Le fétichisme de la marchandise, critique d’inspiration monothéiste du capitalisme
- Bihr – Fétichisme dans le Capital – Congrès Marx International V – Fourni par Google Documents – Après avoir rappelé la définition marxienne générique du fétichisme par le double mouvement de réification des rapports de production par confusion de ces rapports avec leurs supports matériels et de déification (de personnalisation surhumaine) consécutive de ces mêmes supports, la communication rappelle les différentes formes et figures que revêt le fétichisme dans le cours du Capital, depuis le fétichisme de la marchandise jusqu’à celui du capital fictif, avant d’établir que la présence du concept de fétichisme est ce qui signe l’intention critique même de Marx en même temps que ce qui la légitime épistémologiquement, en inscrivant le fétichisme au cœur de la contradiction sujet/objet qui caractérise la praxis économique capitaliste.
- S. Tombazos | Fétichisme et mondialisation – La « raison » affronte aujourd’hui des obstacles beaucoup plus efficaces que celui de l’obscurantisme religieux classique dans des formations sociales précapitalistes. La marchandise moderne est elle‐même une religion, à laquelle s’ajoute accessoirement ce que reste des croyances plus anciennes. C’est d’ailleurs pour cette raison précise que Marx semble «sous‐estimer» l’importance de l’Etat laïque, considérant la séparation de l’Etat plutôt comme une démarche inscrite dans la logique même du christianisme qu’un pas véritable vers le dépassement de la religion.
- A. Artous | Marx et le fétichisme De la critique de la religion à la critique de l’économie politique – « À la place de l’exploitation voilée par les illusions religieuses et politiques, (la bourgeoisie) a mis l’exploitation ouverte, éhontée, directe dans toute sa sécheresse. (…) Tout ce qui était solide, bien établi, se volatilise, tout ce qui était sacré, se trouve profané et, à la fin, les hommes sont forcés de considérer d’un œil détrompé la place qu’ils tiennent dans la vie, et de leurs rapports mutuels », proclame Le Manifeste communiste (Marx, 1963, p. 164).
- Fétichisme juridico-politique (Antoine Artous) : ARBEIT MACHT NICHT FREI – Cette forme d’individuation – les individus comme propriétaires pri vés indépendants les uns des autres – est le présupposé, la condition d’existence du procès d’échange : des individus libres passent contrat entre eux. Mais il s’agit d’individus égaux car la réalisation du procès d’échange passe par l’énoncé de l’égalité, de l’équivalence des indivi dus. L’argent, on s’en souvient, est l’expression ultime de ce procès social qui dit l’équivalence des échangistes.
- Forme valeur, travail abstrait, fétichisme de la marchandise par Antoine Artous : ARBEIT MACHT NICHT FREI – Pour l’économie politique classique, le travail donne naturellement de la valeur aux produits, le produit du travail est naturellement marchandise. La seule question qu’elle cherche à résoudre est celle de la mesure, de la commensurabilité des marchandises. Marx, lui, pose une autre question. Pourquoi la valeur comme forme sociale existe-t-elle ? Pourquoi le produit du travail existe-t-il comme forme marchandise ?
- Le fétichisme chez Marx : Nouveaux Cahiers du socialisme – Cette recension n’est pas une critique complaisante du livre d’A. Artous. C’est pourquoi, je ressens le besoin de dire toute suite ce que je pense de la qualité de ce livre avant de le critiquer : il s’agit d’un excellent livre. Ma critique peut donner l’impression que je fais une lecture de Marx totalement opposée à celle d’A. Artous. Au contraire, sur plusieurs points nos lectures respectives convergent. Comme ma présentation du livre privilégie les points que je critique, les divergences de nos lectures respectives sont accentuées, alors que les convergences ne sont pas systématiquement exposées.
- Le capitalisme comme religion : Walter Benjamin et Max Weber – La Brèche numérique – Le fragment « Le capitalisme comme religion », rédigé par Walter Benjamin en 1921 – et resté inédit jusqu’aux années 1985, quand il sera publié dans les Œuvres Complètes posthumes, est l’un de ses textes les plus intéressants, mais aussi les plus « hermétiques ». Inspiré par les travaux de Max Weber – nommément cité – sur l’affinité élective entre L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, il va beaucoup plus loin que le sociologue : pour Benjamin le capitalisme a non seulement des origines religieuses, il est lui-même une religion, un culte incessant, sans trêve ni merci, qui conduit la planète humaine à la Maison du Désespoir. Ce fragment appartient, comme certains textes de Georges Lukacs, Ernst Bloch ou Erich Fromm à la catégorie des « interprétations » anti-capitalistes de Weber.
- I. Garo | Le fétichisme de la marchandise chez Marx : entre religion, philosophie et économie politique – les Cubains, parce qu’ils ont compris que l’or est le fétiche des Espagnols, envisagent de lui faire des offrandes avant de le précipiter dans la mer[6]. Le fétichiste est avant tout celui qui croit à la vérité de ses propres représentations, quelle que soit sa culture. La notion appelle sa reprise dans la mesure où elle véhicule l’énoncé même du problème que Marx s’est donné pour tâche de résoudre : comment une représentation illusoire peut-elle produire des effets réels et contribuer au fonctionnement et à la reproduction d’une formation économique et sociale donnée ?
- Marx et la Marchandise. Aliénation, chosification et fétichisme – Dans le capitalisme la ‘socialisation’ du travail se fait à travers le marché. Le marché ne reconnaît pas le travail concret, particulier, mais seulement le travail abstrait, commun dénominateur permettant l’échange des Marchandises. C’est à travers le travail abstrait que le travail concret du travailleur est relié au travail en général de la société.
Revue de presse autour de l’affaire Mustapha Kessous
Revue de presse de l’affaire Mustaha Kessous, ce journaliste du Monde qui a témoigné sur le racisme ordinaire dont il était la victime et ce malgré son statut social :
- Des Noms pas Propres – LeMonde.fr – Il y a des noms propres qui portent en eux-mêmes un statut de signifiant pur, détaché de la désignation d’une personne physique. Mustapha. N’Diaye. Lévy. Droit dans le symptôme de notre France profonde dans laquelle le pétainisme, le colonialisme, ont été tout, sauf des accidents. Prénoms et noms sont détournés de leur destination, ils cessent de décliner une identité. Ils deviennent le nom-de-l’Arabe, le nom-du-Noir, le nom-du-Juif.
- Moi, Mustapha Kessous, journaliste au « Monde » et victime du racisme – Des histoires comme celles-là, j’en aurais tant d’autres à raconter. On dit de moi que je suis d’origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un « beurgeois », un enfant issu de l’immigration… Mais jamais un Français, Français tout court.
- Les Indigènes de la république » Un miroir français – « Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom quand je me présente… ». C’est dans le journal Le Monde, un récit sobre, sans effets de plume, légèrement désabusé, mais gardant la distance de Mustapha Kessous qui sème l’émoi dans la blogosphère française. Ce sont racontées, des expériences ordinaires, banales, du quotidien d’un Français qui ne correspond pas à l’image d’Epinal du citoyen hexagonal.
- BondyBlog : Et si c’était, aussi, la faute du « Monde » ? – Le récent témoignage de Mustapha Kessous, dans le journal « Le Monde », prouve l’incroyable arriération de la société française à l’égard de ses propres citoyens. Mais il est aussi, indirectement, un aveu accablant pour les rédactions des grands journaux français qui ont trop longtemps négligé la diversité en leur sein.
- De quoi Kessous est-il le nom ? Malgré l’humiliation d’avoir parfois dû s’appeler Philippe ou Jean-Claude pour garder un emploi, les pionniers de l’immigration dont descend Mustapha Kessous n’ont jamais perdu leur dignité. Alors, quand un de leurs enfants, officiant dans un quotidien national de référence, suscite une vague d’anti-racisme bien-pensant en arguant qu’il s’abstient de faire usage de son prénom, on s’interroge… Sur qui se cache derrière son nom.
La création de la Blanchitude (Tim Wise)
Ci-dessous la transcription du discours vidéo de Tim Wise ci-dessus que j’ai traduit et sous-titré. Il relève des « White Studies » et de la volonté d’étudier les Blancs comme un groupe ethnique comme les autres et non comme une norme, ainsi que l’Histoire de sa formation et son rapport particulier (de domination) aux autres groupes ethniques. Ce texte ainsi que la vidéo sont sous contrat Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France License.
Tim Wise à propos du Privilège Blanc : « La création de la Blanchitude »
Si vous connaissiez l’histoire du concept de Blanchitude. Si vous connaissiez toute l’histoire du concept de la race Blanche d’où elle est venu, dans quel but et pour quelles raisons. Vous sauriez que c’était un piège et qu’il a fonctionné avec brio.
Vous verriez qu’avant le milieu des années 1600 dans les colonies qui deviendront par la suite les Etats Unis la race Blanche n’existait pas. Les nôtres d’origine européennes ne se définissaient pas en ces termes jamais vraiment jusqu’à ce moment. En réalité, dans les vieux pays d’Europe, nous passions le plus clair de notre temps à nous entretuer. Nous ne nous aimions pas les uns les autres. Nous n’étions pas une grande et heureuse famille. La partie de ma famille qui venait d’Ecosse. Diable ! Ils ne souciaient pas de combattre les gens en dehors d’Ecosse. Les gens des hautes terres, et ceux des basses terres s’écharpaient les uns les autres. Il n’y avait donc pas de race Blanche. Mais dans les colonies qui deviendront par la suite les Etats-Unis, qu’avons-nous vu apparaître dans les années 1660 et 1670 ?
Nous avons commencé à regarder du côté des serfs africains, alors que nombre d’entre eux n’étaient pas encore des esclaves. Ils n’étaient pas nécessairement condamner à l’esclavage définitivement. Certains étaient asservis tout comme de nombreux européens pauvres, pour des périodes de 7 à 11 ans. Ils pouvaient s’affranchir et devenir des travailleurs libres, du moins en principe. Prenez conscience, comme l’ont fait les serfs blancs, des Européens, qui n’avaient pas encore été qualifiés de Blancs qu’ils avaient beaucoup de choses en commun (NdT: avec les Noirs) comme le fait de se faire tous entuber par les mêmes élites et donc qu’ils s’uniraient, plus que nos manuels d’Histoire nous l’ont appris, pour formenter une rebellion contre l’élite afin d’essayer d’obtenir de meilleures conditions pour eux-mêmes sur des critères de besoins et de justice économique.
Et que fait l’élite quand elle voit qu’elle est encerclée par un grand nombre de personnes noires et blanches qui sont sans le soup, sans terres et paysans ? Vous devez faire une de ces 2 choes : soit vous les tuez tous. Mais vous ne pouvez pas faire ça, car sinon qui fera le travail ? Les riches ne vont pas travailler. Ils doivent faire en sorte que ce soit les pauvres qui travaillent. L’idée c’était de rester une personne oisive dans ces temps là. C’était l’objectif et non celui de travailler.
Donc vous ne pouviez pas tous les tuer. Vous ne vouliez pas tous les tuer. Vous auriez du construire votre propre épargne, construire votre propre maison. Non… Cueillir votre propre tabac, récoltez votre propre coton. Non… Vous n’allez rien faire de tout ça. Donc vous ne pouvez pas les tuer, mais vous pouvez les coopter. C’est ainsi que l’élite en Virginie dans les colonies, par exemple, commença à donner des carottes aux personnes d’origine européenne en disant quelque chose comme :
« Vous savez, nous allons vous laissez un peu de terres. Pas trop, juste un petit peu, et nous allons arrêtez de vous asservir. Maintenant vous êtes un travailleur libre ! Et en même temps, puisque vous être un travailleur libre, vous aurez 50 acres de terre. Donc nous allons négocier avec vous. Nous allons vous laissez participer aux affaires. Nous allons vous laissez témoigner dans les tribunaux. Et le meilleur… Nous allons vous embrigader dans la surveillance des esclaves, pour les faire marcher droit. »
L’idée c’était : vous continuez à vous faire entuber. Nous continuons à ne pas vous aimer. Nous n’allons toujours pas réellement vous émancipez ou changez votre situation de dépendance, mais nous allons faire de vous des membres honoraires de cette équipe et vous allez nous aider à remettre ces personnes (NdT: les Noirs) à terre. Et comme ça ils auront un petit gout du pouvoir. Et effectivement diviser ces coalitions (NdT: entre Noirs et Blancs) a permis de mieux régner. Ces rébellions se sont éteintes quasi instantanément.
Bien plus tard à l’époque de la guerre civile (NdT: américaine). Les riches blancs du sud, d’où je viens, s’organisairent et reconnaissairent ouvertement que la raison pour laquelle ils voulaient faire sécession de l’Union la seule et unique raison pour laquelle ils prenaient parole publiquement, était de maintenir et d’étendre l’esclavage et la suprémacie Blanche. Pas seulement où ils existaient déjà, mais également dans les territoires nouvellement acquis, en réalité des territoires volés, depuis le Mexique jusqu’à l’ouest. C’est ce qu’ils ont dit ! Aujourd’hui on ment à propos de ça, on dit que ce n’était pas à propos de l’esclavage, que c’était une question des droits des Etats. Oui, précisément le droit des Etats de conserver leurs esclaves ! Mais à cette époque, ils n’en avaient pas honte. Ils n’ont donc pas essayé de s’en cacher. Ils le disaient ouvertement. Mais encore une fois, les riches ne voulaient pas faire le boulot, vous plaisantez ? Non… Ils allaient s’arranger pour que les pauvres se battent pour eux. Mais les pauvres ne possédaient même pas d’esclaves. Réfléchissez. Comment feriez-vous en sorte que des pauvres qui ne possèdent même pas leur tricot, alors ne parlons pas des esclaves, aille se battre pour que vous conserviez vos esclaves ? Vous devez les convaincre que leur couleur de peau est plus importante que leur intérêt économique.
Parceque, réfléchissez-y… Si je suis un fermier que vous devez payer 1$ par jour ou 2$ par semaine pour que je travaille dans votre ferme et que je cueillie ce tabac et récolte ce coton alors que vous pouvez obtenir d’un Noir qu’il le fasse gratuitement parce que vous le possédez. Qui aura le boulot ? Pas moi… En d’autres mots, l’esclavage permettait de diminuer les salaires et les salaires structurent les revenus de la classe ouvrière Blanche, ou d’une personne à faible revenu. Mais on leur disait : « Si ces personnes sont libres, ils vont prendre votre job ». Non idiot. Ils ont déjà ton job. C’est ça le truc. Ainsi dans une certaine mesure, la classe ouvrière Blanche est handicapé par le privilège Blanc. Mais relativement avantagé, correct ? Profiter d’un coup de pouce, se voir accorder l’adhésion au club, mais en terme absolu, être économiquement soumis par ce qui justement leur donne le sentiment de supériorité. Vous voyez l’ironie ?
A l’heure actuelle, ça n’a pas changé. Ce n’est pas de l’histoire ancienne. Aujourd’hui nous avons des personnes qui s’agitent dans tous les sens insistant pour que nous fermions les frontières avec le Mexique, parce que si nous le faisons pas les salaires de la classe ouvrière va continuer à baisser. Impliquant que la seule raison pour laquelle les travailleurs sont payés au lance-pierre dans ce pays c’est parce que les frontières sont ouvertes. Mais si vous croyez ça, vous devez alors croire que si les frontières étaient fermées alors ces propriétaires de capital et d’industrie diront juste : « Hé bien, vous nous avez démasqué, tenez une augmentation. »
Croyons-nous réellement que la seule chose qui retient les patrons de mieux payer les gens est la présence d’une main d’oeuvre bon marché peu qualifié originaire du sud de cette frontière artificielle ? Est-ce c’est ça vraiment que nous croyons ? Nous savons que si cette frontière est fermée, elle ne le sera pas pour le capital. Elle ne sera pas pour les biens. Si vous avez une frontière qui peut être franchie par le capital, recherchant le plus haut taux de retour sur investissement ou des biens à la recherche du prix le plus haut, alors que les travailleurs sont enchaînés à leur pays d’origine, comment ça peut-être bénéfique pour les travailleurs ? Par définition, ça ne l’est pas. Par définition, ça éventre la classe ouvrière.
Diviser pour mieux régner Mais le meilleur exemple de tout ça, c’est peut-être dans l’ère contemporaine dans la région de la Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina. Là vous avez deux communautés qui ont été les plus durement touchées. Lower ninth ward, en majorité une communauté Noire, 94% d’Africains-américains, un taux de pauvreté de près de 40% officiellement, massivement une communauté de la classe ouvrière. Et juste de l’autre coté du canal, St. BernardParish, Chalmette, 95% Blanche, également de la classe ouvrière, des fort taux de pauvreté. Economiquement très similaire, et à la fin de la journée, et dans ces premiers jours de Septembre 2005 ils étaient encore plus semblables qu’ils l’avaient probablement compris. Parce qu’ils ont tous eu leur vies brisées, ils ont tous eu toutes leurs affaires foutues en l’air. Tous eu tous leurs bien détruits.
Mais si vous aviez demandé à Chalmette, et je l’ai fait ! Qui était la cause de leurs problèmes dans la région de la Nouvelle-Orléans avant cette innondation, ils vous auraient pointé du doigts les Noirs de l’autre coté du canal, et vous auraient dit : les Noirs. Ils n’auraient pas dit les Noirs mais auraient dit : Là-bas, c’est eux le problème. 70% des Blancs à Saint Bernard Parish votaient pour David Duke, un neo-Nazi suprémaciste Blanc, anciennement à la tête du plus grand groupe du Ku Klux Klan aux Etats-Unis, lorsqu’il se présentait au poste de Gouverneur en 1991. 7 personnes sur 10 votaient fièrement pour lui, parce qu’il accusait les Noirs pour tous leurs problèmes, et ils l’ont cru.
Où est l’ironie ? L’ironie c’est que ces Blancs qui blamaient les Noirs pour leurs problèmes, au moment même où ils blamaient les Noirs pour leur situation dans la région de la Nouvelle Orléans dans laquelle ils vivaient, personne n’a relevé le fait que ces élites politiciennes Blanches de Baton Rouge (NdT: Capital de la Louisiane) ou de Washington, avaient comme devoir de sécuriser leurs vies, de s’assurer que les fonds publics étaient dépensés de la bonne façon, et qu’ils étaient dépensés tout court. Ces policitiens majoritairement Blancs, et faisant majoritairement partie de l’élite, n’ont rien fait jusqu’au dernier moment, et ce n’était pas seulement des Noirs du lower ninth ward dont ils ne se souciaient pas. Ils n’auraient pas consacré la moindre minute de leur temps pour ces travailleurs Blancs pauvres non plus.
Et pourtant lorsque les gens de Chalmette, ceux de St. Bernard parish revinrent après les innondations; au premier conseil municipal de St. Bernard Parish après les innondations; alors que les lampes ne fonctionnaient même pas encore; que les canalisations d’eaux n’étaient pas branchées la première chose à régler fut de voter une ordonance disant que vous n’avez pas le droit de louer une propriété à St. Bernard Parish à quiconque n’étant pas de votre famille par le sang. Je vous laisse imaginer pourquoi une telle loi fut votée. Cette loi n’avait jamais existé auparavant. Mais maintenant que la zone avait été vidée, et que vous ne saviez pas qui pourraient revenir, c’était une sacrée bonne manière d’éviter de voir les Noirs arriver, n’est-ce pas ?
Parce que si vous êtes à 95% des Blancs, et que vous votez une ordonance qui dit que… vous ne pouvez pas dire « Aucun Noir ne sera accepté »; vous ne pouvez pas dire « Interdit aux Noirs ». Mais c’était une façon ingénieuse de contourner la loi. Bon, ils se sont fait avoir. Il y a eu une menace de poursuite en justice, et ils ont aboli l’ordonnance. Maintenant, mon idée est de vous montrer qu’encore une fois « diviser pour mieux régner » fonctionne.
Ces Blancs à Chalmette devraient marcher jusqu’à l’autre coté du canal et tendre la main aux Noirs pour entamer une longue marche avec eux sur Baton Rouge, sur Washington D.C. et marcher vers les technocrates et reconnaitre que leurs intérêts sont communs. Mais la Blanchitude, et la supercherie de la Blanchitude, a piégé ces sans-le-sous Blancs dans la croyance qu’ils ont plus en commun avec les riches blancs de St. Charles Avenue qui n’ont rien perdu dans cette innondation qu’ils n’ont en commun avec leurs voisins Noirs de la classe ouvrière.


