Frantz Fanon: Black Skin, White Mask, de Isaac Julien, 1996 (70 min) ce jeudi 7 avril à 16h30

Film d’Isaac Julien Avec Colin Salmon, Halima Daoud et Noirin Ni Dubhgaill

Projection suivie d’un débat animé par Pap Ndiaye, EHESS

Mêlant archives, interviews et scènes reconstituées, ce document brosse un portrait complexe du psychiatre et penseur engagé Frantz Fanon. Il fut un fervent partisan de la révolution algérienne et un théoricien de la libération du tiers-monde. Ses analyses du colonialisme eurent une influence considérable en Afrique et en Amérique latine, mais aussi aux Etats-Unis chez les Black Panthers.

Né en Martinique, Fanon est surtout connu pour son dernier livre, « Les Damnés de la Terre », écrit alors qu’il mourait d’une leucémie en 1961. Homme aux facettes multiples, il fut psychiatre en Algérie et Tunisie, Ambassadeur du Gouvernement Provisoire de la République algérienne, membre du FLN, poëte, écrivain, ami de Sartre et de Beauvoir. Personnage emblématique des années 60 et 70, ce jeune homme noir qui dénonca avec passion le racisme et le colonialisme appela les « damnés de la terre » à s’unir. Il fut admiré des Black Panthers et des jeunes révolutionnaires du Tiers-Monde. Plutôt que de suivre une trame linéaire de cette vie extraordinaire, le film dresse un portrait complexe de Frantz Fanon. Le cinéaste Isaac Julien présente un Fanon tiraillé par des désirs contradictoires, profondément européen mais aspirant à se libérer de ses « masques blancs ».

Côté pratique :

Cinéma d’art et d’essai La Clef 21 rue de la Clef, 75005 Paris

Métro: Censier-Daubenton (line n°7, bus 47 – depuis Paris-Diderot, prendre le 62 puis le 47 en changeant à Tolbiac, ou prendre la ligne 7 du métro à Tolbiac).
En partenariat avec le cinéma d’art et d’essai La Clef

Tarif unique pour tous les films et toutes les séances : 5,5 euros
Film présenté en version originale anglaise avec sous-titres français.

Wassup Rockers

J’ai vu dimanche 9 avril, le film Wassup Rockers de Larry Clark, célèbre photographe et réalisateur américain à ce que j’ai pu lire ici et là.

C’est l’histoire d’une bande d’adolescents de 13 à 17 ans latino (ne leur dites surtout pas qu’ils sont mexicains) du ghetto de San Antonio. Leur particularité: être fan de rock, punk rock, metal etc. Ils déteignent vraiment dans leur milieu et dans leur quartier majoritairement noir où le hip-hop est la règle et sortir de la règle suspect.

C’est un film qui m’a beaucoup touché, m’a fait rire. D’ailleurs dans la salle à certains moments j’étais plié de rire alors que les autres spectateurs, des personnes disons moins jeune ou plus bourgeoise gardaient tout à fait leur sérieux… Au cinéma il faut avant tout apprécier l’oeuvre. Et là elle était succulente. Voire les latinos débarquer dans les cartiers huppés de Berverly-Hills est vraiment croustillant. Entre le policier tatillon, les jeunes bourgeois ridicules, et les apéros de la haute société; on a toutes les situations possibles.

Comme c’est un film parlant d’adolescents il y a du sexe, et franchement par rapport aux films pour adolescents avec des acteurs d’une vingtaine d’année jouant des ados de 16 ans, c’est du sexe utile, du sexe qui a un intérêt dans l’oeuvre.

Je n’avais pas l’impression de regarder un film sur les USA, mais bien un film sur la société et sur le traitement des minorités sociales. C’est corrosif, et tellement plus impertinent que tout ce que j’ai pu voir en France sur la vie en banlieue.

Si pour vous la banlieue est encore quelque chose d’inconnue et de bien étrange, je ne peux que vous conseiller d’aller le voir.

Et en même temps ça me fait penser à la Tunisie, à mes séjours avec mes cousins l’été à El Haouaria. «On est pas meilleur potes, on est juste pareils». Manque les beuveries mais sinon tout y est ou presque…

Wassup Rockers sur CommeAuCinema