos bouches, les phrases issues de nos plumes, sont bien en deça des sentiments émanant de nos cœurs. Aimé Césaire disait : « L’Occident pardonnera-t-il un jour aux descendants de Toussaint Louverture ? Nous qui avons choisi une lutte de substitution à l’intérieur du monde colonial, nous devons à notre tour aider les Haïtiens. Jamais nous ne compenserons tout à fait ce que nous devons au nègre fondateur. Le nègre fondateur, c’est la Révolution de Saint-Domingue, c’est Toussaint Louverture. » Le peuple-frère haïtien est le peuple esclave-indigène fondateur s’il en est. Fondateur car prototype de la situation des peuples oppressés du système-monde. Fondateur par sa lutte victorieuse exemplaire. Le peuple-frère haïtien est le peuple esclave-indigène fondateur s’il en est, par sa situation matrice de celle du système-monde actuel, et sa lutte victorieuse exemplaire. Exemplarité que l’Occident lui a fait chèrement payée à de nombreuses moments de son histoire notamment par de multiples invasions, coups d’Etat, tyrannies et rançons 1. Prototype que l’Occident s’est attaché à reproduire là où son avidité pour les ressources naturelles le conduisait2.

Nous rejetons, avec résolution, le cynisme de ceux qui y voient une malédiction, un fléau punissant l’insolente soif de liberté d’un peuple indigène. Ceux là sont des sinistres blasphémateurs lorsqu’ils invoquent Dieu. Le seul dieu d’un tel fléau n’est autre que celui de la suprématie Occidentale. Ceux là sont des sinistres personnages blasphémateurs lorsqu’ils invoquent Dieu, le seul dieu d’un tel fléau n’est autre que celui de la suprématie Occidentale. La misère d’Haïti est sans aucun doute le facteur principal de ce drame, dont le séisme est le coup de grace. Mais cette pauvreté ne doit pas servir d’excuse pour nous défausser de nos responsabilités. Il faut condamner les propos imputant ce désastre à l’incurie présumée des haïtiens eux-mêmes. Si le déclencheur conjoncturel de ce ce drame est un phénomène naturel, sa cause stucturelle en est la folie des maîtres de ce monde. En effet, comme le dit le président, Fidel Castro, de Cuba toute proche : « Les Haïtiens ne sont pas coupables de leur pauvreté actuelle : ils sont les victimes du système imposé au monde. Ils n’ont pas inventé le colonialisme, le capitalisme, l’impérialisme, l’échange inégal, le néolibéralisme, ni les formes d’exploitation et de pillage qui sévissent sur la planète depuis deux cents ans. »

Lorsque le sordide ministre Besson, se croyant charitable, annonce qu’il suspends les expulsions vers Haïti, nous devons lui retorquer avec fermeté que c’est le devoir de toutes les Nations occidentales d’accueillir sur leurs sols les victimes de ce drame. Comme c’est leur devoir également de panser les plaies de ce pays meurtri et de lui rendre son indépendance en lui fournissant tous les moyens matériels nécessaires de son autonomie, et ce quelqu’en soit le coût, ainsi qu’en cessant l’occupation néo-coloniale de ce pays sous couvert d’ONU. Sans quoi, il n’est pas de doute, qu’une fois le bal évènementiel de l’aide international passé, les mêmes causes ayant les mêmes effets, la situation pourrait se répéter au moindre soubresaut de notre planète.

Allah yester w yahfad.

Article publié initialement sur le site des Indigènes de la République le 17 janvier 2010.

  1. En 1825, Boyer obtint la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France, mais celle-ci exigea en contrepartie le paiement d’une énorme indemnité aux planteurs dépossédés. Pour payer cette indemnité, Haïti dut emprunter à la France, à un taux usuraire, l’argent nécessaire ; Haïti honora sa dette, mais, pendant un siècle, le remboursement et le service de cette dette allaient peser lourdement sur son économique(…)in « L’histoire d’haiti » []
  2. « Les mécanismes du pillage systématique des ressources africaines tournent à plein régime au mépris du développement économique et démocratique de l’Afrique » in « Les dessous de la présence économique de la France en Afrique » []

Zone Verte – Green Zone – métaphore de la cité coloniale

janvier 9, 2010 · Posted in Liens · Comment 

La zone verte de Baghdad est tout à la fois un havre de paix dans un monde de chaos, une enclave inaccessible, une vision du futur Irak vu par la mission civilisatrice des USA. Cette expression zone verte se retrouve également dans des projets d’urbanisme tel que dans la ville de Berlin où il désigne une zone spéciale dans la ville où la qualité de vie environnementale y est garanti. C’est la matrice même de la ville coloniale en réalité qui crée simultanément des havres de paix irréels nécessitant la relégation de tous les problèmes en dehors et en miroir la création d’enclaves de chaos, de zones rouges, tel le ghetto de Gaza.

  • video REPORTERS. Bagdad : Au coeur de la zone verte – zone verte … – Récit vidéo de journalistes en Zone Verte en Irak. Les producteurs de propagande par la production, sélection de l’information forgeant les représentations et donnant le matériel adéquat à l’idéologie racontent leurs difficultés et la Zone Verte.
  • Le contrôle de la « zone verte » de Bagdad donné aux Irakiens | France 24 – Dans cet article de propagande sur le transfert de contrôle de la zone verte aux irakiens voulant faire croire à une souveraineté Irakienne, en réalité fantoche, la vidéo d’illustration est celle des bombardements israeliens sur le ghetto de Gaza. Le message est clair : la zone verte perdure dont la contrepartie est l’existence des zones rouge sang tel l’emblématique ghetto de Gaza…
  • La bulle coloniale de la Zone Verte en Irak – Lors des conversations à table, un protocole non explicite était observé. Il était toujours adéquat de rendre hommage à «la mission», c’est-à-dire la campagne de l’administration Bush pour transformer l’Irak en une démocratie pacifique, moderne et séculière, qui conviendrait à chacun, quelle que soit l’ethnie ou la confession à laquelle il appartient. Les tirades sur la façon dont Saddam avait ruiné le pays et les descriptions sur comment on allait le ressusciter étaient aussi les bienvenues.
  • Baghdad Green Zone – The Green Zone — also called « The Bubble » – is the hub of the vision for the New Iraq. It is almost self-sufficient, and staff working there can be treated in the compound’s hospital or run safely in its grounds. When they leave, it is by armored car with an armed military escort.
  • Umweltzone, la zone verte de Berlin – À partir du premier janvier 2008, l’accès des voitures au centre de Berlin sera réglementé. L’objectif est de réduire la pollution dans le centre de la ville.

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