Islam et indépendance par Al Mawdudi

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La situation vécue au cours de la période de l’indépendance se résume comme suit: dans chaque pays ou État, des hommes dépourvus de conscience islamique et d’une compréhension juste de la religion, ont pris le pouvoir politique et économique. Non seulement ils méprisent et dédaignent les coutumes héritées des musulmans, mais ils pensent qu’en suivant la voie islamique et en s’accrochant a ses valeurs et à ses principes, ils seraient atteints de déshonneur et d’humiliation, ils seraient au bas de l’échelle de l’humanité, sans valeur, privés du progrès et de la renaissance auxquels ils aspirent. Pour rattraper cette civilisation, ils se sentent obligés d’adopter les pensées et les principes de l’Occident, suivis à la lettre et imités dans leurs moindres détails.

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Bien plus menaçant pour l’Islam que les B52

Les mots sont le seul canal inaltérable dont nous disposons. C’est la raison pour laquelle ils sont un véhicule de choix pour des concepts extrêmement important comme les 10 Commandements, le Coran, et la Déclaration des Droits. (…) Pour les cultures traditionnelles, en particulier celles basées sur les mots comme l’Islam, il y a bien plus menaçant que les bombardiers B-52. (…) La base du multiculturalisme (or « honorer la diversité » ou peu importe la façon dont vous souhaitez l’appeler [Ndt, « vivre ensemble » en France]) est que les gens doivent arrêter de se juger les uns les autres, d’avoirs des certitudes (et si possible arrêter de croire) que ceci est bon, que cela est mauvais, qu’une chose est moche, et une autre belle, que Dieu existe que ceci ou cela a un ensemble de qualité. (…) La leçon que la plupart des gens ont retenu du XXème siècle est que, pour qu’un grand nombre de cultures différentes coexistent en paix sur la planète (et même dans son voisinage), il est nécessaire que les gens cessent les jugements. (…) Le problème est qu’une fois que vous vous avez écartés la capacité de faire des jugements sur ce qui est bien et mal, vrai et faux, etc., il n’existe plus de vraie culture.

Neal Stephenson, In the Beginning was the Command Line

De la fonction politique du préjugé de couleur

Le préjugé politique est une invention coloniale visant à établir dans la durée le système colonial en s’assurant que le statut d’esclave, de colonisé pour les hommes « libres » de couleur, soit lié à la couleur : “la différence que la nature a mise entre les Blancs et les Noirs et que le PRÉJUGÉ POLITIQUE a eu soin d’entretenir comme une distance à laquelle les Gens de couleur et leurs descendants ne devaient jamais atteindre ; enfin qu’il importait de ne pas affaiblir l’état d’humiliation attaché à l’espèce dans quelque degré qu’elle se trouve, préjugé d’autant plus utile qu’il est dans le cœur même des Esclaves et qu’il contribue principalement au repos des colonies.

— Alexandre-Stanislas Wimpffen, Haïti au XVIIIe siècle, Paris, Karthala,1993,p.35.

Il existe un degré au delà duquel le ghetto ne peut plus se refroidir… — Stokely Carmichael

CARMICHAEL SPEAKS TO STUDENTS

La voilà l’allumette qui continuera d’allumer la dynamite du ghetto : la sottise des responsables, l’anachronisme des institutions, l’incapacité de regarder les choses en face et surtout la crainte d’innover.

Les administrations auront beau mettre sur pied des dispositifs de fortune pour éviter les émeutes, elles ne feront que gagner du temps. L’Amérique blanche peut bien continuer à dépenser des millions de dollars pour essayer de transplanter, pour l’été, les adolescents noirs hors des rues dans lesquelles ils traînent et ‘de les mettre dans de jolies fermes vertes. Elle peut bien continuer à fournir des piscines préfabriquées et à construire en toute hâte des terrains de jeux ! Il existe un degré au-delà duquel le ghetto ne peut plus se refroidir. Il est grotesque de croire que ces mesures temporaires réussiront à contenir pour longtemps la colère d’un peuple opprimé.

Et le jour où la dynamite sautera, les pieux discours et les appels à la patience ne seront plus de mise. Inutile d’accuser « des agitateurs extérieurs », « l’influence communiste » ou les partisans du « Black Power ». Cette dynamite, c’est le racisme blanc qui l’a placée là et ce sont l’indifférence, la répugnance des racistes à se montrer justes qui l’ont mise à feu.

Stokely Carmichael aka Kwame Ture, Le « Black Power » aux USA pour une politique de libération

Se définir soi-même et refuser les stéréotypes


Quand nous aurons entrepris de nous définir, tous les stéréotypes – c’est-à-dire les mensonges – qu’on nous a appliqués n’auront plus cours que dans la communauté blanche. La communauté noire, elle se fera une image positive d’elle-même. Elle se verra telle qu’elle s’est créée. Désormais, nous ne pouvons plus nous qualifier de paresseux, d’apathiques, de muets, de mous, de futiles, etc. Ce sont les Américains blancs qui se sont servis de ces mots-là pour nous définir. Si nous les acceptons, comme certains d’entre nous l’ont fait par le passé, nous n’aurons de nous-mêmes qu’une image négative, celle précisément que l’Amérique blanche veut que nous ayons. Notre énergie sera brisée, et notre volonté de combattre paralysée.

Stokely Carmichael & Charles Hamilton. Pouvoir Noir, pour une politique de libération !