La théologie de libération du Père François Houtard

juin 10, 2010 · Posted in Liens · 1 Comment 

Le sociologue et prêtre catholique François Houtart est un des penseurs de la théologie de libération. Voici quelques uns de ses textes concernant notamment les rapports entre religion, théologie et transformation sociale :

  • Analyse marxiste et foi chrétienne – 1ère partie : Le Père et sociologue François Houtart présente certains concepts clés du marxisme qui font le plus de difficultés aux croyants : le matérialisme historique, l’analyse marxiste des fonctions sociales de la religion, l’athéisme.
  • Analyse marxiste et foi chrétienne – 2ème partie : Analyse par François Houtart du facteur religieux dans le mode de production capitaliste.
  • L’état actuel de la théologie de la libération en Amérique latine – La théologie de la libération prend comme point de départ la situation des opprimés. C’est ce qu’on appelle un « lieu théologique », c’est-à-dire la perspective au départ de laquelle se construit le discours sur Dieu. Un Dieu d’amour ne peut exister avec l’injustice, l’exploitation, la guerre. Donc, comme le disait un théologien récemment, il s’agit d’une théologie qui ne se demande pas si Dieu existe, mais où il se trouve ? C’est la réalité des luttes sociales et l’engagement des chrétiens, en faveur de la justice, qui forment la base de l’élaboration de la pensée et du discours.
  • De nouveaux défis pour la théologie de la libération – Mémoire des luttes – La théologie de la libération est une véritable théologie, c’est-à-dire un discours sur Dieu. Elle s’affirme cependant contextuelle, à l’encontre d’une théologie a-historique qui se prétend hors du temps. Ce que l’on pourrait appeler une théologie sur la Lune…
  • Echanges et Synergie asbl – François Houtart – On ne doit pas idéaliser le vaudou comme s’il était un système parfait par rapport à une histoire de désir d’émancipation constante, mais on doit voir le vaudou comme un partenaire à l’intérieur de cette grande résistance dans le monde entier face à ce qui écrase, et la nature, et les être humains.
  • François Houtart, Sociologie de la religion – Cairn.info – François Houtart nous livre son credo personnel : la perspective sociologique, qui étudie la religion comme fait social, comme construction culturelle liée à une certaine formation sociale, n’est pas contradictoire avec la foi religieuse. On peut étudier sociologiquement les religions, comme les philosophies, l’art ou tout autre produit culturel humain. Cela ne contredit pas un point de vue théologique : dans l’hypothèse de l’existence de Dieu, tout ce qui est observable est la façon dont les groupes humains se le représentent, s’organisent pour le culte, etc. Ce n’est pas à la sociologie de se prononcer sur l’existence de Dieu…
  • HOUTART, François, Religion et modes de production précapitalistes- Cet ouvrage mérite certainement d’être pris en sérieuse considération. Il vaut comme synthèse d’études utilisant une grille d’analyse marxiste pour l’analyse des religions. Il illustre également, à bien des égards, la fécondité des hypothèses qui peuvent être faites à partir d’une sociologie qui s’inspire du materialisme historique.
  • Construire un nouveau sujet historique – Mémoire des luttes – L’enjeu est véritablement la construction d’un nouveau sujet historique, qui a été la classe ouvrière pendant le XIXe et le XXe siècle. Il est en train de se faire sa place aujourd’hui, mais le nouveau sujet historique est un sujet plus réel, précisément parce que nous nous trouvons devant la nécessité d’une convergence d’existences. C’est un sujet pluriel, populaire et démocratique. Ce sera quelque chose à discuter plus tard.

Journée de LA femme ou journée des femmes ?

mars 9, 2010 · Posted in Pensées, Textes · 1 Comment 

Economie de LA femme

Aujourd’hui, 8 mars 2010, journée de LA femme, nous pouvons l’affirmer le féminisme est dépassé. Le mythe de l’égalité déjà là lui a succédé. Désormais, il ne s’agit plus que de consacrer LA femme, la seule, l’unique, la belle, la docile, la désirable, la douce, la sexy, la farouche, la timide, la passionnée, la fidèle, l’amoureuse. Ce modèle de féminité super-woman qui dans sa fraicheur de fleur se laisse butiner par les jeunes hommes virils jusqu’à tomber sur le bon. Souvent il arrive que la fleur, trop banale, ressemblant davantage à une marguerite qu’à une rose, finisse avec un frêle moucheron ou un bourdon tabasseur. Mais si elle a réussi à montrer ses plus beaux reflets sans se fâner, ni se donner à trop de butineurs, elle pourra espérer tomber sur l’homme idéal. Ensuite arrivera donc le temps cumulée de la maternité et de la vie active. Libre de travailler autant qu’un homme pour un salaire, une carrière et un emploi raisonnable et féminin. Raisonnable et féminin signifie  aussi pour les grincheux, un salaire 27% inférieur en moyenne à celui d’un homme, une carrière bloquée par le plafond de verre, et des professions jugées peu sérieuses et peu socialement valorisées. A la maison c’est encore mieux, elle est émancipée forcément car avec son salaire elle pourra se payer robots et nounous. Elle est fortement encouragée  lire le plus souvent possible des magazines féminins pour être la plus sexuellement performante avec son Jules. Un Jules forcément, pas un Mohamed, ni un Mamadou, car le Jules est émancipateur, tout autant que bon amant… Tout ça bien sur en espérant ne pas faire partie des 100 000 femmes violéees par an, des 675 000 femmes battues par leur mari, des 80% d’emploi précaires occupées par des femmes, des millions de femmes pauvres qui doivent s’occuper quasiment seules de leur progéniture et du travail domestique ou des 156 femmes mortes tuées par leur mari ou compagnon. Concilier harmonieusement tout à la fois, vie de mère, de jeune fille, d’épouse, de fantasme sexuel, de travailleuse, de femme domestique, voici son nouvel idéal d’émancipation.

Si le féminisme est une chose dépassée en Occident, remplacée par l’harmonie entre les sexes, en revanche, c’est une chose qui reste bonne pour les Autres, les femmes non-blanches ou musulmanes. Bref ici, les femmes issues des immigrations post-coloniales ou carrément vivant là-bas dans le Sud. Mais plus que bonne, ce féminisme devient une mission de civilisation pour toutes les femmes d’Occident qui sont aimablement mais fermement invitées à déverser leur mélancolie de femmes émancipées dans une grande cause d’ingérence humanitaire.

Ce féminisme, que je me permets de qualifier de colonial, a pour but d’émanciper les jeunes fillettes africaines indigènes excisées et d’en faire de sublimes mannequins afin d’exporter, à travers le monde, ce merveilleux modèle de féminité moderne, émancipateur, bref occidental, à des millions d’Autres fillettes, jeunes femmes, et mères indigènes. Différents modèles existent, de fleur du désert, à fille du jasmin ou encore fleur de lotus bien sur en gardant les grands classiques roses roses (brunes) et roses rouges (blondes)…

Ce travail merveilleux s’accomplit bien sur au travers de Journée Mondiale de LA Femme, mais également  à travers de publicités non-sollicités par email, autrement dit SPAM. Publicités au profit d’entreprises tel que Pinault Printemps Redoute dirigée par 5 Jules et 0 femmes. Mais rassurez vous… Ces publicités sont réalisées probablement par une agence du type de Publicis suite à une étude de marché probablement réalisé par une entreprise du type d’IFOP. Publicis dont la principale actionnaire se trouve être une femme, féministe de surcroit, Elisabeth Badinter. Grande libératrice des femmes burkisées et voilées de France et d’Afghanistan au côté de Ni Putes, Ni Soumises… IFOP dont la dirigeante est la sémillante patronne des patrons Laurence Parisot. Celle-là même qui du haut de son émancipation déclarait «La vie est précaire, l’amour est précaire, pourquoi le travail ne serait pas précaire ?» Sans compter une éventuelle loi pour garantir aux bourgeois de sexe féminin un quota de sièges dans les CA des grandes entreprises… Ce modèle de prêt-à-porter unique de femme ne taille pas 40, mais plutôt CAC 40… La boucle est bouclée, LA femme produit de grande consommation est désormais partout disponible pour votre plus grand désir…

Si Christine Delphy appelerait, elle,  à retrouver l’élan du féminisme, je me bornerais, moi, de ma position de rajel1,  à appeler à la défense des femmes, de toutes les femmes, des filles, des jeunes femmes, des mères, des anciennes, des non-blanches, des prolos. Ne vous étonnez pas d’entendre déjà des grondements des défenseurs de LA femme, ils ont raison, il ne s’agit ni plus, ni moins que de sonner le glas de LA femme. Mais aussi de l’Homme…

  1. monsieur en arabe []

Merci Sœurs Caroline, Elisabeth et Dounia…

août 20, 2009 · Posted in Pensées, Textes · 2 Comments 

Cet article fait partie du dossier sur la burqa. Il documente la constatation des dégats causés par la burqa sur quelques éminentes féministes…

La plus grande partie des preuves à charge contre l’hypocrisie féministe et diversité de ces députés est issu du travail de la revue Pro-Choix à l’élection des législatives de 20021. Nous les en aurions remercié si sa directrice, Caroline Fourest, ne s’était pas montré d’un cynisme sans pareil. En effet elle était invité à l’émission télé C dans l’air sur  France 5 intitulé « Le voile : second round » et animé par l’inerrable Yves Calvi avec comme autre supporter de l’interdiction du port du voile intégral le député UMP Jacques Myard2.

Ce dernier  avait y osé dire qu’en France « nous sommes dans une tradition multiséculaire où les femmes sont l’égale de l’homme». Parlons-nous de la même France, celle dont la « tradition multiséculaire » incluait droit de cuissage, mariages forcés, interdiction du divorce, de l’avortement, interdiction de la femme de gérer ses biens et de voter ? Celle qui éxécuta Olympe de Gouge et qui pratiqua la prostitution à grande échelle dans ses colonies ? Ces propos rétablissent le patriarcat français « traditionnel » le plus dur par l’entremise d’un révisionnisme3. Si vous vous imaginez qu’e ce monsieur fut corrigé dans l’instant par Caroline Fourest, militante féministe « pro-choix », vous auriez été très déçu.

Pourtant elle savait pertinemment qui elle avait en face d’elle puisqu’elle l’avait placardé dans le top 12 des pires députés « anti-choix que l’on voudrait vraiment ne plus voir à l’Assemblée »4 dans la revue Pro-Choix qu’elle dirige… Mais sur le plateau, nulle mention de sa part des positions sexistes, racistes, homophobes et xénophobes qu’a eut Jacques Myard dont elle avait pourtant connaissance. Bien au contraire, elle abondait dans son sens pour défendre l’interdiction de la burqa dans une sorte de pacte de non-agression entre féministes blanches et mâles blancs réactionnaires prenant en appui commun leur paternalisme colonial et leur islamophobie.

Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux, ex-membre du CFCM, hier défenseuse des filles voilées5, pratique désormais le désormais très populaire takfir6 (déni d’islamité) à l’encontre des femmes musulmans en niqab dans l’espoir que sacrifier ces femmes à l’autel de l’hystérie islamophobe permettrait de sauver les « musulman-e-s modéré-e-s » dont elle s’imagine la bergère… Ainsi devant la la mission d’information parlementaire sur le port du voile intégral, elle a défendue une loi de prohibition en insistant sur la nécessité de l’aborder par son volet sécuritaire et non religieux pour ne pas «considérer le niqab comme musulman» par peur de donner «une vision archaïque» de l’Islam afin de ne pas «faire le procès de l’Islam». Ce faisant, l’on constate que de façon paradoxale, qu’elle aborde le sujet d’un point de vue religieux en violation du principe de laïcité qui ne reconnaissant aucun culte peut encore moins chercher à donner une bonne vision ou respecter l’Islam comme elle le demande. Étonnant retournement de veste après son article « Monsieur Islam n’existe pas, Pour une désislamisation des débats. »7 implorant les responsables politiques de cesser d’aborder les problèmes de société par le fait religieux.

Elisabeth Badinter, féministe française quant elle luttait encore contre le patriarcat, s’est elle aussi reconverti dans désormais très prospère filon du féminisme colonial8. Publié le 9 juillet 2009 dans le Nouvel Observateur, elle envoie une « adresse à celles qui portent volontairement la burqa »9 qui relève davantage de l’invective affichant publiquement son ignorance vu qu’il ne s’agit pas de burqa mais de niqab. Mais elle se montre surtout méprisante de la liberté de culte garantie par la laïcité en  s’improvisant, comme tant d’autres avant elles, théologienne islamique en affirmant que le voile intégral ne relève « pas du commandement religieux mais de la tradition » wahabite10 et pachtoune. Légitimant l’intolérance religieuse, elle déclare « vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes. ». Elle reprends également à son compte le crédo « La France aimez-la ou quittez-là » sous forme d’une question rhétorique « pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes » oublieuse que la grande majorité de ces femmes sont françaises… D’ailleurs dans les rapports mentionnant le nombre de femmes portant la burqa, est rapporté qu’un grand nombre d’entre elles sont des françaises converties, c-a-d des françaises blanches. Parler de françaises converties c’est une façon de nier le caractère français des converties descendantes d’immigrés  africains subsahariens et de maghrébins11. Elisabeth Badinter n’échappe pas au crédo de l’accusation de fascisme vert12 : « vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie ». La réponse du berger à la bergère serait de lui répondre « vous utilisez le féminisme pour les retourner contre le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes  ».

Mais épargnons ces féministes égarées et revenons plutôt à nos patriarches souchistes de députés qui eux méritent notre juste colère…

  1. Nous avons pris au mot l’invitation à se mobiliser que la campagne d’informations qui se donnait « pour but de réveiller la conscience civique en armant (d’informations citoyennes) les citoyens-militants désireux de se mobiliser pour que certains élus ne puissent plus exercer leur action anti-choix au sein du parlement. » []
  2. http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1186 []
  3. http://www.monde-diplomatique.fr/2007/04/CHOLLET/14649 []
  4. http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/legindex.html []
  5. http://www.nsae.fr/actualite/voilees-ou-non-les-jeunes-musulmanes-semancipent/ []
  6. Coran 4:176. Plusieurs hadiths du prophète Muhammad (SAWS) insistent sur la gravité du takfîr : « Si une personne dit à son frère : Ô kâfir (mécréant), alors l’un des deux le mérite. Soit l’accusateur a raison, soit c’est lui-même à qui ce nom s’applique.  » Rapporté par Boukahry et Mouslim. «  Celui qui lance à son frère une accusation de kufr (mécréance), c’est comme s’il le tuait. » Rapporté par Boukahry et Mouslim. []
  7. http://www.amazon.fr/Monsieur-Islam-nexiste-pas-d%C3%A9sislamisation/dp/201235842X []
  8. http://lmsi.net/spip.php?article188 []
  9. http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2331/articles/a405327-.html?xtmc=burqa&xtcr=2 []
  10. Courant religieux islamique officiel d’Arabie Saoudite. []
  11. http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/29/la-police-estime-marginal-le-port-de-la-burqa_1223776_3224.html []
  12. Terme inventé pour désigner une forme de fascisme qui se baserait sur l’Islam []

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