Gérard Depardieu, ou le 1er rôle dans « La Victime Imaginaire »

Ce dimanche 16 décembre, Gérard Depardieu s’est fendu d’une lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault, 1er ministre de la République Française lui reprochant de l’avoir traiter de minable pour s’être évadé fiscalement en Belgique. Mieux que ça, il dit rendre son passeport et sa sécurité sociale. Et de là, la polémique est née ! Si le comédien Depardieu nous avait habitué à d’épiques épopées, le citoyen se vautre lui dans une affligeante polémique. Ce que j’y trouve de plus affligeant, c’est la soudaine compassion publique à son égard. Une compassion qui n’en est que plus insupportable en regard du traitement de la moindre parole interprétée comme « anti-française » d’un citoyen Français non-blanc.

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Lettre à mon frère Hamza de la Maison des Potes de St Etienne

Hamza Ould Mohamed, président de la Maison des Potes de Saint-Etienne

Salam Hamza,

j’ai lu l’article de la journaliste Sylvia ZAPPI sur ce que tu as subi à l’université d’automne des Maisons des potes, association du réseau de SOS Racisme. Cette fédération se sert allègrement des quartiers comme un faire-valoir. Elle aime à cantonner les quartiers dans le cliché du jeune beur à casquette qui ne désire qu’une chose, se faire aimer de la France. Cette maison des potes, n’est pas la notre assurément… Mais toi, à St Etienne, tu as su en faire quelque chose de neuf. Tu as su, en toute autonomie avec tes potes, mobiliser 400 jeunes des quartiers de St Etienne. Tu as su faire en sorte que les quartiers se l’approprient pour en faire leur maison. Celle de leur dignité retrouvée et inchaAllah de leur libération.

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Que signifie le panislamisme ?

Tan Malakka

« Que signifie d’abord exactement le panislamisme ? Le panislamisme avait autrefois une signification historique, à savoir que l’Islam doit conquérir le monde entier, l’épée à la main… Actuellement le panislamisme a en fait une tout autre signification. C’est la lutte de libération nationale, parce que l’Islam est tout pour le musulman. Il n’est pas seulement la religion, il est l’Etat, l’économie, la nourriture et tout le reste. Ainsi le panislamisme, c’est actuellement la fraternité de tous les peuples musulmans, la lutte de libération, non seulement du peuple arabe, mais des peuples hindous, javanais, et de tous les peuples musulmans opprimés. Cette fraternité signifie actuellement une lutte de libération, non seulement contre le capitalisme hollandais, mais aussi contre le capitalisme anglais, français, italien, contre le capitalisme du monde entier.»

Tan Malakka, dirigeant du Parti Communiste Indonésien, Intervention au IVe congrès de l’Internationale Communiste, novembre 1922

Islam de France, Shirk, Laïcité

Islam de France

« (…) L’islam authentique est situé aux antipodes de « l’islam algérien ». Ces deux phénomènes (…) ne peuvent se rencontrer ni chez une même personne, ni chez un même groupe de personnes, ni dans la même mosquée. (…) En un mot, l’islam authentique appartient à Dieu, « l’islam algérien » à César. Cet « islam algérien » est régi par des règlements dont la responsabilité incombe non à l’administration colonialiste usurpatrice ni à l’Assemblée algérienne mais (…) à la France elle même. Reconnaître « l’islam algérien », c’est accepter l’ingérence coupable de l’Administration dans les affaires du culte, c’est ni plus ni moins donner des associés à Dieu (shirk). »

« Grave ingérence de l’administration dans les affaires du culte musulman », Le Jeune Musulman. Organe des jeunes de l’Association des Oulémas d’Algérie, n° 4, 25 juillet 1952, p. 1

Manifestation : Sexisme partout, féministes partout !

Je relaie, une fois n’est pas coutume, un appel à une manifestation contre le sexisme à l’occasion de la journée mondiale de la femme. Les femmes sont toujours les dominées de cette société : elles subissent de multiples violences : économiques, raciales, sexuelles… Malgré les faits accablants le discours dominant veut faire croire que le sexisme n’existe que dans les quartiers et chez les musulmans. C’est pourquoi il est aujourd’hui plus important que jamais de se mobiliser en faveur d’une égalité réelle.

Manifestation samedi 7 mars 2009 à 16h, place de la République, Paris

Si vous aussi vous êtes fatiguéEs par le paternalisme qui parle à notre place, ou par la violence qui cherche à nous faire taire, rejoignez-nous à la manifestation féministe du 7 mars 2009 !

Tract pour la manifestation du 7 mars

Tract pour la manifestation du 7 mars

Parce qu’il existe pour la majorité des gens toujours deux classes distinctes, les femmes et les hommes, et qu’il vaut mieux appartenir à la seconde qu’à la première. Parce que nous revendiquons d’avoir le choix : de notre sexe, de notre genre, de notre sexualité. Parce que nous désirons que les femmes, et touTEs leurs alliéEs, puissent s’approprier leur corps et ses représentations, sans devoir se conformer aux injonctions de normes oppressantes, réductrices et stéréotypées, véhiculées dans tous les domaines.

Parce qu’il existe mille façons de faire rentrer dans le « droit chemin » les insurgéEs contre leur sexe, leur genre, leur destin obligatoire : de l’assignation forcée des intersexes par mutilations génitales, au viol de représailles contre les lesbiennes ; de la psychiatrisation des trans’, aux violences masculines les plus régulières – en France, tous les trois jours, une femme est assassinée par l’homme avec qui elle vit.

Parce que notre santé passe en dernier, parce que le droit des femmes à disposer de leur corps est sans cesse remis en question, comme le montre la récente remise en cause du financement public du Planning familial et de nombreuses autres associations d’éducation populaire, parce que le savoir gynécologique est accaparé par les médecins, la contraception pas toujours remboursée, le droit à l’IVG menacé sous l’influence de l’Église catholique. Parce que, partout, les institutions qui exercent un pouvoir au nom de la religion ou d’une autorité morale ou politique prétendent toujours contrôler nos corps.

Parce que nous sommes largement touchées par le VIH, discriminées dans les essais par les labos qui ne prennent pas en compte notre métabolisme spécifique, parce que nous n’avons pas le même accès à des traitements de qualité, parce que nous sommes négligées dans les campagnes de prévention publiques, parce que, précarisées, nous sommes particulièrement touchées par les attaques contre la Sécurité Sociale, et notamment par l’instauration des franchises, ou par la remise en cause de l’hôpital public.

Parce que nous sommes précaires et trop souvent à temps partiel sans l’avoir choisi, que nous sommes toujours moins payées que les hommes à travail égal et à qualifications égales, et que nous effectuons l’immense majorité du travail gratuit appelé « travail domestique ». Parce que nous sommes les premières à payer la crise et le démantèlement des services publics. Parce que, malgré les lois et les effets d’annonce, le domaine public et politique nous reste toujours largement fermé.

Parce qu’en tant que femmes racialisées, nous luttons dans tous les domaines contre cette double oppression raciste et sexiste. Parce que la logique du racisme s’attaque directement à notre droit à disposer librement de notre corps. Parce qu’elle opère par exclusion, comme la loi sur le port de signes religieux à l’école qui prétend nous « protéger » – en particulier les filles musulmanes – et en fait contribue à nous stigmatiser, à nous enfermer dans le statut de « victimes » et à nous marginaliser.

Parce que, sans papiers, nous souffrons tout à la fois de la précarité, de la politique raciste du gouvernement français, des remises en cause du droit au regroupement familial, de l’intensification des interpellations policières. Parce que ce climat répressif nous éloigne encore davantage de l’accès aux soins.
Parce qu’en tant que prostituéEs, nous sommes mépriséEs, harceléEs et criminaliséEs par la loi sur la sécurité intérieure (LSI) de 2003. Parce que le délit de racolage passif accroît notre précarité et notre clandestinité et que nous ne pouvons pas exercer notre activité dans des conditions décentes et qui nous protègent.

Pour un féminisme qui refuse de voir son discours récupéré à des fins racistes, qui sache se démultiplier, concevoir l’émancipation sous toutes ses formes, un féminisme offensif qui lutte pleinement contre le système patriarcal et toutes les oppressions, qu’elles soient de classe, sexiste, raciste ou liées à la sexualité, un féminisme qui se revendique aussi des féminismes non-blancs, trans’ et lesbiens.

À l’appel de :
Alternative Libertaire, Atelier de lectures féministes (cip-idf), CFPE (Collectif des Féministes Pour l’Égalité), Droits et prostitution, Étudions Gayment, Femmes Publiques, collectif Langues de putes, collectif Les mots sont importants, Mix-Cité Paris, Les Panthères roses, Pari-T, les Putes, le Torchon brûle toujours, les TumulTueuses

  • Repas de soutien : dimanche 1er mars à 19h30, à la Rôtisserie, 4 rue Ste-Marthe, 75010, métro Belleville, Goncourt ou Colonel Fabien.
  • Manifestation : samedi 7 mars à 16h, départ Place de la République.
  • Fête : samedi 7 mars au soir, à la CIP-IDF, 14 quai de Charente, 75019, Métro Corentin Cariou.
  • Lors de la fête à la CIP sera également projeté le film Un racisme à peine voilé, de Jérôme Host (2004) (plus d’infos sur le film : http://www.hprod.org)

Plus d’informations sur :

Turquie et Tunisie : modernisme laïc contre islamisme obscurantiste ?

Voile traditionnelle tunisien (Sefsari)

Voile traditionnel tunisien (Sefsari)

Les femmes voilées en France reçoivent souvent la remarque que dans leur pays d’origine elles n’auraient pas eu le choix, elle n’auraient pas pu le porter et c’est tant mieux. Ou alors qu’une femme voilée n’aurait jamais pu accéder aux études du fait de son statut d’inférieure. On établit ainsi une échelle de valeurs entre pays musulmans laïques et donc modernes, et pays musulmans islamiques et donc obscurantistes… Mais pourquoi donc en Turquie et en Tunisie le concept de laïcité a-t-il été développé ? Je peux vous proposer quelques pistes.

En Turquie, parce que le pouvoir politique Ottoman se fondait sur la légitimité et l’institution religieuse pour gouverner aussi bien localement que l’ensemble de son Empire. Or le régime Ottoman était le principal obstacle au développement de la Turquie, ses provinces impériales ne lui apportant pas grand chose vu que de toute façon l’Empire était incapable de les défendre ou d’y imposer son autorité. Le pouvoir Ottoman avait même en son temps interdit l’imprimerie y voyant une menace à son autorité fondée sur son monopole de l’inteprétation coranique.

En Tunisie, il n’y a pas eu vraiment de laïcité, mais plutôt une instrumentalisation de la religion à des fins nationalistes et progressistes. Ces pays ont en commun qu’une institution religieuse contrôlait en grande partie la sphère publique notamment politique et culturelle.

En Tunisie le voile en soi n’est pas interdit mais les variantes importées du Machreq (l’Orient Arabe), grâce aux émissions religieuses sur les chaînes satellitaires, le sont. Et les autorités tunisiennes emploient souvent les moyens forts pour exécuter les ordres. Cependant, si on voyage en Tunisie ou si l’on y habite on constatera souvent des femmes vêtues d’un voile de la tête au pied même à l’Université, ne gardant comme découvert que le visage et encore… Le pouvoir tunisien explique que ce voile est contraire à l’authenticité et l’identité nationale tunisienne. Il ne serait donc pas opposé en pratique à la réapparition des voiles traditionnels. Pourtant ce sont les voiles traditionels, qui symbolisaient le statut de mineure de la femme et la plaçait sous la tutelle masculine.

Essaysons à présent d’élargir notre vision et de nous poser la question de l’origine du concept même de laïcité au Maghreb.

Durant la colonisation, en particulier en Algérie, la laïcité a été employée également dans le but de séculariser la société et permettre un développement intellectuel et culturel à la fois favorable aux intérêts coloniaux mais également dans le sens d’un réel développement économique et social. Le sens également de cette laïcité était impérialiste puisqu’il permettait de diviser les luttes nationalistes en séparant les progressistes des traditionnalistes d’alors.

Il y a le cas particulier et intéressant à noter des Kabyles, que le gouvernement colonial a tenté de séparer du reste de la population qualifiée d’Arabe. Un double effort de renforcement de l’identité ethnique d’une part, d’évangélisation chrétienne et de formation aux idées républicaines de l’autre fut entrepris. Ce fut en partie un succès. L’adhésion à l’idée laïque s’accompagna souvent de la perception que laïcité, modernité et Occident vont de pair. Perception qui s’appuie sur une dévalorisation de l’identité arabo-islamique à laquelle se substitue une identité Kabyle prétendument progressive et réprimée par l’oppression Arabe pré-coloniale permettant d’expliquer le « retard » pris par le Maghreb.

L’arabe étant la langue du Coran, une dé-arabisation, nommée pour plus de commodité laïcité, était censée porter en elle-même les germes d’un progressisme républicain émancipateur. Cette volonté de dé-islamiser, de dé-arabiser, vient du fait que la résistance majeure identifiée depuis toujours par les colonsisateurs était l’Islam. Et les arabes restent indissolublement dans la pensée dominante, jusqu’à nos jours, liés à l’Islam. Tant et si bien que nombre d’arabophones non-musulmans, vivant dans l’aire géographique arabo-musulmane, rechignent à se qualifier d’arabes. En réalité, la laïcité a servit comme prétexte à une occidentalisation censée permettre l’adhésion des indigènes au projet civilisateur de l’Empire. D’ailleurs les indigènes d’Algérie n’étaient pas nommés algériens mais musulmans, c’est dire à quel point religion et statut social étaient fortement liés. A tel point que les juifs du Maghreb se sont vu proposer durant la colonisation les mêmes droits que les colons, et à l’indépendance la nationalité française leur fut accorder.

Si le sujet vous intéresse :

La laicité, autopsie d’un projet inachevé

Bannir le voile, c’est être pour les droits des femmes et la modernité ? Accepter le voile, c’est être pour l’obscurantisme islamiste et contre le droit des femmes ? La pensée dominante a imposé ces seules options. Le voile islamique a défrayé les chroniques de la France ces dernières années. Et la laïcité a été brandie à la rescousse, mais était-ce sa mission ?
Suite à cette actualité, je me suis intéressé à sa genèse et à son actualité d’un point de vue matérialiste : qui a eu intérêt à la faire, à qui a-t-elle profité, et qui s’y est opposé et pourquoi…

Expulser le sacré du discours public

Caricature anti-cléricale école

D’où vient l’idée de séparation de l’Eglise et de l’Etat ?

En France au XIXème siècle, l’Eglise Catholique a clairement soutenu le camp réactionnaire, royaliste, conservateur contre les républicains inspirés des idées des Lumières. Sachant que les ruraux était dans leur grande majorité pieux et que la France encore très rurale, il était difficile pour les républicains de mener les réformes qu’ils souhaitaient. En réalité l’Eglise catholique a agit comme si elle était un parti politique tout en étant une religion, elle disposait de bien plus de fidèles que tous les partis politiques réunis. Son emprise très profonde sur la sphère publique commençait à se fissurer dans les grands pôles urbains industrialisés. L’Eglise représentait donc un rival inacceptable pour la République industrielle et urbaine naissante. L’Eglise était opposée au monde ouvrier, porteur de tous les vices dont parmi eux le concubinage et l’égalité des hommes et des femmes devant le labeur. La laïcité est bien le fruit de cette nécessité historique de réduire le rôle politique d’une institution à la fois spirituelle et temporelle.

Mais dans un même temps la laicité est un compromis née d’un paradoxe. Comment, dans une France à très grande majorité croyante, imposer un projet politique rationnel évacuant le sacré ? C’est la laicité qui le permet car sans être l’interdiction de la religion, elle donne la possibilité du sécularisme aux croyants et la raison sans l’accusation d’athéisme.

Entre sphère privée et publique

Président Chirac et le Pape
Président Sarkozy et le Pape

La religion n’est pas simplement une croyance privée mais une pratique, avec des rites, partagée par la communauté des croyants et se vit en public. D’ailleurs les catholiques en France ne se cachent pas pour pratiquer leur culte. Les églises font même partie du patrimoine national. Les cloches sonnent tous les dimanches. Les processions religieuses connaissent une popularité jamais démentie. Les visites des hommes politiques auprès du Pape sont toujours médiatisé, tout comme ses propos, ses actes et même ses déplacements de par le monde. L’Église Catholique a ses médias : sa radio, ses émissions télé sur une chaîne publique, ainsi que sa presse.
Pourtant on parle de la laïcité comme le fait de confiner à l’espace privé la religion. La laicité ainsi conçue, la religion confinée à l’espace privée, reste projet à réaliser… Mais qui oserait dé-catholiciser la France ?

Un rempart au service de l’« identité nationale »

France, fille aînée de l'Eglise

La laïcité est à présent revue de façon majoritaire comme l’interdiction de pratiquer sa religion ailleurs qu’en privé à l’exception notable des religions faisant partie de l’identité nationale. La nouvelle laïcité est désormais défendue par ses plus anciens détracteurs : les zélotes de l’identité « judéo-chrétienne » de la France. D’ailleurs des propos de Jesus « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu » sont employés pour expliquer que, contrairement à l’Islam, le christianisme contient en son sein la laïcité. Et par un tour de passe-passe, qui aurait fait hurler ses initiateurs, la laïcité devient un concept chrétien.

Il ne serait pas permis d’être musulman en public, mais catholique oui. Et pour cela, on définit les permissions et les autorisations en fonction des besoins des religions. Le vêtement chez la femme devient important (femmes voilées) mais pas chez les femmes organisant le culte (« bonnes » soeures). La barbe devient un signe religieux mais uniquement chez ceux qui ont l’air d’être musulman. Car sous prétexte de laïcité il ne s’agit pour beaucoup que d’un refus de l’alterité, d’une xénophobie tacite. Le racisme étant pénalisé, il ne trouve son expression que dans la nouvelle laïcité et la haine des musulmans sous l’euphémisme de critique de l’Islam.

En France, tout comme le pouvoir tunisien l’affirme dans ses discours contre le voile, il s’agit de lutter contre les « influences étrangères », car au fond tout va bien chez nous, et la menace a été importée d’ailleurs. Le problème de la menace contre la laïcité viendrait donc de la présence des immigrés. Quelle absurdité, sachant que la laïcité, permet justement à ceux qui ne sont pas de la religion « légitime » d’être des citoyens à part entière. Un projet progressiste serait que la laicité ne constitue pas un acquis de l’athée de culture franco-catholique mais une opportunité pour celui et celle qui n’est pas d’une culture française d’inspiration catholique de faire partie de la nation française.

Pour approfondir la discussion

Siffler la Marseillaise : un délit d’ingratitude ?

La France a encore une fois été humilié au stade de France lors d’un match de football entre une équipe d’un pays du Maghreb ancien colonisé et d’origine de grands nombres de français descendants d’immigrés. Le motif suprême de l’humiliation : l’hymne national français, que Mme la ministre Christine Boutin souhaitait abolir, y a été sifflé. Encore une fois c’est le tollé dans les rangs des hommes d’Etat. M. Le Premier ministre propose d’interrompre les matchs lorsque les hymnes nationaux sont sifflés. Et c’est l’entraîneur de la très « De Souche » équipe de rugby national, qui propose de discriminer les pays du Maghreb en ne jouant pas avec eux.

Les hommes politiques renoueraient donc-ils avec l’amour de la patrie et le nationalisme ? N’est-il plus permis de critiquer son propre pays ? Ou alors est-ce plutôt qu’il n’est pas permis de critiquer le pays qui nous accueille mais dont on reste fondamentalement un étranger ? D’ailleurs ces « soit-disant » français ne sont-ils pas suspects de trahison lorsqu’ils soutiennent le pays de leur parents contre le « généreux » pays qui les a « accueilli » ? Ils devraient apparamment se montrer bien reconnaissant de l’honneur qui leur est fait. Au lieu de ça ils profitent des avantages de la France, et rejettent ce qui ne leur plaît pas. A peu près comme tous les autres citoyens. Des citoyens qui n’ont de cesse de parler de leur pays comme d’un pays à la trâine, d’un pays de fénéants. Ce droit à la critique, garanti par les droits de l’Homme, dont la France se voit comme la patrie mère ne s’applique apparamment à tous de la même façon. Pour avoir le droit de critiquer apparamment il faut montrer patte blanche…

Frédéric Lefebvre, éminent membre de la très patriote UMP, explique que les français d’origine tunisienne ont été adoptés par la France et qu’en conséquence ils lui doivent le respect. C’est évident l’enfant abandonné et adopté par une nouvelle famille lui doit le respect. La France a recueilli les orphelins tunisiens, ces mal-famés dont personne ne voulait, et les a traité comme ses propres enfants. Nan mais on croit rêver… Les français d’origine tunisienne apprécieront… Sont-ils des enfants illégitimes ? Sont-ils des enfants adoptés ? Avoir une mère et un père tunisien est-ce moins honorable qu’avoir des parents français ?

Razzy Hammadi, secrétaire national du PS, n’a pas joué lui sur la fibre nationaliste mais sur la République. Un idéal qu’il est interdit de critiquer. Ces français selon M. Hammadi devraient être reconnaissant car il est à l’opposé de celui de Ben Ali. Pourtant M. Ben Ali est le président d’une République également. Et c’est là qu’on comprends, la République française est elle pure, intouchable, et ces nouveaux citoyens devraient être reconnaissant de vivre dans un pays où ils sont égaux, libre et la fraternité règne. Du moins dans l’idéal. Car dans cet idéal républicain, les citoyens descendants d’immigrés semblent devoir rester moins égaux, moins libre et se contenter de ce qu’ils ont.

Articles, que j’ai apprécié, sur le même sujet :

Une semaine à Paris

Je passe une semaine à Paris. Non, je ne suis pas rentré, ni n’ait fuit Tunis. J’avais à faire à Paris et je suis venu. Mais j’en suis heureux !
J’en ai profité pour revoir des amis, me rendre compte que certaines connaissances n’était rien pour moi, et que d’autres en valaient la peine. Certains ne se sont même pas rendu compte de mon absence, certains même m’ont ostensiblement ignoré, d’autres me demandaient de mes nouvelles, d’autres m’ont dit lire mon blog et c’est ce qui m’a le plus surpris. J’ai revu pas mal de personnes que je n’ai pas vu depuis longtemps et qui m’ont manqué… Je crois que j’ai passé l’étape de ma vie où je cherchais sans relâche la nouveauté pour trouver mon moule. C’est, je pense, à moi de le former.

Cette semaine, j’ai aussi revu Khamsoun ! Vu que la pièce était jouée dans le cadre du festival Vagamondes à Evry comme je vous en avait déjà parlé, j’y suis allé avec les gens du club théâtre de l’INT. J’ai re-adoré, surtout que j’ai eu la chance de discuter avec les metteurs en scène. Et comme si ça ne suffisait pas, j’ai remis ça Samedi soir avec ma mère et ma soeur venues spécialement à Evry voir Amine & Hamza, deux frères musiciens tunisiens contemporains. J’ai beaucoup aimé, ma mère à coté encore plus… Et elle l’a montré ^^

Je ne sais pas si je dois vous le dire, mais je ne veux pas que ça reste sur mon coeur. Quant à moi, j’ai croisé du regard, à quelques reprises, une charmante brune aux cheveux bouclés assise en bas à gauche. Assis à coté de ma mère et de ma soeur, j’étais immobilisé, incapable de toute action. Par la suite nous sommes sorti, et je l’ai revu, j’étais encore avec ma mère et ma soeur, mon coeur était en train de saigner de l’intérieur tant c’était difficile de ne pas aller au moins lui dire quelques mots … Je ne sais pas si c’est la fille en question, ou la situation, mais elle m’a marqué plus que de raison… (Si vous la connaissez faites moi signe)