Vendredi 27 mai à 20H : La prochaine fois, le feu
«La prochaine fois, le feu» de Frantz Fanon et James Baldwin
avec Gora Diakhaté et Marcel Mankita
Au théâtre des Quartiers d’Ivry, les samedis 19 et 26 février 2011 à 16h
Vendredi 27 mai à 20h au Tarmac à la Villette. En entrée libre, sur réservation au 01 40 03 93 95
Dans le cadre de « Pièces d’identité », cycle de lectures à l’auditorium Antonin Artaud, la Cie ALIHOsA présente au théâtre des Quartiers d’Ivry :
Cette lecture croise le texte de Frantz Fanon « Peau noire, masques blancs » et de James Baldwin « La prochaine fois le feu ». La situation du colonisé (des Antilles, d’Afrique, ici en France et en Europe) est mise en parallèle avec celle du Noir américain. Que ressent le Noir face à la discrimination, quelles solutions pour échapper à la place dans laquelle le Blanc ne cesse de vouloir le confiner ? La situation a-t-elle réellement changé depuis les années 50-60 où ces textes ont été écrits ?
- Frantz Fanon (1925-1961) : Psychiatre et essayiste français, il est l’un des fondateurs du courant de pensée tiers-mondiste.
- James Baldwin (1924-1987) : Écrivain américain, romancier, poète, auteur de nouvelles, de pièces de théâtre, d’essais. Le thème de la discrimination est récurrent dans ses œuvres, qu’elle soit d’ordre racial ou sexuel.
Comment s’y rendre ?
Le théâtre est situé sur le Parc de la Villette, derrière la Grande Halle.
Métro Porte de Pantin – Bus PC2, PC3 ou 75
En entrée libre, sur réservation au 01 40 03 93 95
A couteaux tirés entre colonisés
Alors que le colon ou le policier peuvent, à longueur de journée, frapper le colonisé, l’insulter, le faire mettre à genoux, on verra le colonisé sortir son couteau au moindre regard hostile ou agressif d’un autre colonisé. Car la dernière ressource du colonisé est de défendre sa personnalité face à son congénère. Les luttes tribales ne font que perpétuer de vieilles rancunes enfoncées dans les mémoires. En se lançant à muscles perdus dans ses vengeances, le colonisé tente de se persuader que le colonialisme n’existe pas, que tout se passe comme avant, que l’histoire continue. Nous saisissons là en pleine clarté, au niveau des collectivités, ces fameuses conduites d’évitement, comme si la plongée dans ce sang fraternel permettait de ne pas voir l’obstacle, de renvoyer à plus tard l’option pourtant inévitable, celle qui débouche sur la lutte armée contre le colonialisme. Autodestruction collective très concrète dans les luttes tribales, telle est donc l’une des voies par où se libère la tension musculaire du colonisé. Tous ces comportements sont des réflexes de mort en face du danger, des conduites-suicides qui permettent au colon, dont la vie et la domination se trouvent consolidées d’autant, de vérifier par la même occasion que ces hommes ne sont pas raisonnables.
– Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre, 1970, p. 20
Frantz Fanon: Black Skin, White Mask, de Isaac Julien, 1996 (70 min) ce jeudi 7 avril à 16h30
Film d’Isaac Julien Avec Colin Salmon, Halima Daoud et Noirin Ni Dubhgaill
Projection suivie d’un débat animé par Pap Ndiaye, EHESS
Mêlant archives, interviews et scènes reconstituées, ce document brosse un portrait complexe du psychiatre et penseur engagé Frantz Fanon. Il fut un fervent partisan de la révolution algérienne et un théoricien de la libération du tiers-monde. Ses analyses du colonialisme eurent une influence considérable en Afrique et en Amérique latine, mais aussi aux Etats-Unis chez les Black Panthers.
Né en Martinique, Fanon est surtout connu pour son dernier livre, « Les Damnés de la Terre », écrit alors qu’il mourait d’une leucémie en 1961. Homme aux facettes multiples, il fut psychiatre en Algérie et Tunisie, Ambassadeur du Gouvernement Provisoire de la République algérienne, membre du FLN, poëte, écrivain, ami de Sartre et de Beauvoir. Personnage emblématique des années 60 et 70, ce jeune homme noir qui dénonca avec passion le racisme et le colonialisme appela les « damnés de la terre » à s’unir. Il fut admiré des Black Panthers et des jeunes révolutionnaires du Tiers-Monde. Plutôt que de suivre une trame linéaire de cette vie extraordinaire, le film dresse un portrait complexe de Frantz Fanon. Le cinéaste Isaac Julien présente un Fanon tiraillé par des désirs contradictoires, profondément européen mais aspirant à se libérer de ses « masques blancs ».
Côté pratique :
Cinéma d’art et d’essai La Clef 21 rue de la Clef, 75005 Paris
Métro: Censier-Daubenton (line n°7, bus 47 – depuis Paris-Diderot, prendre le 62 puis le 47 en changeant à Tolbiac, ou prendre la ligne 7 du métro à Tolbiac).
En partenariat avec le cinéma d’art et d’essai La Clef
Tarif unique pour tous les films et toutes les séances : 5,5 euros
Film présenté en version originale anglaise avec sous-titres français.




