Soirées érudites sur Frantz Fanon à Paris en mars 2011

16 mars, L’actualité de la pensée de Frantz Fanon

Mercredi 16 mars 2011 – 19h30 – Mercredi 16 mars 2011 – 22h00
La Fondation Frantz Fanon, la Société Louise Michel, les éditions de la découverte et la librairie du 104 vous invitent à une conférence autour de la pensée de Frantz Fanon. Frantz Fanon, analyste de la domination coloniale et combattant de la liberté, est mort il y a cinquante ans, laissant une œuvre originale et puissante, une déconstruction fondatrice de l’idéologie de la domination qui n’a rien perdu de son actualité.
Pour en débattre, interviendront : Immanuel Wallerstein, Achille Mbembé, Mireille Fanon Mendès-France et Olivier Besancenot.
La rencontre aura lieu à l’Atelier 3 – 104 / 11 bis, rue Curial ,75019 Paris / 104 rue d’Aubervilliers. métro : lignes 2, 5, 7 stations Stalingrad (bd de la Villette, sortie n°2) Riquet ou Crimée

18 mars, Aliche Cherki sur Frantz Fanon

L’association Le Café-débat à Palaiseau vous invite à la brasserie « Le Balto », 42 avenue de Stalingrad à partir de 20h30 le vendredi 18 mars 2011à un débat sur le thème Frantz Fanon, auteur de « Peau noire, masques blancs », « Les damnés de la terre » : un humanisme à redécouvrir avec Alice CHERKI, psychiatre.

Si vous souhaitez dîner sur place, à partir de 19h, avant le débat, réservez au 01 69 20 02 04, brasserie « Le Balto ». Pour toute information complémentaire : « Café-débat à Palaiseau » chez Mme Françoise Teillagorry

141 rue Marceau 91120 Palaiseau 01 69 31 39 26 cafedebats.palaiseau@gmail.com

3, 10, 17, 24 et 31 mars : De la grande nuit au jour nouveau : Fanon et la décolonisation par Seloua LUSTE BOULBINA

18h30-20h30
Centre Parisien d’Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Jeu 3 mars, Jeu 10 mars, Jeu 17 mars : Salle 1
Jeu 24 mars : Salle 2
Jeu 31 mars : Salle 1
Séminaire organisé dans le cadre du programme « 2011, année des Outre-Mer » et avec le soutien du Centre Parisien d’Études Critiques.

Quelle consistance Fanon donne-t-il à l’idée de décolonisation ?
« Les derniers seront les premiers ». Pour Fanon, « la décolonisation est la vérification de cette phrase ». Faisant des spectateurs de leur propre vie les acteurs de leur propre existence, la décolonisation apparaît comme un processus qui modifie profondément l’être de l’homme, et fait naître une subjectivité nouvelle. Ce n’est donc pas seulement à l’aune des phénomènes objectifs de la domination mais à l’échelle subjective de l’aliénation que Fanon, que ce soit en Martinique ou en Algérie, découvre et dévoile la colonie, toujours plus ou moins racialisée, et le passage de frontières qui est constitutif de la décolonisation des esprits comme des pays. C’est ce passage, qui éloigne tant des masques que de la damnation, qui sera étudié ici. Pour cela, chez Fanon, il faut s’éloigner d’une certaine Europe.

Ces séances sont corrélées au séminaire « Sujet, subjectivation, désubjectivation », placé sous la responsabilité de Martine Leibovici, du Centre de Sociologie des Pratiques et des Représentations Politiques (CSPRP) de l’Université Paris 7.

Intervenants :
– Jeudi 3 mars : Seloua Luste Boulbina
– Jeudi 10 mars : Matthieu Renault (Université Paris 7)
– Jeudi 17 mars : Seloua Luste Boulbina
– Jeudi 24 mars : Sonia Dayan-Hezbrun (Université Paris 7)
– Jeudi 31 mars : Seloua Luste Boulbina

Achille Mbembé sur la colonialité suintante de la France

Sélection d’articles d’Achille Mbembé sur la colonialité du pouvoir en République (impériale) française et de ses conséquences sur elle-même et sur les autres :

  • Décoloniser les structures psychiques du pouvoir – Mouvements – Achille Mbembe est l’une des figures les plus originales et les reconnues de la pensée postcoloniale contemporaine. Auteur du livre retentissant De la Postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine (première édition 2001), son œuvre explore les imaginaires postcoloniaux à partir d’une réflexion qui mêle philosophie et psychanalyse, faisant dialoguer Frantz Fanon, Michel Foucault, Labou Tansi ou Georgio Agamben. Dans cet entretien, Achille Mbembe revient sur les articulations centrales de sa pensée et propose une analyse fine et complexe de la France coloniale, de son racisme « exotique » comme des mouvements qui s’y opposent, dans la continuation de ses interventions publiques lors des émeutes de novembre 2005.
  • Figures du Multiple: La France peut-elle réinventer son identité ? – La crise dans les banlieues de France a pour origine la manière dont la France a historiquement voulu esquiver la question raciale tout en multipliant, à tous les niveaux de la vie quotidienne, des pratiques de « racialisation ». Elle révèle au grand jour l’impasse à laquelle a conduit le refus, par ce pays, de s’auto-décoloniser. Si la France tient encore à exercer un minimum d’attraction dans l’imagination contemporaine, il faudra, très vite, qu’elle en vienne au fait qu’urgence.
  • La République et sa bête – La France est un vieux pays fier de ses traditions et de son histoire. Sans son apport sur le plan de la philosophie, de la culture, de l’art et de l’esthétique, notre monde serait sans doute plus pauvre en esprit et en humanité. Voilà le côté limpide, presque cristallin de son identité.
  • La France et l’Afrique : décoloniser sans s’auto-décoloniser – Aujourd’hui, la tentation chez beaucoup, en France, est de ré-écrire l’histoire de la colonisation en faisant une histoire de la “ pacification ”, de la “ mise en valeur de territoires vacants et sans maîtres ”, de la “ diffusion de l’enseignement ”, de “ fondation d’une médecine moderne ”, de la “ création d’institutions administratives et juridiques ”, de la mise en place d’infrastructures routières et ferroviaires. L’on retrouve, dans cet argument, tous les ingrédients du vieux paradigme de la colonisation comme entreprise humanitaire et de modernisation de vieilles sociétés primitives et agonisantes qui, laissées à elles-mêmes, auraient fini par se suicider.
  • l’Afrique de Nicolas Sarkozy, par Achille Mbembe – Lors de sa récente visite de travail en Afrique sub-saharienne, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a prononcé à Dakar un discours adressé à “ l’élite de la jeunesse africaine ”. Ce discours a profondément choqué une grande partie de ceux à qui il était destiné, ainsi que les milieux professionnels et l’intelligentsia africaine francophone. Viendrait-il à être traduit en anglais qu’il ne manquerait pas de causer des controverses bien plus soutenues compte tenu des traditions de nationalisme, de panafricanisme et d’afrocentrisme plus ancrées chez les Africains anglophones que chez les francophones. Achille Mbembe en fait, ici, une critique argumentée.