Mettre en scène la «fin» du colonialisme pour un colonialisme sans fin

Célébrer les indépendances pour mieux nier l'actualité du colonialisme

Une branche de la tradition critique, incapable d’imaginer la fin du colonialisme, en nie même l’existence. Selon cette conception, l’indépendance des colonies a signifié la fin du colonialisme ; depuis lors, l’anticapitalisme est devenu le seul objectif légitime de la politique émancipatrice. Cette branche de la pensée critique se focalise sur la lutte des classes et, de ce fait, ne reconnaît pas la validité des luttes ethnoculturelles. Au contraire, elle valorise l’hybridité ou le métissage – qu’elle identifie comme un élément clé du colonialisme ibérique – comme preuve supplémentaire du dépassement du colonialisme. En conséquence, la démocratie raciale est célébrée comme la représentation de l’état actuel des choses, et n’est pas présentée comme un but à atteindre.

de Sousa Santos Boaventura , « Épistémologies du Sud » ,
Etudes rurales, 2011/1 n°187, p. 21-49.

Mes signets du 17/02/2009 au 23/02/2009

Ma selection de liens du 17/02/2009 au 23/02/2009:

  • http://www.english.emory.edu/Bahri/Glossary.html – Glossary of Key Terms in the Work of Gayatri Chakravorty Spivak.
    Dictionnaire des termes utilisées par la philosophe et penseuse politique indienne Gayatri Spivak, chantre du subalternisme et de l'"essentialisme stratégique temporaire".
  • Le manifeste de neuf intellectuels antillais pour "des sociétés post-capitalistes" – 9 intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité".
  • Le complexe du Goy. Ces « amis » français d’Israël qui flirtent avec l’antisémitisme – Le succès, ces dernières années, du thème de « l’antisémitisme arabo-musulman » qui fonctionne chez de nombreux Goys comme une entreprise de déculpabilisation collective, sur le registre : « Nous aimons Israël, les Juifs sont nos amis et les vrais antisémites sont les ‘petits Beurs’ de banlieues qui pour des raisons religieuses s’en prennent aux synagogues ».
  • La défaite de la pensée souchienne – Relectures – Forger une légitimité de « la souche », c’est ce qui peut justifier, selon Dionys Mascolo, une véritable « haine de la philosophie ». Créer au contraire un concept qui soit une arme de connaissance et de résistance, c’est ce qu’a réussi à faire Houria Bouteldja, rendant – en un seul mot – sa dignité à la philosophie.