Malcolm X et le problème de la violence : Enjeux de la stratégie de la non-violence (4)

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Malcolm X et le problème de la violence : Introduction (1)

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« Et le procès fait à la violence c’est cela même qui est la brutalité. Et plus la brutalité sera grande, plus le procès infamant, plus la violence devient impérieuse et nécessaire. Plus la brutalité est cassante, plus la violence qui est vie sera exigeante jusqu’à l’héroïsme.»

Jean Genet, Violence et brutalité, 2 Septembre 1977

« Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides et qui ayant tout disent avec une bonne figure, une bonne conscience : « nous, nous qui avons tout, on est pour la paix … » Je sais ce que je dois leur crier, à ceux là : «  les premiers violents, les provocateurs de toutes violences, c’est vous !  Et quand le soir dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants avec votre bonne conscience, au regard de Dieu vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscient que n’en aura jamais le désespéré qui a prit des armes pour essayer de sortir de son désespoir ». »

Abbé Pierre

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Il existe un degré au delà duquel le ghetto ne peut plus se refroidir… — Stokely Carmichael

CARMICHAEL SPEAKS TO STUDENTS

La voilà l’allumette qui continuera d’allumer la dynamite du ghetto : la sottise des responsables, l’anachronisme des institutions, l’incapacité de regarder les choses en face et surtout la crainte d’innover.

Les administrations auront beau mettre sur pied des dispositifs de fortune pour éviter les émeutes, elles ne feront que gagner du temps. L’Amérique blanche peut bien continuer à dépenser des millions de dollars pour essayer de transplanter, pour l’été, les adolescents noirs hors des rues dans lesquelles ils traînent et ‘de les mettre dans de jolies fermes vertes. Elle peut bien continuer à fournir des piscines préfabriquées et à construire en toute hâte des terrains de jeux ! Il existe un degré au-delà duquel le ghetto ne peut plus se refroidir. Il est grotesque de croire que ces mesures temporaires réussiront à contenir pour longtemps la colère d’un peuple opprimé.

Et le jour où la dynamite sautera, les pieux discours et les appels à la patience ne seront plus de mise. Inutile d’accuser « des agitateurs extérieurs », « l’influence communiste » ou les partisans du « Black Power ». Cette dynamite, c’est le racisme blanc qui l’a placée là et ce sont l’indifférence, la répugnance des racistes à se montrer justes qui l’ont mise à feu.

Stokely Carmichael aka Kwame Ture, Le « Black Power » aux USA pour une politique de libération

Cahier de coloriage du Black Panther Party et du FBI

Extraits d’un cahier de coloriage crée par un membre du Black Panther Party (du FBI pour les discréditer selon d’autres) et que le BPP a refusé. Il n’en reste pas moins que c’est du beau travail.

L'homme Noir en Afrique avait des guerriers forts et de belles villes.

L’homme Noir en Afrique avait des guerriers forts et de belles villes.

"L'homme Blanc voulait les richesses de l'homme noir. Ils vinrent avec des fusils et la force et ils les prirent.

L’homme Blanc voulait les richesses de l’homme noir. Ils vinrent avec des fusils et la force et ils les prirent.

Islam et les africains-américains

Malik el-Shabazz en prière

Malik el-Shabazz en prière

Islam et politique des africains-américains :

Et dans le hip-hop :

  • Multiple Lives of Black Islam in Hip-hop – Mubbashir Rizvi (PDF), (Lire en ligne), This article seeks to raise questions with prevailing assessments of hip-hop that offer very essentialist readings of the genre. Too often there is a ready willingness to conflate aesthetics with ‘reality’, the tendency to confuse form with content, and the insistence by both critics and practitioners to fuse behavior with spectacle. This article questions the ease with which the art-form of hip-hop is interpreted with an impoverished script of race; where rap music is only reactive, a natural response or stirring of the streets. There is a lack of credit given to the creativity, adoption of technology and the ingenuity of immaterial labor, that is the production of radical signifying practices that have transformed popular culture.
  • FEAR OF A MUSLIM PLANET:THE ISLAMIC ROOTS OF HIP-HOP – FEAR OF A MUSLIM PLANET:THE ISLAMIC ROOTS OF HIP-HOP
    Naeem Mohaiemen
    sound unbound
    MIT Press, DJ Spooky ed., 2008

Mercredi 24 mars 2010 – Cinéma – Décoloniser les imaginaires

A ne pas manquer : mercredi 24 mars 2010, de 16h à 22h30, au Centre Georges Pompidou, dans le cadre du festival du cinéma du réel, une thématique « Décoloniser les imaginaires » nous emmenera dans les luttes décoloniales Noires, Panafricaines et Algériennes.

De l’Algérie aux Black Panthers

Algérie, année zéro

Marceline Loridan Ivens, Jean-Pierre Sergent – 40′ – France – Prod: Capi films – 1962

Documentaire sur les débuts de l’indépendance algérienne filmé au cours de l’été 1962 à Alger. Le film fut interdit en France et en Algérie mais obtint le Grand prix du festival international de Leipzig en 1965. Par amitié, la société de production Images de France, leur envoya un opérateur, Bruno Muel, qui déclara plus tard : « Pour qui avait été appelé en Algérie (pour moi, 1956-58) participer à un film sur l’indépendance était une victoire sur l’horreur, le mensonge et l’absurde. Ce fut en outre le début de mon engagement par le cinéma. »

Eldridge Cleaver, Black Panther

William Klein – 75′ – Algérie 1969

Cleaver justifie non seulement son combat, mais la forme particulière que prend ce combat à ce moment précis de la vie de Cleaver – c’està- dire l’exil. Cleaver ne fuit pas la prison mais la « liquidation » pure et simple. Question de vie ou de mort. L’Algérie a accueilli Cleaver. […] Très beaux moments du film lorsque la caméra suit Cleaver déambulant dans les ruelles de la Casbah – et semant la bonne parole au hasard des rencontres (il y a du prédicateur en Cleaver). Car l’exil est aussi lutte – transport de la lutte ailleurs. (Jean-Louis Bory, Le Nouvel Observateur, 14/12/1970)

Séances

Angela Davis

Jean Genet parle d’Angela Davis

Carole Roussopoulos – 8′ – France – Prod: Carole Roussopoulos – 1970

Le 16 octobre 1970, au Hôtel Cecil à Paris, le groupe Video Out (Carole et Paul Roussopoulos) filme la déclaration de Jean Genet enregistrée après l’annonce de l’arrestation d’Angela Davis, militante du Black Panther Party et enseignante de philosophie aux Etats-Unis.Jean Genet dénonce violemment la politique raciste des Etats-Unis. À la demande du réalisateur de l’O.R.T.F, il reprendra deux fois la lecture de son texte. image L’émission sera finalement censurée.

Angela Davis : Portrait of a Revolutionary

Yolande Du Luart – 60′ – États-Unis – 1972

Le film prend Angela Davis en pleine lutte. Yolande du Luart, avec les élèves du groupe cinéma de l’UCLA (University of California, Los Angeles), a suivi Angela Davis, professeur de philo chargée de la chaire de philosophie européenne et spécialiste du marxisme. Elle l’a suivie dans ses cours et hors ses cours – meetings, manifs, discours -, insistant sur un seul aspect d’Angela Davis, la militante. Aspect qui résume, il est vrai, tout Angela Davis, puisque, de son propre aveu, Angela Davis se considère en état de mobilisation permanente et que le militantisme est toute sa vie. (Jean-Louis Bory, Le Nouvel Observateur, 21/02/1972)

Séances

  • Mercredi 24 mars 2010 à 18h45 Cinéma 2

Le Panafricain

Le Festival Panafricain d’Alger

William Klein – 112′ – Algérie – 1969

Au coeur d’un festival resté dans les annales, le film se nourrit d’archives des luttes d’indépendance et d’entretiens avec des représentants de mouvements de libération et d’écrivains africains. William Klein suit les principales étapes du festival qui fut qualifié d’« opéra du tiers-monde » à sa manière particulière : le spectateur est plongé au milieu de l’action, particulièrement dans les images du défilé des troupes lors de l’ouverture du festival et celles du saxophoniste Archie Shepp improvisant en compagnie de musiciens algériens.

Séances

Le mot «Nègre», La Voix des Nègres

La voix des Nègres, n°1 janv. 1927, « Le mot "nègre" » (art. signé du Comité).

C’est le gros mot du jour, c’est le mot que certains de nos frères de race ne veulent plus être appelés ainsi. Les dominateurs des peuples de race nègre, ceux qui se sont partagés l’Afrique sous prétexte de civiliser les Nègres, s’emploient à une abominable manœuvre divisionniste pour mieux régner chez eux. En plus de la division primitive en caste, de tribus et de religions, qu’ils exploitent (…), les impérialistes s’emploient à briser l’unité (…) de la race pour nous maintenir éternellement à l’état d’esclavage auquel nous sommes contraints par la force (…) depuis plusieurs siècles.

Pour arriver à celà, ils sortent du mot nègre deux mots nouveaux, afin de diviser la race en trois catégories différentes, à savoir : « hommes de couleurs », « noirs » – tout court – et nègres. On fait croire aux uns qu’ils sont des « hommes de couleur » et non noirs et nègres première catégorie, aux autres, qu’ils sont des «noirs» tout court et non des nègres deuxième catégorie. Quant aux « restes », ce sont des nègres troisième catégorie !

Que veut dire «homme de couleur» ? Nous affirmons que ce mot désigne tous les hommes de la terre. La preuve : il n’y a pas un seul homme dans ce monde qui ne soit pas d’une couleur ou d’une autre. Donc, nous ne pouvons prendre, pour nous seuls, ce qui appartient à tous.  Et «noir» ? Pour le mot noir, nous ne croyons pas qu’il puisse servir pour distinguer tous les nègres du monde, étant donné que tous les nègres d’Afrique, reconnaîtront avec nous qu’il existe dans diverses parties du continent des nègres aussi blancs que certains blancs d’Europe, et qui n’ont de nègre que les traits et la chevelure. Nous refusons donc d’admettre que, seuls, (…) ceux que l’on exploite dans la culture cotonnière de la vallée du Niger, les coupeurs de cannes à sucre dans les champs des domaines de la Martinique et de la Guadeloupe soient des nègres. Tandis qu’un de nos frère titulaire du brevet des écoles de hautes études européennes – l’intellectuel – seraît un homme de couleur, et que celui qui n’a pu arriver à ce degré, mais qui exerce le même métier qu’un blanc et qui s’adapte comme les blancs à leur vie et à leurs mœurs et usages – l’ouvrier – serait un «noir» tout court.

Non messieurs les diviseurs pour régner !

Permettez-nous de vous rappeler que les derniers sont les descendants des premiers.

Les jeunesses du CRDN (Ndlr: Comité de Défense de la Race Nègre) se sont fait un devoir de ramasser ce nom dans la boue où vous le traînez pour en faire un symbole. Ce nom est celui de notre race.

Nos terres, nos droits et notre liberté ne nous appartenant plus, nous nous cramponnons sur ce qui avec l’éclat de la couleur de notre épiderme sont les seuls biens qui nous restent de l’héritage de nos aïeux. Ce nom est à nous; nous sommes à lui ! Il est nôtre comme nous sommes siens ! En lui, nous mettons tout notre honneur et notre foi de défendre notre race. Oui, messieurs, vous avez voulu vous servir de ce nom comme mot d’ordre scissioniste. Nous, nous en servons comme mot d’ordre de ralliement : un flambeau ! Nous nous faisons honneur et gloire de nous appeler Nègres, avec un N majuscule en tête. C’est notre race nègre que nous voulons guider sur la voie de sa libération totale du joug esclavagiste qu’elle subit. Nous voulons imposer le respect dû à notre race, ainsi que son égalité avec toutes les autres races du monde, ce qui est son droit et notre devoir, et nous nous appelons Nègres !

La voix des Nègres, n°1 janv. 1927, « Le mot « nègre » » (art. signé du Comité).

Mes signets du 11/09/2009 au 18/09/2009

Ma selection de liens du 11/09/2009 au 18/09/2009:

  • Yves Plasseraud : Choisir sa propre nationalité (2000) – Balkans, Irlande du Nord, Pays basque, Caucase, Afrique, Indonésie, etc.: les conflits qui caractérisent la période actuelle portent, de plus en plus fréquemment, sur la question des minorités et de leurs droits. Faute de réponse satisfaisante, ils débouchent souvent sur une exigence de sécession. N’y a-t-il pas d’autre solution que cette prolifération étatique, porteuse d’instabilité et donc d’affrontements en chaîne? L’autonomie personnelle constitue sans doute un modèle riche de potentialités pour l’avenir. L’histoire de l’Europe en offre de nombreux exemples, qui méritent réflexion.
  • La question nationale – Marx devient convaincu que "tous les centres industriels et commerciaux d’Angleterre ont maintenant une classe ouvrière scindée en deux camps ennemis : prolétaires anglais et prolétaires irlandais. L’ouvrier anglais ordinaire déteste l’ouvrier irlandais comme un concurrent qui abaisse sont niveau d’existence moyen. Il se sent à son égard membre d’une nation dominatrice, devient de ce fait un instrument de ses aristocrates et capitalistes contre l’Irlande et consolide leur emprise sur lui-même. (…) Cet antagonisme est le secret de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise, en dépit de son organisation."
  • La Culpabilité de L’Homme Blanc – D’un autre côté, les gens qui imaginent que l’Histoire les flatte (comme elle le fait, en effet, puisque c’est eux qui l’ont écrit) sont empalés sur celle-ci comme un papillon sur une aiguille et deviennent incapables de se voir ou de se changer eux-mêmes ou le monde.
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