Mercredi 24 mars 2010 – Cinéma – Décoloniser les imaginaires

mars 23, 2010 · Posted in Pensées · Comment 

A ne pas manquer : mercredi 24 mars 2010, de 16h à 22h30, au Centre Georges Pompidou, dans le cadre du festival du cinéma du réel, une thématique « Décoloniser les imaginaires » nous emmenera dans les luttes décoloniales Noires, Panafricaines et Algériennes.

De l’Algérie aux Black Panthers

Algérie, année zéro

Marceline Loridan Ivens, Jean-Pierre Sergent – 40′ – France – Prod: Capi films – 1962

Documentaire sur les débuts de l’indépendance algérienne filmé au cours de l’été 1962 à Alger. Le film fut interdit en France et en Algérie mais obtint le Grand prix du festival international de Leipzig en 1965. Par amitié, la société de production Images de France, leur envoya un opérateur, Bruno Muel, qui déclara plus tard : « Pour qui avait été appelé en Algérie (pour moi, 1956-58) participer à un film sur l’indépendance était une victoire sur l’horreur, le mensonge et l’absurde. Ce fut en outre le début de mon engagement par le cinéma. »

Eldridge Cleaver, Black Panther

William Klein – 75′ – Algérie 1969

Cleaver justifie non seulement son combat, mais la forme particulière que prend ce combat à ce moment précis de la vie de Cleaver – c’està- dire l’exil. Cleaver ne fuit pas la prison mais la « liquidation » pure et simple. Question de vie ou de mort. L’Algérie a accueilli Cleaver. [...] Très beaux moments du film lorsque la caméra suit Cleaver déambulant dans les ruelles de la Casbah – et semant la bonne parole au hasard des rencontres (il y a du prédicateur en Cleaver). Car l’exil est aussi lutte – transport de la lutte ailleurs. (Jean-Louis Bory, Le Nouvel Observateur, 14/12/1970)

Séances

Angela Davis

Jean Genet parle d’Angela Davis

Carole Roussopoulos – 8′ – France – Prod: Carole Roussopoulos – 1970

Le 16 octobre 1970, au Hôtel Cecil à Paris, le groupe Video Out (Carole et Paul Roussopoulos) filme la déclaration de Jean Genet enregistrée après l’annonce de l’arrestation d’Angela Davis, militante du Black Panther Party et enseignante de philosophie aux Etats-Unis.Jean Genet dénonce violemment la politique raciste des Etats-Unis. À la demande du réalisateur de l’O.R.T.F, il reprendra deux fois la lecture de son texte. image L’émission sera finalement censurée.

Angela Davis : Portrait of a Revolutionary

Yolande Du Luart – 60′ – États-Unis – 1972

Le film prend Angela Davis en pleine lutte. Yolande du Luart, avec les élèves du groupe cinéma de l’UCLA (University of California, Los Angeles), a suivi Angela Davis, professeur de philo chargée de la chaire de philosophie européenne et spécialiste du marxisme. Elle l’a suivie dans ses cours et hors ses cours – meetings, manifs, discours -, insistant sur un seul aspect d’Angela Davis, la militante. Aspect qui résume, il est vrai, tout Angela Davis, puisque, de son propre aveu, Angela Davis se considère en état de mobilisation permanente et que le militantisme est toute sa vie. (Jean-Louis Bory, Le Nouvel Observateur, 21/02/1972)

Séances

  • Mercredi 24 mars 2010 à 18h45 Cinéma 2

Le Panafricain

Le Festival Panafricain d’Alger

William Klein – 112′ – Algérie – 1969

Au coeur d’un festival resté dans les annales, le film se nourrit d’archives des luttes d’indépendance et d’entretiens avec des représentants de mouvements de libération et d’écrivains africains. William Klein suit les principales étapes du festival qui fut qualifié d’« opéra du tiers-monde » à sa manière particulière : le spectateur est plongé au milieu de l’action, particulièrement dans les images du défilé des troupes lors de l’ouverture du festival et celles du saxophoniste Archie Shepp improvisant en compagnie de musiciens algériens.

Séances

Une thèse à scandale, la réaction philosémite

décembre 23, 2009 · Posted in Liens · 1 Comment 

Autour de la thèse d’Alain Ségré « La réaction philosémite, une thèse à scandale » qui tends à montrer que la lutte contre l’antisémitisme a été rabattu en France autour de la défense de l’Occident Blanc.

  • RILI – Une thèse à scandale : La réaction philosémite à l’épreuve d’un juif d’étude – Faut-il vraiment rapprocher le 11 septembre d’Auschwitz? Peut-on être juif sans être sioniste? À ces questions brûlantes, Ivan Segré apporte des réponses différentes de celles que défendent les tenants de la «réaction philosémite». Il redevient dès lors possible de saisir la singularité de l’histoire juive, contre sa dissolution dans une apologie militante de «l’Occident».
  • « La réaction philosémite ». Entretien avec Ivan Segré – ce courant intellectuel français n’est absolument pas le symptôme d’un repli communautaire juif, comme on a trop vite voulu le dire, mais l’avant-garde d’une réaction idéologique dont le véritable mot d’ordre est la défense de l’Occident, et non la défense des juifs ou d’Israël.
  • Entretien avec Ivan Segré – www.la-bas.org – A propos de son livre "La réaction philosémite ou la trahison des clercs". Encore une fois, bousculons nos préjugés. Ivan Segré, docteur en philosophie, se dit sioniste et vit en Israël où il étudie les textes talmudiques. Il a décrypté, dans son livre, les thèses de ces "idéologues" qui confondent pensée critique et antisémitisme.

L’idée que la République française se fait de la dignité de la femme

juin 22, 2009 · Posted in Citations, Pensées · 2 Comments 
Sarkozy, le Républicain à Versailles

Sarkozy, le Républicain à Versailles

Nicolas Sarkozy, le président de la République, l’homme qui a exploité son couple et donc sa femme à des fins électorales, a expliqué devant le Congrès lundi que le voile intégral n’est pas «l’idée que la République française se fait de la dignité de la femme». Ce genre de propos donneur de leçon laissant sous-entendre que la République contiendrait en elle-même l’idée d’égalité hommes femmes nécessite un petit rappel historique !

Contrairement à ce qui est souvent prétendu la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 ne fait absolument pas mention des femmes. Si les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, rien en ce qui concerne les femmes…

Cet oubli vient fort à propos, puisque dans cette République les femmes ne sont sorties de la minorité dans le couple qu’en 1965 en et n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1944 ! Et ce n’est qu’en 1983 que les discriminations sexistes sont interditesUne République dans laquelle 50% de la population, les femmes, ne représentent que 18,5% des sièges à l’Assemblée Nationale. Mais revenons-en à la genèse de la République, et voyons comment elle consacre l’homme blanc bourgeois comme seul citoyen, et le citoyen comme le seul homme blanc bourgeois…

Olympe de Gouges guillotinée

Olympe de Gouges guillotinée

Olympe de Gouges guillotinée par la République le 3 novembre 1793.

Elle fut l’auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs. Le procureur de la Commune de Paris, Pierre-Gaspard Chaumette, applaudissant à l’exécution de plusieurs femmes et fustigeant leur mémoire, évoque cette « femme-homme, l’impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son ménage, voulut politiquer et commit des crimes [...] Tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois. Et vous voudriez les imiter ? Non ! Vous sentirez que vous ne serez vraiment intéressantes et dignes d’estime que lorsque vous serez ce que la nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes soient respectées c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »

La prostitution coloniale : Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962
La prostitution coloniale : Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962

La prostitution coloniale : Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962 (Christelle Taraud)

« L’orientalisme impose […] une image de féminité oisive, passive et offerte qui n’est pas anecdotique. Elle traduit l’idée qu’en Orient il serait encore possible de retrouver le paradis perdu, c’est-à-dire un rapport entre les hommes et les femmes qui soit “naturel” et “simple”, conforme à la traditionnelle domination masculine. »

« Entre l’imaginaire érotique des Orientalistes et la réalité prostitutionnelle des journaux de reportage, s’intercale une gamme infinie de représentations : cartes postales de “Mauresques”, films coloniaux, qui propose presque toujours une lecture essentialiste du rapport homme-femme, en conformité avec la domination masculine. »

Portrait d'une algérienne dévoilée de force 1960 © Marc Garanger

Portrait d'une algérienne dévoilée de force 1960 © Marc Garanger

De la cérémonie du dévoilement à Alger (1958) à Ni Putes Ni Soumises : l’instrumentalisation coloniale et néo-coloniale de la cause des femmes.

« Ainsi, le corps des musulmanes, écartelé au nom des nobles principes de la République, s’est peu à peu défiguré, perverti en banal objet médiatique, figure repoussoir d’une idéologie franco-centrée décidément incapable de penser l’altérité et de penser sa responsabilité dans ce qui fait l’autre et son identité contrariée. »

« Les Ni Putes Ni Soumises ? un ersatz de féminisme, stigmatisant et excluant et les « putes » et les « soumises » (entendez : les voilées), valorisant ce faisant une « féminité » conforme aux normes dominantes, et confortant les politiques de discrimination « républicaines » à l’endroit de ces deux catégories hérétiques de femmes. »


Djamila Bouhired

Djamila Bouhired

Djamila Bouhired, militante de la cause nationale algérienne, torturée par les forces coloniales d’occupation françaises

« Elle a été frappée à coup de balle, qui lui est sortie par le sein; les tortionnaires ont appliqué la gégène sur la plaie, et précisément sur tout ce qu’elle pouvait avoir de désirable en tant que femme ; ils l’ont au préalable déshabillée : ils lui ont brûlé les aréoles des seins, et brûlé à l’électricité les lèvres du sexe, et comme elle n’a pas parlé ils se sont acharnés à l’humilier par la souffrance et les attouchements ignobles, comme si dès lors qu’elle était soupçonnée ou pouvait être utile au renseignement elle perdait sa dignité d’humaine pour être considérée comme un objet d’amusement sexuel et de souffrance. »

90 000 viols par an en France, que fait l'Etat ?

90 000 viols par an en France, que fait la République ?

Selon Amnesty International, 50 000 à 90 000 femmes ont été violées en France. En France, le « devoir conjugal » a été aboli en 1990 et le viol entre conjoints est condamnable depuis 1990.  Avant 1990, non seulement la femme ne pouvait pas poursuivre le violeur s’il s’agit de son mari, mais en plus si elle ne se laissait pas faire elle pouvait être condamnée en justice pour manquement au «devoir conjugal » !

Dans 74 % des cas de viol, la victime connaît ou connaissait son agresseur. Le violeur n’est très majoritairement ni étranger, ni célibataire (vivant seul), ni asocial, ni impulsif. Dans la plupart des cas, il est parfaitement intégré à la société, marié (ou vivant maritalement) avec des enfants.
Vous retrouverez plus d’information sur les chiffres des viols en France.

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