Le travailleur libre vaincra ! (Non, pas toi…)

L'ouvrier blanc est libre ! Pas le noir déporté esclavagisé, pas le musulman colonisé...

Le travailleur blanc libre vaincra ! Pas le Noir déporté esclavagisé, pas le Musulman colonisé...

«le prolétariat anglais s’embourgeoise de plus en plus et que cette nation, la plus bourgeoise de toutes, veut donc apparemment, en venir à posséder une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois à côté de la bourgeoisie. Il va sans dire que pour une nation qui exploite le monde entier c’est assez normal. Seules quelques années très mauvaises pourraient y remédier, mais il ne faut pas trop compter dessus»

Lettre à K. Marx, F. Engels, 7 octobre 1858, Manchester

« Précisément dans le parasitisme et la putréfaction qui caractérisent le stade historique suprême du capitalisme, c’est-à-dire l’impérialisme. Comme il est montré dans ce livre, le capitalisme a assuré une situation privilégiée à une poignée (moins d’un dixième de la population du globe ou, en comptant de la façon la plus « large » et la plus exagérée, moins d’un cinquième) d’Etats particulièrement riches et puissants, qui pillent le monde entier par une simple « tonte des coupons ». L’exportation des capitaux procure un revenu annuel de 8 à 10 milliards de francs, d’après les prix et les statistiques bourgeoises d’avant-guerre. Aujourd’hui beaucoup plus, évidemment.
On conçoit que ce gigantesque surprofit (car il est obtenu en sus du profit que les capitalistes extorquent aux ouvriers de « leur » pays) permette de corrompre les chefs ouvriers et la couche supérieure de l’aristocratie ouvrière. Et les capitalistes des pays « avancés » la corrompent effectivement : ils la corrompent par mille moyens, directs et indirects, ouverts et camouflés.
Cette couche d’ouvriers embourgeoisés ou de l' »aristocratie ouvrière », entièrement petits-bourgeois par leur mode de vie, par leurs salaires, par toute leur conception du monde, est le principal soutien de la IIe Internationale, et, de nos jours, le principal soutien social (pas militaire) de la bourgeoisie.»

N. Lénine, 6 juillet 1920

Le fétichisme de la marchandise, critique d’inspiration monothéiste du capitalisme

Hei Ming - Iron rice bowl

La critique de Marx du caractère fétiche de la marchandise qui est le dévoilement de la croyance en la valeur en soi des marchandises comme mystification de la valeur qu’ils ont du fait de la quantité de travail qu’ils ont nécessité. Croyance qui a pour finalité et cause de donner une valeur aux humains eux-mêmes en fonction des marchandises dont ils disposent. Le fétichisme de la marchandise au sein du capitalisme est ainsi une forme authentiquement religieuse de dissimulation des rapports sociaux réels, et en particulier des rapports de production au travail. Cette critique permet d’expliquer comment dans le capitalisme, le prolétaire ne se rends pas compte que c’est son travail qui produit la valeur puisque la valeur des marchandises qu’il produit et achète semble exister en elle-même. Du fait de cet écran de fumée que constitue la marchandise fétichisée, il ne peut plus se rendre compte que la valeurs des bourgeois se fait au dépends de la sienne. L’originalité de cette critique c’est d’exploiter la critique monothéiste du polythéisme pour l’appliquer au capitalisme moderne considéré comme producteur d’une religion idolâtre propre.
Ces articles développent et explique cette théorie du fétichisme de la marchandise de Marx :
  • Bihr – Fétichisme dans le Capital – Congrès Marx International V – Fourni par Google Documents – Après avoir rappelé la définition marxienne générique du fétichisme par le double mouvement de réification des rapports de production par confusion de ces rapports avec leurs supports matériels et de déification (de personnalisation surhumaine) consécutive de ces mêmes supports, la communication rappelle les différentes formes et figures que revêt le fétichisme dans le cours du Capital, depuis le fétichisme de la marchandise jusqu’à celui du capital fictif, avant d’établir que la présence du concept de fétichisme est ce qui signe l’intention critique même de Marx en même temps que ce qui la légitime épistémologiquement, en inscrivant le fétichisme au cœur de la contradiction sujet/objet qui caractérise la praxis économique capitaliste.
  • S. Tombazos | Fétichisme et mondialisation – La
 «
raison
»
 affronte
 aujourd’hui
 des
 obstacles
 beaucoup
plus
 efficaces
 que
celui
de
l’obscurantisme
religieux
classique dans
des formations
sociales
précapitalistes.
La
 marchandise
 moderne
 est
 elle‐même
 une
 religion,
 à laquelle
 s’ajoute
 accessoirement
 ce
que
reste
des
croyances plus
anciennes.
C’est
d’ailleurs
pour
cette
raison
précise
que
Marx
 semble
 «sous‐estimer» l’importance
 de
 l’Etat
 laïque,
considérant
 la
 séparation
 de
 l’Etat
 plutôt
 comme
 une
 démarche
 inscrite
 dans
 la
 logique
 même
 du
 christianisme
 qu’un
 pas
 véritable
vers
le
dépassement
de
la
religion.
  • A. Artous | Marx et le fétichisme De la critique de la religion à la critique de l’économie politique – « À la place de l’exploitation voilée par les illusions religieuses et politiques, (la bourgeoisie) a mis l’exploitation ouverte, éhontée, directe dans toute sa sécheresse. (…) Tout ce qui était solide, bien établi, se volatilise, tout ce qui était sacré, se trouve profané et, à la fin, les hommes sont forcés de considérer d’un œil détrompé la place qu’ils tiennent dans la vie, et de leurs rapports mutuels », proclame Le Manifeste communiste (Marx, 1963, p. 164).
  • Fétichisme juridico-politique (Antoine Artous) : ARBEIT MACHT NICHT FREI – Cette forme d’individuation – les individus comme propriétaires pri vés indépendants les uns des autres – est le présupposé, la condition d’existence du procès d’échange : des individus libres passent contrat entre eux. Mais il s’agit d’individus égaux car la réalisation du procès d’échange passe par l’énoncé de l’égalité, de l’équivalence des indivi dus. L’argent, on s’en souvient, est l’expression ultime de ce procès social qui dit l’équivalence des échangistes.
  • Forme valeur, travail abstrait, fétichisme de la marchandise par Antoine Artous : ARBEIT MACHT NICHT FREI – Pour l’économie politique classique, le travail donne naturellement de la valeur aux produits, le produit du travail est naturellement marchandise. La seule question qu’elle cherche à résoudre est celle de la mesure, de la commensurabilité des marchandises. Marx, lui, pose une autre question. Pourquoi la valeur comme forme sociale existe-t-elle ? Pourquoi le produit du travail existe-t-il comme forme marchandise ?
  • Le fétichisme chez Marx : Nouveaux Cahiers du socialisme – Cette recension n’est pas une critique complaisante du livre d’A. Artous. C’est pourquoi, je ressens le besoin de dire toute suite ce que je pense de la qualité de ce livre avant de le critiquer : il s’agit d’un excellent livre. Ma critique peut donner l’impression que je fais une lecture de Marx totalement opposée à celle d’A. Artous. Au contraire, sur plusieurs points nos lectures respectives convergent. Comme ma présentation du livre privilégie les points que je critique, les divergences de nos lectures respectives sont accentuées, alors que les convergences ne sont pas systématiquement exposées.
  • Le capitalisme comme religion : Walter Benjamin et Max Weber – La Brèche numérique – Le fragment « Le capitalisme comme religion », rédigé par Walter Benjamin en 1921 – et resté inédit jusqu’aux années 1985, quand il sera publié dans les Œuvres Complètes posthumes, est l’un de ses textes les plus intéressants, mais aussi les plus « hermétiques ». Inspiré par les travaux de Max Weber – nommément cité – sur l’affinité élective entre L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, il va beaucoup plus loin que le sociologue : pour Benjamin le capitalisme a non seulement des origines religieuses, il est lui-même une religion, un culte incessant, sans trêve ni merci, qui conduit la planète humaine à la Maison du Désespoir. Ce fragment appartient, comme certains textes de Georges Lukacs, Ernst Bloch ou Erich Fromm à la catégorie des « interprétations » anti-capitalistes de Weber.
  • I. Garo | Le fétichisme de la marchandise chez Marx : entre religion, philosophie et économie politique – les Cubains, parce qu’ils ont compris que l’or est le fétiche des Espagnols, envisagent de lui faire des offrandes avant de le précipiter dans la mer[6]. Le fétichiste est avant tout celui qui croit à la vérité de ses propres représentations, quelle que soit sa culture. La notion appelle sa reprise dans la mesure où elle véhicule l’énoncé même du problème que Marx s’est donné pour tâche de résoudre : comment une représentation illusoire peut-elle produire des effets réels et contribuer au fonctionnement et à la reproduction d’une formation économique et sociale donnée ?
  • Marx et la Marchandise. Aliénation, chosification et fétichisme – Dans le capitalisme la ‘socialisation’ du travail se fait à travers le marché. Le marché ne reconnaît pas le travail concret, particulier, mais seulement le travail abstrait, commun dénominateur permettant l’échange des Marchandises. C’est à travers le travail abstrait que le travail concret du travailleur est relié au travail en général de la société.

El-Hajj Malik el-Shabazz et la famille traditionnelle

L'Homme Blanc Moderne (Jason Langer - Elevator (1998))

Malcolm X, sa femme et ses 2 filles

El-Hajj Malik al-Shabazz (Malcolm X), sa femme Betty et ses 2 filles

La récupération par Malcolm X de la famille hierarchique et genrée normativement arrive précisément à un moment où le mythe de la famille nucléaire Blanche est contesté par la contre-culture des années 60 et particulièrement par la contre-culture Blanche. Il voit la récupération de cette unité familiale conventionnelle comme essentielle pour la survie et l’avancement des Noirs dans les ghettos des Etats-Unis. La récupération de la famille comme modèle pour les projets du nationalisme Noir a été vivement critiqué par les féministes Africaines-Américaines et les théoricien-ne-s queer. La légitimité de cette critique mise à part, la récupération par les muslims Noirs1 de la famille nucléaire a eu l’effet radical d’inverser la logique du mimétisme colonial. La construction de cette unité familiale au sein de la Nation of Islam, et la propagation par Malcolm X de cette unité familiale dans toute la communauté Noire par ses prêches, coincide avec une anxiété croissante chez les Blancs Américains à propos de l’érosion de cette famille perçue comme élément fondateur de la nation Blanche. En effet, le succès de Nation of Islam dans la propagation de cette idée de la famille produit cette anxiété. Soudain, les familles de muslims Noirs apparaissent comme participant de cette ordre familial genré et structuré avec un plus grand succès que toutes les autres familles, Noires ou Blanches. Les muslims Noirs vivaient le mythe de la famille Américaine nucléaire, « plus encore ».  Cette unité rationalisée et disciplinée de la reproduction économique et idéologique n’est dorénavant plus essentiellement Blanche.

traduit de Maria Josefina Saldana-Portillo, Consuming Malcolm X: Prophecy and Performative Masculinity, Duke University Press, A Forum on Fiction, Vol. 30, No. 3 (Spring, 1997), pp. 289-308,

  1. Black Muslims a été traduit en muslims Noirs suivant les commentaires suivant de Malcolm X lui-même : Here in America the word « Muslim » is westernized or anglicized and pronounced « Moslem. » Muslim and Moslem are actually the same word. The true believers in Allah call themselves Muslims, but the nonbelieving infidels refer to Muslims as Moslems or Muhammadans. L’appellation musulmans semblant être la traduction la plus proche du terme moslems, il ne m’est pas apparu judicieux de la conserver. []

Une tempête faisant 48 morts est une bonne occasion pour vendre des meubles.

Xynthia a fait 48 morts... Et eux, ils en font un SPAM !

Xynthia fait 48 morts... Et eux en font un SPAM !

Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé – et qu’en France on accepte –, une fillette violée – et qu’en France on accepte –, un Malgache supplicié – et qu’en France on accepte –, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme

Mes signets du 23/10/2009 au 31/10/2009

Ma selection de liens du 23/10/2009 au 31/10/2009:

  • C S P: Les idiots utiles de l’identité nationale – Traduire : quand ça va mal, sortir le drapeau tricolore en l'agitant très très fort pour ressouder autour le peuple de petits blancs pétochards qui flippe à cause de tout et lui faire penser qu'au moins, il lui reste la Nation, le Sol, le Sang, et les Valeurs Z'éternelles De La Fraaaaannnnnceuuuuuhhhhh.
  • «Qu’est-ce qu’être français ? – Cela ne vous regarde pas» – Libération – C’est pourquoi, à la question «Qu’est-ce qu’être français ?» posée par le ministère de l’Immigration, il ne saurait y avoir dans les mois qui viennent qu’une seule réponse, endurante, ressassée, monotone, obstinée : «Cela ne vous regarde pas». Vous avez perdu le droit de poser cette question au moment même où, liant identité nationale et contrôle de l’immigration, vous avez aménagé le renversement systématique des composantes de la citoyenneté en autant de critères d’exclusion. A cette captation, il ne saurait y avoir de réponse qu’en acte ; libre à vous, lorsque ce temps viendra, d’interpréter la violence de notre refus comme une composante de la «francité».
  • Rouvrir la question carcérale | Contretemps – qui va en prison (et donc, qui n’y va pas) et pourquoi ? Qui bénéficie et qui est desservi par la définition et la hiérarchisation actuelles des infractions ? Quelles sont les distinctions et distributions opérées tout au long de la chaîne pénale ? Bref, souligner les rapports inextricables entre le recrutement social des prisonniers et le fonctionnement de la pénalité (ses présupposés, ses filtres, ses partages, etc.). […] la question carcérale a-t-elle tout à voir avec la dépénalisation du droit des affaires et du droit du travail.
  • Les ravages de la pensée moniste : à propos de "La Diversité contre l’égalité" – Mouvements – NOTE DE LECTURE sur La diversité contre l’égalité , de Walter Benn Michaels, (Raisons d’Agir, 2009), ouvrage dont la réception critique positive contraste avec une certaine pauvreté de l’argumentation et d’importantes libertés avec les faits historiques et sociologiques. Daniel Sabbagh replace l’ouvrage dans la littérature consacrée à l’Affirmative Action aux Etats-Unis et les débats en France et montre qu’il existe des travaux critiques plus aboutis sur le sujet que ce que propose Benn Michaels. 19 octobre 2009.

Mes signets du 04/05/2009 au 12/05/2009

Ma selection de liens du 04/05/2009 au 12/05/2009:

  • Réflexions sur un fait divers – Les mots sont importants (lmsi.net) – Les préjugés antisémites n’existaient pas ; Dieudonné les a inventés ; les jeunes de banlieue se sont mis à y croire ; et ils ont tué Ilan Halimi. Les citoyens étaient tous égaux, preuve que nous étions en République ; l’appel des Indigènes est venu prétendre le contraire ; et les jeunes de banlieue (toujours eux) se croient discriminés et se vengent sur les Blancs et sur les Juifs. Elle est pas belle, la vie ?
  • La mémoire refoulée de l’Occident, par Alain Gresh (Le Monde diplomatique) – Que “notre histoire commence avec les Grecs”, voilà, écrivait Lavisse dans ses Instructions (5), ce qu’il faut apprendre aux élèves des écoles secondaires, et sans qu’ils s’en aperçoivent. Notre histoire commence avec les Grecs, qui ont inventé la liberté et la démocratie, qui nous ont apporté le beau et le goût de l’universel. Nous sommes les héritiers de la seule civilisation qui ait offert au monde l’“expression parfaite et comme idéale de la liberté”. Voilà pourquoi notre histoire doit commencer avec les Grecs. A cette première croyance est venue s’en ajouter une autre, aussi forte que la première : “Les Grecs ne sont pas comme les autres.” Comment d’ailleurs le pourraient-ils alors qu’ils sont au commencement de notre histoire ? Deux propositions essentielles pour une mythologie nationale qui fait le plein des humanistes traditionnels et des historiens férus de nation (6).
  • Islam et capitalisme, par John M. Hobson (Le Monde diplomatique) – Au lieu d’écrire L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme, on aurait écrit L’Ethique musulmane et l’esprit du capitalisme, qui aurait démontré de manière définitive pourquoi seul l’islam était capable d’accompagner des progrès économiques importants et pourquoi l’Europe resterait prisonnière de sa stagnation guerrière. Ou nous aurions pu souscrire aux propos d’un contemporain, Saïd Al-Andaloussi, suivi plus tard par Ibn Khaldoun : le fait que l’Europe occupe une région tempérée froide signifiait que ses peuples étaient ignorants, manquaient de curiosité scientifique et resteraient attardés.
  • Chronique ordinaire de la gentrification dans le 19e arrondissement de Paris – NON FIDES Journal anarchiste apériodique – La « culture » pourtant si chère aux élites et aux urbanistes n’apporte pas le logement décent, elle ne donne pas des papiers, elle ne donne pas à manger à la fin du mois, elle n’essuie pas la sueur et ne paye pas mieux les travailleurs exploités, ni ceux qui tentent de résister à l’enfer du travail.