Tout le monde est laïque, mais certains MOINS que d’autres…
Etant allé à l’école de la République depuis tout petit et notamment aux cours d’instructions civiques aux collèges, l’on m’a enseigné les principes républicains dont la laïcité. Les enseignants insistaient beaucoup sur ce point avec nous. L’Eglise est séparée de l’Etat depuis 1905 ! Ce devait être normal, et je pensais alors que tous les élèves de France avaient reçu cette éducation et qu’elles concernaient toutes les religions sans aucune discrimination. Mais bien mal m’en a pris ! Ce que j’ignorais à l’époque c’est que vu qu’une grande majorité de ma classe étant de culture musulmane nous aurions du à cause de notre culture religieuse au mieux déficiente sur ce sujet, au pire incompatible, recevoir un surplus d’éducation en laïcité. C’est d’ailleurs ce que préconise désormais le Haut Conseil à l’Intégration dans un récent rapport tenu privé. Heureusement depuis 2001, on ne cesse de me le rappeler !
Lors de la loi de 2004 sur l’interdiction du voile islamique à l’école, malhabilement nommée Loi française sur les signes religieux dans les écoles publiques, j’ai commencé à avoir de forts soupçons. Personne n’avait porté autant d’attention aux jeunes venant avec une croix chrétienne, au poisson le vendredi ou aux visites scolaires des églises et cathédrales. Personne n’en porte davantage aujourd’hui il me semble. J’ai commencé à douter de la réelle signification du principe de laïcité. Ce mot a commencé à devenir un mystère pour moi…
En consultant les débats de sénateurs sur la transposition d’une proposition européenne encourageante sur la mise en oeuvre de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de religion ou de convictions, de handicap, d’âge ou d’orientation sexuelle (E 3918) de 2008, quelle ne fut pas ma surprise de lire que combattre les discriminations était d’inspiration communautariste et contraire aux principes fondamentaux de la République. Cette incompatibilité avec notamment le principe de laïcité était illustré par l’exemple de la prière du vendredi des musulmans. Incongru l’exemple n’est-ce pas ? Détrompez-vous ! L’égalité des citoyens français de culture musulmane avec les autres est incompatible avec la laïcité et la République. Est-ce ça qu’il fallait comprendre ? Le mystère du concept de laïcité s’épaissit…
Lors du débat sur l’identité nationale et puis celui sur le voile intégral j’ai encore une fois entendu le concept de laïcité appelé à la rescousse. La religion ne devait pas être affiché publiquement. Le président Sarkozy indiquait même que «ceux qui arrivent», comprenez les musulmans, devaient respecter «ceux qui accueillent». A vrai dire je ne savais pas trop que nous arrivions et que nous étions accueilli tels des invités. Il me semblait bien au contraire, naïf que je suis, être chez moi en France. Il a également ajouté « chacun doit savoir se garder de toute ostentation» et «pratiquer son culte avec (…) humble discrétion». Dans la même veine du «baisse la tête et reste discret», j’ai ensuite entendu le slogan adressée aux femmes musulmanes et devenu désormais culte : «Arrête de me me montrer ton cul-te».
Ça commence à faire beaucoup, et ma barbe de quelques jours devenue soudainement islamique, si ce n’est islamiste, au yeux de certains commençait sérieusement à sentir le roussi… Je me rassurais intérieurement en me disant que, Dieu oups République merci, cette conception de la laïcité contrevenait à l‘article 18 de Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, indiquant notamment que : «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ce droit implique la liberté de [...] manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.»
Le coup de grâce je l’ai reçu le 2 février 2010 en lisant un article de Véronique Soulé dans Libération (un journal de la gauche-anti-raciste-anti-lepen pourtant !) intitulé « La laïcité perdante au jeu de la carte scolaire » dans lequel nous pouvons lire, je cite : « »La laïcité, c’est aussi le brassage social. Il faut éviter que nos établissements deviennent homogènes ethniquement, culturellement et scolairement. Or avec la libéralisation de la carte scolaire, on observe des dérives. » explique Philippe Tournier, responsable du SNPDEN, le syndicat majoritaire des proviseurs.» et plus loin «Pour défendre une laïcité qu’il juge menacée [...] le SNPDEN a décidé de lancer une campagne [...] afin de mesurer la diversité sociale [...] dans les lycées et les collèges.». Ce que je lis c’est que l’homogénéité ethnique et culturelle menace la laïcité. Ce que je lis, c’est qu’une majorité d’élèves musulmans c’est un danger pour la laïcité. Autrement dit, la laïcité n’est en sécurité qu’avec une minorité d’élèves musulmans. Parano dites-vous ? J’aurais préféré…
Il n’en reste pas moins que je reste quand même nostalgique de la définition de la laïcité telle que l’on m’avait enseigné à l’école.
Laïcité : neutralité de l’Etat, des collectivités locales et de tous les services publics par rapport à une ou des religions, une ou des philosophies. En France, la laïcité de l’Etat a été consacrée en 1905 par la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
(Passage supprimé : Reste que nombreux sont ceux qui pensent qu’il ne s’agit là que d’un facheux malentendu que l’on pourrait facilement dissiper à grand coups d’éducation citoyenne. Pourtant, c’est bien la même définition de la laïcité que tous les élèves dela République ont appris sur les bancs de l’école : Laïcité : neutralité de l’Etat, des collectivités locales et de tous les services publics par rapport à une ou des religions, une ou des philosophies. En France, la laïcité de l’Etat a été consacrée en 1905 par la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.)
Or si un banal écolier, tel que vous et moi, a appris cette définition, que pensez des hommes politiques, des intellectuels et journalistes qui entretiennent la confusion ? Sommes-nous les cancres et eux les premiers de la classe républicaine ? A l’école nous avons tous appris à lever la main et attendre patiemment avant que le maître nous donne la parole. Mais alors, pourquoi le maître ne nous donne jamais la parole, ou si rarement, lorsque nous levons la main pour corriger les trop nombreuses fois où laïcité et islamophobie sont confondus ? Pourquoi seuls les islamophobes et autres laïcistes enragés ne sont autorisés à s’exprimer ? La seule réponse logique que je vois, c’est que le maître a ses chouchous. Or personne n’aime les fayots. Dans ce cas là, allons nous continuer à nous laisser gronder par une autorité injuste ? Ne nous laissons pas faire taxer d’insolents et d’insoumis alors que nous nous élevons contre l’injustice qui nous est faîtes. Car si la parole nous est confisquée, il n’y a pas d’autres alternatives que de s’imposer aux autres par la force du nombre, de la volonté et de la persévérance.
Mais nous ne sommes plus à l’école. Il est grand temps de laisser derrière nous cette mentalité d’écolier docile et de se comporter en adultes. Bâtir ensemble un mouvement politique décomplexé de ceux qu’on prive de parole sans attendre les encouragements du maître me semble être de notre devoir autant que de notre droit, pour nous et pour les générations futures. Générations qui passeront elles-aussi par cette école de la République, ses maîtres souvent injustes et ses fayots…
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Messieurs et encore messieurs, et toujours messieurs les députés
Cet article fait partie du dossier sur la burqa. Il documente l’affirmation selon laquelle l’avant-garde du combat contre la burqa est constituée d’une petite élite de députés sexistes et souchistes sous leurs airs bonhomme de patriarche.
Il suffit ainsi pour confirmer notre intuition de jeter un coup d’oeil à la liste des députés ayant présenté, le 9 juin 2009, la proposition de résolution N°1725, tendant à la création d’une commission d’enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national1.
En la comparant à la mission d’évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes2, nous sommes surpris de ne la voir composée que par 30 députés pour près de 58 pour celle concernant le voile intégral. Un phénomène touchant rappelons-le moins de 400 femmes en France pour 1,3 million de femmes qui « vivent chaque jour dans la violence de leur conjoint. ». Et nous n’y retrouvons que 4 députés membres des deux groupes. Dans la mission d’évaluation sur les violences faites aux femmes nous y retrouvons 19 femmes, soit près des 2/3. Dans celle concernant le voile intégral seulement 9 femmes… Pour une revendication prétendument féministe, le voile intégral mobilise peu les femmes. Et pour des mâles députés se revendiquant pour l’égalité hommes-femmes, je les trouve bien peu soucieux du sort concret des femmes… Cette mission a débouché sur 65 propositions afin de combattre les violences vécues par les femmes au sein du foyer, dans l’espace publique mais également au travail. Ce qu’elle peut nous apprendre sur le voile intégral c’est que ce sont les femmes désocialisées, c’est-à-dire isolées ou exclues de la sphère publique, qui sont le plus touchées. Or la loi prohibant le voile intégral a pour but d’exclure de la sphère publique ces femmes, les fragilisant encore davantage.
Nous avons donc d’un côté une commission d’enquête contre le voile intégral, dirigée par 2 hommes, composée par un très grand nombre de députés, mais avec une très faible minorité de femmes, dont le but n’est certainement pas d’améliorer la condition de la femme; et de l’autre une mission d’évaluation composée d’un faible nombre de députés au regard de la tâche à accomplir, dirigée par une femme et proposant une série de mesures concrètes luttant pour l’égalité hommes-femmes. Le plus grave c’est que son rapport rendu le 7 juillet 2009, n’a eu que très peu d’échos et a certainement subit l’ombre du débat sur le voile intégral3. Nous n’avons entendu aucune des féministes institutionnelles s’exprimer sur le sujet, ou au mieux leur parole n’a pas été relayée par les médias.
Des députés patriarches…
Ainsi ces prétendus défenseurs de la femme que sont les députés UMP Jacques Myard, Pierre Lellouche, Lionel Luca et Thierry Mariani ont tous voté contre la réforme de l’IVG et de la contraception du 5/12/2000 et contre le PACS. «Si je me bats au quotidien pour le droit des femmes en Afghanistan, vous comprendrez bien que je souhaiterais que toutes les femmes en France aient droit à leur corps et à leur personne», c’est ce qu’affirme par ailleurs Pierre Lellouche, le député UMP, un des 58 co-signataires de la proposition de résolution et ancien représentant spécial de la France pour l’Afghanistan et le Pakistan 4 puisqu’il y a désormais été remplacé par Thierry Mariani5. Au regard de ses prises de positions politiques, ce pour quoi au quotidien il se bat relève plutôt de la justification de l’occupation française de ce pays. Nous pouvons légitimement penser que la démarche de Thierry Mariani relève de la même logique ;
Jacques Myard, Pierre Lellouche, Lionel Luca ont également signé la pétition homophobe de Michel Pinton des maires contre le CUS (PaCS). Lors d’un débat sur le PaCS, tandis que la Garde des Sceaux assurait que les couples homosexuels n’adopteront pas, Pierre Lellouche s’est écrié : « Alors, stérilisez-les ! »6 .
Jacques Myard avait affirmé dans sa proposition de loi que les femmes portant un voile intégral se trouvaient « dans l’impossibilité d’établir le moindre contact humain en dehors de sa famille. » Il aurait du s’en réjouir puisque ce prétendu défenseur de l’émancipation de la femme préside le groupe parlementaire à fort relent patriarcal : « Oser la famille ».
Représentants de circonscriptions rurales, Dominique Souchet et Véronique Besse du MPF, parti ostensiblement défenseur de la souchitude et du patriarcat7, se sont également associés à la démarche pour « faire de la prévention »8.
Ce sont ceux qui combattaient le droit à l’avortement, le droit à l’union civile quelque soit l’orientation sexuelle, qui se prétendent aujourd’hui les héraults des valeurs de la République face aux femmes musulmanes portant un voile intégral. Les femmes sont tellement au centre de leurs préoccupations qu’ils se sont évertués à combattre les lois défendant leur dignité. Pourquoi alors penser que cette proposition de loi qu’ils s’apprêtent à présenter ne serait pas le prolongement d’un tel combat sexiste ?
Des députés souchistes…
D’ailleurs parmi ces députés qui en préambule de la proposition prétendent reconnaître la diversité, nous trouvons également des fervents défenseurs de la souchitude et de la France coloniale. Ainsi les députés Jacques Myard, Pierre Lellouche, Lionel Luca et Thierry Mariani ont voté le 22 janvier 2002 contre la proposition de loi relative à la reconnaissance du 19 mars comme Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie. Jacques Myard avait justifié son vote de défense de l’ère coloniale en expliquant que selon lui la proposition de loi « est une manœuvre politicienne ayant pour objectif de tenter de recréer le mythe du peuple de gauche, prétendument progressiste et juste. »9. L’ironie c’est qu’il essaye désormais de faire croire au mythe du peuple « De Souche », prétendument progressiste et juste envers les femmes depuis sa genèse éludant la réalité historique du patriarcat en France et les luttes féministes contre cette France là. C’est donc sur ces députés là que nous nous attarderons donc quelque temps par ordre croissant de degré de souchisme ostensible…
Je vous épargne le suspens en vous annonçant que le rapporteur de la commission, André Gérin, et Jacques Myard, le précurseur de la lutte contre la burqa sont également ses plus éminents représentants.
Lionel Luca, le nettoyeur ethnique
Lionel Luca (UMP, Alpes-Maritimes), défendait ainsi un référendum sur la peine de mort proposé par Charles Pasqua 10 peu de temps après le « 11 septembre » pour lutter contre le terrorisme sous un climat délétère de suspicion de tout musulman d’être un terroriste potentiel.
Il avait également intimer aux siffleurs du match France/Tunisie de «faire leur valise pour réintégrer le pays de leurs origines»11 probablement afin de bien leur faire comprendre, avec une certaine morgue coloniale, qu’ils ne sont pas tout à fait des citoyens comme les autres. D’ailleurs il avait estimé que sans «la colonisation, ni Léon Bertrand ni Azouz Begag ne seraient ministres de la République française». Lionel Luca avait déjà remarqué que «ceux qui aux Antilles font toute sorte d’amalgames avec l’esclavage ne crachent pas sur le RMI des anciens colonisateurs !».
Nous retrouvons également sa trace sur le site du parti d’extrême-droite MNR, dans des initiatives communes avec Bruno Mégret, ou encore dans toutes les propositions de loi visant à réduire l’accession à la nationalité française.12
Thierry Mariani, le pourfendeur des immigré-e-s et de leurs enfants
Comme l’affirme la revue Pro-Choix 13 « Plus anti-immigrés qu’autre chose, ses multiples assauts contre le PaCS ont visé principalement l’ouverture du contrat aux étrangers. » Mariani craint par dessus tout la régularisation des sans-papiers : « on en est à se demander si vous n’attendez pas, pour réagir, que les intéressés puissent conclure un ‘PACS blanc’ afin d’obtenir leur régularisation »14; « et je ne parle pas des conséquences du PaCS sur l’immigration. » ; « le PaCS sera en réalité la voiture-balai des régularisations de sans-papiers, et cela nous ne pouvons l’accepter ». Il a proposé une loi visant à supprimer toute possibilité d’acquérir la nationalité française aux étrangers coupables de crime ou de trafic de stupéfiants renforçant ainsi une justice donc à double vitesse qui condamne doublement les enfants d’immigrés. Des personnes socialisés en France qui ne pourront jamais devenir des citoyens. « Lors du premier tour de l’élection présidentielle 2002, il a recommandé à ses élus de soutenir Nicolas Miguet, ancien proche de Jean-Marie Le Pen, dans sa quête des 500 signatures ». Et plus récemment c’est lui l’auteur du fameux amendement ADN incluant des tests ADN pour les candidats au regroupement familial15.
Jacques Myard, la fierté de la France réac
Jacques Myard n’est pas un novice dans la matière. Comme il s’en orgueillit lui-même il avait déjà proposé l’interdiction du voile intégral dans une proposition de loi prétendant viser « à lutter contre les atteintes à la dignité de la femme résultant de certaines pratiques religieuses » présentée à l’Assemblée Nationale le 23 septembre 2008.
Dans l’introduction le ton est donné puisque que la loi discriminatoire d’interdiction du voile islamique à l’école aurait permis « l’apaisement dans les écoles minées depuis des années par des polémiques prosélytes et idéologiques. » Mais de quelles polémiques prosélytes et idéologiques parle-t-il ? Nous aurions espéré qu’il s’agisse des multiples réformes visant à dépecer l’école publique…
Mais cette loi ne se limitait pas à une interdiction. Elle prévoyait une peine d’emprisonnement de 2 mois ferme et 15 000 euros d’amende pour toute personne n’ayant pas le « le visage découvert » ainsi que « l’incitation à violer ledit principe ». Sans compter qu’elle incluait une discrimination envers les étrangers qui se verraient en plus punir d’une expulsion du territoire natonal. Il suffit donc de soutenir les militants au visage masqué de « Génération Précaire »16 pour écoper de 2 mois d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Si en plus vous êtes étranger, c’est l’expulsion ! Et puis ceux qui défendront le droit pour les femmes de se couvrir ou non le visage selon leur souhait se verront également punir par la loi… Et le pire dans toute l’histoire, c’est que ce sont les femmes subissant le port du voile intégral qui se verraient sanctionné doublement ! Inciter à ne plus sortir de chez elles, à la moindre incartade, en plus de la répression patriarcal domestique elles devront affronter la répression policière d’Etat (raciste)17.
A propos des grèves en Guadeloupe, il avait mis les pieds dans le plat des stéréotypes racistes concernant les noirs en affirmant: « Il faut être ferme, parce que je crois qu’il y a un petit coté aussi où en Guadeloupe, les grèves durent parce que ça permet de participer à un coté mani-festif »18.
Ce prétendu défenseur de la dignité humaine s’est également positionné contre l’application des droits de l’Homme pour les sans-papiers : « Notre justice se trompe lourdement lorsqu’elle fait prévaloir l’existence des droits fondamentaux de l’homme – dont le mariage – que personne ne peut nier, sur le devoir non moins fondamental d’être en situation régulière sur le territoire français pour exercer ces mêmes droits. »
Jacques Myard a expliqué l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour des présidentielles de 2002 non pas par une montée de la xénophobie, mais en premier lieu par une sanction des « 68ards attardés »19.. Sa volonté de chatouiller les relents xénophobes ne fait pas de secret puisque comme le FN, Jacques Myard signale et publie les nationalités des personnes dont il a, comme maire, accepté ou refusé le certificat d’hébergement. Il s’est également distingué pour avoir défendu un durcissement d’acquisition de la nationalité française « afin de lutter contre le terrorisme »20. Dans un interview au journal d’extrême droite Minute, il avait expliqué que l’immigration est la cause des tensions en banlieue : « Il faut répéter sans cesse que nous ne sommes pas à la fin de l’immigration mais que nous en sommes au tout début ! Sauf à être aveugle, inconscient, et à ne pas regarder la réalité du monde tel qu’elle est, il faut reprendre cette législation [Ndlr: sur les certificats d'accueil des étrangers] car il en va des tensions internes que nous allons connaître dans nos banlieues. » Il a également défendu un durcissement des conditions de séjour des étrangers au motif que « nous sommes en train de laisser venir sur notre territoire des populations qui importent leurs propres valeurs, qui ne sont pas toujours les nôtres, et surtout qui importent leurs conflits »21. Sa position suprématiste « De Souche » ne fait là aucun doute.
Le problème de la France avait-il affirmé était que les hommes politiques français «n’ont eu de cesse de dénigrer leur pays ». Nous comprenons donc que lorsqu’il dénigrent les femmes musulmanes, il ne pense pas dénigrer des citoyennes de son pays, puisqu’au fond ce ne sont pas des françaises « De Souche » n’est-ce pas ? Pour couronner le tout il avait affirmé que la reconnaissance des droits des minorités conduisait notamment au « mouvement terroriste corse » ainsi qu’au PACS, l’union des homosexuels et la charte des langues régionales !22
André Gérin, le barbare de la République
Si nous nous en tenons à la définition de Claude-Lévi Strauss sur le barbare (le barbare, c’est d’abord celui qui croit à la barbarie), alors André Gérin est probablement le barbare de la République. Pour André Gerin qui dirige la mission d’information une « crise de civilisation » guette la France, charriant « guerre civile » et « barbarie »23. Mais de quelle barbarie s’agit-il ? Entre qui se déroule cette guerre civile ? Qui menace la civilisation ?
Dans son livre Les Ghettos de la République, il donne des réponses à ces questions en reprennant à son compte le discours raciste de Chirac sur « le bruit et l’odeur » : « Prenons le débat sur l’immigration. Droite et gauche ont agi de la même façon depuis trente ans en noyant le poisson ou en évitant de dire la réalité. On a refusé de reconnaître que des différences importantes existaient dans les modes de vie, les cultures et les traditions entre le monde musulman et la culture judéo-chrétienne. Tout le monde s’est tu. Après avoir évoqué dans un discours de 1991 les fameuses « odeurs », Jacques Chirac a dû pratiquement se renier et s’excuser d’avoir usé d’un tel terme. Cela lui a valu une campagne de dénigrement incroyable. Pourtant il n’avait dit que la vérité. Mais nous étions incapables de l’entendre. Moi-même j’ai dû dire à l’époque « il parle comme le Front national » »24.
Sa défense du souchisme se fait encore plus explicite lorsqu’il affirme son patriotisme en expliquant que « l’identité de la France est fondamentale et elle a besoin d’un combat républicain gauche/droite ». Mais nous craignons que ce combat républicain ne soit, au regard des propos cités plus haut, qu’un combat en faveur d’une République souchiste. Son nationalisme est manifeste lorsqu’il affirme que « Nous sommes fiers d’être Français » en se basant sur l’idée d’une « égalité entre l’homme et la femme » acquise et non à porter comme projet d’une société encore à venir délégitimant les luttes féministes dans la « culture judéo-chrétienne » puisque déjà égalitaire, au profit d’un féminisme racialisé exclusif au « monde musulman » intrinsèquement patriarcal.
Pour lui en tout cas tout ça se déroule sous fond de « diatribe anti-occident, d’un racisme anti-blanc, anti-France. »25. Ses propos dénoncent toute forme de contestation des problèmes que causent le nationalisme français, le racisme et l’impérialisme Occidentaliste. Lutter contre le nationalisme et vous êtes anti-France. Lutter contre le racisme et vous êtes anti-blanc. Lutter contre l’impérialisme Occidentaliste et vous êtes anti-occident. Cette proposition de loi synthétisant les débats publics autour des musulmans en France enseigne à l’ensemble des citoyens, sous couvert de laïcité et de féminisme, la défense du nationalisme, du racisme et de l’impérialisme.
Lire la conclusion de l’article.
- http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion1725.asp [↩]
- http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i1799-t1.asp [↩]
- RAPPORT D’INFORMATION, N° 1799, FAIT AU NOM DE LA MISSION D’ÉVALUATION DE LA POLITIQUE DE PRÉVENTION ET DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES [↩]
- http://www.liberation.fr/societe/0101574845-burqa-a-chacun-de-se-positionner-sur-la-laicite [↩]
- http://www.liberation.fr/politiques/0101580400-thierry-mariani-succede-a-lellouche [↩]
- http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/lellouche.html [↩]
- http://www.pourlafrance.fr/charte-du-mpf.html [↩]
- http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-07-02/port-de-la-burqa-l-assemblee-nationale-installe-une-mission-d-information/920/0/357500 [↩]
- http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/myard.html [↩]
- Communiqué de presse, 13 mars 2002 [↩]
- http://www.liberation.fr/politiques/0101148643-du-bruit-et-une-odeur-de-demagogie [↩]
- http://racismeordinaire.over-blog.com/article-1387524.html [↩]
- http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/mariani.html [↩]
- Assemblée nationale. 13 oct 1998, 1ère séance – Question sur les étrangers en situation irrégulière. [↩]
- http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/La-loi-Hortefeux-est-passee-101637/ [↩]
- http://www.generation-precaire.org/spip.php?article186 [↩]
- http://www.rfi.fr/actufr/articles/064/article_35579.asp [↩]
- http://lmsi.net/spip.php?article868 [↩]
- « Le 1er tour des présidentielles est indubitablement une surprise, mais il n’est en rien l’effet du hasard. En premier lieu, il est une sanction sans appel des soixante-huitard attardés qui depuis 5 ans gèrent la France avec le succès que l’on connaît » [↩]
- Question au gouvernement publiée au JO le : 22/10/2001 [↩]
- Minute, 12 décembre 2001 [↩]
- 2000-08-28 France Quo Vadis ? [↩]
- 20 minutes, 2 juillet [↩]
- La Riposte (12/07/2009), La croisade de Gerin contre la burqa : une aubaine pour la droite [↩]
- Extrait de la proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national et d’une lettre qu’il a adressé au premier ministre [↩]
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Merci Sœurs Caroline, Elisabeth et Dounia…
Cet article fait partie du dossier sur la burqa. Il documente la constatation des dégats causés par la burqa sur quelques éminentes féministes…
La plus grande partie des preuves à charge contre l’hypocrisie féministe et diversité de ces députés est issu du travail de la revue Pro-Choix à l’élection des législatives de 20021. Nous les en aurions remercié si sa directrice, Caroline Fourest, ne s’était pas montré d’un cynisme sans pareil. En effet elle était invité à l’émission télé C dans l’air sur France 5 intitulé « Le voile : second round » et animé par l’inerrable Yves Calvi avec comme autre supporter de l’interdiction du port du voile intégral le député UMP Jacques Myard2.
Ce dernier avait y osé dire qu’en France « nous sommes dans une tradition multiséculaire où les femmes sont l’égale de l’homme». Parlons-nous de la même France, celle dont la « tradition multiséculaire » incluait droit de cuissage, mariages forcés, interdiction du divorce, de l’avortement, interdiction de la femme de gérer ses biens et de voter ? Celle qui éxécuta Olympe de Gouge et qui pratiqua la prostitution à grande échelle dans ses colonies ? Ces propos rétablissent le patriarcat français « traditionnel » le plus dur par l’entremise d’un révisionnisme3. Si vous vous imaginez qu’e ce monsieur fut corrigé dans l’instant par Caroline Fourest, militante féministe « pro-choix », vous auriez été très déçu.
Pourtant elle savait pertinemment qui elle avait en face d’elle puisqu’elle l’avait placardé dans le top 12 des pires députés « anti-choix que l’on voudrait vraiment ne plus voir à l’Assemblée »4 dans la revue Pro-Choix qu’elle dirige… Mais sur le plateau, nulle mention de sa part des positions sexistes, racistes, homophobes et xénophobes qu’a eut Jacques Myard dont elle avait pourtant connaissance. Bien au contraire, elle abondait dans son sens pour défendre l’interdiction de la burqa dans une sorte de pacte de non-agression entre féministes blanches et mâles blancs réactionnaires prenant en appui commun leur paternalisme colonial et leur islamophobie.
Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux, ex-membre du CFCM, hier défenseuse des filles voilées5, pratique désormais le désormais très populaire takfir6 (déni d’islamité) à l’encontre des femmes musulmans en niqab dans l’espoir que sacrifier ces femmes à l’autel de l’hystérie islamophobe permettrait de sauver les « musulman-e-s modéré-e-s » dont elle s’imagine la bergère… Ainsi devant la la mission d’information parlementaire sur le port du voile intégral, elle a défendue une loi de prohibition en insistant sur la nécessité de l’aborder par son volet sécuritaire et non religieux pour ne pas «considérer le niqab comme musulman» par peur de donner «une vision archaïque» de l’Islam afin de ne pas «faire le procès de l’Islam». Ce faisant, l’on constate que de façon paradoxale, qu’elle aborde le sujet d’un point de vue religieux en violation du principe de laïcité qui ne reconnaissant aucun culte peut encore moins chercher à donner une bonne vision ou respecter l’Islam comme elle le demande. Étonnant retournement de veste après son article « Monsieur Islam n’existe pas, Pour une désislamisation des débats. »7 implorant les responsables politiques de cesser d’aborder les problèmes de société par le fait religieux.
Elisabeth Badinter, féministe française quant elle luttait encore contre le patriarcat, s’est elle aussi reconverti dans désormais très prospère filon du féminisme colonial8. Publié le 9 juillet 2009 dans le Nouvel Observateur, elle envoie une « adresse à celles qui portent volontairement la burqa »9 qui relève davantage de l’invective affichant publiquement son ignorance vu qu’il ne s’agit pas de burqa mais de niqab. Mais elle se montre surtout méprisante de la liberté de culte garantie par la laïcité en s’improvisant, comme tant d’autres avant elles, théologienne islamique en affirmant que le voile intégral ne relève « pas du commandement religieux mais de la tradition » wahabite10 et pachtoune. Légitimant l’intolérance religieuse, elle déclare « vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes. ». Elle reprends également à son compte le crédo « La France aimez-la ou quittez-là » sous forme d’une question rhétorique « pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes » oublieuse que la grande majorité de ces femmes sont françaises… D’ailleurs dans les rapports mentionnant le nombre de femmes portant la burqa, est rapporté qu’un grand nombre d’entre elles sont des françaises converties, c-a-d des françaises blanches. Parler de françaises converties c’est une façon de nier le caractère français des converties descendantes d’immigrés africains subsahariens et de maghrébins11. Elisabeth Badinter n’échappe pas au crédo de l’accusation de fascisme vert12 : « vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie ». La réponse du berger à la bergère serait de lui répondre « vous utilisez le féminisme pour les retourner contre le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes ».
- Nous avons pris au mot l’invitation à se mobiliser que la campagne d’informations qui se donnait « pour but de réveiller la conscience civique en armant (d’informations citoyennes) les citoyens-militants désireux de se mobiliser pour que certains élus ne puissent plus exercer leur action anti-choix au sein du parlement. » [↩]
- http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1186 [↩]
- http://www.monde-diplomatique.fr/2007/04/CHOLLET/14649 [↩]
- http://www.prochoix.org/pages.action/legislatives/legindex.html [↩]
- http://www.nsae.fr/actualite/voilees-ou-non-les-jeunes-musulmanes-semancipent/ [↩]
- Coran 4:176. Plusieurs hadiths du prophète Muhammad (SAWS) insistent sur la gravité du takfîr : « Si une personne dit à son frère : Ô kâfir (mécréant), alors l’un des deux le mérite. Soit l’accusateur a raison, soit c’est lui-même à qui ce nom s’applique. » Rapporté par Boukahry et Mouslim. « Celui qui lance à son frère une accusation de kufr (mécréance), c’est comme s’il le tuait. » Rapporté par Boukahry et Mouslim. [↩]
- http://www.amazon.fr/Monsieur-Islam-nexiste-pas-d%C3%A9sislamisation/dp/201235842X [↩]
- http://lmsi.net/spip.php?article188 [↩]
- http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2331/articles/a405327-.html?xtmc=burqa&xtcr=2 [↩]
- Courant religieux islamique officiel d’Arabie Saoudite. [↩]
- http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/29/la-police-estime-marginal-le-port-de-la-burqa_1223776_3224.html [↩]
- Terme inventé pour désigner une forme de fascisme qui se baserait sur l’Islam [↩]


