Conditions du mouvement révolutionnaire congolais de Guy Debord (commenté)

avril 25, 2013 · Posted in Pensées, Politique · Comment 

En ces temps de célébration de Guy Debord, le dirigeant et théoricien principal de l’International Situationniste, voici mes commentaires qui accompagnent une lettre qu’il a adressé au mouvement de libération nationale congolais en 1966. Mes commentaires s’ancrent dans une perspective anticoloniale révolutionnaire. Commenter ce texte en particulier, celui d’une figure à la fois éminente et iconoclaste de la gauche occidentale, c’est traiter du rapport entre le mouvement de libération du colonialisme et la « meilleure » des gauches, celle qui dit nous soutenir mais en posant ses conditions. Déjà dans la forme, en posant des conditions, ce texte rentre dans la catégorie « fraternaliste » si bien décrite par Aimé Césaire dans son texte de rupture adressé à Maurice Thorez, dirigeant du Parti Communiste Français.

1 – Le mouvement révolutionnaire au Congo est inséparable d’une révolution africaine, laquelle est inséparable de l’abolition mondiale réelle de toute division en classes, division fondamentale d’une société étendue maintenant à toute la terre, et dont découlent toutes les oppositions entretenues de nations et de races. Ainsi, le mouvement congolais doit être fermement internationaliste, universellement ennemi de toute exploitation. Il doit reconnaître partout dans le monde ses amis et ses ennemis sur ce seul critère réel, et combattre toute illusion.

Cette condition poursuit la dynamique de globalisation intrinsèque à la lutte anticoloniale en la transformant en simple lutte anticapitaliste. Pour lui, comme pour beaucoup, les oppositions entre nations et races, bref le racisme et le colonialisme, ne sont que le produit des divisions de classe, bref le capitalisme. L’injonction à faire du clivage de classe le seul critère conduit en réalité à dissoudre l’anticolonialisme dans une simple lutte des classes entre prolétariat occidental et bourgeoisie occidentale… Ce genre de condition est l’opposé des approches d’unité des colonisés d’Afrique, d’Asie, comme au congrès des non-alignés de Bandung.

2 – Le mouvement congolais doit donc constater et critiquer l’état réel du monde, et des forces révolutionnaires dans le monde. Ces forces ont subi un demi-siècle de déroute après la défaite de la révolution russe : la saisie du pouvoir par une bureaucratie prétendument communiste, identifiée à l’Etat pour commander et exploiter le prolétariat russe. Cette bureaucratie a liquidé le mouvement ouvrier révolutionnaire existant alors dans les pays industriellement avancés. Elle lui a imposé objectivement ce choix : réformisme au service du capitalisme national, ou domestication contre-révolutionnaire au service de la bureaucratie de Moscou.

Ici, Debord nous enjoint à ne pas aligner au bloc soviétique et à la tendance étatiste de la gauche. Cette condition en fait suit logiquement la première dans le sens qu’elle la modère : il ne faudrait pas, qu’au nom de la primauté de la division de classe, que les colonisés choisissent le camp soviétique ! Mais pensé autrement, ici Debord prétend nous distinguer les bons, des mauvais, alliés… Ce n’est qu’une autre manifestation de son fraternalisme. La réalité est que les nouveaux pays indépendants ont contracté des alliances en fonction de leurs intérêts, quelque fois avec le bloc occidental, quelque fois avec le bloc soviétique, en tout cas ils ont joué des divisions entre colonialistes et c’est une bonne chose de le faire !

3 – C’est parce que le mouvement révolutionnaire était ainsi vaincu dans les pays avancés, que les pays colonisés et semi – colonisés ont eu à combattre seuls l’impérialisme. Mais, le combattant seuls sur une partie seulement du terrain révolutionnaire total, ils ne l’ont repoussé que partiellement. En Chine, la lutte des paysans contre l’impérialisme américain, européen et japonais, n’a mené au pouvoir qu’une bureaucratie sur le modèle russe. C’est son retard sur l’industrialisation de la Russie qui l’oppose maintenant à la forme russe (ainsi que la suite des luttes d’intérêts nationaux des « grandes puissances ») ; et aucunement des divergences stratégiques révolutionnaires, qui ne sont que de cyniques impostures, comme le montre la politique de l’Etat chinois dans toutes les occasions où il croit trouver son profit.

Cette condition est une critique de l’autonomie des colonisés dans leur lutte à travers l’exemple chinois. Non les colonisés ne doivent pas penser à diriger la révolution mondiale car au fond, s’ils le font ça sera que pour reproduire la « bureaucratie ». S’il n’a pas tort sur le fond, ce qu’il sous entend ici c’est que cette tendance ne s’explique que par la défaite du mouvement révolutionnaire dans « les pays avancés » (comprendre l’Occident).  Autrement dit, une victoire du mouvement révolutionnaire en Occident serait une condition de la réussite de la révolution anticoloniale. Alors que même Lénine expliquait que l’absence de révolution dans les pays occidentaux était du à la persistance du colonialisme. Seule une lutte révolutionnaire dans un pays peu avancé d’Occident (comme la Russie des Tsars) ou colonisé peut donner l’impulsion initiale pour une révolution dans les pays occidentaux avancé. Ca n’a rien d’un hasard sur le mouvement révolutionnaire « 68″ en Occident a eu lieu peu après les indépendances nationales. S’il a transformé la civilisation occidentale, la révolution a également échoué…

4 – Là où l’impérialisme a su modifier sa forme de domination avant que la lutte des colonisés n’arrive à un choc armé victorieux, il est resté maître des pays « décolonisés ». Senghor ou Mba remplacent un gouverneur étranger, et on change un détail de l’uniforme des mêmes gendarmes, que les mêmes maîtres paient et organisent.

Ici Debord paraphrase presque Fanon… Toute fois même avec les luttes armées, la domination coloniale n’est que réformée… LE choc armé victorieux n’est pas suffisant à lui seul. Nous devons réfléchir à une transformation de nous-même, une décolonisation, ou plutôt une sortie de la colonisabilité pour paraphraser Bennabi.

5 – Dans beaucoup de pays devenus officiellement indépendants, une classe dominante locale s’assure une certaine domination indépendante, mais pour elle-même. C’est une bourgeoisie mélangée de bureaucratie (les bureaucrates dirigeant l’Etat, l’économie, l’encadrement politique des masses). De Nasser à Boumedienne, de Soglo à Nkrumah, on peut voir les diverses voies de la formation d’une classe dirigeante dans l’Etat. La lutte des classes encadrée bureaucratiquement crée une direction séparée (Algérie, Ghana), qui pactise plus ou moins avec la bourgeoisie locale. Ou bien la bureaucratisation de la société où la bourgeoisie est trop faible vient de l’armée (Egypte). Ou bien les chefs traditionnels se saisissent de la nouvelle bureaucratie d’Etat, et ainsi tendent à constituer une bourgeoisie, non par le travail productif, mais par le pillage organisé du pays. C’est alors une bourgeoisie qui n’accumule pas, mais qui dilapide – et la plus-value du travail local, et les subsides étrangers des Etats impérialistes qui sont ses protecteurs. Là où la bureaucratie comme telle constitue la classe dominante, elle accumule le capital, elle industrialise effectivement, mais suivant ses propres intérêts. Elle apparaît comme la version sous-développée de la vieille bourgeoisie européenne.

Debord ici essaye d’expliquer un phénomène largement reconnu et observé par bien d’autres observateurs avec sa théorie, celle de la « bureaucratie ». Ce terme revient souvent, mais suffit-il à tout expliquer ? Là encore Debord se contente de vouloir exporter sa théorie chez les colonisés…

6 – Tous ces pouvoirs accumulent les mensonges, tous se disent socialistes. En cela aussi, ils sont une imitations sous-développée de la bureaucratie qui a vaincu le mouvement ouvrier en Europe. Le mouvement révolutionnaire au Congo comme partout, doit dire la vérité, ce qui revient à dire : abolir tout pouvoir séparé de la société, car là est la racine de l’idéologie, c’est-à-dire du mensonge. Il faut dénoncer et transformer la réalité mondiale présente, sans aucune réserve.

Là ça devient vraiment fatiguant en terme de donneur de leçon moralisatrice où il part systématiquement de son analyse de sa situation occidentale pour la plaquer au Congo comme si le problème principal de l’époque au Congo était la bureaucratie ! Nous sommes à la 6ème condition et toujours rien contre les sécessionnistes katangais, contre le pouvoir Belge, l’inaction du mouvement ouvrier en Europe pour bloquer les agressions impérialistes…

7 – N’est sous-développé que celui qui accepte l’image du développement de ses maîtres. Mais le seul développement humain universel est justement l’abolition des maîtres, la société sans classes. Le mouvement congolais ne peut reconnaître aucune valeur positive aux formes de nouvelle exploitation bureaucratique de ceux qui parlent de leur libération selon la voix russe ou chinoise. Il faut comprendre que les colonisateurs ont été eux-mêmes colonisés : chez eux, dans leur propre vie, avec toute cette puissante activité des sociétés industrielles qui se retourne à tout moment comme une force ennemie contre les masses de travailleurs qui la produisent, qui ne la maîtrisent jamais et sont au contraire toujours maîtrisés par elle. Il faut comprendre aussi que les libérateurs, du genre chinois, doivent être eux-mêmes libérés. Le mouvement révolutionnaire réel en Afrique, comme dans le reste du monde, les aidera pour cette libération. Il lui faut d’abord admettre qu’il n’a rien à respecter de ce qui existe.

La 7ème condition est la plus intéressante dans la mesure où elle entame une critique de la colonisation, non pas d’un point de vue anti-impérialiste, mais critique de l’imposition d’un modèle dit universel à des autres forcément arriérés… C’est discutable quand Debord étend le concept de colonialisme pour expliquer que la domination capitaliste c’est une forme de colonisation des ouvriers. Mais ça devient franchement n’importe quoi, quand il explique qu’il ne faut rien « respecter de ce qui existe » alors même qu’un des objectifs de la révolution décoloniale c’est de restaurer la dignité des sociétés colonisées, de leurs cultures, croyances, traditions, manières de vivre. Debord comme beaucoup de progressistes occidentaux ne comprend décidément pas le colonisé.

8 – Le défaut de tout gouvernement révolutionnaire africain – y compris celui de Lumumba – c’est qu’il devient indépendant des masses de son propre pays bien avant d’être effectivement indépendant de l’étranger. L’Etat est en Afrique un article d’importation. En entrant dans l’Etat, le mouvement révolutionnaire se sépare toujours des masses qu’il prétend représenter ; mais sans l’activité libre de ces masses le pays ne peut aucunement reconstruire et défendre une nouvelle forme de société libre, contre tous les exploiteurs étrangers qui utiliseront leurs forces pour maintenir l’oppression qui leur est utile.

Condition populiste, anti-étatiste, intéressante en soi comme critique. Le mouvement anticolonial n’a en effet pas réussi à faire de l’Etat un outil de libération, il a souvent été détourné par la construction de l’Etat sur une voie néo-colonialiste développementiste. En même temps Debord fait mine d’ignorer la situation des colonisés, qui ont besoin d’autorité centrale pour simplement être fort face aux colonisés. Les nations indépendantes qui n’ont pas réussi à bâtir d’Etat sont restés les plus vulnérables face au colonialisme.

9 – Une classe dirigeante au Congo (et la possession de l’Etat est la base sociale suffisante d’une telle classe) sera toujours elle-même dominée par l’étranger : soumise aux buts de l’industrie mondiale. Le Congo est trop riche pour être abandonné par l’exploitation étrangère (voir l’usage des minerais du Kivu et du Katanga pour « l’industrie spatiale » américaine). L’avance et le retard des zones économiques du monde sont profondément imbriqués, chaque terme maintient l’autre. Toutes les formes d’exploitation possible seront donc essayées successivement par diverses puissances ; et les Congolais ne seront jamais abstraitement « maîtres chez eux » (comme les citoyens anglais ou italiens dans leur illusion politique) avant de devenir réellement maîtres d’eux-mêmes. Pour avoir l’indépendance, il leur faut être libres effectivement.

La liberté effective comme condition de la liberté politique ? Oui, mais encore. Rien de concret dans cette affirmation qui n’est qu’une attaque en règle des politiques de développement adoptées à tort ou à raison par les nouveaux pays indépendants.

10 – L’échec de Lumumba n’est pas l’échec du primitivisme de l’Etat au Congo, mais au contraire l’échec de la meilleure volonté d’Etat possible, animée de la plus authentique passion de l’indépendance. Il était trop tard dans le monde pour le jacobinisme, le volontarisme de l’Etat. L’Etat est le piège où l’on a pris Lumumba. Il a découvert que le gouvernement, pour un Congolais radical, n’est qu’un rôle sans force effective. Lumumba croyait gouverner, et ne pouvait que dire ses intentions. Et pour ce qu’il a dit, on l’a tué sans qu’il puisse se défendre. Les successeurs de Lumumba détruiront l’Etat, en souvenir de ceci.

Lu avec un regard anticolonial, nous ne pouvons qu’acquiescer. Le problème de Lumumba n’a-t-il pas été de croire à la magie occidentale, à son grand mensonge, qui prétends de rien créer un Etat-nation ?

11 – Le pseudo-nationalisme de Mobutu n’est qu’une démagogie d’un domestique de l’étranger, à qui ses maîtres conseillent de jouer au maître. Il change les noms des villes du Congo, il n’en change pas les propriétaires.

Critique banale mais juste de la corruption du nationalisme culturel.

12 – La lutte armée qui n’a été repoussée, en 1964, par l’intervention ouverte des forces belges et américaines, venues au secours des mercenaires permanents de la nouvelle colonisation, n’a pas su s’organiser comme mouvement révolutionnaire aussi bien qu’elle a su combattre. Elle n’a pas compris l’expérience de Lumuba. Elle a donné le pouvoir autoritaire à des chefs qui (à l’exception de Pierre Mulele) ont eux-mêmes joué au gouvernement ; et qui n’ont pas compris la nature des gouvernements qui prétendent les soutenir. Finalement, ils se sont divisés en exil. Ils ont divisé un pouvoir qui était déjà séparé de la base congolaise en lutte. Ils ont commencé les mauvais jeux de l’Etat avant même d’avoir conquis leur Etat.

Simple observation où je ne vois pas de condition à proprement parler. A qui parle-t-il ici ? Peut-être est-ce une plaidoirie pour l’analyse avant l’action ?

13 – Le but du mouvement révolutionnaire congolais est l’autogestion, celle qui est apparue sous une forme limitée après la première victoire de la révolution algérienne, et que le pouvoir de Boumedienne combat âprement. L’autogestion doit être réalisée totalement. Elle est partout la seule garantie d’indépendance. C’est elle, et non l’Etat centralisateur, qui devra dépasser le tribalisme. Depuis Lumumba, que le tribalisme a contribué à désarmer, d’une part l’émigration vers la vie urbaine a augmenté la proportion de la population qui se trouve sur une base de vie détribalisée (par exemple, la disparition de la domination bakongo à Kinshasa). D’autre part et surtout, chaque représentant des tribus est devenu un homme de l’Etat. Ainsi la représentation s’est détachée de sa base tribale – elle est devenue étrangère ; elle doit apparaître comme étrangère.

Là on a du bon Debord. Son détachement critique de la modernité « bureaucratique » le rend pertinent quand il s’agit de la critiquer quand elle la voit. Et la politique de développement d’Etat dé-tribalise, c’est-à-dire aliène, la société qu’elle crée de sa base tribale. La fin est curieuse. Il se réjouit de l’échec du développementisme si ce n’est l’appel des ses voeux car pour lui c’est une opportunité pour lui substituer l’autogestion. Et là, je ne le suis pas. Le problème est-il le développementisme et l’étatisme en tant que tel ou l’exportation de modèles occidentaux dans des contextes inadaptés ?

14 – Les travailleurs des villes devront s’organiser en Conseils, qui détiendront à jamais la totalité du pouvoir. Leurs délégués – qui doivent révocables à tout instant par la base qui les mandate – et ceux des campagnes devront créer une communication permanente, qui sera facilitée par le fait que l’autogestion des travailleurs n’aura pas à imposer un quelconque rythme de développement pour rattraper quelque modèle étranger, mais aura le pouvoir de créer librement toute la vie sociale à partir de la base existante. Si les travailleurs congolais possèdent directement leur propre force de travail et toutes les ressources industrielles du pays, ils peuvent fort bien décider une chute relative de la production.

Voilà son programme, le socialisme d’Etat c’est tout pourri, vive le socialisme auto-gestionnaire. Bref, toujours pas de compréhension de ce qu’est le colonialisme…

15 – La question du développement économique ne pourra alors être posée qu’à partir de la liberté de choix ; et dans le cadre la lutte révolutionnaire mondiale. Il est évident que la part de surtravail placée à la disposition d’une délégation centrale des Conseil devra être employée en priorité à la défense de la situation révolutionnaire existante, donc au soutien de sa propagation dans toute l’Afrique, et partout dans le monde où elle apparaîtra sur le même modèle.

Le plus comique c’est qu’il croit vraiment que les révolutionnaires Congolais vont mettre en application son programme et la répandre partout… C’est un peu le problème des intellectuels qui finissent par se tromper eux-mêmes par leurs beaux mots, croire à la puissance du verbe performatif, qui crée la réalité par la seule force de la volonté…

16 – L’organisation des révolutionnaires congolais conséquents, qui défendent ces principes, doit être elle-même conçue en fonction de tels principes. Elle ne doit reconnaître aucune « élite » et ‘apprêter à combattre toute élite sociale qui voudrait se constituer à partir d’elle. Elle refuse toute séparation entre travailleur manuel et intellectuel ; et elle soutiendra l’égalisation radicale des niveaux de vie, la démocratie directe en elle et autour d’elle. Elle se proposera d’organiser d’abord les travailleurs des villes, et d’employer les formes modernes de luttes économiques et politiques (grèves, soulèvements urbains). Elle condamne absolument la représentation parlementaire, comédie en Europe, et comédie pire en Afrique.

Et si ce que nous voulions c’est d’avoir une élite honnête, dévouée, humble, morale ? Si ce que nous voulions c’est de tous devenir des élites de nous-même ? Pourquoi nous imposer ce programme égalitariste ? Et puis combattre les élites, ne passe-t-il pas d’abord par combattre les Debord et cie. ?

17 – Le mouvement révolutionnaire congolais doit être dans les masses non seulement le modèle d’organisation, mais le modèle de la cohérence de ce qu’elles veulent, en sachant montrer toutes les conséquences de ce qui s’affirme spontanément. Le socialisme en Afrique doit certainement s’inventer lui-même complètement, non parce que c’est l’Afrique, mais parce qu’il n’existe encore nulle part ailleurs ! Aussi, il n’a pas à se définir en tant que socialisme africain.

Où la condition sournoise. Chers africains, soyez universels ne soyez pas africains ! Comme si s’adaptez à l’Afrique était contradictoire avec l’universel. Comme si un socialisme africain ne pouvait pas être universel ! Son socialisme situationniste lui a le droit à l’universalité, mais pas le socialisme africain.

18 – Ce mouvement doit déclarer qu’il veut la déchristianisation totale du pays dans les plus courts délais, et sans retour. La religion est partout une aliénation. Mais en Afrique c’est une aliénation importée ; donc une force doublement étrangère. Elle est d’autant plus fragile. Elle se dissoudra facilement.

Les faits ont ridiculisé ce genre d’affirmation grandiloquente, ethnocentrée au possible. L’athéisme, l’opium du peuple de gauche.

19 – L’enthousiasme des Congolais en 1960, ce qui a été appelé leur folie, le désir de changer la vie, a été le côté révolutionnaire dans le mouvement d’indépendance ; et la participation à la prétendue rationalité étatique a été au contraire son illusion et son échec dérisoire. Le mouvement révolutionnaire congolais ne doit pas briser toute communauté pour industrialiser une société d’individus séparés ; mais au contraire il doit réaliser la communauté à un degré supérieur, plus large et plus riche. Il considère que la fête, le repos, le dialogue et le jeu sont les principales richesses de sa société. Il veut développer de telles valeurs, et les propose comme exemple aux révolutionnaires des pays techniquement avancés.

Intéressant car on voit que Debord détourne ici aux clichés sur les africains les décrivant comme « fous », joyeux, festif pour défendre ce mode de vie africaniste imaginaire plaqué de l’extérieur contre la politique développementiste qui la condamne. N’est-il pas possible de simplement affirmer à la fois, que les Africains n’ont pas ni à se conformer à l’image que s’en font les Occidentaux ni à chercher à s’en dédouanner ?

20 – Le mouvement révolutionnaire congolais ne doit pas cacher que, victorieux, il ne déposera jamais les armes avant la libération totale de l’Afrique du Sud, par le boycott, le blocus ou la guerre. Autant il se déclare prêt à accueillir fraternellement les révolutionnaires de tous les pays, autant il exige que le reste du monde dit civilisé se prépare dès maintenant à recevoir la minorité raciste sud-africaine, qui ne pourra en aucun cas espérer rester innocemment dans le pays qu’elle a totalement asservi. Sa dispersion sera manifestement la seule chance de sa survie.

L’Afrique du Sud de l’apartheid et la Palestine. N’oublions pas la Palestine. Ni non plus les Africains-Américains. Bref les colonisés de l’intérieur comme de l’extérieur…

21 – Le mouvement révolutionnaire congolais aujourd’hui ne se place pas dans l’histoire de la négritude, mais il entre dans l’histoire universelle. Il est une partie du prolétariat révolutionnaire qui va remonter vers la surface de tous les pays. Comme tel, il doit combattre Johnson et Mao. Il doit venger Lumumba et Liebknecht, Babeuf et Durruti.

La négritude est universelle. Elle n’a pas à se conformer à un petit récit du « prolétariat révolutionnaire » centré sur la petite Europe et sa petite histoire, ses petits principes et ses minuscules valeurs qui veut se faire plus gros que le boeuf. Et qui d’ailleurs a bien vite été remplacé suite à la chute du mur de Berlin et du bloc soviétique avec lui en 89…

A propos de l’ijtihad pour un Islam progressiste et populaire

octobre 27, 2011 · Posted in Pensées · Comment 

Commentaire d’Omar Mazri à Ijtihad : pour un « Islam progressiste et populaire » que j’ai cru bon de partager avec vous.

J’ai lu et relu votre bilan sur votre action et j’ai analysé vos démarches et propositions. Il y a beaucoup de bien comme il y a beaucoup de pistes à explorer, à tenter et à débattre sur le terrain des acteurs au quotidien. Bravo. Je ne vais pas m’étaler sur l’action positive qui vous honore mais je vais  » vous dénigrer amicalement » selon la règle du bon conseil en Islam et selon la peur que j’ai en moi devant toutes les tentatives de saucissoner l’islam, de l’occidentaliser, de le Jahiliser sans l’avoir pratiqué dans sa logique interne qui est une alternative au matérialisme, au paganisme athée ou aux religions païennes (Chirk)

Permettez moi donc de réagir sans malices à ce qui a heurté ma sensibilité de musulman : cette caricature sémantique  » Islam progressiste et populaire » et tous les préjugés idéologiques qui la sous tendent comme l »islam français » est soutenu par d’autres préjugés. En aucun ce que je vais dire n’est dirigé méchamment contre vous ou est la négation de vos efforts. C’est un travail de clarification qui va dans le sens de l’Ijtihad que vous, moi et tout musulman ou non musulman concerné par la désastreuse gestion du monde réclament pour sa dignité et la survie de ses enfants et de ses frètes en humanité.

Il faut nous mettre dans la tête et dans le cœur qu’il y un seul Dieu, un seul Coran, un seul et ultime Prophète Mohamed et que c’est une hérésie sur le plan religieux de vouloir présenter plusieurs islams ou de croire en plusieurs islams. Des raisons idéologiques, politiques en Occident veulent que la division soit la règle qui unit les musulmans et que les seuls qualificatifs pour parler de l’islam sont ceux produits par la culture occidentale dans sa version chrétienne ou matérialiste (libérale ou marxiste). L’islam n’est ni libérale ni marxiste, ni populaire ni élitiste, ni progressiste ni réactionnaire, ni essentialiste, ni existentialiste, il est la religion d’Adam, de Moise, de Jésus, de Mohamed, la religion que Dieu a choisi pour le bien être moral, social, spirituel et politique des hommes qu’Il a crée. Ces créatures n’ont pas compétence de donner des attributs ou des qualificatifs à la religion de Dieu autres que Lui même a donné à Sa religion :

Allah atteste, et aussi les Anges et les doués de science, qu’il n’y a point de divinité à part Lui, le Mainteneur de la justice. Point de divinité à part Lui, le Puissant, le Sage ! Certes, la religion acceptée d’Allah, c’est l’Islam. Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont disputés, par agressivité entre eux, qu’après avoir reçu la science. Et quiconque ne croit pas aux signes d’Allah, alors Allah est prompt à demander compte ! S’ils te contredisent, dis leur : ‹Je me suis entièrement soumis à Allah, moi et ceux qui m’ont suivi›. Et dis à ceux à qui le Livre a été donné, ainsi qu’aux illettrés : ‹Avez-vous embrassé l’Islam ?› S’ils embrassent l’Islam, ils seront bien guidés. Mais, s’ils tournent le dos… Ton devoir n’est que la transmission (du message). Allah, sur [Ses] serviteurs est Clairvoyant.

Al Imrane, 13

S’il vous plaît tout est à débattre, tout est sujet d’ijtihad sauf ce qui a été défini par Dieu sans possibilité de réforme, de relecture ou d’interprétation. Il n’y a pas et il n’y aura pas d’islam avec un qualificatif que celui donné par Dieu dans le Coran. Il n’y a pas d’islam arabe et d’islam iranien, d’islam du temps du Prophète et d’islam post Prophète, ni d’islam boudhiste, ni d’islam conservateur, ni d’islam sioniste. Il y a l’islam d’Allah al Ahad al Qahar malikou al Moulk1:

Désirent-ils une autre religion que celle d’Allah, alors que se soumet à Lui, bon gré, mal gré, tout ce qui existe dans les cieux et sur terre, et que c’est vers Lui qu’ils seront ramenés ? Dis : ‹Nous croyons en Allah, à ce qu’on a fait descendre sur nous, à ce qu’on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus, et à ce qui a été apporté à Moïse, à Jésus et aux prophètes, de la part de leur Seigneur : nous ne faisons aucune différence entre eux ; et c’est à Lui que nous sommes Soumis›. Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agrée, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants.

Al Imrane, 83

C’est un seul et même islam qui gouverne l’univers, le monde des hommes, des Djinns, des plantes, des animaux, des minéraux. Les hommes peuvent être libres de s’y soumettre totalement ou de le transgresser. S’ils s’y soumettent ils deviennent des mouslims qui peuvent selon leur culture, leur background intellectuel, leurs penchants politiques et leurs intentions être comme Abraham ou Mohamed .

Même pecheur, innovateur, réformateur, moujtahid, transgresseur celui dont le coeur contient une graine de moutarde de foi et un vernis microscopique d’islamité ne peut tolérer que l’islam soit fracionné, partitionné, qualifié selon la mode et les préoccupations même nobles et légitimes des uns ou les stratagèmes les plus complexes des autres. Il n’ y a plus d’Ijtihad quand le socle de la foi le Thawhid ou le monothéisme pur et parfait est mis en doute sur le fond ou la forme :

Aujourd’hui, les mécréants désespèrent de vous détourner de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous.

Al Maida, 3

Les musulmans peuvent diverger sur la manière de résoudre un problème économique, politique, diplomatique car ils constituent en principe un feuillage avec des branches et des fruits multiples sur le plan de la forme , de la couleur et du goût. Dieu et l’Islam sont Un nous les croyants comme toute la création nous sommes multiples, divers et ondoyants :

N’as-tu pas vu que, du ciel, Allah fait descendre l’eau ? Puis nous en faisons sortir des fruits de couleurs différentes. Et dans les montagnes, il y a des sillons blancs et rouges, de couleurs différentes, et des roches excessivement noires. Il y a pareillement des couleurs différentes, parmi les hommes, les animaux et les bestiaux. Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah. Allah est, certes, Puissant et Pardonneur. Ceux qui récitent le Livre d’Allah, accomplissent la Salat, et dépensent, en secret et en public de ce que Nous leur avons attribué, espèrent ainsi faire une commerce qui ne périra jamais afin [qu’Allah] les récompensent pleinement et leur ajoute Sa grâce. Il est Pardonneur et Reconnaissant.

Fater, 27

Allah al Fater, le Créateur ex nihilo autorise la divergence et favorise donc l’Ijtihad y compris dans la manière de parvenir jusqu’à sa connaissance et son amour. C’est la loi de l’harmonie qui gouverne l’univers. Dans cette loi il y a trois sous lois qui œuvrent pour l’équilibre et le mouvement créatif : la dialectique, le retour à l’ordre initial, la conjonction des similitudes. Cette même loi de l’Harmonie présidée par la sagesse divine veut que les hommes ne sont pas égaux en efforts, en intelligence et en qualité de foi et il appartient aux plus doués, aux plus vigilants, aux plus responsables d’exercer leurs devoirs vis de Dieu et des hommes pour construire cette harmonie ou y revenir quand elle est troublée :

Et ce que Nous t’avons révélé du Livre est la Vérité confirmant ce qui l’a précédé. Certes Allah est Parfaitement Connaisseur et Clairvoyant sur Ses serviteurs. Ensuite, Nous fîmes héritiers du Livre ceux qui de Nos serviteurs que Nous avons choisis. Il en est parmi eux qui font du tort à eux-mêmes, d’autres qui se tiennent sur une voie moyenne, et d’autres avec la permission d’Allah devancent [tous les autres] par les bonnes actions ; telle est la grâce infinie.

Fater, 31

La divergence et son corollaire l’Ijtihad est donc recommandée, c’est un devoir, une manifestation de la vitalité, de la vie, une harmonie avec l’œuvre du Créateur qui crée en permanence sans fatigue, sans lassitude et toujours avec sagesse :

Chaque jour (de la création) est dans un état nouveau (Cha’n jadid)

Nous sommes une créature de Dieu, la loi du mouvement nous concerne. Nous devons donc nous mouvoir, exprimer nos divergence et faire l’effort (ijtihad) de réformer, d’innover, d’inventer, de symboliser d’être pleinement humain mais nous ne pouvons diverger sur la vérité, pas la notre mais celle de Dieu L’islam que Dieu a appelé comme le Coran al Haq, la religion de la droiture, din al qayim. Croyants nous ressemblons à ces feuilles, ces branches et ces fruits : ils sont portés par un seul et même arbre celui de la foi, la foi pure et authentique le Thawhid qui a pour nom ISLAM. Nous ne pouvons par la liberté de notre imagination décider d’appeler cet arbre du nom qui nous convient et nous donne vie. Résoudre les défis sur le calcul de la lune, sur la redéfinition du Riba dans ce monde de globalisation et de financiarisation, chercher des facilitations dans un monde plus complexe et plus rapide sont des impératifs logiques qui méritent reconnaissance et récompense. Mais vouloir introduire des particularismes temporels ou spatiaux dans l’ISLAM consciemment ou inconsciemment c’est mettre en doute le principe du Thawhid : l’immuabilité, la vérité, la justice et la perfection du verbe et de l’acte divin.

Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah, alors qu’il est appelé à l’Islam ?

As Saf, 7

Quelque soit notre intelligence, notre richesse lexicale, notre érudition philosophique nous ne pouvons sur le plan de l’unicité et de la permanence de l’islam dire plus, moins ou mieux que Abraham :

Vous qui croyez ! Inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur, et faites le bien. Afin de réussir ! Et luttez pour Allah avec tout l’effort qu’Il mérite. C’est Lui qui vous a élus ; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés ‹Musulmans› avant (ce Livre) et dans ce (Livre), afin que le Messager soit témoin pour vous , et que vous soyez vous-mêmes témoins pour les gens. Accomplissez donc la Salat, acquittez la Zakat et attachez-vous fortement à Allah. C’est Lui votre Maître. Et quel Excellent Maître ! Et quel Excellent soutien !

Al Hadj, 72

Que les musulmans soient engagés politiquement et socialement à côté de tout ceux qui luttent pour le progrès et les couches populaires c’est un impératif moral, politique et religieux car l’islam a pour vocation la promotion de la justice en général et la réalisation de la justice sociale.

Il ne s’agit donc pas de construire un nouvel islam « progressiste et populaire » mais de redonner vie à l’islam authentique dans le cœur et l’esprit des hommes mais aussi dans les différentes sphères de la société. Il s’agit de mobiliser les populations musulmanes par un enseignement authentique de leur religion et en les impliquant dans la vie de la cité pour qu’ils débattent et surtout qu’ils exercent leur devoir de Vicariat. Entrainer les populations sur des « Islams » c’est faire le jeu des confréries « réactionnaires » et des pouvoirs qui veulent des musulmans analphabètes et inconscients sur le plan de la religion et du monde c’est à dire vivre l’islamité tout simplement en musulmans conscients de ses devoirs vis à vis de Dieu et de son prochain sans dérive angélique et sans confiscation de sa liberté de dire et de faire ce qui est juste et bien. Cet islamité a pour vocation la défense de la dignité de l’humain, la promotion des devoirs de l’homme, la lutte contre le Riba dans sa forme ancienne ou dans sa forme capitaliste, la défense de la femme, la lutte pour la cause de Dieu qui souvent se ramène à la lutte pour défendre les opprimés sans distinction de religion et défendre leurs convictions mêmes si elles ne sont pas islamiques :

Et qu’avez vous à ne pas combattre dans le sentier d’Allah, et pour la cause des faibles : hommes, femmes et enfants qui disent : ‹Seigneur ! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur›.

An Nissa, 75

Ceux qui ont fait du tort à eux mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant : ‹Où en étiez-vous ?› (à propos de votre religion et de votre dignité) – ‹Nous étions impuissants sur terre›, dirent-ils. Alors les Anges diront : ‹La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ?› Voilà bien ceux dont le refuge et l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! A l’exception des impuissants : hommes, femmes et enfants, incapables de se débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie

An Nissa, 93

Et si Allah ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue

Al Baqara, 225

Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d’Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et Puissant, ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la Salat, acquittent la Zakat, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable.

Al Hadj, 43

La vocation de l’islam n’est de prôner ni la révolution ni le conservatisme ni réactionnaire mais la justice. Sur ce principe de justice nous pouvons nous mobiliser avec tous les hommes de bonne volonté pour que la justice et la paix règne dans nos cœurs, dans nos cités et dans le monde qui nous environne dans le cadre éthique et esthétique qui ne remet pas en cause notre foi monothéiste, notre pudeur, notre dignité, nos devoirs :

O les croyants ! Remplissez fidèlement vos engagements.[...] Et ne laissez pas la haine pour un peuple qui vous a obstrué la route vers la Mosquée sacrée vous inciter à transgresser. Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes oeuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition !

Al Maida, 1

Tout le problème est un problème de libération des musulmans vivant en France ou vivant dans d’autres contrées. La libération des musulmans est un aspect d’un problème plus en amont : la libération ou l’humanisation des hommes. Le Prophète a laissé un hadith d’une portée capitale en matière d’ingénierie sociale sous l’angle islamique :

Les meilleurs d’entre vous dans l’islam sont les meilleurs d’entre vous avant l’islam s’ils font l’effort de connaître leur religion.

Ce hadith donne à l’Ijtihad un sens plus large et plus universel que celui préconisé par les parisans du sabordage de l’islam de l’intérieur en y introduisant des bidaâ (innovations hérétiques des égarés).

Ma conviction personnelle, ma pratique sur le terrain et mon regard sur la guerre de libération nationale (Algérie) me permettent d’affirmer que nous pouvons tisser des liens de travail et de militance sur des thèmes précis avec les authentiques chrétiens et avec les authentiques marxistes léninistes et trotskistes sans collaboration de classes ni partage de place mais pour l’émancipation de la démocratie et de la justice sociale.

Salam à tous et Ramadhan agréé inchaallah.

Omar Mazri

  1. l’Unique, le Dominant, le Souverain Absolu []

Le travailleur libre vaincra ! (Non, pas toi…)

septembre 9, 2011 · Posted in Citations, Pensées · Comment 
L'ouvrier blanc est libre ! Pas le noir déporté esclavagisé, pas le musulman colonisé...

Le travailleur blanc libre vaincra ! Pas le Noir déporté esclavagisé, pas le Musulman colonisé...

«le prolétariat anglais s’embourgeoise de plus en plus et que cette nation, la plus bourgeoise de toutes, veut donc apparemment, en venir à posséder une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois à côté de la bourgeoisie. Il va sans dire que pour une nation qui exploite le monde entier c’est assez normal. Seules quelques années très mauvaises pourraient y remédier, mais il ne faut pas trop compter dessus»

Lettre à K. Marx, F. Engels, 7 octobre 1858, Manchester

« Précisément dans le parasitisme et la putréfaction qui caractérisent le stade historique suprême du capitalisme, c’est-à-dire l’impérialisme. Comme il est montré dans ce livre, le capitalisme a assuré une situation privilégiée à une poignée (moins d’un dixième de la population du globe ou, en comptant de la façon la plus « large » et la plus exagérée, moins d’un cinquième) d’Etats particulièrement riches et puissants, qui pillent le monde entier par une simple « tonte des coupons ». L’exportation des capitaux procure un revenu annuel de 8 à 10 milliards de francs, d’après les prix et les statistiques bourgeoises d’avant-guerre. Aujourd’hui beaucoup plus, évidemment.
On conçoit que ce gigantesque surprofit (car il est obtenu en sus du profit que les capitalistes extorquent aux ouvriers de « leur » pays) permette de corrompre les chefs ouvriers et la couche supérieure de l’aristocratie ouvrière. Et les capitalistes des pays « avancés » la corrompent effectivement : ils la corrompent par mille moyens, directs et indirects, ouverts et camouflés.
Cette couche d’ouvriers embourgeoisés ou de l’ »aristocratie ouvrière », entièrement petits-bourgeois par leur mode de vie, par leurs salaires, par toute leur conception du monde, est le principal soutien de la IIe Internationale, et, de nos jours, le principal soutien social (pas militaire) de la bourgeoisie.»

N. Lénine, 6 juillet 1920

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