Frantz Omar Fanon et le racisme colonial


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La racisme est une production de l’ère coloniale or nous avons tous appris sur les bancs de l’école Républicaine que le colonialisme a pris fin avec les indépendances nationales. De la même manière son corollaire la race nous apparaît comme absurde depuis que nous avons appris qu’il n’y a qu’une race : la race humaine. Et pourtant le racisme perdure. Pourquoi ? Et surtout, pourquoi mobiliser Frantz Fanon ici et maintenant pour y répondre ?

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Malcolm X et le problème de la violence : Enjeux de la stratégie de la non-violence (4)

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Universalisme de la culture

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La culture spasmée et rigide de l’occupant, libérée, s’ouvre enfin à la culture du peuple devenu réellement frère. Les deux cultures peuvent alors s’affronter, s’enrichir. En conclusion, l’universalité réside dans cette décision de prise en charge du relativisme réciproque de cultures différentes une fois exclu irréversiblement le statut colonial.

Frantz Fanon, Racisme et Culture, 1956

Vendredi 27 mai à 20H : La prochaine fois, le feu

«La prochaine fois, le feu» de Frantz Fanon et James Baldwin

avec Gora Diakhaté et Marcel Mankita

Au théâtre des Quartiers d’Ivry, les samedis 19 et 26 février 2011 à 16h

Vendredi 27 mai à 20h au Tarmac à la Villette. En entrée libre, sur réservation au 01 40 03 93 95

Dans le cadre de « Pièces d’identité », cycle de lectures à l’auditorium Antonin Artaud, la Cie ALIHOsA présente au théâtre des Quartiers d’Ivry :

Cette lecture croise le texte de Frantz Fanon « Peau noire, masques blancs » et de James Baldwin « La prochaine fois le feu ». La situation du colonisé (des Antilles, d’Afrique, ici en France et en Europe) est mise en parallèle avec celle du Noir américain. Que ressent le Noir face à la discrimination, quelles solutions pour échapper à la place dans laquelle le Blanc ne cesse de vouloir le confiner ? La situation a-t-elle réellement changé depuis les années 50-60 où ces textes ont été écrits ?

  • Frantz Fanon (1925-1961) : Psychiatre et essayiste français, il est l’un des fondateurs du courant de pensée tiers-mondiste.
  • James Baldwin (1924-1987) : Écrivain américain, romancier, poète, auteur de nouvelles, de pièces de théâtre, d’essais. Le thème de la discrimination est récurrent dans ses œuvres, qu’elle soit d’ordre racial ou sexuel.

Comment s’y rendre ?

Le théâtre est situé sur le Parc de la Villette, derrière la Grande Halle.
Métro Porte de Pantin – Bus PC2, PC3 ou 75

En entrée libre, sur réservation au 01 40 03 93 95

A couteaux tirés entre colonisés

Graphique du Figaro illustrant "Les bagarres entre bandes se multiplient"

Graphique du Figaro illustrant "Les bagarres entre bandes se multiplient"

Alors que le colon ou le policier peuvent, à longueur de journée, frapper le colonisé, l’insulter, le faire mettre à genoux, on verra le colonisé sortir son couteau au moindre regard hostile ou agressif d’un autre colonisé. Car la dernière ressource du colonisé est de défendre sa personnalité face à son congénère. Les luttes tribales ne font que perpétuer de vieilles rancunes enfoncées dans les mémoires. En se lançant à muscles perdus dans ses vengeances, le colonisé tente de se persuader que le colonialisme n’existe pas, que tout se passe comme avant, que l’histoire continue. Nous saisissons là en pleine clarté, au niveau des collectivités, ces fameuses conduites d’évitement, comme si la plongée dans ce sang fraternel permettait de ne pas voir l’obstacle, de renvoyer à plus tard l’option pourtant inévitable, celle qui débouche sur la lutte armée contre le colonialisme. Autodestruction collective très concrète dans les luttes tribales, telle est donc l’une des voies par où se libère la tension musculaire du colonisé. Tous ces comportements sont des réflexes de mort en face du danger, des conduites-suicides qui permettent au colon, dont la vie et la domination se trouvent consolidées d’autant, de vérifier par la même occasion que ces hommes ne sont pas raisonnables.

— Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre, 1970, p. 20

Frantz Fanon: Black Skin, White Mask, de Isaac Julien, 1996 (70 min) ce jeudi 7 avril à 16h30

Film d’Isaac Julien Avec Colin Salmon, Halima Daoud et Noirin Ni Dubhgaill

Projection suivie d’un débat animé par Pap Ndiaye, EHESS

Mêlant archives, interviews et scènes reconstituées, ce document brosse un portrait complexe du psychiatre et penseur engagé Frantz Fanon. Il fut un fervent partisan de la révolution algérienne et un théoricien de la libération du tiers-monde. Ses analyses du colonialisme eurent une influence considérable en Afrique et en Amérique latine, mais aussi aux Etats-Unis chez les Black Panthers.

Né en Martinique, Fanon est surtout connu pour son dernier livre, « Les Damnés de la Terre », écrit alors qu’il mourait d’une leucémie en 1961. Homme aux facettes multiples, il fut psychiatre en Algérie et Tunisie, Ambassadeur du Gouvernement Provisoire de la République algérienne, membre du FLN, poëte, écrivain, ami de Sartre et de Beauvoir. Personnage emblématique des années 60 et 70, ce jeune homme noir qui dénonca avec passion le racisme et le colonialisme appela les « damnés de la terre » à s’unir. Il fut admiré des Black Panthers et des jeunes révolutionnaires du Tiers-Monde. Plutôt que de suivre une trame linéaire de cette vie extraordinaire, le film dresse un portrait complexe de Frantz Fanon. Le cinéaste Isaac Julien présente un Fanon tiraillé par des désirs contradictoires, profondément européen mais aspirant à se libérer de ses « masques blancs ».

Côté pratique :

Cinéma d’art et d’essai La Clef 21 rue de la Clef, 75005 Paris

Métro: Censier-Daubenton (line n°7, bus 47 – depuis Paris-Diderot, prendre le 62 puis le 47 en changeant à Tolbiac, ou prendre la ligne 7 du métro à Tolbiac).
En partenariat avec le cinéma d’art et d’essai La Clef

Tarif unique pour tous les films et toutes les séances : 5,5 euros
Film présenté en version originale anglaise avec sous-titres français.

Soirées érudites sur Frantz Fanon à Paris en mars 2011

16 mars, L’actualité de la pensée de Frantz Fanon

Mercredi 16 mars 2011 – 19h30 – Mercredi 16 mars 2011 – 22h00
La Fondation Frantz Fanon, la Société Louise Michel, les éditions de la découverte et la librairie du 104 vous invitent à une conférence autour de la pensée de Frantz Fanon. Frantz Fanon, analyste de la domination coloniale et combattant de la liberté, est mort il y a cinquante ans, laissant une œuvre originale et puissante, une déconstruction fondatrice de l’idéologie de la domination qui n’a rien perdu de son actualité.
Pour en débattre, interviendront : Immanuel Wallerstein, Achille Mbembé, Mireille Fanon Mendès-France et Olivier Besancenot.
La rencontre aura lieu à l’Atelier 3 – 104 / 11 bis, rue Curial ,75019 Paris / 104 rue d’Aubervilliers. métro : lignes 2, 5, 7 stations Stalingrad (bd de la Villette, sortie n°2) Riquet ou Crimée

18 mars, Aliche Cherki sur Frantz Fanon

L’association Le Café-débat à Palaiseau vous invite à la brasserie « Le Balto », 42 avenue de Stalingrad à partir de 20h30 le vendredi 18 mars 2011à un débat sur le thème Frantz Fanon, auteur de « Peau noire, masques blancs », « Les damnés de la terre » : un humanisme à redécouvrir avec Alice CHERKI, psychiatre.

Si vous souhaitez dîner sur place, à partir de 19h, avant le débat, réservez au 01 69 20 02 04, brasserie « Le Balto ». Pour toute information complémentaire : « Café-débat à Palaiseau » chez Mme Françoise Teillagorry

141 rue Marceau 91120 Palaiseau 01 69 31 39 26 cafedebats.palaiseau@gmail.com

3, 10, 17, 24 et 31 mars : De la grande nuit au jour nouveau : Fanon et la décolonisation par Seloua LUSTE BOULBINA

18h30-20h30
Centre Parisien d’Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Jeu 3 mars, Jeu 10 mars, Jeu 17 mars : Salle 1
Jeu 24 mars : Salle 2
Jeu 31 mars : Salle 1
Séminaire organisé dans le cadre du programme « 2011, année des Outre-Mer » et avec le soutien du Centre Parisien d’Études Critiques.

Quelle consistance Fanon donne-t-il à l’idée de décolonisation ?
« Les derniers seront les premiers ». Pour Fanon, « la décolonisation est la vérification de cette phrase ». Faisant des spectateurs de leur propre vie les acteurs de leur propre existence, la décolonisation apparaît comme un processus qui modifie profondément l’être de l’homme, et fait naître une subjectivité nouvelle. Ce n’est donc pas seulement à l’aune des phénomènes objectifs de la domination mais à l’échelle subjective de l’aliénation que Fanon, que ce soit en Martinique ou en Algérie, découvre et dévoile la colonie, toujours plus ou moins racialisée, et le passage de frontières qui est constitutif de la décolonisation des esprits comme des pays. C’est ce passage, qui éloigne tant des masques que de la damnation, qui sera étudié ici. Pour cela, chez Fanon, il faut s’éloigner d’une certaine Europe.

Ces séances sont corrélées au séminaire « Sujet, subjectivation, désubjectivation », placé sous la responsabilité de Martine Leibovici, du Centre de Sociologie des Pratiques et des Représentations Politiques (CSPRP) de l’Université Paris 7.

Intervenants :
– Jeudi 3 mars : Seloua Luste Boulbina
– Jeudi 10 mars : Matthieu Renault (Université Paris 7)
– Jeudi 17 mars : Seloua Luste Boulbina
– Jeudi 24 mars : Sonia Dayan-Hezbrun (Université Paris 7)
– Jeudi 31 mars : Seloua Luste Boulbina