La victoire du Ghana sur les USA, c’est la nôtre !

Dans cet article, je ne vous ferai pas une n-ième analyse du match. Pour ça, vous avez d’innombrables sites et revues et des personnes bien plus compétentes. Ce que j’aimerais montrer c’est toute la charge symbolique et politique de cette victoire du Ghana sur les USA.

Vous vous demandez peut-être pourquoi s’intéresser à la victoire du Ghana sur les USA, qui à première vue pourrait sembler ne pas avoir de rapport avec la lutte des descendants des immigrations coloniales en France. Pour répondre à cette épineuse question, rappelons-nous ces mots du martyr el-Hajj Malik el-Shabazz (Malcolm X) : « Nous sommes fermement convaincus que les problèmes de l’Afrique sont aussi les nôtres et que nos problèmes sont aussi ceux de l’Afrique. » et s’adressant aux chefs d’États Africains : « Vos problèmes ne seront jamais totalement résolus tant que les nôtres ne le seront pas. Vous ne serez jamais absolument jamais reconnus pour des hommes libres tant qu’on ne nous reconnaîtra pas et que l’on ne nous traitera pas comme des êtres humains. Notre problème est votre problème. Ce n’est pas le problème des Noirs ni un problème américain. C’est un problème mondial, qui se pose à toute l’humanité. Ce n’est pas un problème de droits civiques mais un problème de droits de l’homme. »

Pour commencer, parlons un peu du Ghana, ce pays qui tient une place de premier plan dans les luttes décoloniales africaines. Cette nation que Malik el-Shabazz avait considéré être « la source du panafricanisme ». Elle fut, le 6 mars 1957, la première nation d’Afrique Noire à obtenir son indépendance du Royaume-Uni. C’est le célèbre Kwame Nkrumah qui fut l’artisan de son indépendance aussi bien qu’un ardent promoteur du panafricanisme. Elle fut également, à partir de 1961 jusqu’à la fin de ses jours, la patrie d’adoption de la figure intellectuelle emblématique africaine-américaine, W.E.B. Du Bois, auteur notamment de Souls of Black Folk et du concept de double-conscience ((le sens de toujours se regarder avec les yeux d’autrui, comme si nous étions deux personnes à la fois, l’Américain et le Noir, le Français et le Noir)). Il écrivit même un poème intitulé « Ghana calls », qui finissait par ce mot d’ordre « Pan Africa » et dédié à Nkrumah. Ce dernier avait lui-même fait ses études dans l’une des rares universités Noires des Etats-Unis: Lincoln University, en Pennsylvanie. Nkrumah alla jusqu’à nommer l’équipe nationale de football, les Black Stars (Étoiles Noires), en hommage à la compagnie maritime transatlantique monté par Marcus Garvey en vue de «servir de lien entre les peuples de couleur du monde dans leurs rapports commerciaux et industriels». Les liens historiques entre la lutte des Africains-Américains et celle des Africains colonisés sont donc solides et profonds. «  Il est temps que les Afro-américains deviennent partie intégrante des panafricanistes du monde entier ; même si nous devons rester physiquement en Amérique, en luttant pour les avantages que nous garantit la Constitution, il nous faut « revenir » en Afrique philosophiquement et culturellement et créer une unité efficace dans le cadre du panafricanisme. » disait Malik el-Shabazz.

C’est pourquoi la victoire des Black Stars face aux USA est celle de toute l’Afrique face à la plus grande puissance néo-coloniale mondiale. La puissance qui par son hypocrite soutien aux indépendances africaines a manigancé dans l’ombre pour établir un pouvoir néo-colonial en asservissant par la dette et en établissant à la tête des États des dirigeants à sa solde allant jusqu’à l’assassinat s’il le fallait comme dans le cas de feu Patrice Lumumba, rahimou Allah. La puissance qui par l’intégration et la fin de la ségrégation a réalisé l’un des plus grands tour de passe-passe de l’histoire moderne, en substituant à la suprématie raciale Blanche sur le continent Américain, le colonialisme interne envers « 22 millions de Noirs sur ce continent » ((Malik el-Shabazz (1965))). Et cette analyse est celle du Noir américain le plus intégré de sa génération, qui fut éduqué dans une école où il était le seul Noir au beau milieu de Blancs, ce que la propagande US nous présente comme l’accomplissement de la lutte des droits civiques. Ce Noir c’est Malik el-Shabazz, bien entendu, qui déclarait également « Non, je ne me considère pas comme Américain. Je fais partie des 22 millions de Noirs victimes de l’américanisme, des 22 millions de Noirs victimes de la démocratie, qui n’est qu’un des masques de l’hypocrisie. Aussi n’est-ce pas en tant qu’Américain, patriote ou agitateur de drapeau que je vous parle. Non. C’est en tant que victime du système américain. C’est en victime que je porte les yeux sur l’Amérique. Et ce que j’aperçois, ce n’est pas le rêve américain, mais le cauchemar américain. » Une défaite des USA et une victoire africaine est donc également une victoire pour les Africains-Américains !

Le Ghana, ultime représentant de l’Afrique à cette coupe du monde de football 2010, première à se dérouler en Afrique. Si cette coupe du monde se déroule en Afrique, il ne faut pas oublier que c’est en 2010 la première fois que cela survient près de 50 ans après la plupart des indépendances africaines. S’ajoute une injustice plus flagrante, celle du nombre d’équipes qualifiées. Alors que l’Afrique est plus peuplée et compte autant de fédérations nationales que l’Europe, elle n’a le droit de qualifier que 6 équipes, là où l’Europe dispose de 13 équipes, soit plus du double ! Sans compter les féroces appétits de profits et de pouvoir qui entourent cet événement le plus regardé au monde. Les droits de retransmission télé, les produits dérivés, les billets, la publicité, croyez-vous que cette masse énorme d’argent profite aux Africains ? Permettez-moi d’en douter et de penser que tout cela ira encore une fois dans les poches des grosses huiles de la FIFA…

Ne boudons tout de même pas notre plaisir. Cette coupe du monde se déroule dans la nation de Nelson Mandela, du combat des Noirs contre l’apartheid et la domination coloniale. Nelson Mandela, cet homme qui avait été formé militairement par l’Algérie pour abattre le colonialisme chez lui. Lui-même déclarait d’ailleurs : « Quand je suis rentré dans mon pays pour affronter l’apartheid, ajoute-t-il, je me suis senti plus fort ». C’est d’ailleurs à son retour d’Algérie que Mandela sera arrêté et condamné à la prison à vie. Prison dont il ne sortira que pour mettre un terme à l’apartheid et entreprendre une réforme radicale de l’État colonialiste sud-africain, instrument à l’époque de la suprématie Blanche. À notre grand désarroi, c’est sur cette terre d’Afrique du Sud, que l’équipe de football d’Algérie a été éliminée par les USA. Son capitaine Carlos Bocanegra déclarait d’ailleurs : « Moi je reste convaincu que notre qualification se jouera face à l’Algérie lors du dernier match et ça ne sera pas du gâteau car on connaît la réputation de gagneurs des Algériens aussi.» Mettons au crédit des USA, contrairement à d’autres grandes nations européennes, de n’être pas des chauvins vaniteux qui sous-estiment, voire dénigrent, leurs adversaires lorsqu’ils sont africains ou arabes. Et il est vrai que les Algériens se sont bien défendus face à cette équipe états-unienne. Mais il ne suffit pas simplement d’empêcher les USA, ou toute autre nation européenne, d’agir contre nous. Il faut également les battre ! C’est la leçon que nous avons tous retenue en regardant le match Algérie-USA. Ce n’est pas faute d’avoir bien joué que l’Algérie a perdu, mais bien faute de ne pas avoir su attaquer et mettre dans la défensive le camp américain en portant la peur dans leur partie du terrain.

Chose que les joueurs du Ghana et leur entraîneur ont parfaitement compris. De nombreux joueurs Ghanéens évoluent dans des championnats européens. Et c’est parce qu’ils connaissaient cette Europe, ces Blancs, de près, qu’ils ont su déjouer leurs pièges. Comme le disait Malik el-Shabazz : « Nul mieux que le serviteur ne connaît le maître. Nous sommes serviteurs en Amérique depuis plus de 300 ans. Nous connaissons à fond et de l’intérieur cet homme qui se fait appeler « Oncle Sam ». » Ensuite le sélectionneur du Ghana, Milovan Rajevac, est un Serbe qui n’a jamais travaillé ailleurs qu’en Serbie avant de servir le Ghana. Ce n’est pas un mercenaire en safari en Afrique, mais un entraîneur au service de son équipe. Ce n’est donc pas si étonnant qu’à peine après 6 minutes de jeu Kevin-Prince Boateng marque pour le Ghana. Boateng, germano-ghanéen, sacré meilleur jeune joueur allemand en 2006, en choisissant le Ghana plutôt que l’Allemagne a apporté au Ghana tout le savoir sur cette Europe conquérante et sûre d’elle-même qu’il a acquis dans le contact intime avec cette civilisation dont il est un enfant. Choix à l’opposé des joueurs de football maghrébins qui péchant par excès d’amour en Marianne ont cru que depuis l’équipe de France « Black Blanc Beur » l’intégration d’Arabes dans l’équipe de France était acquise. Or l’intégration est un processus, qu’un indigène ne finit jamais de réaliser. Il faut toujours montrer patte Blanche, prouver son degré d’évolution vers la Blanche et catho-laïque humanité. Dans une équipe intégrée de beurs, de blacks, c’est le Blanc qui dirige. Ben Arfa et Benzema n’ont pas été sélectionnés par Domenech et c’est bien fait pour eux, ils n’avaient qu’à choisir leurs pays d’origine qui les avaient par ailleurs invités à rejoindre leurs sélections nationales. Appliquant la leçon de la laïcité à la lettre en laissant son cœur dans son placard, dans la sphère privée comme ils disent, Benzema déclarait : « L’Algérie c’est le pays de mes parents, c’est dans mon cœur, mais sportivement, je jouerai en équipe de France». Ce qu’il faut comprendre, c’est que sportivement Benzema dédaigne ses parents et méprise son cœur.

Mais je ne suis pas nationaliste pour autant… J’aurais pu, dans cette coupe du monde, soutenir également l’équipe de France, composée d’une majorité de Noirs, dont des Musulmans, y compris des Musulmans (Abidal, Ribery et Anelka) qui ne s’en cachent pas. Or sans parler de leurs médiocres performances sportives, cette équipe a subi des attaques à connotations clairement racistes d’intellectuels comme Alain Finkielkraut, de politiques comme François Bayrou, Malek Boutih, Fadela Amara ou la ministre Roselyne Bachelot aussi bien que des journalistes tel que le rédacteur en chef du Figaro, Jérôme Béglé. Les responsables de la Fédération Française de Football, son sélectionneur Domenech, tous Blancs, n’ont pas émis la moindre protestation contre la montagne d’insinuations racistes. En plus de la volonté de casser du négro à travers Anelka ou Evra, l’islamité de Ribery a été l’objet de trop nombreuses railleries pour que ça n’indique pas une volonté délibérée de s’attaquer aux Noirs et à l’islam lui-même. Nous avons pu voir une équipe certes majoritairement Noire mais qui, au moindre faux pas, se fait lâcher par ses parrains Blancs, et lyncher par la foule des zélateurs d’une Équipe de France de souche et catho-laïque comme l’a prouvé la mise à sac du siège de la Fédération Française de Football à Paris.

Pour en revenir au match, il a fallu malheureusement, qu’à la 62ème minute, le défenseur ghanéen Jonathan Mensah, joueur du Havre, commette une faute sur l’américain Dempsey qui permis aux USA d’égaliser sur un misérable penalty. Il faut cependant rappeler que Jonathan Mensah est souvent hué par des cris de singes dans le championnat français… C’est finalement dans les prolongations, à la 93ème minute, qu’Asamoah Gyan marque et permet au Ghana de se qualifier pour les ¼ de finale. Cette victoire sur les USA vengeant ainsi la défaite de l’Algérie face aux USA et l’élimination de toutes les autres nations africaines.

Alors si vous appréciez le foot, même modérément, soutenez ce vendredi 2 juillet à 20h30, la rayonnante équipe des Black Stars du Ghana contre l’Uruguay. Cette dernière avait d’ailleurs éliminé une autre équipe africaine : l’Afrique du Sud. J’espère que vous avez compris en lisant mon article, qu’une victoire du Ghana ce n’est pas simplement du foot, c’est un symbole ! Pour finir, Malik el-Shabazz disait :« [Les pouvoirs établis] comprennent que, s’il s’établit jamais un contact direct, une communication, une entente et un accord réel entre les 22 ou 30 millions d’Afro-américains et les Africains du continent, il n’y aurait rien que nous ne soyons en mesure d’accomplir. ». Il en est de même entre les descendants des immigrés ex-colonisés, car nous sommes tous des « frères de sang » œuvrant pour la « Black Revolution » comme le dirait Malik el-Shabazz pour qui toute révolution décoloniale est une « Black Revolution », et est frère ou sœur de sang toute personne subissant le joug du colonialisme européen y compris interne.

Bader Lejmi

La triste et tragique condition de minorité visible

Pour parler de culture, quoi de mieux que de commencer par une chanson. Cartman de Southpark chante dans There is too many minorities : « Il y a trop de minorités [… ] C’était notre terre, notre rêve et ils ont tout pris . » Ce n’est pas du grand art, certes, mais c’est une parfaite illustration de l’idéologie De Souche. Ce que craint le plus cette idéologie, c’est que nous sortions de ce statut de minoritaire et que nous réclamions notre du. Elle s’imagine dominante parce que plus nombreuse. Elle croit sincèrement au titre de propriété racial, qu’elle s’est auto-attribuée sur la Terre.

Mais ce, en quoi elle n’a pas tort, c’est que, malheureusement, nous partageons son rêve. Rêve pour elle, réalité cauchemardesque pour nous ! Or un rêve ne part pas de rien, il s’ancre dans l’imaginaire d’une culture. Si notre imagination est enlisée, c’est surtout parce que nos cultures sont à genoux. Pour vivre nos propres rêves, il faut donc les relever !

La culture ne nous intéresse donc pas comme une couleur supplémentaire apportée à l’arc-en-ciel diversité. Elle nous intéresse par le potentiel de dignité qu’elle détient pour les indigènes. En ce qui nous concerne, c’est surtout l’indignité… Nos cultures sont infériorisées, minorisées, dominées et reléguées à la marge. Or nos cultures, qu’est-ce sinon nous-mêmes qui pratiquons, échangeons, créons ? Nous continuons à exister que parce que nos cultures existent. Sans culture propre nous ne pouvons exister que dans le regard de l’Autre, du dominant, du Blanc. Relever la dignité de nos cultures conduira à nous-relever nous-mêmes. C’est un problème lié à notre statut de dite « minorité visible ».

Le Noir est un grand enfant euhh... une minorité visible !

La condition de minorité visible, une infantilisation

Nous, originaires de l’immigration post-coloniale, avons été récemment affublés du sobriquet de minorités visibles. Popularisé par les dominants, le terme de minorité est comme un appel à la condescendance, lorsque l’on parle de nous comme de pauvres victimes. Mais c’est également un appel au contrôle étroit, lorsque nous sommes soupçonnés de communautarisme. Ce discours, les plus darwinisés d’entre nous, sont même, comme souvent, venus à le reprendre. A ceux qui sont comme hypnotisés par la magie du chiffre, j’aimerais qu’ils se réveillent. Parle-t-on de la minorité chômeur ? De la minorité étudiante ? De la minorité retraitée ? Pourtant ces groupes sociaux sont, on ne peut plus, minoritaires en nombres. Non, pour eux on ne parle pas de minorité, car ce terme de minorité ne sert à rien de plus qu’à parler des groupes sociaux dominés et marginalisés. A l’exception notable des enfants que l’on qualifie de mineurs. Mais au fond n’est-ce pas simplement qu’ils nous conçoivent comme de grands enfants, des mineurs à vie ? Le Noir est un grand enfant perturbateur, l’Arabe un assisté ingrat. Ce ne sont pas simplement des représentations coloniales, ce sont aussi les destins qui nous sont imposés. Le français De Souche, colon dans notre pays commun, endossant, lui, le rôle de l’adulte, de notre tuteur. Car en nous (dis)qualifiant de minoritaire, les De Souche s’autoproclament majoritaires affirmant ainsi leur domination et leur normalité. Inversement, nous les minoritaires sommes à la fois les dominés et les anormaux. L’anormalité nous relègue, nous et notre parole, à la marge, à la périphérie aussi bien spatialement dans la banlieue, que culturellement dans l’espace privée. Nous ne sommes pas les bienvenus dans la ville et dans l’espace public. Nulle part et à aucun moment, nous n’avons le pouvoir ou la capacité d’affirmer notre volonté sans, au préalable, obtenir l’autorisation du maître.

Vu à la TV

La condition de minorité visible, une forme de ségrégation culturelle

Nos cultures, toujours considérées soit comme exotiques et primitives, soit comme menaçantes et ostentatoires, sont les premières à en pâtir. Partout dans l’espace public, il nous est demandé, au nom de l’identité nationale, des valeurs républicaines, de l’identité nationale, de la laïcité, de l’universalisme républicain, du vivre ensemble contre le communautarisme ou même de la modernité émancipatrice, de bien vouloir laisser dans le domaine privé nos manières d’être et de penser. Seule une culture moderne, c-a-d blanco-europoéano-chrétienne, a pleinement droit de citer dans l’espace public. Sous couvert de distinction public-privé,, il s’agit d’une réelle ségrégation culturelle. A titre exceptionnel, ils exhibent de pâles imitations de nos cultures vidées de leurs substance, c’est-à-dire vidées de ce qui les rends vivantes : nous-mêmes. Une Afrique réinventée démontre, ainsi, par le burlesque et le grotesque, le sublime et le sérieux de leur modernité. Des figures fascinantes et menaçantes, fanatiques et décadentes, sont violemment projetées dans les téléviseurs des chaumières occidentales. Elles y apparaissent comme des irruptions intrusives et néfastes ou des exhibitions indécentes. L’Orient, sorte d’épouvantail par l’obscène et le nuisible, démontre ainsi le raisonnable et la bienveillance de l’Occident chevaleresque. Nos cultures ne servent alors qu’à produire le négatif de l’image idéal du Nous, moderne et occidental, comme sublime et sérieux, raisonnable et bienveillant. En refoulant sur nous ses angoisses les plus inavouables, nous ne sommes plus que sa transgression ou la monstruosité. C’est ainsi qu’ils légitiment la ségrégation culturelle dont nous sommes la cible.

Journée de LA femme ou journée des femmes ?

Economie de LA femme

Aujourd’hui, 8 mars 2010, journée de LA femme, nous pouvons l’affirmer le féminisme est dépassé. Le mythe de l’égalité déjà là lui a succédé. Désormais, il ne s’agit plus que de consacrer LA femme, la seule, l’unique, la belle, la docile, la désirable, la douce, la sexy, la farouche, la timide, la passionnée, la fidèle, l’amoureuse. Ce modèle de féminité super-woman qui dans sa fraicheur de fleur se laisse butiner par les jeunes hommes virils jusqu’à tomber sur le bon. Souvent il arrive que la fleur, trop banale, ressemblant davantage à une marguerite qu’à une rose, finisse avec un frêle moucheron ou un bourdon tabasseur. Mais si elle a réussi à montrer ses plus beaux reflets sans se fâner, ni se donner à trop de butineurs, elle pourra espérer tomber sur l’homme idéal. Ensuite arrivera donc le temps cumulée de la maternité et de la vie active. Libre de travailler autant qu’un homme pour un salaire, une carrière et un emploi raisonnable et féminin. Raisonnable et féminin signifie  aussi pour les grincheux, un salaire 27% inférieur en moyenne à celui d’un homme, une carrière bloquée par le plafond de verre, et des professions jugées peu sérieuses et peu socialement valorisées. A la maison c’est encore mieux, elle est émancipée forcément car avec son salaire elle pourra se payer robots et nounous. Elle est fortement encouragée  lire le plus souvent possible des magazines féminins pour être la plus sexuellement performante avec son Jules. Un Jules forcément, pas un Mohamed, ni un Mamadou, car le Jules est émancipateur, tout autant que bon amant… Tout ça bien sur en espérant ne pas faire partie des 100 000 femmes violéees par an, des 675 000 femmes battues par leur mari, des 80% d’emploi précaires occupées par des femmes, des millions de femmes pauvres qui doivent s’occuper quasiment seules de leur progéniture et du travail domestique ou des 156 femmes mortes tuées par leur mari ou compagnon. Concilier harmonieusement tout à la fois, vie de mère, de jeune fille, d’épouse, de fantasme sexuel, de travailleuse, de femme domestique, voici son nouvel idéal d’émancipation.

Si le féminisme est une chose dépassée en Occident, remplacée par l’harmonie entre les sexes, en revanche, c’est une chose qui reste bonne pour les Autres, les femmes non-blanches ou musulmanes. Bref ici, les femmes issues des immigrations post-coloniales ou carrément vivant là-bas dans le Sud. Mais plus que bonne, ce féminisme devient une mission de civilisation pour toutes les femmes d’Occident qui sont aimablement mais fermement invitées à déverser leur mélancolie de femmes émancipées dans une grande cause d’ingérence humanitaire.

Ce féminisme, que je me permets de qualifier de colonial, a pour but d’émanciper les jeunes fillettes africaines indigènes excisées et d’en faire de sublimes mannequins afin d’exporter, à travers le monde, ce merveilleux modèle de féminité moderne, émancipateur, bref occidental, à des millions d’Autres fillettes, jeunes femmes, et mères indigènes. Différents modèles existent, de fleur du désert, à fille du jasmin ou encore fleur de lotus bien sur en gardant les grands classiques roses roses (brunes) et roses rouges (blondes)…

Ce travail merveilleux s’accomplit bien sur au travers de Journée Mondiale de LA Femme, mais également  à travers de publicités non-sollicités par email, autrement dit SPAM. Publicités au profit d’entreprises tel que Pinault Printemps Redoute dirigée par 5 Jules et 0 femmes. Mais rassurez vous… Ces publicités sont réalisées probablement par une agence du type de Publicis suite à une étude de marché probablement réalisé par une entreprise du type d’IFOP. Publicis dont la principale actionnaire se trouve être une femme, féministe de surcroit, Elisabeth Badinter. Grande libératrice des femmes burkisées et voilées de France et d’Afghanistan au côté de Ni Putes, Ni Soumises… IFOP dont la dirigeante est la sémillante patronne des patrons Laurence Parisot. Celle-là même qui du haut de son émancipation déclarait «La vie est précaire, l’amour est précaire, pourquoi le travail ne serait pas précaire ?» Sans compter une éventuelle loi pour garantir aux bourgeois de sexe féminin un quota de sièges dans les CA des grandes entreprises… Ce modèle de prêt-à-porter unique de femme ne taille pas 40, mais plutôt CAC 40… La boucle est bouclée, LA femme produit de grande consommation est désormais partout disponible pour votre plus grand désir…

Si Christine Delphy appelerait, elle,  à retrouver l’élan du féminisme, je me bornerais, moi, de ma position de rajel ((monsieur en arabe)),  à appeler à la défense des femmes, de toutes les femmes, des filles, des jeunes femmes, des mères, des anciennes, des non-blanches, des prolos. Ne vous étonnez pas d’entendre déjà des grondements des défenseurs de LA femme, ils ont raison, il ne s’agit ni plus, ni moins que de sonner le glas de LA femme. Mais aussi de l’Homme…

Une tempête faisant 48 morts est une bonne occasion pour vendre des meubles.

Xynthia a fait 48 morts... Et eux, ils en font un SPAM !

Xynthia fait 48 morts... Et eux en font un SPAM !

Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé – et qu’en France on accepte –, une fillette violée – et qu’en France on accepte –, un Malgache supplicié – et qu’en France on accepte –, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme

Tout le monde est laïque, mais certains MOINS que d’autres…

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Leur rêve : rendre l’islam invisible

Etant allé à l’école de la République depuis tout petit et notamment aux cours d’instructions civiques aux collèges, l’on m’a enseigné les principes républicains dont la laïcité. Les enseignants insistaient beaucoup sur ce point avec nous. L’Eglise est séparée de l’Etat depuis 1905 ! Ce devait être normal, et je pensais alors que tous les élèves de France avaient reçu cette éducation et qu’elles concernaient toutes les religions sans aucune discrimination. Mais bien mal m’en a pris ! Ce que j’ignorais à l’époque c’est que vu qu’une grande majorité de ma classe étant de culture musulmane nous aurions du à cause de notre culture religieuse au mieux déficiente sur ce sujet, au pire incompatible, recevoir un surplus d’éducation en laïcité. C’est d’ailleurs ce que préconise désormais le Haut Conseil à l’Intégration dans un récent rapport tenu privé. Heureusement depuis 2001, on ne cesse de me le rappeler !

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Miss France est-elle compatible avec l’identité nationale?

Le 6 décembre, le site du Point titrait sans rire: «Diversité: Miss France 2010 sacre une métisse kabyle». Pourquoi diable Malika Ménard serait-elle une métisse kabyle? Un prénom arabe, un nom de famille français… Mais comme il s’agit de Miss France, le mythe colonial des kabyles –plus intégrables car plus proches des Européens– n’est probablement pas loin !

Pourtant, l’article propose une autre «origine»: «Avant de mourir, je rêverais de voir une Beurette devenir Miss France», confiait Geneviève de Fontenay, la mère du concours Miss France, quelques jours avant l’élection. Et d’ajouter: «Le concours Miss France a, en effet, tendance à rebuter les jeunes Françaises d’origine maghrébine en raison du défilé « en maillot de bain », expliquait Geneviève de Fontenay, impuissante à lutter contre les préjugés religieux.» Nous voilà rassurés sur la «diversité»: Malika Ménard serait donc une «Beurette» affranchie des préjugés de l’Islam?

Le lendemain, au Grand journal de Canal Plus, c’est peut-être en s’autorisant de sa propre origine, marocaine, que le journaliste Ali Baddou n’hésite pas à poser directement la question à celle-ci: «Et comment est-ce que vous prenez le fait d’être un symbole, parce que Madame de Fontenay vous a présentée comme ça: première Miss Beur, je ne sais pas ce que ça veut dire, mais en tout cas elle était fière…?» Et la nouvelle Miss France de répondre: «Je suis française, moi, hein. Je n’ai aucune origine. C’est juste… mes parents ont trouvé ce prénom joli, avec une jolie signification.» En effet, Malika veut dire «Reine» en arabe.

Le Point corrige donc: «En dépit d’un prénom arabe, Malika Ménard est 100 % française, contrairement aux premières informations qui nous sont parvenues.» En dépit? Il n’est donc pas évident qu’on puisse être pleinement français et porter un prénom arabe? En revanche, on n’irait pas qualifier de métis italien l’auteur de l’article, Emmanuel Beretta, malgré son nom. Future journaliste elle-même, Malika Ménard l’a bien compris: «Personne ne m’interrogerait sur mon prénom si comme des milliers de jeunes Françaises nées à la même époque que moi, je portais un prénom américain à la « Megan », « Kelly », ou « Brooke », largement relayés en France par des séries télévisées. »

D’ailleurs, certains s’échinent encore à tenter de démasquer les origines maghrébines de Miss France. Nous avons ainsi pu lire, dans des commentaires sur Internet, que nombreux sont ceux cherchant dans son visage, en particulier dans son nez prétendument «sémitique», des traits orientaux afin de déterminer s’il s’agit d’une «vraie» ou d’une «fausse» française.

Il est vrai que Malika Ménard aggrave son cas: «En plus, ma mère et ma grand-mère maternelle ont vécu au Maroc». Arrivé en France à 17 ans après une jeunesse au Maroc, Éric Besson appréciera, lui qu’un «jeune», Yassine Belattar, Républicain et musulman, natif de Conflans-Sainte-Honorine, et qui a toujours vécu en France, interpellait ironiquement le 4 décembre: «Quelle est votre définition d’être français puisque vous êtes arrivé après les autres en France?»

Or c’est justement pour lutter contre de tels préjugés que notre collectif, «Les indivisibles», a été fondé –sur le constat que les Français non-blancs, semblaient ne pas être reconnus comme Français à part entière.

Songeons au récent récit de Mustapha Kessous, journaliste au Monde, qui témoignait du racisme ordinaire dont il était la cible. Là où Malika se contente d’un prénom arabe, Mustapha fait le doublé avec son nom de famille. Français à 50%? Et puis évoquons ce jeune étudiant de Sciences-Po, Anyss Arbib, agressé par un CRS après des manifestations fêtant la qualification de l’Algérie au Mondial de Football 2009. En manifestant pour l’Algérie, il l’avait bien cherché, non? Celui-là, à coup sûr, c’est un Français allégé, à 0%?

L’identité française serait-elle donc un fromage qu’on divise en parts, au gré des origines? C’est bien ce que suggère le débat sur l’identité nationale: tout se passe comme si on reconduisait sans fin le partage entre «ceux qui arrivent» et «ceux qui accueillent», selon la formule de Nicolas Sarkozy – entre ceux qu’il faut encore et toujours intégrer, bien qu’ils soient déjà Français, et ceux qui n’ont pas à donner de gages d’intégration. Autrement dit, les Français sont égaux, mais certains plus que d’autres.

Or Malika apporte une réponse bien différente à la question de l’identité nationale. Elle déclare certes, sur RTL, qu’elle est «100% française», comme pour dissiper des soupçons. Mais quand l’intervieweur l’interroge: «Symbole de l’identité française dont on parle tant en ce moment?», elle répond avec fierté: «Je suis surtout le symbole de la tolérance de mes parents, qui trouvaient que c’était un prénom joli.» Et de parler «d’ouverture d’esprit»: «Mes parents ne se sont pas posé la question de savoir si ça pourrait me porter préjudice plus tard…» Aussi leur fille se déclare-t-elle fière de son prénom malgré les préjudices qu’elle évoque. Miss Normandie, devenue Miss France, pourrait donner des idées à la région de Brice Hortefeux: imaginez sa tête si un couple d’Auvergnats s’avisait de baptiser son fils Mohammed? L’intégration, ça peut marcher dans les deux sens!

Malika Ménard est la première Miss élue par le public; dans le même temps, elle a eu les faveurs du jury et de ce fait est une Miss incontestable. Ne boudons pas notre plaisir, même s’il faut reconnaître que l’institution, bien française, des Miss écorne le principe d’égalité hommes-femmes dont monsieur Besson prétend se faire le défenseur face aux «immigrés» en l’inscrivant dans l’identité nationale… D’ailleurs, Harry Roselmack n’est-il pas le présentateur préféré des Français et Rama Yade la membre du gouvernement jouissant du plus fort taux de popularité? Décidément, les Français sont de sacrés farceurs quand il s’agit d’identité nationale. Le gouvernement ne devrait-il pas prendre acte de ces votations populaires?

Nous lui proposons donc de revoir le processus de naturalisation en abrogeant la loi de 2003 exigeant l’assimilation à la communauté française ainsi que de cesser de proposer lourdement aux candidats à la naturalisation de franciser leur nom et prénom. Car enfin si Malika Ménard avait à demander sa naturalisation aujourd’hui, sa préfecture pourrait tout à fait la lui refuser au motif d’un déficit d’assimilation suite à un refus ostentatoire de changer de prénom…

Bader pour Les indivisibles

Soutien au peuple martyr frère d’Haïti

Haïti, première colonie française ayant fait la fortune de la République et de ses esclavagistes, première colonie ayant obtenue en 1804 son indépendance par une révolution anti-coloniale et anti-esclavagiste, connait depuis quelque jour un drame terrible. Frappé par un séisme, le pays est en pièces et son peuple plus bas qu’à genou.

Les médias annoncent plusieurs centaines de milliers de morts dans un pays de moins de 10 millions d’habitants, nous innondent d’images et de vidéos, d’adjectifs, de superlatifs, sans lésiner sur le registre de l’affect, sans que nous percevions dans leur discours rôdés de professionnels l’expression d’une émotion sincère. Pour nous, ce ne sont pas simplement des personnes à l’autre bout du monde que nous voyons mourir, souffrir, tenter de survivre au milieu du chaos. C’est un peuple frère Noir du Sud issu simultanément de l’oppression et de la résistance à l’esclavage, la colonisation et l’impérialisme. Notre fraternité prends racine dans nos âmes d’indigènes soupirant à l’unisson à l’évocation de la catastrophe, la Naqba, frappant les haitiens en plein cœur. Les mots qui sortent de nos bouches, les phrases issues de nos plumes, sont bien en deça des sentiments émanant de nos cœurs. Aimé Césaire disait : « L’Occident pardonnera-t-il un jour aux descendants de Toussaint Louverture ? Nous qui avons choisi une lutte de substitution à l’intérieur du monde colonial, nous devons à notre tour aider les Haïtiens. Jamais nous ne compenserons tout à fait ce que nous devons au nègre fondateur. Le nègre fondateur, c’est la Révolution de Saint-Domingue, c’est Toussaint Louverture. » Le peuple-frère haïtien est le peuple esclave-indigène fondateur s’il en est. Fondateur car prototype de la situation des peuples oppressés du système-monde. Fondateur par sa lutte victorieuse exemplaire. Le peuple-frère haïtien est le peuple esclave-indigène fondateur s’il en est, par sa situation matrice de celle du système-monde actuel, et sa lutte victorieuse exemplaire. Exemplarité que l’Occident lui a fait chèrement payée à de nombreuses moments de son histoire notamment par de multiples invasions, coups d’Etat, tyrannies et rançons  ((En 1825, Boyer obtint la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France, mais celle-ci exigea en contrepartie le paiement d’une énorme indemnité aux planteurs dépossédés. Pour payer cette indemnité, Haïti dut emprunter à la France, à un taux usuraire, l’argent nécessaire ; Haïti honora sa dette, mais, pendant un siècle, le remboursement et le service de cette dette allaient peser lourdement sur son économique(…)in « L’histoire d’haiti »)). Prototype que l’Occident s’est attaché à reproduire là où son avidité pour les ressources naturelles le conduisait ((« Les mécanismes du pillage systématique des ressources africaines tournent à plein régime au mépris du développement économique et démocratique de l’Afrique » in « Les dessous de la présence économique de la France en Afrique »)).

Nous rejetons, avec résolution, le cynisme de ceux qui y voient une malédiction, un fléau punissant l’insolente soif de liberté d’un peuple indigène. Ceux là sont des sinistres blasphémateurs lorsqu’ils invoquent Dieu. Le seul dieu d’un tel fléau n’est autre que celui de la suprématie Occidentale. Ceux là sont des sinistres personnages blasphémateurs lorsqu’ils invoquent Dieu, le seul dieu d’un tel fléau n’est autre que celui de la suprématie Occidentale. La misère d’Haïti est sans aucun doute le facteur principal de ce drame, dont le séisme est le coup de grace. Mais cette pauvreté ne doit pas servir d’excuse pour nous défausser de nos responsabilités. Il faut condamner les propos imputant ce désastre à l’incurie présumée des haïtiens eux-mêmes. Si le déclencheur conjoncturel de ce ce drame est un phénomène naturel, sa cause stucturelle en est la folie des maîtres de ce monde. En effet, comme le dit le président, Fidel Castro, de Cuba toute proche : « Les Haïtiens ne sont pas coupables de leur pauvreté actuelle : ils sont les victimes du système imposé au monde. Ils n’ont pas inventé le colonialisme, le capitalisme, l’impérialisme, l’échange inégal, le néolibéralisme, ni les formes d’exploitation et de pillage qui sévissent sur la planète depuis deux cents ans. »

Lorsque le sordide ministre Besson, se croyant charitable, annonce qu’il suspends les expulsions vers Haïti, nous devons lui retorquer avec fermeté que c’est le devoir de toutes les Nations occidentales d’accueillir sur leurs sols les victimes de ce drame. Comme c’est leur devoir également de panser les plaies de ce pays meurtri et de lui rendre son indépendance en lui fournissant tous les moyens matériels nécessaires de son autonomie, et ce quelqu’en soit le coût, ainsi qu’en cessant l’occupation néo-coloniale de ce pays sous couvert d’ONU. Sans quoi, il n’est pas de doute, qu’une fois le bal évènementiel de l’aide international passé, les mêmes causes ayant les mêmes effets, la situation pourrait se répéter au moindre soubresaut de notre planète.

Allah yester w yahfad.

Article publié initialement sur le site des Indigènes de la République le 17 janvier 2010.

Contre l’islamophobie et le sionisme : la savate

La savate française comme stratégie nationale

La savate française comme stratégie nationale de résistance

Nous sommes le 28 décembre 2009. Soit un an et un jour après le début de l’agression par l’armée sioniste de ce que nous devons désormais nommer ghetto de Gaza. Agression qui a couté la vie à près de 1400 personnes dont plus de 400 enfants, et par près de 5500 blessés dont à peu près la moitié de femmes et d’enfants. Nous pourrions discourir longtemps sur les horreurs de cette guerre mais ce n’est pas l’objet de notre propos.

Sur un réseau social bien connu, le message de Tahar Houhou, participant de la Gaza Freedom March ((http://www.legrandsoir.info/+Lettre-ouverte-de-la-Gaza-Freedom-March-au-President-Mubarak+.html)) m’a été transmis par une khomrada ((contraction de kho’ et de camarade, le tout au féminin)) : « Nous allons passer notre seconde nuit devant l’ambassade. Enfermés, privés de tout, à plus 300 sur 900 m2. On est dans la situation des Gazaouites, 1 toilette pour 300, rien à manger, rien à boire. Encerclés par plus de 1000 policiers, affamés, assoiffés que nous alimentons comme on peut. Honte à la France, honte à l’Egypte ».

Un peu plus tard je lis un message de la même khomrada, m’invitant à écrire au Ministère français des Affaires étrangères et à l’ambassade d’Egypte. L’objectif étant de faire en sorte que la France fasse pression sur l’Egypte pour laisser la Marche pour la Paix entrer dans Gaza. Sur le moment javoue que mon sentiment de culpabilité de citoyen français bien au chaud dans un pays dit libre a été titillé. Les cours d’éducation civique m’enseignant les formidables valeurs républicaines n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. J’avais déjà reçu par le passé des invitations à faire pression sur mon gouvernement pour tel ou telle cause. Jugeant celle-ci particulièrement juste et nécessitant une action urgente, je m’apprêtais à faire preuve de responsabilité et ainsi réaliser mon devoir de citoyen concerné en écrivant à mon Ministre en lui demandant fermement, mais avec tous les égards du à sa position, de mettre en application le fameux « droit d’ingérence » dont il est un des plus ardents promoteur.

Puis dans la minute qui a suivit, une autre nouvelle m’a rappelée à la dure réalité de ce monde triste et sordide. Cette nouvelle m’informait que le directeur du Renseignement militaire français, le général de corps d’armée Benoît Puga, est venu personnellement inspecter le chantier de construction du mur sous-terrain cloturant le côté egyptien du ghetto de Gaza ((Gaza : la France supervise le prolongement du Mur de séparation))). Chantier supervisé par ailleurs par des officiels français et états-uniens…

Je m’apprêtais donc candidement à demander à M. Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires Etrangères, de faire pression sur l’Egypte pour permettre à des gentils et pacifiques volontaires internationaux de rentrer dans Gaza apporter de l’aide humanitaire. Le même homme, Bernard Kouchner, qui avait tour à tour : soutenu en 1991 et en 2003 l’invasion de l’Irak et demandé la tête de feu le Président Saddam Hussein, blanchi en 2003 l’emploi par Total de travailleurs forcés en Birmanie sous l’opprobe des ONG ((Rapport Kouchner : les ONG consternées)), avait signé la perfide pétition contre les prétendus «ratonnades anti-Blancs» en 2005 ((Un appel controversé contre le racisme « anti-blancs »)), refuse de décerner la médaille des droits de l’homme à une ONG Palestinienne ((Kouchner interdit la Palestine)), s’échine à tenter de faire libérer le soldat israelien Guilad Shalit par tous les moyens ((http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/12/23/01011-20091223FILWWW00376-shalitfrance-attendez-quelques-jours.php et Détention de Guilad Shalit : Réponse de Bernard Kouchner)) tandis qu’il accorde à peine de l’attention au français Salah Hamouri emprisonné par Israel ((La claque de B. Kouchner à la famille Hamouri)), et soutient toujours l’occupation notamment par la France de l’Afghanistan tout en faisant partie du gouvernement du Président le plus sioniste que la République Française ait connue. Le Ministre d’un gouvernement qui participe à la construction d’un mur sous-terrain brisant le peu de liens avec l’extérieur qu’entretient le ghetto de Gaza.

Ainsi comme disait le souverainiste Jean-Pierre Chevènement, Bernard Kouchner n’a pas besoin de retourner sa veste, c’est l’uniforme de la pensée conforme, doublée à l’intérieure. De ses positions nous pouvons ainsi déceler le contenu de cette pensée unique. Le droit d’ingérence, étendard de Kouchner, n’est, pour Chevènement, que « le maquillage astucieux de ce que l’on pourrait appeler le néo-impérialisme » ((http://www.dailymotion.com/video/x8uozg_chevenement-casse-bhl-et-kouchner_news)). C’est d’ailleurs le chroniqueur télé tendance vieille droite, Thierry Ardisson, qui dans une émission radio en 1993 ((Thierry Ardisson chez Serge de Beketch)), déclarait : « La colonisation ? De toute façon, on va devoir s’y remettre. Alors, on appellera ça comme on veut pour pas choquer les gens, on appellera ça ingérence humanitaire mais ce sera la même chose. » Il y présente d’ailleurs son roman où voulant donner un visage humain à la colonisation, il présente un colon  européo-centriste des années 1930, mais de gauche, utopiste et voulant apporter « la liberté, l’égalité, la fraternité, l’électricité » aux « bons hindous« , qu’il décrit comme « un Kouchner de l’époque ». Ce colon, un Kouchner de l’époque, ses amis de gauche (on devine laquelle) avouent l’aimer : « Ton gars on l’aime et plus on l’aime plus on devient colonialiste ». C’est là que tout se joue !

Car, en réalité, les colonisateurs sionistes ont plutôt la côte en France. Certes on aimerait qu’ils soient moins brutaux mais eux-mêmes admettent y être poussé de force par la barbarie arabo-islamique. Au fond, se disent-ils, Israel n’est-elle pas la seule démocratie du Moyen-Orient disposant de l’armée la plus morale du monde ? Ainsi la logorrhée du lobby sioniste n’a de succès que parcequ’elle renforce l’idéologie colonialiste Occidentale poussée dans ses derniers retranchements. Le lobby sioniste ne fait qu’un avec ses alliers naturels, les élites dominantes  politiques et médiatiques, aux intérêts éminément convergents dans la défense de la suprématie de l’Occident Blanc-chrétien. La propagande sioniste renvoyant à l’Occident sa propre image, l’ennemi du sionisme est l’ennemi de l’Occident. Lorsque cette clique vous affublera de l’étiquette antisémite, ce ne sera qu’un synonyme d’ennemi de l’Occident Blanc ((comme l’affirme par ailleurs Ivan Ségré dans la réaction philosémite)). Et comme si celà ne suffisait pas, cette collusion se double d’un marquage aux fers rouges des musulmans. Ce soudain amour des Juifs, après des siècles de persécution en Occident, légitime l’antisémitisme génétique de l’Occident sur son autre face sémite : l’arabo-musulman. L’amour des Juifs et d’Israel passant désormais par un redoublement d’islamophobie tandis que l’islamophobie conduit à un sionisme invétéré ((http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=825)). Le site occidentaliste par essence, Riposte Laique, dans un article titré Comparer l’islamophobie à l’antisémitisme des années 30 est une obscénité, apologétique à l’égard  d’Israel, déclare ainsi « être islamophobe, c’est lutter contre l’antisémitisme, alors que combattre l’islamophobie, c’est le favoriser » ((http://www.ripostelaique.com/Comparer-l-antisemitisme-des.html)). Le débat en cours sur l’identité nationale de notre chère patrie des droits de l’homme, est une flagrante  démonstration de l’incorporation de l’islamophobie dans l’idéologie nationale toute entière focalisée sur la question musulmane ((http://oumma.com/Identite-nationale-islam-laicite)). Etrange miroir de la question juive qui, en un siècle en France, est passée de la rhétorique de l’assimilation avec les Lumières à celle de l’extermination sous Vichy ((http://fr.wikipedia.org/wiki/Question_juive)) puis à celle du soutien au sionisme, un colonialisme juif.

Prenons un instant au sérieux ces sionistes islamophobes, combattre l’islamophobie et extirper le lobby sioniste de la France, nous l’avons vu c’est lié, n’est-ce pas au fond s’en prendre à l’idée même d’identité nationale ? Car en effet le sionisme est un colonialisme dont la France est un membre fondateur. Mieux qu’un discours, en voici une preuve en vidéo :

retrouver ce média sur www.ina.fr

Ainsi je ne vois rien de français pouvant nous aider à faire pression sur le gouvernement despotique et collaborateur d’Egypte et encore moins sur Israël, si ce n’est la boxe, ou plutôt la savate française. Car c’est par des coups de savates, à l’instar de l’illustre Montadhar Zaïdi ((L’histoire de ma chaussure, par Muntadhar al-Zaidi)), que nous ferons pression sur nos gouvernants et que nous les ferons céder plutôt que par d’innombrables autant qu’inutiles pétitions. Pour le ghetto de Gaza et la libération de la Palestine, pratiquons, en France, la politique de la savate !

Cet article a été republié sur le site des Indigènes de la République.

«Nous n’avons pas les mêmes valeurs» disent-ils…

Bordeau Chesnel

Bordeau Chesnel : « nous n’avons pas les mêmes valeurs »

Le débat sur l’identité nationale repart de plus belle depuis l’annonce du ministre Eric Besson de refonder l’identité nationale, intitulé du Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale. Nous ne polémiquerons ni sur la proximité du calendrier électoral, ni sur la récupération des thèses du Front National.. En revanche nous nous intéresserons au contenu du débat. Deux camps semblent s’opposer, ceux des nationalistes vieille France, qualifiés par certains de pétanistes, pour leur référence à la terre, essence supposée de la France, ou plus généralement de la souchitude comme fondement de la Nation française et les Républicains qui pensent que l’identité nationale doit se fonder sur des valeurs. Les premiers sont immédiatement reconnus comme extrêmistes, antipathiques, voire même fascistes ou racistes. Les seconds, en revanche, font l’objet d’un consensus bien plus large.

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Marek Edelman était notre frère…

«Marek Edelman est notre frère. Marek Edelman, c’est l’un des chefs de la résistance du ghetto juif de Varsovie pendant la seconde guerre mondiale, qui a toujours refusé de cautionner le sionisme et l’Etat d’Israël.» déclarait Houria Bouteldja le 10 décembre 2009 à l’occasion du Meeting-Concert organisé par le MIR pour célébrer le 25ème anniversaire de la Marche pour l’égalité de 1983. ((http://www.indigenes-republique.fr/posthouria?id_article=284))

Ghetto de Varsovie
Ghetto de Varsovie

Aujourd’hui nous l’écrivons au passé, car à notre grand regret Marek Edelman est décédé ce vendredi 2 octobre. En avril 1943, les Allemands décident de liquider le ghetto de Varsovie où il ne reste plus que 60.000 Juifs sur le demi-million au début de la guerre, la majorité ayant déjà été déportée vers le camp d’extermination de Treblinka. C’est alors que survient l’insurrection du ghetto contre les nazis dont Marek Edelman fut l’un des dirigeants. Il était le dernier survivant parmi ceux qui s’étaient retrouvés à la tête de cette lutte héroïque, désespérée mais exemplaire. Il déclara par la suite : «On savait parfaitement qu’on ne pouvait en aucun cas gagner. Face à deux cent vingt garçons mal armés, il y avait une armée puissante.», «Nous, nous n’avions pour nous tous qu’une seule mitrailleuse, des pistolets, des grenades, des bouteilles avec de l’essence et tout juste deux mines dont l’une n’a même pas explosé». Ils se sont opposés pendant trois semaines dans un combat inégal et désespéré, à la machine de guerre des Waffen SS. Pour venir à bout de l’insurrection, les Allemands ont décidé de brûler tout le ghetto, maison par maison. «Ce sont les flammes qui l’ont emporté sur nous, pas les Allemands», soulignait Marek Edelman. Il a réussi avec quelques derniers combattants à sortir du ghetto le 10 mai par des égouts. Il a rejoint la Résistance polonaise. Plus d’un an après, il a participé en 1944 à l’Insurrection de Varsovie, dont la répression par les nazis coûta la vie à 200.000 Varsoviens, insurgés et civils, et se solda par la démolition quasi-totale de la ville. ((http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/10/02/marek-edelman-commandant-de-l-insurrection-du-ghetto-de-varsovie-est-mort_1248692_3214.html))

Après la guerre, il fait des études de médecine et devient un cardiologue connu. Bien que la majorité des survivants juifs aient émigré en Israël, lui a décidé de rester en Pologne. «Il fallait bien que quelqu’un reste ici pour s’occuper de tous ceux qui y ont péri», répondait-il. Il s’est engagé du côté de l’opposition ce qui lui a valu d’être interné lorsque le général Jaruzelski imposa la loi martiale en Pologne le 13 décembre 1981. A la chute du système soviétique en 1989, il est élu sénateur sur les listes de Solidarité puis de l’Union démocratique. Il n’a cessé jusqu’à sa mort de dénoncer le racisme dont l’antisémitisme en Pologne et dans le monde.

Marek Edelman
Marek Edelman

De nombreuses commémorations ont été organisées où été invitées les représentants d’Israël. Mais Marek Edelman a refusé d’y participer. Lorsqu’une journaliste israélienne lui a demandé s’il ne craint pas que sa mort ne fasse tomber dans l’oubli l’insurrection du ghetto de Varsovie, il répond, sûr de lui : « Non. Cet événement a laissé trop de traces dans l’histoire, la musique, la littérature et l’art. C’est en Israël qu’on risque d’effacer notre souvenir.» «Pour vous, Israéliens, la guerre des Six-Jours [1967] a été l’événement le plus important de l’histoire juive contemporaine. Vous pouvez vous appuyer sur un Etat, des chars et un puissant allié américain. Nous, nous n’étions que 200 jeunes avec 6 revolvers pour tout armement, mais nous avions la supériorité morale.» Lorsque la journaliste tente de minorer le rôle des collaborateurs juifs dans le génocide des leurs il rétorque cinglant : «Ça, c’est votre philosophie d’Israélienne, celle qui consiste à penser qu’on peut tuer vingt Arabes pourvu qu’un Juif reste en vie. Chez moi, il n’y a de place ni pour un peuple élu ni pour une Terre promise.»

Dénonçant les manipulateurs de l’histoire du génocide des juifs, il les qualifie de « professionnels de la mémoire» ayant une « éthique trop israélienne«. Car il n’a pas oublié la lâcheté des sionistes durant la seconde guerre mondiale. « Le Mossad savait aussi ce qui se passait ici. Ses agents se sont pourtant contentés d’évacuer les gens disposant d’argent, et encore, jamais pendant la guerre et uniquement vers la Palestine. Le fondement de l’idéologie de Ben Gourion et des siens, c’était la rupture avec la diaspora [juive]. Il en était arrivé à refuser de s’exprimer dans sa langue maternelle, le yiddish [langue juive d’Europe de l’Est], la langue des 11 millions de Juifs d’Europe et d’Amérique.» Ben Gourion avait en effet déclaré le 8 décembre 1942 : «Le désastre qu’affronte le judaïsme européen n’est pas mon affaire». Evidemment Marek Edelman ne ménage pas le fondateur de l’entité coloniale sioniste : «Il n’aurait évidemment pas pu sauver des millions d’entre nous, mais certainement des milliers. Il n’a pas bougé. Ici, personne n’aimait Ben Gourion, pas même les plus fervents sionistes.

Pour lui c’est évident si les juifs voulaient un Etat «Il eût mieux valu créer un Etat juif en Bavière !». Pour de telles déclarations, le président de l’Iran, Mahmoud Ahmadinejad a été qualifié d’antisémite. Marek Edelman de répondre en s’esclaffant : «Il a raison, le climat y est excellent !». Lucide alors que tous autour de lui sont aveugles, pour lui, Israël n’est pas le havre de paix des juifs persécutés qu’ont voulu nous vendre les impérialistes occidentaux mais bien une enclave coloniale en terre arabomusulmane : «Si Israël a été créé, c’est grâce à un accord passé entre la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’URSS. Pas pour expier les 6 millions de Juifs assassinés en Europe, mais pour se partager des comptoirs au Moyen-Orient.» Refutant une solidarité sectaire avec les juifs d’Israel : «La culture israélienne, ce n’est pas la culture juive. Quand on a voulu vivre au milieu de millions d’Arabes, on doit se mêler à eux et laisser l’assimilation, le métissage, faire son œuvre.» et «Israël ne pourra survivre dans une mer de 100 millions d’Arabes» ((http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5567))car «chez [lui], il n’y a de place ni pour un peuple élu, ni pour une terre promise». ((http://www.slate.fr/story/11131/mark-edelman-heros-juif-oublie-et-perdu))

Le grand homme accusait l’Etat d’Israël d’avoir donné le coup fatal à l’existence des Juifs d’Europe de l’Est : « Les Israéliens, si forts et si puissants, les Israéliens qui ont gagné toutes leurs guerres, ont honte des victimes de la Shoah et méprisent les survivants. Israël n’a rien fait pour la renaissance de la culture juive, pour l’héritage de millions d’êtres humains qui ont créé un monde juif entre le Dniepr et la Vistule. Même leur langue a été enterrée. Comme si Israël avait honte de l’histoire du peuple juif d’Europe de l’Est et voulait gommer son passé. » ((http://www.alterinter.org/article1148.html))

Il était même intervenu, durant l’été 2002, en faveur de Marwan Barghouti dans le procès de ce dirigeant de la résistance palestinienne condamné à une peine de prison à perpétuité ((http://www.socialistworker.co.uk/art.php?id=8032)).

Son militantisme, il l’a construit dans une société et une époque de racisme débridée où l’on exigeait l’assimilation aux juifs en tant que minorité nationale, mais aussi une époque où les sionistes prêchaient dans le désert puisque la majorité des immigrants choisissaient l’Amérique comme terre promise. Réfutant sionisme et assimilationisme, tous deux racistes, Marek Edelman a choisit la voie du Bund comme ses parents avant lui. Parti socialiste juif anti-sioniste d’Europe de l’Est, le Bund ((http://mx.geocities.com/mayo_37/bund.html)), était partisan d’une autonomie culturelle juive au sein des nations qui permettait aux Juifs de jouir de la totalité de leurs droits nationaux sur le plan linguistique, culturel et cultuel dans les pays où ils résidaient, sans discrimination et sans revendiquer de territoire spécifique.

«En prenant les armes contre ceux qui voulaient nous anéantir, nous nous sommes raccrochés à la vie et nous sommes devenus des hommes libres» déclarait Marek Edelman. Ses paroles doivent rester gravées dans nos cranes pour que l’exemplarité d’une vie serve de modèle à tous ceux qui luttent pour la reconnaissance de leur existence. ((http://www.courrierinternational.com/article/2006/04/13/l-insurge-perpetuel))

Allah yarhmou.

«Ce que Dieu a repris Lui appartient, ce qu’Il avait donné Lui appartient aussi,
chaque chose a chez Lui un terme déterminé,
Sois patient et espère la récompense de Dieu».