<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>bader.lejmi.org &#187; Bader Lejmi</title>
	<atom:link href="http://bader.lejmi.org/author/bader/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://bader.lejmi.org</link>
	<description>politique {émancipation, oppression, colonisés, subalternes}, arts {cinéma, musique, théâtre, littérature}</description>
	<lastBuildDate>Tue, 08 Nov 2011 12:53:36 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3</generator>
		<item>
		<title>Le personnage d&#8217;Angela Davis, fruit de l&#8217;américanisation et de la contre-culture de Chloé Zollman</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2011/11/08/le-personnage-dangela-davis-fruit-de-lamericanisation-et-de-la-contre-culture-de-chloe-zollman/</link>
		<comments>http://bader.lejmi.org/2011/11/08/le-personnage-dangela-davis-fruit-de-lamericanisation-et-de-la-contre-culture-de-chloe-zollman/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 08 Nov 2011 12:51:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
				<category><![CDATA[d'Ailleurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bader.lejmi.org/?p=1136</guid>
		<description><![CDATA[Extrait du mémoire de master en Histoire «L&#8217;Engagement pour Angela Davis en Belgique (août 1970 – juin 1972)» de Chloé Zollman en 2009 à l&#8217;Université catholique de Louvain au sous la direction du Prof. Paul Servais.  Le personnage d&#8217;Angela Davis, fruit de l&#8217;américanisation et de la contre­-culture1 Après avoir parcouru la vie d&#8217;Angela Davis, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Extrait du mémoire de master en Histoire <a href="http://www.ethesis.net/Angela%20Davis/Angela%20Davis.pdf">«L&#8217;Engagement pour Angela Davis en Belgique (août 1970 – juin 1972)»</a> de Chloé Zollman en 2009 à l&#8217;Université catholique de Louvain au sous la direction du Prof. Paul Servais. </em></p>
<div id="attachment_1138" class="wp-caption aligncenter" style="width: 207px"><a href="http://www.ethesis.net/Angela%20Davis/Angela%20Davis.pdf"><img class="size-medium wp-image-1138" title="Angela Davis Parle" src="http://bader.lejmi.org/wp-content/uploads/2011/11/R160079219-197x300.jpg" alt="" width="197" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">J&#39;ai moi-même redécouvert ce vieux livre jauni, dans la bibliothèque de ma mère en Tunisie : «Angela Davis Parle»...</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le personnage d&#8217;Angela Davis, fruit de l&#8217;américanisation et de la contre­-culture<sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/11/08/le-personnage-dangela-davis-fruit-de-lamericanisation-et-de-la-contre-culture-de-chloe-zollman/#footnote_0_1136" id="identifier_0_1136" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="BARJOT (D.), &laquo; Introduction &raquo;, in BARJOT (D.), R&Eacute;VEILLARD (C.), dir., L&amp;#8217;am&eacute;ricanisation de l&amp;#8217;Europe occidentale au XXe si&egrave;cle. Mythe et r&eacute;alit&eacute;. Actes du colloque des Universit&eacute;s europ&eacute;ennes d&amp;#8217;&eacute;t&eacute;, 9&shy;11 juillet 2001, Paris, 2002, pp. 7&shy;37 ; EUDES (Y.), La conqu&ecirc;te des esprits. L&amp;#8217;appareil d&amp;#8217;exportation culturelle du gouvernement am&eacute;ricain vers le tiers monde, Paris, 1982 ; HAROUEL (J.&shy;L.), Culture et contre&shy;cultures, Paris, 1998, pp. 1&shy;11 ; MCKAY (G.), Yankee go home (&amp;amp; take me with u) : Americanization and popular culture, Sheffield, 1997, pp. 12&shy;53 ; STEPHAN (A.), &laquo; Cold War Alliances and the Emergence of Transatlantic Competition : an Introduction &raquo;, in STEPHAN (A.), ed., The Americanization of European culture, diplomacy and Anti &shy;Americanism after 1945, New York, 2006, pp. 1&shy;20 ; VAN DEBURG (W.L.), New Day in Babylon (&amp;#8230;), pp. 11&shy;62.">1</a></sup><br />
Après avoir parcouru la vie d&#8217;Angela Davis, il nous semble important d&#8217;inscrire le personnage dans son époque, une époque qui oscille entre fascination et rejet de total des États­-Unis.<br />
L&#8217;américanisation est un terme qui recouvre des réalités diverses. Une définition générale nous est donnée par Dominique Barjot dans son introduction à la publication des actes d&#8217;un colloque sur le sujet. Selon lui, l&#8217;américanisation est :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« la généralisation d&#8217;un mode de vie, d&#8217;une civilisation née outre­atlantique par fusion d&#8217;apports multiples eux­mêmes venus, pour l&#8217;essentiel, d&#8217;Europe. (&#8230;) [Elle] résulte d&#8217;un transfert vers l&#8217;Europe occidentale des méthodes de production, des modèles de consommation, du mode de vie, des pratiques socio­culturelles ou des cadres de pensée nés ou adoptés originellement aux États­-Unis. »<sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/11/08/le-personnage-dangela-davis-fruit-de-lamericanisation-et-de-la-contre-culture-de-chloe-zollman/#footnote_1_1136" id="identifier_1_1136" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="BARJOT (D.), op. cit., p. 7.">2</a></sup>.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Cette définition peut être enrichie par une nuance qu&#8217;apporte George McKay. Être américanisé, ce serait avoir acquis les codes culturels permettant de « comprendre les produits culturels américains comme si l&#8217;on était américain »<sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/11/08/le-personnage-dangela-davis-fruit-de-lamericanisation-et-de-la-contre-culture-de-chloe-zollman/#footnote_2_1136" id="identifier_2_1136" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="MCKAY (G.), op. cit., p. 14 (traduit par nous).">3</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Phénomène apparu au XIXe siècle, l&#8217;américanisation connaît un essor particulier après la Seconde guerre mondiale. À la fin du conflit, face à une Europe détruite par cinq années de guerre ou d&#8217;occupation, les États­-Unis, grands vainqueurs avec l&#8217;Union soviétique, se posent en modèle de réussite à tous les niveaux (économique, social, culturel, conceptuel). L&#8217;aide américaine pour la reconstruction du vieux continent s&#8217;organise et avec elle, les méthodes et modes de pensée américains se propagent. Avec le début de la Guerre froide (1948), les deux blocs tentent d&#8217;accroître leurs zones d&#8217;influence respectives ; l&#8217;Europe est, dans cet objectif, un enjeu particulier. Les positions stratégiques des puissances Est et Ouest se fixent avec la conclusion des alliances militaires (OTAN en 1949 et Pacte de Varsovie en 1955).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette situation de Guerre froide est donc la force motrice des relations entre l&#8217;Europe et les États­-Unis. L&#8217;Amérique s&#8217;engage en Europe dans différents domaines : militaire, politique et économique d&#8217;abord ; ensuite, et par conséquent, culturel, la dimension économique s&#8217;étant diffusée dans tous les secteurs de la société. Cette américanisation sera généralisée en Europe mais ne sera jamais dominante. Des pays y résistent, d&#8217;autres sélectionnent, adaptent, transforment les apports américains selon leurs identités nationales propres.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ensemble des auteurs consultés se rencontrent en général sur un point : le décalage qui existe entre l&#8217;Amérique telle qu&#8217;elle est imaginée par les Européens et la réalité des États­-Unis. Cette vision est tantôt réductrice, tantôt construite de toutes pièces, formée autour d&#8217;images stéréotypées issues du mythe du « rêve américain ». Un espace utopique de désirs mais aussi de peurs se crée, régi par des valeurs de libération, de rêve, de jeunesse, parfois aussi de violence. Ce système exerce son influence tant à l&#8217;extérieur qu&#8217;à l&#8217;intérieur de son cadre de production. Il joue aussi un rôle dans la vision qu&#8217;ont les Américains d&#8217;eux­mêmes, avec les déceptions que cela peut engendrer – le Willy Loman de Death of a Salesman en est l&#8217;exemple parfait<sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/11/08/le-personnage-dangela-davis-fruit-de-lamericanisation-et-de-la-contre-culture-de-chloe-zollman/#footnote_3_1136" id="identifier_3_1136" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="MILLER (A.), Death of a Salesman, 1949.">4</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec l&#8217;américanisation, c&#8217;est la culture de masse qui se propage dans le monde entier et, en tout premier lieu, en Europe. La société libérale de tous les possibles à l&#8217;américaine rencontre une Europe où milieux sociaux et formes spécifiques de culture sont encore intimement liés. De cette confrontation naîtra un changement du système culturel européen. Les frontières entre culture d&#8217;élite et culture populaire se gomment, les générations sont à présent sur un pied d&#8217;égalité face à la culture.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cours des décennies d&#8217;après­guerre, une évolution s&#8217;opère. La rhétorique de libération promouvant le modèle américain est peu à peu utilisée dans le cadre de discours soutenant un autre mode de pensée. L&#8217;américanisation, vue par certains comme libératrice, commence à être envisagée comme potentiellement annihilante. La génération des baby­ boomers exprime sa frustration face à une société bourgeoise qui semble stagner. Dans le cadre des revendications des mouvements afro­américains, de la guerre du Vietnam et des mouvements estudiantins, une revendication générale ébranle les bases de la société américaine en remettant en cause ses fondements. Cette contre­culture rejette non seulement la civilisation mais aussi l&#8217;idée même de civilisation. Dans une société où les valeurs spirituelles semblent écrasées par le matériel, il faut réinventer une culture et, avec elle, de nouvelles valeurs enfin égalitaires. Cette profonde remise en cause émane principalement des mouvements de gauche, voire d&#8217;extrême-gauche, qui légitiment la révolution comme seule voie de destruction du passé. Les structures sociales sont au centre des critiques puisqu&#8217;elles produisent cette culture majoritaire blanche et masculine où les minorités n&#8217;ont pas leur place. La contre-culture, lieu de contestation des positions sociales établies, est une lame de fond qui va bouleverser profondément la société, d&#8217;abord américaine, puis, par extension, européenne. Cette critique de l&#8217;ethnocentrisme occidental est le signe d&#8217;une rupture générationnelle qui se traduira dans différents domaines, notamment dans celui de la culture.</p>
<p style="text-align: justify;">Angela Davis s&#8217;inscrit parfaitement dans son époque dont elle est à la fois un produit et un élément moteur. La société américaine des années d&#8217;après-guerre peut être caractérisée par une série de phénomènes et d&#8217;événements : les mouvements afro-américains pour les droits civiques, l&#8217;américanisation et la culture de masse, la Guerre froide, la guerre du Vietnam, la montée des contestations notamment étudiante et féministe. D&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, le parcours d&#8217;Angela Davis est lié à ces moments de l&#8217;histoire des États-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;">Angela Davis naît dans un milieu afro-américain de classe moyenne, un milieu où la ségrégation est déjà affaiblie puisque ses parents ont tous les deux fait des études et qu&#8217;ils pourront permettre à leur fille d&#8217;en faire également, notamment en Europe. Néanmoins, A.Davis grandit dans un quartier où les tensions entre les communautés noire et blanche sont exacerbées, ce qui la confronte à ce problème américain qu&#8217;est le rapport entre les « races ». Le manque de cohérence entre cette réalité et le discours égalitaire et libéral à l&#8217;américaine la conduit tout naturellement à chercher des alternatives. Dans un contexte de Guerre froide, l&#8217;idéologie communiste semble une possibilité rêvée, d&#8217;autant plus que c&#8217;est un système de pensée qu&#8217;A. Davis a déjà côtoyé dans sa famille.</p>
<p style="text-align: justify;">Durant ses années d&#8217;études aux États-Unis et en Europe, Angela Davis entre dans un milieu intellectuel à une époque où certaines revendications, notamment étudiantes, sont menées par des intellectuels. Ce monde brasse un ensemble de contestations propres à la contre-culture qui, dans les années soixante, en sont à leurs débuts. Angela Davis est étudiante en philosophie, élève de Marcuse. Sa sensibilité contestataire ne peut que s&#8217;épanouir dans les divers combats à mener. La guerre du Vietnam, les conditions de vie des Afro-Américains, la liberté des femmes sont autant de luttes qui correspondent à différents aspects de sa personnalité. La profonde intellectualité d&#8217;Angela Davis couplée à son engagement communiste la mène logiquement à l&#8217;action sur le terrain, auprès de ses frères.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, avec les années soixante, le mouvement des droits civiques se transforme et se mue en un mouvement dont l&#8217;influence dépasse la simple sphère politique. Le concept de Black Power est né et avec lui, l&#8217;idée de la spécificité de la culture noire par rapport à la culture blanche majoritaire. Le Black Power peut être considéré comme une philosophie pragmatique – et non anarchiste comme ont voulu le croire certains – qui déclare que le pouvoir doit souvent être arraché ou gagné et qu&#8217;il n&#8217;est que rarement partagé de plein gré. Différentes idéologies sont groupées sous l&#8217;expression « Black Power » mais une volonté leur est à toutes commune : les Afro-Américains doivent prendre leur destin en main. L&#8217;expression culturelle afro-américaine doit donc s&#8217;auto-déterminer afin de se construire une identité propre et indépendante. Le Black Power va se diffuser dans tous les secteurs de la culture, qu&#8217;il s&#8217;agisse des arts plastiques, de la mode ou de la musique. Le combat d&#8217;Angela Davis pour les Afro-Américains se situe dans ces optiques-là. Tout d&#8217;abord, la lutte comme moyen d&#8217;aboutir à ses objectifs, « la lutte politique, par le peuple en mouvement qui se battrait pour ceux qui se trouvaient derrière les murs »<sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/11/08/le-personnage-dangela-davis-fruit-de-lamericanisation-et-de-la-contre-culture-de-chloe-zollman/#footnote_4_1136" id="identifier_4_1136" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="DAVIS (A.), op. cit., p. 246.">5</a></sup>, notamment lorsqu&#8217;elle s&#8217;engage pour la libération des prisonniers politiques. Ensuite, la culture comme moyen de revendication. Angela Davis, vingt ans dans les années soixante, arbore une coupe de cheveux afro, symbole de rébellion à l&#8217;image du poing revendicateur des militants noirs américains.</p>
<p style="text-align: justify;">Juxtaposer le contexte social, politique et culturel des années soixante et les dimensions multiples du personnage d&#8217;Angela Davis nous montre en quoi celle-ci est typiquement un personnage de son époque. Les années d&#8217;après-guerre seront celles d&#8217;une tentative d&#8217;américanisation profonde de l&#8217;Europe dans les sphères politique, économique, sociale et culturelle. Le mouvement parallèle de la contre-culture, qui émane notamment d&#8217;une attitude paradoxale d&#8217;amour-haine à l&#8217;égard de l&#8217;Amérique, se diffuse par les mêmes canaux. Dans cette époque de contacts intenses entre l&#8217;Europe et les États-Unis, les différents aspects ainsi que les formes que prendra la lutte d&#8217;Angela Davis sont déterminés par les influences idéologiques qu&#8217;elle subit, les milieux qu&#8217;elle traverse, les personnes qu&#8217;elle rencontre. Certes, tout engagement est le fruit d&#8217;une conjonction de paramètres souvent imprévisible, peu palpable et dépendant totalement des opportunités saisies ou manquées. Néanmoins, dans le cas d&#8217;Angela Davis, il faut constater qu&#8217;elle combine des attributs rarement réunis. Pensons, par exemple, à son engagement communiste. Schématiquement, une telle adhésion, conjuguée à sa réflexion intellectuelle profonde, lui permet de potentiellement toucher des ouvriers réunis autour des promesses libératrices de cette idéologie, mais aussi des universitaires déçus par un système capitaliste dans lequel ils ne se retrouvent plus. Active dans les mouvements afro-américains, elle y défend aussi la place de la femme. Une telle spécificité de combat lui permet d&#8217;être une figure représentative pour des cercles de militants dont les luttes peuvent être très différentes. Cette caractéristique peut probablement expliquer pourquoi son emprisonnement et son procès ont provoqué une telle levée de boucliers. La pluralité de son combat et de son personnage pouvait toucher des personnes issues d&#8217;horizons très divers, animés par des valeurs différentes et connaissant des parcours de vie extrêmement dissemblables.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1136" class="footnote">BARJOT (D.), « Introduction », in BARJOT (D.), RÉVEILLARD (C.), dir., L&#8217;américanisation de l&#8217;Europe occidentale au XXe siècle. Mythe et réalité. Actes du colloque des Universités européennes d&#8217;été, 9­11 juillet 2001, Paris, 2002, pp. 7­37 ; EUDES (Y.), La conquête des esprits. L&#8217;appareil d&#8217;exportation culturelle du gouvernement américain vers le tiers monde, Paris, 1982 ; HAROUEL (J.­L.), Culture et contre­cultures, Paris, 1998, pp. 1­11 ; MCKAY (G.), Yankee go home (&amp; take me with u) : Americanization and popular culture, Sheffield, 1997, pp. 12­53 ; STEPHAN (A.), « Cold War Alliances and the Emergence of Transatlantic Competition : an Introduction », in STEPHAN (A.), ed., The Americanization of European culture, diplomacy and Anti ­Americanism after 1945, New York, 2006, pp. 1­20 ; VAN DEBURG (W.L.), New Day in Babylon (&#8230;), pp. 11­62.</li><li id="footnote_1_1136" class="footnote">BARJOT (D.), op. cit., p. 7.</li><li id="footnote_2_1136" class="footnote">MCKAY (G.), op. cit., p. 14 (traduit par nous).</li><li id="footnote_3_1136" class="footnote">MILLER (A.), Death of a Salesman, 1949.</li><li id="footnote_4_1136" class="footnote">DAVIS (A.), op. cit., p. 246.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://bader.lejmi.org/2011/11/08/le-personnage-dangela-davis-fruit-de-lamericanisation-et-de-la-contre-culture-de-chloe-zollman/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>A propos de l&#8217;ijtihad pour un Islam progressiste et populaire</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2011/10/27/a-propos-de-lijtihad-pour-un-islam-progressiste-et-populaire/</link>
		<comments>http://bader.lejmi.org/2011/10/27/a-propos-de-lijtihad-pour-un-islam-progressiste-et-populaire/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 27 Oct 2011 10:26:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[ijtihad]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[islam politique]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[progressisme]]></category>
		<category><![CDATA[réforme]]></category>
		<category><![CDATA[réforme morale]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bader.lejmi.org/?p=1082</guid>
		<description><![CDATA[Commentaire d&#8217;Omar Mazri à Ijtihad : pour un « Islam progressiste et populaire » que j&#8217;ai cru bon de partager avec vous. J’ai lu et relu votre bilan sur votre action et j’ai analysé vos démarches et propositions. Il y a beaucoup de bien comme il y a beaucoup de pistes à explorer, à tenter [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Commentaire d&#8217;Omar Mazri à <a href="http://oumma.com/Ijtihad-pour-un-Islam-progressiste">Ijtihad : pour un « Islam progressiste et populaire »</a> que j&#8217;ai cru bon de partager avec vous.</em></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai lu et relu votre bilan sur votre action et j’ai analysé vos démarches et propositions. Il y a beaucoup de bien comme il y a beaucoup de pistes à explorer, à tenter et à débattre sur le terrain des acteurs au quotidien. Bravo. Je ne vais pas m’étaler sur l’action positive qui vous honore mais je vais &nbsp;&raquo; vous dénigrer amicalement&nbsp;&raquo; selon la règle du bon conseil en Islam et selon la peur que j’ai en moi devant toutes les tentatives de saucissoner l’islam, de l’occidentaliser, de le Jahiliser sans l’avoir pratiqué dans sa logique interne qui est une alternative au matérialisme, au paganisme athée ou aux religions païennes (Chirk)</p>
<p style="text-align: justify;">Permettez moi donc de réagir sans malices à ce qui a heurté ma sensibilité de musulman : cette caricature sémantique &nbsp;&raquo; Islam progressiste et populaire&nbsp;&raquo; et tous les préjugés idéologiques qui la sous tendent comme l&nbsp;&raquo;islam français&nbsp;&raquo; est soutenu par d’autres préjugés. En aucun ce que je vais dire n’est dirigé méchamment contre vous ou est la négation de vos efforts. C’est un travail de clarification qui va dans le sens de l’Ijtihad que vous, moi et tout musulman ou non musulman concerné par la désastreuse gestion du monde réclament pour sa dignité et la survie de ses enfants et de ses frètes en humanité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut nous mettre dans la tête et dans le cœur qu’il y un seul Dieu, un seul Coran, un seul et ultime Prophète Mohamed et que c’est une hérésie sur le plan religieux de vouloir présenter plusieurs islams ou de croire en plusieurs islams. Des raisons idéologiques, politiques en Occident veulent que la division soit la règle qui unit les musulmans et que les seuls qualificatifs pour parler de l’islam sont ceux produits par la culture occidentale dans sa version chrétienne ou matérialiste (libérale ou marxiste). L’islam n’est ni libérale ni marxiste, ni populaire ni élitiste, ni progressiste ni réactionnaire, ni essentialiste, ni existentialiste, il est la religion d’Adam, de Moise, de Jésus, de Mohamed, la religion que Dieu a choisi pour le bien être moral, social, spirituel et politique des hommes qu’Il a crée. Ces créatures n’ont pas compétence de donner des attributs ou des qualificatifs à la religion de Dieu autres que Lui même a donné à Sa religion :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Allah atteste, et aussi les Anges et les doués de science, qu’il n’y a point de divinité à part Lui, le Mainteneur de la justice. Point de divinité à part Lui, le Puissant, le Sage ! Certes, la religion acceptée d’Allah, c’est l’Islam. Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont disputés, par agressivité entre eux, qu’après avoir reçu la science. Et quiconque ne croit pas aux signes d’Allah, alors Allah est prompt à demander compte ! S’ils te contredisent, dis leur : ‹Je me suis entièrement soumis à Allah, moi et ceux qui m’ont suivi›. Et dis à ceux à qui le Livre a été donné, ainsi qu’aux illettrés : ‹Avez-vous embrassé l’Islam ?› S’ils embrassent l’Islam, ils seront bien guidés. Mais, s’ils tournent le dos&#8230; Ton devoir n’est que la transmission (du message). Allah, sur [Ses] serviteurs est Clairvoyant.</p>
<p style="text-align: justify;">Al Imrane, 13</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il vous plaît tout est à débattre, tout est sujet d’ijtihad sauf ce qui a été défini par Dieu sans possibilité de réforme, de relecture ou d’interprétation. Il n’y a pas et il n’y aura pas d’islam avec un qualificatif que celui donné par Dieu dans le Coran. Il n’y a pas d’islam arabe et d’islam iranien, d’islam du temps du Prophète et d’islam post Prophète, ni d’islam boudhiste, ni d’islam conservateur, ni d’islam sioniste. Il y a l’islam d’Allah al Ahad al Qahar malikou al Moulk<sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/10/27/a-propos-de-lijtihad-pour-un-islam-progressiste-et-populaire/#footnote_0_1082" id="identifier_0_1082" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="l&amp;#8217;Unique, le Dominant, le Souverain Absolu">1</a></sup>:</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Désirent-ils une autre religion que celle d’Allah, alors que se soumet à Lui, bon gré, mal gré, tout ce qui existe dans les cieux et sur terre, et que c’est vers Lui qu’ils seront ramenés ? Dis : ‹Nous croyons en Allah, à ce qu’on a fait descendre sur nous, à ce qu’on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus, et à ce qui a été apporté à Moïse, à Jésus et aux prophètes, de la part de leur Seigneur : nous ne faisons aucune différence entre eux ; et c’est à Lui que nous sommes Soumis›. Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agrée, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants.</p>
<p style="text-align: justify;">Al Imrane, 83</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">C’est un seul et même islam qui gouverne l’univers, le monde des hommes, des Djinns, des plantes, des animaux, des minéraux. Les hommes peuvent être libres de s’y soumettre totalement ou de le transgresser. S’ils s’y soumettent ils deviennent des mouslims qui peuvent selon leur culture, leur background intellectuel, leurs penchants politiques et leurs intentions être comme Abraham ou Mohamed .</p>
<p style="text-align: justify;">Même pecheur, innovateur, réformateur, moujtahid, transgresseur celui dont le coeur contient une graine de moutarde de foi et un vernis microscopique d’islamité ne peut tolérer que l’islam soit fracionné, partitionné, qualifié selon la mode et les préoccupations même nobles et légitimes des uns ou les stratagèmes les plus complexes des autres. Il n’ y a plus d’Ijtihad quand le socle de la foi le Thawhid ou le monothéisme pur et parfait est mis en doute sur le fond ou la forme :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, les mécréants désespèrent de vous détourner de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous.</p>
<p style="text-align: justify;">Al Maida, 3</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les musulmans peuvent diverger sur la manière de résoudre un problème économique, politique, diplomatique car ils constituent en principe un feuillage avec des branches et des fruits multiples sur le plan de la forme , de la couleur et du goût. Dieu et l’Islam sont Un nous les croyants comme toute la création nous sommes multiples, divers et ondoyants :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">N’as-tu pas vu que, du ciel, Allah fait descendre l’eau ? Puis nous en faisons sortir des fruits de couleurs différentes. Et dans les montagnes, il y a des sillons blancs et rouges, de couleurs différentes, et des roches excessivement noires. Il y a pareillement des couleurs différentes, parmi les hommes, les animaux et les bestiaux. Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah. Allah est, certes, Puissant et Pardonneur. Ceux qui récitent le Livre d’Allah, accomplissent la Salat, et dépensent, en secret et en public de ce que Nous leur avons attribué, espèrent ainsi faire une commerce qui ne périra jamais afin [qu’Allah] les récompensent pleinement et leur ajoute Sa grâce. Il est Pardonneur et Reconnaissant.</p>
<p style="text-align: justify;">Fater, 27</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Allah al Fater, le Créateur ex nihilo autorise la divergence et favorise donc l’Ijtihad y compris dans la manière de parvenir jusqu’à sa connaissance et son amour. C’est la loi de l’harmonie qui gouverne l’univers. Dans cette loi il y a trois sous lois qui œuvrent pour l’équilibre et le mouvement créatif : la dialectique, le retour à l’ordre initial, la conjonction des similitudes. Cette même loi de l’Harmonie présidée par la sagesse divine veut que les hommes ne sont pas égaux en efforts, en intelligence et en qualité de foi et il appartient aux plus doués, aux plus vigilants, aux plus responsables d’exercer leurs devoirs vis de Dieu et des hommes pour construire cette harmonie ou y revenir quand elle est troublée :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Et ce que Nous t’avons révélé du Livre est la Vérité confirmant ce qui l’a précédé. Certes Allah est Parfaitement Connaisseur et Clairvoyant sur Ses serviteurs. Ensuite, Nous fîmes héritiers du Livre ceux qui de Nos serviteurs que Nous avons choisis. Il en est parmi eux qui font du tort à eux-mêmes, d’autres qui se tiennent sur une voie moyenne, et d’autres avec la permission d’Allah devancent [tous les autres] par les bonnes actions ; telle est la grâce infinie.</p>
<p style="text-align: justify;">Fater, 31</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">La divergence et son corollaire l’Ijtihad est donc recommandée, c’est un devoir, une manifestation de la vitalité, de la vie, une harmonie avec l’œuvre du Créateur qui crée en permanence sans fatigue, sans lassitude et toujours avec sagesse :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Chaque jour (de la création) est dans un état nouveau (Cha’n jadid)</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes une créature de Dieu, la loi du mouvement nous concerne. Nous devons donc nous mouvoir, exprimer nos divergence et faire l’effort (ijtihad) de réformer, d’innover, d’inventer, de symboliser d’être pleinement humain mais nous ne pouvons diverger sur la vérité, pas la notre mais celle de Dieu L’islam que Dieu a appelé comme le Coran al Haq, la religion de la droiture, din al qayim. Croyants nous ressemblons à ces feuilles, ces branches et ces fruits : ils sont portés par un seul et même arbre celui de la foi, la foi pure et authentique le Thawhid qui a pour nom ISLAM. Nous ne pouvons par la liberté de notre imagination décider d’appeler cet arbre du nom qui nous convient et nous donne vie. Résoudre les défis sur le calcul de la lune, sur la redéfinition du Riba dans ce monde de globalisation et de financiarisation, chercher des facilitations dans un monde plus complexe et plus rapide sont des impératifs logiques qui méritent reconnaissance et récompense. Mais vouloir introduire des particularismes temporels ou spatiaux dans l’ISLAM consciemment ou inconsciemment c’est mettre en doute le principe du Thawhid : l’immuabilité, la vérité, la justice et la perfection du verbe et de l’acte divin.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah, alors qu’il est appelé à l’Islam ?</p>
<p style="text-align: justify;">As Saf, 7</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Quelque soit notre intelligence, notre richesse lexicale, notre érudition philosophique nous ne pouvons sur le plan de l’unicité et de la permanence de l’islam dire plus, moins ou mieux que Abraham :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Vous qui croyez ! Inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur, et faites le bien. Afin de réussir ! Et luttez pour Allah avec tout l’effort qu’Il mérite. C’est Lui qui vous a élus ; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés ‹Musulmans› avant (ce Livre) et dans ce (Livre), afin que le Messager soit témoin pour vous , et que vous soyez vous-mêmes témoins pour les gens. Accomplissez donc la Salat, acquittez la Zakat et attachez-vous fortement à Allah. C’est Lui votre Maître. Et quel Excellent Maître ! Et quel Excellent soutien !</p>
<p style="text-align: justify;">Al Hadj, 72</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Que les musulmans soient engagés politiquement et socialement à côté de tout ceux qui luttent pour le progrès et les couches populaires c’est un impératif moral, politique et religieux car l’islam a pour vocation la promotion de la justice en général et la réalisation de la justice sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s’agit donc pas de construire un nouvel islam &laquo;&nbsp;progressiste et populaire&nbsp;&raquo; mais de redonner vie à l’islam authentique dans le cœur et l’esprit des hommes mais aussi dans les différentes sphères de la société. Il s’agit de mobiliser les populations musulmanes par un enseignement authentique de leur religion et en les impliquant dans la vie de la cité pour qu’ils débattent et surtout qu’ils exercent leur devoir de Vicariat. Entrainer les populations sur des &laquo;&nbsp;Islams&nbsp;&raquo; c’est faire le jeu des confréries &laquo;&nbsp;réactionnaires&nbsp;&raquo; et des pouvoirs qui veulent des musulmans analphabètes et inconscients sur le plan de la religion et du monde c’est à dire vivre l’islamité tout simplement en musulmans conscients de ses devoirs vis à vis de Dieu et de son prochain sans dérive angélique et sans confiscation de sa liberté de dire et de faire ce qui est juste et bien. Cet islamité a pour vocation la défense de la dignité de l’humain, la promotion des devoirs de l’homme, la lutte contre le Riba dans sa forme ancienne ou dans sa forme capitaliste, la défense de la femme, la lutte pour la cause de Dieu qui souvent se ramène à la lutte pour défendre les opprimés sans distinction de religion et défendre leurs convictions mêmes si elles ne sont pas islamiques :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Et qu’avez vous à ne pas combattre dans le sentier d’Allah, et pour la cause des faibles : hommes, femmes et enfants qui disent : ‹Seigneur ! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur›.</p>
<p style="text-align: justify;">An Nissa, 75</p>
<p style="text-align: justify;">Ceux qui ont fait du tort à eux mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant : ‹Où en étiez-vous ?› (à propos de votre religion et de votre dignité) &#8211; ‹Nous étions impuissants sur terre›, dirent-ils. Alors les Anges diront : ‹La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ?› Voilà bien ceux dont le refuge et l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! A l’exception des impuissants : hommes, femmes et enfants, incapables de se débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie</p>
<p style="text-align: justify;">An Nissa, 93</p>
<p style="text-align: justify;">Et si Allah ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue</p>
<p style="text-align: justify;">Al Baqara, 225</p>
<p style="text-align: justify;">Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d’Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et Puissant, ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la Salat, acquittent la Zakat, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable.</p>
<p style="text-align: justify;">Al Hadj, 43</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">La vocation de l’islam n’est de prôner ni la révolution ni le conservatisme ni réactionnaire mais la justice. Sur ce principe de justice nous pouvons nous mobiliser avec tous les hommes de bonne volonté pour que la justice et la paix règne dans nos cœurs, dans nos cités et dans le monde qui nous environne dans le cadre éthique et esthétique qui ne remet pas en cause notre foi monothéiste, notre pudeur, notre dignité, nos devoirs :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">O les croyants ! Remplissez fidèlement vos engagements.[...] Et ne laissez pas la haine pour un peuple qui vous a obstrué la route vers la Mosquée sacrée vous inciter à transgresser. Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes oeuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition !</p>
<p style="text-align: justify;">Al Maida, 1</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Tout le problème est un problème de libération des musulmans vivant en France ou vivant dans d’autres contrées. La libération des musulmans est un aspect d’un problème plus en amont : la libération ou l’humanisation des hommes. Le Prophète a laissé un hadith d’une portée capitale en matière d’ingénierie sociale sous l’angle islamique :</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les meilleurs d’entre vous dans l’islam sont les meilleurs d’entre vous avant l’islam s’ils font l’effort de connaître leur religion.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ce hadith donne à l’Ijtihad un sens plus large et plus universel que celui préconisé par les parisans du sabordage de l’islam de l’intérieur en y introduisant des bidaâ (innovations hérétiques des égarés).</p>
<p style="text-align: justify;">Ma conviction personnelle, ma pratique sur le terrain et mon regard sur la guerre de libération nationale (Algérie) me permettent d’affirmer que nous pouvons tisser des liens de travail et de militance sur des thèmes précis avec les authentiques chrétiens et avec les authentiques marxistes léninistes et trotskistes sans collaboration de classes ni partage de place mais pour l’émancipation de la démocratie et de la justice sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Salam à tous et Ramadhan agréé inchaallah.</p>
<p style="text-align: justify;">Omar Mazri</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1082" class="footnote">l&#8217;Unique, le Dominant, le Souverain Absolu</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://bader.lejmi.org/2011/10/27/a-propos-de-lijtihad-pour-un-islam-progressiste-et-populaire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Mettre en scène la «fin» du colonialisme pour un colonialisme sans fin</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2011/10/27/fin-du-colonialisme-pour-un-colonialisme-sans-fin/</link>
		<comments>http://bader.lejmi.org/2011/10/27/fin-du-colonialisme-pour-un-colonialisme-sans-fin/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 27 Oct 2011 09:53:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[anticapitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[anticolonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[cinquantenaire]]></category>
		<category><![CDATA[colonial]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[etudes rurales]]></category>
		<category><![CDATA[independances]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bader.lejmi.org/?p=1089</guid>
		<description><![CDATA[Une branche de la tradition critique, incapable d’imaginer la fin du colonialisme, en nie même l’existence. Selon cette conception, l’indépendance des colonies a signifié la fin du colonialisme ; depuis lors, l’anticapitalisme est devenu le seul objectif légitime de la politique émancipatrice. Cette branche de la pensée critique se focalise sur la lutte des classes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1090" class="wp-caption aligncenter" style="width: 230px"><a href="http://www.cairn.info/revue-etudes-rurales-2011-1-page-21.htm"><img class="size-medium wp-image-1090" title="timbre__cinquantenaire_des_independances_africaines__0_87___autocollant_grande" src="http://bader.lejmi.org/wp-content/uploads/2011/10/timbre__cinquantenaire_des_independances_africaines__0_87___autocollant_grande-220x300.jpg" alt="" width="220" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Célébrer les indépendances pour mieux nier l&#39;actualité du colonialisme</p></div>
<blockquote><p>Une branche de la tradition critique, incapable d’imaginer la fin du colonialisme, en nie même l’existence. Selon cette conception, l’indépendance des colonies a signifié la fin du colonialisme ; depuis lors, l’anticapitalisme est devenu le seul objectif légitime de la politique émancipatrice. Cette branche de la pensée critique se focalise sur la lutte des classes et, de ce fait, ne reconnaît pas la validité des luttes ethnoculturelles. Au contraire, elle valorise l’hybridité ou le métissage – qu’elle identifie comme un élément clé du colonialisme ibérique – comme preuve supplémentaire du dépassement du colonialisme. En conséquence, la démocratie raciale est célébrée comme la représentation de l’état actuel des choses, et n’est pas présentée comme un but à atteindre.</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://www.cairn.info/revue-etudes-rurales-2011-1-page-21.htm">de Sousa Santos Boaventura , « Épistémologies du Sud » ,<br />
Etudes rurales, 2011/1 n°187, p. 21-49.</a></p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://bader.lejmi.org/2011/10/27/fin-du-colonialisme-pour-un-colonialisme-sans-fin/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Refonte morale : la langue et l&#8217;écrivain</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2011/09/19/refonte-morale-la-langue-et-lecrivain/</link>
		<comments>http://bader.lejmi.org/2011/09/19/refonte-morale-la-langue-et-lecrivain/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 19 Sep 2011 20:43:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[colonisé]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[decolonisation]]></category>
		<category><![CDATA[justice française]]></category>
		<category><![CDATA[langue]]></category>
		<category><![CDATA[réforme morale]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bader.lejmi.org/?p=1064</guid>
		<description><![CDATA[« La refonte de la personnalité du colonisé est une quête plus grave qu&#8217;on ne le croit. On a cru qu&#8217;il suffisait de se réclamer d&#8217;un terroir, de décrire minutieusement les lieux et les habitudes de ses compatriotes, de condamner avec une grande violence verbale l&#8217;ordre colonial, pour se récupérer, se restructurer. C&#8217;est là une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1066" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://leclownlyrique.wordpress.com/2011/08/27/faire-corps-avec-le-paysage/"><img class="size-medium wp-image-1066" title="Minkkinen Arno Rafael, Fosters Pond, 2000" src="http://bader.lejmi.org/wp-content/uploads/2011/09/minkkinen-arno-rafael-fosters-pond-2000-222x300.jpg" alt="Minkkinen Arno Rafael, Fosters Pond, 2000" width="300" /></a><p class="wp-caption-text">Minkkinen Arno Rafael, Fosters Pond, 2000</p></div>
<blockquote style="text-align: right;">
<p style="text-align: justify;">« La refonte de la personnalité du colonisé est une quête plus grave qu&#8217;on ne le croit. <strong>On a cru qu&#8217;il suffisait de se réclamer d&#8217;un terroir, de décrire minutieusement les lieux et les habitudes de ses compatriotes, de condamner avec une grande violence verbale l&#8217;ordre colonial, pour se récupérer, se restructurer. </strong>C&#8217;est là une erreur de positions, de situations.</p>
<p style="text-align: justify;">(&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">Toute la poésie militante algérienne par exemple est scandée au nom de la patrie. (&#8230;) Les réalités que l&#8217;écrivain mettait en cause n&#8217;étaient pas profondément palpées et senties, à un niveau organique. <strong>L&#8217;écrivain, en exprimant cette révolution physique n&#8217;est pas encore arrivé à adhérer totalement aux réalités de son peuple, à sa mentalité intrinsèque, à sa mythologie organisatrice du monde.</strong> Il n&#8217;avait pas réussi à appréhender ses propres racines, à reprendre contact avec la sève nourricière, la matrice populaire. Démarche-type de l&#8217;intellectuel colonisé, souvent en exil, cherchant dans les cafés de Saint-Germains-des-Prés l&#8217;inspiration d&#8217;une logique qui nous est bien connue.</p>
<p style="text-align: justify;">(&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>J&#8217;affirme personnellement que l&#8217;on ne décolonise pas avec les mots. Seul une refonte mentale, une redécouverte de notre patrimoine, sa remise en question et sa réorganisation peuvent mettre en branle cette reprise en main de notre personnalité et de notre destin d&#8217;hommes.</strong> Nous aurons à ce moment-là entamé notre propre itinéraire et serons rentrés dans la phase effective, concrète, de la décolonisation. Il faut absolument entretenir au départ une méfiance vis-à-vis de la langue d&#8217;expression qu&#8217;on emploie. Que cette langue soit le français, l&#8217;arabe ou n&#8217;importe quelle autre. (&#8230;)  Or l&#8217;écrivain de race est celui qui fait un usage singulier et irremplaçable de la langue. C&#8217;est celui qui nous propose et impose un langage nouveau, marqué du sceau de son univers créateur. A l&#8217;écrivain de chez nous de désarticuler cette langue qui est sienne, de la violenter pour lui extirper toutes ses possibilités. <strong>Encore faut-il qu&#8217;il possède cette faculté organisatrice et exorcisante que seul l&#8217;apprentissage des réalités profondes peut lui conférer.</strong> »</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://clicnet.swarthmore.edu/souffles/s4/2.html">abdellatif laâbi : réalités et dilemmes de la culture nationale, souffles, numéro 4, quatrième trimestre 1966</a></p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://bader.lejmi.org/2011/09/19/refonte-morale-la-langue-et-lecrivain/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Subaltern Studies vues par Jacques Pouchepadass</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2011/09/18/les-subaltern-studies-vues-par-jacques-pouchepadass/</link>
		<comments>http://bader.lejmi.org/2011/09/18/les-subaltern-studies-vues-par-jacques-pouchepadass/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 18 Sep 2011 16:45:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Liens]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[dossier]]></category>
		<category><![CDATA[inde]]></category>
		<category><![CDATA[jacques pouchepadass]]></category>
		<category><![CDATA[modernité]]></category>
		<category><![CDATA[peuple]]></category>
		<category><![CDATA[postcolonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[raison]]></category>
		<category><![CDATA[subaltern studies]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bader.lejmi.org/?p=1059</guid>
		<description><![CDATA[Entretien avec Pouchepadass sur la portée contestataire des études postcoloniales L&#8217;objectif des Subaltern Studies L’objet premier du discours critique des subalternistes indiens, c’est le grand récit normatif de la trajectoire historique de l’Europe de l’Ancien Régime au capitalisme industriel et à la modernité, récit qui constitue partout dans le monde, selon eux, le paradigme dominant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe frameborder="0" width="480" height="360" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xl3pse?theme=eggplant&#038;foreground=%23CFCFCF&#038;highlight=%23834596&#038;background=%23000000"></iframe><br /><a href="http://www.laviedesidees.fr/La-portee-contestataire-des-etudes.html" target="_blank">Entretien avec Pouchepadass sur la portée contestataire des études postcoloniales</a></p>
<h3 style="text-align: justify;">L&#8217;objectif des Subaltern Studies</h3>
<p style="text-align: justify;">L’objet premier du discours critique des subalternistes indiens,  c’est le grand récit normatif de la trajectoire historique de l’Europe  de l’Ancien Régime au capitalisme industriel et à la modernité, récit  qui constitue partout dans le monde, selon eux, le paradigme dominant  des sciences sociales, et notamment le modèle de référence implicite de  l’historiographie universitaire. L’histoire des sociétés non  européennes, expliquent-ils, est toujours analysée à partir de ce type  idéal et caractérisée par les différences qui l’en distinguent. À  l’époque des conquêtes coloniales, l’Europe a constamment justifié son  expansionnisme en affichant sa volonté d’étendre aux sociétés non  européennes prétendument moins avancées son modèle culturel de la  modernité, dont elle leur refusait le bénéfice dans la pratique.</p>
<p style="text-align: justify;">L’objectif des Subaltern Studies était de produire une histoire qui  restaure la parole du peuple des « subalternes » et témoigne de sa  culture politique autonome, non « prépolitique » ou arriérée mais  différente de celle de l’élite. Certes, il y avait là des traces de  romantisme populiste, mais aussi, dès le départ, l’esquisse d’une  critique des théories unilinéaires du progrès et de l’État-nation comme  incarnation d’une modernité bourgeoise répressive, culturellement  homogénéisante et sourde aux aspirations du peuple.</p>
<p style="text-align: justify;">Et s’il entreprenait de corriger la vision élitiste de l’histoire de  l’Inde jusqu’alors prédominante, c’est au nom de la conviction que les  élites indiennes exerçaient certes sur le peuple des subalternes leur  domination (matérielle), mais non pas leur hégémonie (c’est-à-dire leur  suprématie culturelle). C’est ce domaine autonome de la pensée et de  l’initiative des subalternes, systématiquement occulté par  l’historiographie élitiste, qu’il fallait ressusciter, non seulement  pour réparer l’injustice qui lui était faite et lui rendre sa dignité,  mais pour exposer en pleine lumière le rapport de forces interne à un  mouvement d’indépendance dont seules les élites avaient récolté les  fruits, et pour éclairer, en vue des luttes futures, les raisons  profondes de cet échec historique de la nation à réaliser sa destinée («  this historic failure of the nation to come into its own »), qui  constitue le problème central de l’historiographie de l’Inde coloniale  (Guha 1982 : 7).</p>
<h3 style="text-align: justify;">Critique du nationalisme</h3>
<p style="text-align: justify;">Les nationalismes du Tiers Monde, dont la plupart étaient  intrinsèquement des idéologies modernistes, ont souvent repris à leur  compte, à destination de leurs propres classes populaires, cette  téléologie de l’évolution historique nécessaire vers l’individualisme  bourgeois, la loi moderne et l’État-nation, posant en principe que les  droits de l’individu et l’idée abstraite de l’égalité étaient des  conceptions applicables à toute l’humanité dans les mêmes termes qu’en  Occident. (&#8230;) Certes, il  est indéniable que l’égalitarisme bourgeois et l’accès à la citoyenneté  dans le cadre d’un État-nation souverain ont rendu maîtres de leur  destin partout dans le monde des groupes jusqu’alors opprimés et  marginalisés. Mais ce que l’on reconnaît moins facilement, c’est que cet  idéalisme de la liberté, de la civilisation, du progrès, et plus  récemment du développement, a été et reste encore et partout associé,  sous une forme ou sous une autre, à la répression et à la violence.</p>
<p style="text-align: justify;">[Le] livre de Partha Chatterjee paru en 1986, <em>Nationalist Thought and  the Colonial World</em> (&#8230;) montrait que le discours nationaliste de  l’élite indienne, certes opposé au discours colonial mais enraciné dans  le même fonds idéologique, celui de la modernité bourgeoise, était  confronté à une contradiction fondamentale : l’élite se devait de parler  au nom des masses si elle voulait affronter le pouvoir colonial avec  une chance de succès, mais elle redoutait en même temps, et contenait  avec peine, l’irrépressible autonomie de leur mode de contestation.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Critique du marxisme</h3>
<p style="text-align: justify;">L’historiographie marxiste du mouvement  national, la seule qui  tranchât vraiment sur le récit nationaliste  conventionnel pendant les  premières décennies de l’indépendance,  péchait quant à elle par une  autre forme d’élitisme. Tout en prétendant  parler au nom des classes  opprimées et pour éclairer leur marche vers  l’émancipation et le  progrès, elle stigmatisait leur culture propre de  la résistance comme  mentalité pré-politique ou fausse conscience,  c’est-à-dire comme phase  primitive du développement de la conscience  révolutionnaire. Elle  mettait en doute les capacités de lutte de la  masse de la paysannerie,  considérant que ses révoltes ne pouvaient être  que des éclats de colère  collective spontanés et sans lendemain,  nécessairement dépourvus  d’organisation, de programme et d’efficacité  aussi longtemps qu’ils  n’étaient pas mobilisés et encadrés par une  avant-garde mieux formée et  politiquement plus avancée. Enfin, elle  tombait dans le déterminisme  économiciste en attribuant un rôle moteur  décisif aux contradictions  et aux conjonctures de crise de  l’économie.</p>
<p style="text-align: justify;">L’humanisme des Lumières étant dénoncé comme l’impensé du marxisme,  la critique subalterniste de la modernité englobe la pensée de Marx,  dont les analyses seraient imprégnées d’un discours d’émancipation qui  offrit autrefois une justification à l’expansion coloniale de l’Europe  et qui sert de nos jours à légitimer l’État-nation (Prakash 1994 :  1489-1490).</p>
<h3 style="text-align: justify;">Autonomie du peuple</h3>
<p style="text-align: justify;">Il s’agissait donc de rétablir le peuple comme sujet de sa propre histoire en refusant de le concevoir comme simple masse de manœuvre manipulée par les élites, et en rompant avec les téléologies qui le transforment en agent passif d’une mécanique historique universelle (qu’il s’agisse de l’histoire nationaliste qui présente les révoltes de l’époque coloniale comme autant d’étapes dans la genèse de l’État-nation, ou de l’histoire marxiste qui les voit comme des stades de l’émergence de la conscience de classe). Il fallait reconnaître son importance historique réelle à la capacité d’initiative (agency) libre et souveraine de ce peuple, redécouvrir sa culture propre, s’intéresser enfin sérieusement à son univers de pensée et d’expérience (et pas seulement à ses conditions matérielles d’existence). Il fallait faire admettre en somme qu’il existe un domaine autonome de la politique du peuple distinct de celui de l’élite, dont les idiomes, les normes, les valeurs sont enracinés dans l’expérience du travail et de l’exploitation sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Le peuple, selon le manifeste programmatique publié par Ranajit Guha en tête du premier volume des Subaltern Studies, ce sont <em>« les classes et groupes subalternes qui constituent la masse de la population laborieuse et les couches intermédiaires des villes et des campagnes »</em>, c’est-à-dire <em>« la différence démographique entre la population totale de l’Inde et tous ceux qui en constituent l’élite »</em>. Ce qui définit les subalternes (notion empruntée au Gramsci des Cahiers de prison), c’est la relation de subordination dans laquelle les élites les tiennent, relation qui se décline en termes de classe, de caste, de sexe, de race, de langue et de culture.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne se contentait pas de dénoncer la manœuvre par laquelle l’élite nationaliste, au cours de la lutte anticoloniale, avait instrumentalisé l’élan de la contestation populaire à son profit exclusif afin d’exercer le pouvoir sans partage une fois l’indépendance acquise. Il présentait cette politique du peuple comme une expression du domaine autonome de cette conscience subalterne toujours réfractaire à l’emprise de la bourgeoisie, un élément de ces <em>« vastes zones de la vie et de la conscience du peuple qui n’ont jamais été intégrées dans son hégémonie »</em> (Guha 1982 : 4-5), donnant ainsi la mesure à la fois de l’injustice sociale sur laquelle l’indépendance s’était historiquement construite, et de la nécessité de luttes futures.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Face au discours hégémonique de la modernité et du progrès, à cette « propagande de la raison », à cette « monomanie de l’imagination à l’œuvre chez le sujet savant, juge et maître qui sait toujours déjà ce qui est bon pour tout le monde avant même de s’en être assuré », il faut, écrit Chakrabarty, « aller vers le subalterne », « le laisser mettre en question nos conceptions de l’universel », faire leur place à l’affectif, au religieux, à « ce que nous avons fini, en devenant modernes, par voir comme irrationnel ».</strong></p>
<h3 style="text-align: justify;">Extraits de :</h3>
<ul style="text-align: justify;">
<li><a href="http://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2004-3-page-67.htm">Jacques Pouchepadass « Que reste-t-il des Subaltern Studies ? », Critique internationale 3/2004 (no 24), p. 67-79.</a></li>
<li><a href="http://lhomme.revues.org/index75.html">Jacques Pouchepadas, « Les Subaltern Studies ou la critique postcoloniale de la modernité », L’Homme, 156 | octobre-décembre 200</a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://bader.lejmi.org/2011/09/18/les-subaltern-studies-vues-par-jacques-pouchepadass/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Révolutions arabes : nos camarades de la Fête de l&#8217;Humanité peuvent, et doivent mieux faire</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2011/09/11/revolutions-arabes%c2%a0-nos-camarades-de-la-fete-de-lhumanite-peuvent-et-doivent-mieux-faire/</link>
		<comments>http://bader.lejmi.org/2011/09/11/revolutions-arabes%c2%a0-nos-camarades-de-la-fete-de-lhumanite-peuvent-et-doivent-mieux-faire/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 16:28:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[communistes]]></category>
		<category><![CDATA[fête de l'humanité]]></category>
		<category><![CDATA[fête de l'humanité 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Mognis Abdallah]]></category>
		<category><![CDATA[Omar ALSOUMI]]></category>
		<category><![CDATA[palestine]]></category>
		<category><![CDATA[PCF]]></category>
		<category><![CDATA[révolutions arabes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bader.lejmi.org/?p=1017</guid>
		<description><![CDATA[{NDLR: un député de l&#8217;entité sioniste sera présent au débat sur les révolutions dans le monde arabe qui doit se tenir à l&#8217;Agora à la Fête de l&#8217;Humanité le vendredi 16 septembre 2011} Il n&#8217;est jamais évident de mesurer l&#8217;ampleur du changement apporté par une révolution. Les vieilles habitudes ont la peau dure. Nous avons [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1023" class="wp-caption aligncenter" style="width: 314px"><a href="http://oumma.com/Pour-la-Fete-de-l-Humanite-suivre"><img class="size-full wp-image-1023" title="63109-fete-de-l-humanite-2011" src="http://bader.lejmi.org/wp-content/uploads/2011/09/63109-fete-de-l-humanite-2011.jpg" alt="Affiche orientaliste-sioniste Fête de l'Humanité" width="304" height="428" /></a><p class="wp-caption-text">Affiche orientaliste-sioniste Fête de l&#39;Humanité</p></div>
<p><strong>{NDLR: un député de l&#8217;entité sioniste sera présent au débat sur les révolutions dans le monde arabe qui doit se tenir à l&#8217;Agora à la Fête de l&#8217;Humanité le vendredi 16 septembre 2011}</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;est jamais évident de mesurer l&#8217;ampleur du changement apporté par une révolution. Les vieilles habitudes ont la peau dure. Nous avons tous beaucoup à apprendre en cette ère qui s&#8217;ouvre. Les camarades organisateurs de la Fête de l&#8217;Humanité en particulier… S&#8217;ils tirent les leçons de leurs erreurs politiques, qui se multiplient.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;abord, cette affiche, où deux drapeaux israéliens s&#8217;exhibent dans la chevelure d&#8217;une allégorie des révolutions arabes, alors que ne sont pas représentés les drapeaux égyptien ou du Bahrein, par exemple&#8230; Symbole par excellence de l&#8217;oppression du peuple palestinien, et d&#8217;agressions continues contre les peuples arabes, le drapeau israélien n&#8217;avait pas sa place dans cette affiche.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, l&#8217;absence totale des artistes arabes des révolutions dans le programme de la scène centrale de la Fête. Et ce n&#8217;est pas le débat politique, cette « grande soirée consacrée aux révolutions arabes » qui va rattraper ces erreurs : glissé parmi de grandes figures des luttes du monde arabe, un député israélien, et pas de Palestinien !<sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/09/11/revolutions-arabes%c2%a0-nos-camarades-de-la-fete-de-lhumanite-peuvent-et-doivent-mieux-faire/#footnote_0_1017" id="identifier_0_1017" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf l&amp;#8217;article&nbsp;:&nbsp;http://www.humanite.fr/monde/tunisie-yadh-ben-achour-&laquo;-une-revolution-de-type-moderne-&raquo;-478906 Rendez-vous &agrave; la F&ecirc;te de l&amp;#8217;Humanit&eacute;. L&amp;#8217;agora de l&amp;#8217;Humanit&eacute; organise, vendredi 16 septembre, &agrave; partir de 19 heures, une grande soir&eacute;e consacr&eacute;e au printemps des peuples arabes. Avec Samir Amin, Hamma Hammami, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du PCOT, Samar Yazbek, &eacute;crivaine syrienne exil&eacute;e en France, Salha Ashtewi, pr&eacute;sidente de l&amp;#8217;Association du 17 f&eacute;vrier pour le soutien au peuple libyen, Massaoud Romdhani, syndicaliste, membre de la haute instance pour la transition (Tunisie), Alaa El Aswani, &eacute;crivain &eacute;gyptien, Tarek Teguia, cin&eacute;aste alg&eacute;rien, Ahmed Ibrahim, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral d&amp;#8217;Ettajdid (Tunisie), Sihem Bensedrine, journaliste (Tunisie), Abdallah El Harref, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la Voie d&eacute;mocratique (Maroc), Yasmina Mabrouk, du Mouvement du 20 f&eacute;vrier (Maroc), Sofi&egrave;ne Bel Haj, cyberdissident (Tunisie), Youcef Tlili, syndicaliste &eacute;tudiant (Tunisie), Dov Kh&eacute;nine, d&eacute;put&eacute; isra&eacute;lien, Hamel Bedjani, journaliste &agrave; Tunisie Afrique Presse, Jacques Fath, responsable international du PCF, Roland Muzeau, d&eacute;put&eacute; PCF des Hauts-de-Seine&hellip; Soir&eacute;e anim&eacute;e par Pierre Barbancey et Rosa Moussaoui, journalistes &agrave; l&amp;#8217;Humanit&eacute;.">1</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">En plus, les étudiants palestiniens de la GUPS ont été poussés hors du stand qu&#8217;ils animaient depuis des années à la Fête.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette somme d&#8217;erreurs confine à la faute politique. Certains d&#8217;entre nous ont annoncé qu&#8217;ils ne participeraient pas à cette édition de la Fête, d&#8217;autres tiennent à assurer une présence critique. Là n&#8217;est pas la question. Tous, nous voulons que les organisateurs de la Fête reconnaissent leurs erreurs. Qu&#8217;ils s&#8217;en expliquent. Et qu&#8217;ils s&#8217;en excusent. C&#8217;est une garantie nécessaire pour qu&#8217;elles ne se reproduisent pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, nous pourrons tous reprendre le chemin de nos luttes pour la libération, la justice et la dignité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Premiers signataires :</strong><br />
Omar ALSOUMI, Mogniss H. ABDALLAH, Samir ABDALLAH, Nahla CHAHAL, Hicham GAD, Brahim SENOUCI, Amer DEBEK, Khéridine MABROUK, Houria BOUTELDJA, Youssef BOUSSOUMAH, Omeyya SEDDIK, Aya KHALIL, Abdelkarim AICHI, Chiraz GAFSIA, Najat KHANZY, Sarah OUNIFI, Soraya ZEROUAL, Mohammed SHARQAWI, Abdelhalim SAYYOUD, Benjamin NEAUD, Zakaria ARRASSI, Wassyla DOUMANDJI, Françoise HOFFET, Nasser SOUMI, José Luis MORAGUES, Adnan BENYOUNES, Jean-Yves CROIZE, Chris DEN HOND, Gilles LEMAIRE, Soraya EL KAHLAOUI, Mohamed JAITE, Alima BOUMEDIENE THIERY, Hassan MAC MEZ, Elyess NAJJAR, Romain HUET, Fatiha BENOU-HALIMA, Djamal BENMERAD, Galila EL KADI, Hakim BONNAMY, Alain BONNAMY, Djillali TAHRAOUI, Hanadi YAHYA, Jamalat ABOU YOUSSEF,Catherine SAMARY, Nouh CHEBBAÏ, Ayssar MIDANI, Adil HOUMAINE, Aïcha JABRANE, Saïd BOUAMAMA, Bader LEJMI, Serenade CHAFIK, Farah SAADAOUI, Maha AHMED, Philippe TASTEVIN, François PRADAL, Hussein EL GANAINY, Aimad BEN YAKHLEF, Maguy BORRAS, Claire SAVINA, Dominique GRANGE, Taher ELABADI, Alvina NOBREGA, Loic BRUCKERT, Mohamed SAMRA, Ali EL BAZ, Mohamed JAITE, &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Pour signer vous aussi envoyez NOM et prénom à <strong><a href="mailto:thawrat.2011@yahoo.fr" target="_blank">thawrat.2011@yahoo.fr</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Voir aussi :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<ul>
<li><span style="font-weight: normal;"><a href="http://oumma.com/Pour-la-Fete-de-l-Humanite-suivre ">Pour la Fête de l&#8217;Humanité, suivre le drapeau israélien, par Omar Alsoumi</a></span></li>
<li style="text-align: justify;"><span style="font-weight: normal;"><a href="http://egyptesolidarite.wordpress.com/2011/09/04/quid-des-acteurs-culturels-des-revolutions-du-monde-arabe-dans-ledition-2011-de-la-fete-de-lhuma/">Quid des acteurs culturels des révolutions du monde arabe dans l&#8217;édition 2011 de la fête de l&#8217;Huma ? par Mogniss H. Abdallah</a> <strong> </strong></span></li>
</ul>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1017" class="footnote">Cf l&#8217;article : <a href="http://www.humanite.fr/monde/tunisie-yadh-ben-achour-" target="_blank">http://www.humanite.fr/monde/tunisie-yadh-ben-achour-«-une-revolution-de-type-moderne-»-478906</a> Rendez-vous à la Fête de l&#8217;Humanité. L&#8217;agora de l&#8217;Humanité organise, vendredi 16 septembre, à partir de 19 heures, une grande soirée consacrée au printemps des peuples arabes. Avec Samir Amin, Hamma Hammami, secrétaire général du PCOT, Samar Yazbek, écrivaine syrienne exilée en France, Salha Ashtewi, présidente de l&#8217;Association du 17 février pour le soutien au peuple libyen, Massaoud Romdhani, syndicaliste, membre de la haute instance pour la transition (Tunisie), Alaa El Aswani, écrivain égyptien, Tarek Teguia, cinéaste algérien, Ahmed Ibrahim, secrétaire général d&#8217;Ettajdid (Tunisie), Sihem Bensedrine, journaliste (Tunisie), Abdallah El Harref, secrétaire général de la Voie démocratique (Maroc), Yasmina Mabrouk, du Mouvement du 20 février (Maroc), Sofiène Bel Haj, cyberdissident (Tunisie), Youcef Tlili, syndicaliste étudiant (Tunisie), Dov Khénine, député israélien, Hamel Bedjani, journaliste à Tunisie Afrique Presse, Jacques Fath, responsable international du PCF, Roland Muzeau, député PCF des Hauts-de-Seine… Soirée animée par Pierre Barbancey et Rosa Moussaoui, journalistes à l&#8217;Humanité.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://bader.lejmi.org/2011/09/11/revolutions-arabes%c2%a0-nos-camarades-de-la-fete-de-lhumanite-peuvent-et-doivent-mieux-faire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Que signifie le panislamisme ?</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2011/09/11/que-signifie-dabord-exactement-le-panislamisme/</link>
		<comments>http://bader.lejmi.org/2011/09/11/que-signifie-dabord-exactement-le-panislamisme/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 16:08:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Messages]]></category>
		<category><![CDATA[bolchévik]]></category>
		<category><![CDATA[citation]]></category>
		<category><![CDATA[communisme]]></category>
		<category><![CDATA[congrès de bakou]]></category>
		<category><![CDATA[indonésie]]></category>
		<category><![CDATA[libération nationale]]></category>
		<category><![CDATA[panislamisme]]></category>
		<category><![CDATA[tan malaka]]></category>
		<category><![CDATA[tan malakka]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bader.lejmi.org/?p=1011</guid>
		<description><![CDATA[« Que signifie d&#8217;abord exactement le panislamisme ? Le panislamisme avait autrefois une signification historique, à savoir que l&#8217;Islam doit conquérir le monde entier, l&#8217;épée à la main&#8230; Actuellement le panislamisme a en fait une tout autre signification. C&#8217;est la lutte de libération nationale, parce que l&#8217;Islam est tout pour le musulman. Il n&#8217;est pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_1012" class="wp-caption aligncenter" style="width: 344px"><a href="http://www.marxists.org/francais/malakka/index.htm"><img class="size-full wp-image-1012  " title="Tan_Malaka_by_astayoga" src="http://bader.lejmi.org/wp-content/uploads/2011/09/Tan_Malaka_by_astayoga.jpg" alt="" width="334" height="471" /></a><p class="wp-caption-text">Tan Malakka</p></div>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Que signifie d&#8217;abord exactement le panislamisme ? Le panislamisme avait autrefois une signification historique, à savoir que l&#8217;Islam doit conquérir le monde entier, l&#8217;épée à la main&#8230; Actuellement le panislamisme a en fait une tout autre signification. C&#8217;est la lutte de libération nationale, parce que l&#8217;Islam est tout pour le musulman. Il n&#8217;est pas seulement la religion, il est l&#8217;Etat, l&#8217;économie, la nourriture et tout le reste. Ainsi le panislamisme, c&#8217;est actuellement la fraternité de tous les peuples musulmans, la lutte de libération, non seulement du peuple arabe, mais des peuples hindous, javanais, et de tous les peuples musulmans opprimés. Cette fraternité signifie actuellement une lutte de libération, non seulement contre le capitalisme hollandais, mais aussi contre le capitalisme anglais, français, italien, contre le capitalisme du monde entier.»</p>
</blockquote>
<p style="text-align: right;"><a href="http://www.marxists.org/francais/malakka/works/1922/11/malakka3.htm">Tan Malakka, dirigeant du Parti Communiste Indonésien, Intervention au IVe congrès de l&#8217;Internationale Communiste, novembre 1922</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://bader.lejmi.org/2011/09/11/que-signifie-dabord-exactement-le-panislamisme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le travailleur libre vaincra ! (Non, pas toi&#8230;)</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2011/09/09/proletariat-bourgeois-proletariat-imperialiste/</link>
		<comments>http://bader.lejmi.org/2011/09/09/proletariat-bourgeois-proletariat-imperialiste/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 09 Sep 2011 21:35:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[aristocratie ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[citation]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[engels]]></category>
		<category><![CDATA[impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[lénine]]></category>
		<category><![CDATA[marx]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bader.lejmi.org/?p=1003</guid>
		<description><![CDATA[«le prolétariat anglais s&#8217;embourgeoise de plus en plus et que cette nation, la plus bourgeoise de toutes, veut donc apparemment, en venir à posséder une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois à côté de la bourgeoisie. Il va sans dire que pour une nation qui exploite le monde entier c&#8217;est assez normal. Seules quelques années [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1004" class="wp-caption aligncenter" style="width: 361px"><a href="http://www.crazywebsite.com/Pg-Free-Clipart-Graphics/pg-Celebrate_Labor_Day_Weekend/When_is_Labor_Day_History_Vintage_Art_Photos_Card-1_gif.htm"><img class="size-full wp-image-1004 " title="Historic_US_Workers_Poster_Free_Labor_Will_Win_1942-1Lg" src="http://bader.lejmi.org/wp-content/uploads/2011/09/Historic_US_Workers_Poster_Free_Labor_Will_Win_1942-1Lg.jpg" alt="L'ouvrier blanc est libre ! Pas le noir déporté esclavagisé, pas le musulman colonisé..." width="351" height="494" /></a><p class="wp-caption-text">Le travailleur blanc libre vaincra ! Pas le Noir déporté esclavagisé, pas le Musulman colonisé...</p></div>
<p style="text-align: justify;">«le prolétariat anglais s&#8217;embourgeoise de plus en plus et que cette nation, la plus bourgeoise de toutes, veut donc apparemment, en venir à posséder une aristocratie bourgeoise et un prolétariat bourgeois à côté de la bourgeoisie. Il va sans dire que pour une nation qui exploite le monde entier c&#8217;est assez normal. Seules quelques années très mauvaises pourraient y remédier, mais il ne faut pas trop compter dessus»</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://www.marxists.org/francais/engels/works/1858/10/fe18581007.htm">Lettre à K. Marx, F. Engels, 7 octobre 1858, Manchester</a></p>
<p style="text-align: justify;">« Précisément dans le parasitisme et la putréfaction qui caractérisent le stade historique suprême du capitalisme, c&#8217;est-à-dire l&#8217;impérialisme. Comme il est montré dans ce livre, le capitalisme a assuré une situation privilégiée à une poignée (moins d&#8217;un dixième de la population du globe ou, en comptant de la façon la plus &laquo;&nbsp;large&nbsp;&raquo; et la plus exagérée, moins d&#8217;un cinquième) d&#8217;Etats particulièrement riches et puissants, qui pillent le monde entier par une simple &laquo;&nbsp;tonte des coupons&nbsp;&raquo;. L&#8217;exportation des capitaux procure un revenu annuel de 8 à 10 milliards de francs, d&#8217;après les prix et les statistiques bourgeoises d&#8217;avant-guerre. Aujourd&#8217;hui beaucoup plus, évidemment.<br />
On conçoit que ce gigantesque surprofit (car il est obtenu en sus du profit que les capitalistes extorquent aux ouvriers de &laquo;&nbsp;leur&nbsp;&raquo; pays) permette de corrompre les chefs ouvriers et la couche supérieure de l&#8217;aristocratie ouvrière. Et les capitalistes des pays &laquo;&nbsp;avancés&nbsp;&raquo; la corrompent effectivement : ils la corrompent par mille moyens, directs et indirects, ouverts et camouflés.<br />
Cette couche d&#8217;ouvriers embourgeoisés ou de l&#8217;&nbsp;&raquo;aristocratie ouvrière&nbsp;&raquo;, entièrement petits-bourgeois par leur mode de vie, par leurs salaires, par toute leur conception du monde, est le principal soutien de la IIe Internationale, et, de nos jours, le principal soutien social (pas militaire) de la bourgeoisie.»</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp0.htm">N. Lénine, 6 juillet 1920</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://bader.lejmi.org/2011/09/09/proletariat-bourgeois-proletariat-imperialiste/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Islam de France, Shirk, Laïcité</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2011/09/05/islam-de-france-shirk-laicite/</link>
		<comments>http://bader.lejmi.org/2011/09/05/islam-de-france-shirk-laicite/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Sep 2011 17:05:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Messages]]></category>
		<category><![CDATA[anticolonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[association des oulemas algériens]]></category>
		<category><![CDATA[extrait fragment]]></category>
		<category><![CDATA[islam algérien]]></category>
		<category><![CDATA[islam de france]]></category>
		<category><![CDATA[islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[shirk]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bader.lejmi.org/?p=998</guid>
		<description><![CDATA[« (…) L’islam authentique est situé aux antipodes de &#171;&#160;l’islam algérien&#160;&#187;. Ces deux phénomènes (…) ne peuvent se rencontrer ni chez une même personne, ni chez un même groupe de personnes, ni dans la même mosquée. (…) En un mot, l’islam authentique appartient à Dieu, &#171;&#160;l’islam algérien&#160;&#187; à César. Cet &#171;&#160;islam algérien&#160;&#187; est régi par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_999" class="wp-caption aligncenter" style="width: 293px"><a href="http://bader.lejmi.org/wp-content/uploads/2011/09/Pour-lislam-de-France.jpeg"><img class="size-full wp-image-999 " title="Islam de France" src="http://bader.lejmi.org/wp-content/uploads/2011/09/Pour-lislam-de-France.jpeg" alt="" width="283" height="461" /></a><p class="wp-caption-text">Islam de France</p></div>
<p style="text-align: justify;">« (…) L’islam authentique est situé aux antipodes de &laquo;&nbsp;l’islam algérien&nbsp;&raquo;. Ces deux phénomènes (…) ne peuvent se rencontrer ni chez une même personne, ni chez un même groupe de personnes, ni dans la même mosquée. (…) En un mot, l’islam authentique appartient à Dieu, &laquo;&nbsp;l’islam algérien&nbsp;&raquo; à César. Cet &laquo;&nbsp;islam algérien&nbsp;&raquo; est régi par des règlements dont la responsabilité incombe non à l’administration colonialiste usurpatrice ni à l’Assemblée algérienne mais (…) à la France elle même. <strong>Reconnaître &laquo;&nbsp;l’islam algérien&nbsp;&raquo;, c’est accepter l’ingérence coupable de l’Administration dans les affaires du culte, c’est ni plus ni moins donner des associés à Dieu (shirk).</strong> »</p>
<p style="text-align: right;"><em>« Grave ingérence de l’administration dans les affaires du culte musulman », Le Jeune Musulman. Organe des jeunes de l’Association des Oulémas d’Algérie, n° 4, 25 juillet 1952, p. 1</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://bader.lejmi.org/2011/09/05/islam-de-france-shirk-laicite/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Si le Ramadan est un pilier de l&#8217;Islam, la ramadanophobie est un pilier de l&#8217;islamophobie</title>
		<link>http://bader.lejmi.org/2011/08/22/si-le-ramadan-est-un-pilier-de-lislam-la-ramadanophobie-est-un-pilier-de-lislamophobie/</link>
		<comments>http://bader.lejmi.org/2011/08/22/si-le-ramadan-est-un-pilier-de-lislam-la-ramadanophobie-est-un-pilier-de-lislamophobie/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 22 Aug 2011 13:19:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bader Lejmi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Textes]]></category>
		<category><![CDATA[al har]]></category>
		<category><![CDATA[islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[productivité]]></category>
		<category><![CDATA[ramadan]]></category>
		<category><![CDATA[ramadanophobie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bader.lejmi.org/?p=994</guid>
		<description><![CDATA[À Amin et Kamal, Le Ramadan est LA pratique religieuse la plus populaire parmi les musulmans en plus d’être un des cinq piliers de l’Islam. C’est donc LA pratique par excellence qui permet de distinguer et d’identifier avec le plus de certitude le ou la musulmane attaché à sa religion sans beaucoup d’efforts. Lorsqu’on s’attaque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><em>À Amin et Kamal,</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Ramadan est LA pratique religieuse la plus populaire parmi les musulmans en plus d’être un des cinq piliers de l’Islam. </strong>C’est donc LA pratique par excellence qui permet de distinguer et d’identifier avec le plus de certitude le ou la musulmane attaché à sa religion sans beaucoup d’efforts. Lorsqu’on s’attaque au Ramadan en prétextant qu’il rend improductif, c’est en réalité, à l’Islam qu’on s’attaque. <strong>L’Islam moins le Ramadan n’est rien de moins qu’un fantasme taillé sur mesure par les islamophobes</strong>. Si le Ramadan est un pilier de l’Islam, alors la ramadanophobie est un pilier de l’islamophobie ! Nous connaissons tous les dénigrements du Ramadan. Mais il en est un qui est à la fois plus subtil et pernicieux que les autres. Celui prétendant que le Ramadan rend improductif. Et s’il est aussi pernicieux, c’est parce qu’il a été repris par des musulmans contre d’autres musulmans et qu’il est l’excuse qui semble la plus solide pour ne pas jeûner.</p>
<h2>Le Ramadan revu et innové par Habib Bourguiba</h2>
<p style="text-align: justify;"><img title="habib bourguiba" src="http://www.al-har.fr/blog/wp-content/uploads/2011/08/habib-bourguiba.jpg" alt="" width="161" height="243" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En 1960, Habib Bourguiba, premier dictateur de la jeune République Tunisienne, avait bu un verre de jus d’orange à la télévision durant le jeûne du mois de Ramadan. Il avait commandé une fatwa rendant licite de ne pas jeûner pendant le mois de Ramadan</strong>. Fatwa que l’imam de la République, Cheikh Tahar Ben Achour, a refusé de cautionner. Bourguiba est allé beaucoup plus loin, il a poussé l’absurdité jusqu’à décréter qu’il s’agissait là d’un Jihad du développement visant à contrer le retard économique. Ce sous-développement viendrait de l’archaïsme de l’islam qu’il faudrait moderniser ! Le mois de jeûne du Ramadan est un coupable tout trouvé. Il nous rendrait faibles, improductifs pendant la journée et nous appauvrirait…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour contredire ce raisonnement absurde, nous ne chercherons pas à prouver le contraire, c’està- dire que le Ramadan augmente la productivité</strong>. Voilà quelques exemples qui vont tout de même dans ce sens : le fait que l’on préfère travailler pendant le jeûne plutôt que de ne rien faire, que l’on ne prenne ni pause déjeûner, ni pause café, ni pause clope et que l’on ne soit pas assoupi par la lourdeur du déjeûner. Cependant, prouver le contraire est une démarche de justification qui laisse intact le présupposé islamophobe selon lequel le Ramadan doit être productif pour être légitime. Nous tâcherons au contraire de nous en prendre à la racine de l’islamophobie. D’abord il nous faut comprendre la peur spécifique que produit le Ramadan : la ramadanophobie. Ensuite en quoi la ramadanophobie est une merveilleuse illustration de l’islamophobie. Enfin pourquoi l<strong>a meilleure manière de lutter contre l’islamophobie durant ce mois de Ramadan est encore de vivre intensément ce mois de jeûne, de prières et de savoir</strong>.</p>
<h2>La ramadanophobie, un des 5 piliers de l&#8217;islamophobie</h2>
<h2 style="text-align: justify;"><em> </em></h2>
<p style="text-align: justify;"><img title="pette la dalle" src="http://www.al-har.fr/blog/wp-content/uploads/2011/08/pette-la-dalle.jpg" alt="" width="193" height="231" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le terme « ramadanophobie » est un barbarisme</strong>. Non, un barbarisme n’est pas un mot inventé par un barbare, bien qu’en l’occurrence il s’agisse d’un Musulman… Dans le dico, barbarisme c’est un néologisme involontaire et s’il est involontaire, c’est parce que j’aurais préféré ne pas l’inventer ! Ce barbarisme ne désigne pas la haine ou la peur envers Tariq Ramadan – encore qu’elle me semble au moins aussi importante en France que la peur du Ramadan. <strong>Ce barbarisme désigne la très civilisée phobie du mois de jeûne de Ramadan.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Ramadan empêcherait de travailler correctement. La faim, la soif nous en empêcherait. L’idée sous-jacente est que l’humain a des besoins naturels primordiaux, selon bien connue la pyramide de Maslow, qu’il doit impérativement assouvir pour réaliser une activité</strong>. Or nous jeûneurs, l’avons tous expérimenté, <strong>le Ramadan nous prouve justement que les sensations de faim, de soif sont tout à fait subjectives</strong>. Si boire de l’eau est bien un besoin, il y a boire et boire… Ce mois béni nous apprend que la soif ou la faim est en grande partie psychologique et ne correspond que peu à un réel besoin naturel. Sans compter que les festins que nous nommons impudiquement shour et ftour, les journées où nous jeûnons à l’ombre d’un climatiseur ne méritent probablement pas le nom béni de jeûne du Ramadan. Surtout si on les compare avec les conditions dans lesquelles on jeûnait pendant le mois de Ramadan du temps du prophète Mohammed ibn Abdallah, salallahi wa alyhi wa salaam (Que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et de ses compagnons, radi Allah anhou (qu’Allah les agrée). Ainsi, le jeûne nous permet de nous rendre compte que ces désirs de faim, de soif etc. sont un conditionnement social, culturel et moral. <strong>La société moderne de consommation s’acharne à transformer en besoin tout désir pouvant être comblé par une offre commerciale.</strong> Le désir de se rapprocher de Dieu qui n’a encore que peu de débouchés commerciaux en France est ainsi mal vu. <strong>Derrière la peur du Ramadan, se tapit une soumission totale à ce conditionnement</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’autre grande peur des ramadanophobes est que s’il est possible de travailler et de jeûner, alors c’est que les pauses déjeûner, café et bien d’autres ne sont pas nécessaires et pourraient nous être retirées ! <strong>Les collègues de travail, les camarades de cours, qui s’inquiètent de votre santé durant le Ramadan me font penser à ceux qui s’inquiètent pour vous lorsque vous allez travailler alors que vous êtes enrhumé</strong>. Ce qu’ils se disent sans oser vous l’avouer c’est que si vous allez travailler bien que malade, eux aussi devraient le faire, il devient alors impératif de vous encourager à prendre un congé maladie pour le moindre petit rhume et ça dans l’espoir de conserver leur droit effectif à prendre un congé maladie sans se faire mal voir de sa hiérarchie ! L’implicite de cette réflexion c’est que nous n’aurions des droits que parce qu’ils nous rendraient plus productifs. Cette ramadanophobie se base sur une certaine forme de lâcheté, <strong>au lieu de se battre pour ses droits, on préfère rogner ceux de ses voisins pour préserver les siens !</strong></p>
<h2><strong>La productivité contre le Ramadan, une preuve de l&#8217;islamophobie</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><img title="Hungry man" src="http://www.al-har.fr/blog/wp-content/uploads/2011/08/Hungry-man.jpg" alt="" width="343" height="235" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Contrairement à nous qui vivons dans des pays d’opulence, la plus grande partie de l’humanité fournissant la majorité du travail dans le monde éprouve tous les jours la faim et la soif.</strong> Pourtant on considère cette majorité comme moins productive que la minorité de citoyens des pays occidentaux, alors que non seulement elle travaille plus en durée, mais elle produit aussi plus ! Alors… comment est-ce  possible ? En ces temps de crise, un peu d’analyse économique et politique ne nous fera pas de mal…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La productivité ce n’est pas la quantité de travail produite</strong>. Ce n’est même pas la quantité de travail produite pendant un laps de temps donné. <strong>La productivité du travail c’est la somme de la valeur ajoutée du travail produit sur le temps passé à le produire</strong>. La distinction est très importante entre quantité et valeur. 1 kg de pommes ne valent pas 1 kg de fraises. Votre productivité dépend donc de la valeur de ce que vous produisez.</p>
<p style="text-align: justify;"><img title="Productivité" src="http://www.al-har.fr/blog/wp-content/uploads/2011/08/Productivit%C3%A9.jpg" alt="" width="153" height="58" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La productivité est si importante dans nos sociétés qu’elle permet de justifier à peu près tout et n’importe quoi. Forte, elle justifie d’une augmentation de salaire à une promotion. Faible, elle justifie d’un licenciement jusqu’à l’abandon pur et simple du Ramadan, pilier de l’Islam !</strong> Cette importance tient au fait que notre valeur pour le Système se résume le plus souvent à la valeur de ce que nous lui apportons. Mais il est des gens pour qui ce qu’ils sont détermine la valeur de ce qu’ils font. Il leur suffit d’être « quelqu’un » pour que faire « quelque chose » ait de la valeur. Ils choisissent de faire ce qui est le plus valorisé, et valorisent ce qu’ils choisissent de faire par leur seule présence<sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/08/22/si-le-ramadan-est-un-pilier-de-lislam-la-ramadanophobie-est-un-pilier-de-lislamophobie/#footnote_0_994" id="identifier_0_994" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme quand les bobos envahissent nos quartiers et que les prix de l&rsquo;immobilier flambent. Des boutiques &laquo; super sympas &raquo; aux prix exorbitants s&rsquo;installent. Nous sommes alors forc&eacute;s de plier bagages alors qu&rsquo;eux, au contraire, sont attir&eacute;s par la hausse du prix de l&rsquo;immobilier et le nombre croissant de boutiques &laquo; super sympas &raquo;. Le quartier prenant de la valeur, il attire des gens de valeur qui &agrave; leur tour feront cro&icirc;tre sa valeur ! Ce qui est valable pour le prix au m&sup2; dans l&rsquo;immobilier est aussi vrai pour la productivit&eacute; du travail.">1</a></sup>. <strong>Nous valons ce que nous faisons tandis qu’eux valorisent ce qu’ils font !</strong> N’est-ce pas la preuve que c’est avant tout le statut social qui détermine la valeur de ce que l’on fait et donc notre productivité ? Si vous n’êtes pas convaincu, disons le autrement : <strong>le fait que nous soyons réduits à dépendre de notre productivité est la preuve de notre oppression</strong>.</p>
<blockquote style="text-align: justify;"><p>« <em><strong>Quand on aperçoit dans son immédiateté le contexte colonial, il est patent que ce qui morcelle le monde c’est d’abord le fait d’appartenir ou non à telle espèce, à telle race. Aux colonie s, l’infrastructure économique est également une superstructure. La cause est conséquence : on est riche parce que blanc, on est blanc parce que riche. C’est pourquoi les analyses marxistes doivent être toujours légèrement distendues chaque fois qu’on aborde le problème colonial</strong></em> » – Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre, 1961</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi lorsqu’ils disent qu’un musulman pratiquant le Ramadan est moins productif, ils n’ont pas tout à fait tort. Si nous sommes moins productifs, ce n’est pas de la faute du Ramadan mais du statut de l’Islam : sa valeur pour le Système. Or <strong>les pays, peuples et communautés d’Islam sont colonisés, postcolonisés ou néocolonisés</strong>. <strong>C’est ce statut de Colonisé qui fait que la valeur de ce que les musulmans produisent est considérée inférieure</strong> et non pas le fait de suivre sa religion en pratiquant le Ramadan.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Qu’est-ce que tu me racontes là ? L’Islam n’est pas colonisé, il n’y a pas de colons en Islam !</em> Si l’Islam n’est pas une colonie de peuplement, les musulmans sont dominés par l’Occident. Nous le sommes économiquement, mais aussi religieusement, culturellement et politiquement. <strong>Pire que dominés, nous sommes aliénés, c’est-à-dire que nous considérons que ce qui vient d’Occident a nécessairement plus de valeur</strong>. Et même quand nous rejetons l’aliénation, que nous nous affirmons, nous restons tout de même dépendants. Par exemple le prix de ce que nous leur achetons et de ce que nous leur vendons est fixé par les marchés occidentaux. Un lieu aussi emblématique que Mekka en est une belle illustration. Les avions que nous utilisons pour aller au Hajj, la technologie et l’infrastructure derrière le Hajj ce n’est pas nous qui les produisons, nous l’importons de chez les non-musulmans. <strong>Nous sommes dépendants de l’Occident au coeur même de cet autre pilier de l’Islam qu’est le Hajj</strong>. Et puis, nous ne sommes pas souverains, c’est-à-dire que nous ne sommes pas maître de notre destin<sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/08/22/si-le-ramadan-est-un-pilier-de-lislam-la-ramadanophobie-est-un-pilier-de-lislamophobie/#footnote_1_994" id="identifier_1_994" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo; L&rsquo;humain a par devant lui et derri&egrave;re lui des Anges qui se relaient et qui veillent sur lui par ordre d&rsquo;Allah. En v&eacute;rit&eacute;, Allah ne modifie point l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;un peuple, tant que les ceux qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-m&ecirc;mes. Et lorsqu&rsquo;Allah veut infliger un mal &agrave; un peuple, nul ne peut le repousser: ils n&rsquo;ont en dehors de Lui aucun protecteur. &raquo; Essai de traduction du verset 11 de la sourate 3 du Coran">2</a></sup>, <strong>nous devons obéir aux directives venues d’Occident, autrement connu sous le nom de « communauté internationale » ou de « valeurs universelles »</strong>. Et nous devons sans cesse nous justifier de tout ce que nous pensons ou faisons en tant que Musulmans ou au nom de l’Islam. Sinon on nous réprime au nom de la laïcité ou du sécularisme pour toutes les fois où nous osons exister dans la sphère publique, politique, en tant que Musulmans et Musulmanes. <strong>Ce sont ces domination, aliénation, dépendance, contrôle et répression qui font que l’on peut dire que les nations, peuples, communautés et civilisations d’Islam sont colonisées.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est d’ailleurs islamophobe que de juger le Ramadan en fonction de la productivité. Conditionner la liberté de culte à quoi que ce soit, ici le travail, est typique de l’islamophobie. <strong>Les pratiques des autres religions occidentales, les religions judéochrétiennes<em><sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/08/22/si-le-ramadan-est-un-pilier-de-lislam-la-ramadanophobie-est-un-pilier-de-lislamophobie/#footnote_2_994" id="identifier_2_994" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Christianisme Romain et R&eacute;form&eacute; ainsi que le Juda&iuml;sme Sioniste">3</a></sup></em>, ne subissent pas ce contrôle et cette répression</strong>. Noël, une fête où l’on offre des cadeaux souvent inutiles à des enfants qui n’en feront rien de productif n’est-elle pas complètement improductive ? Enfin, de qui la productivité sert-elle les intérêts si ce n’est des patrons ? Et ces patrons, s’ils sont musulmans décomplexés, ne mettraient-ils pas le respect du Ramadan avant la productivité ? Et, puisque la productivité est utilisée contre le Ramadan cela prouve donc que soit que les Musulmans ne sont pas leurs propres patrons – et donc pas souverains – ou soit que les patrons Musulmans sont aliénés… <strong>La subordination du Ramadan à la productivité est donc un bel exemple de notre statut de colonisé en tant que Musulmans, y compris en France hexagonale.</strong></p>
<h2><strong>Vivre le Ramadan, vaincre l&#8217;islamophobie</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><img title="Ramadan" src="http://www.al-har.fr/blog/wp-content/uploads/2011/08/Ramadan.jpg" alt="" width="370" height="226" /></p>
<p style="text-align: justify;">La productivité est, on l’a vu, une notion tout sauf neutre. <strong>Conditionner le Ramadan à la productivité fait du Musulman un serviteur du Système.</strong> Or n’est-ce pas absurde puisque Musulman signifie précisément soumis à Allah sans association aucune ! Or nous voilà soumis à un autre que Lui, ce qui est fort ennuyeux… Dans ce genre de situation d’oppression, la sunnah du prophète (saws) nous indique que <em><strong>« celui qui d’entre vous aperçoit une chose répréhensible qu’il la redresse de la main; s’il ne peut pas, de sa langue; s’il ne peut pas, de son coeur; cette dernière attitude constituant le degré le plus faible de la foi »<sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/08/22/si-le-ramadan-est-un-pilier-de-lislam-la-ramadanophobie-est-un-pilier-de-lislamophobie/#footnote_3_994" id="identifier_3_994" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Rapport&eacute; par Ab&ucirc; Sa&rsquo;id al Kudri, radhi Allah anhou">4</a></sup></strong></em>. <strong>Pour défendre le Ramadan, nous avons donc trois outils : le coeur, la langue et la main.</strong> Si vous avez commencé la lecture cet article c’est que la foi et la lumière contenues dans votre coeur suffisent à emporter votre conviction subhanAllah. Après avoir lu les deux premières parties et d’après l’expérience qui est celui du jeûneur dans l’un des leaders mondiaux de l’islamophobie : la France<strong><em><sup><a href="http://bader.lejmi.org/2011/08/22/si-le-ramadan-est-un-pilier-de-lislam-la-ramadanophobie-est-un-pilier-de-lislamophobie/#footnote_4_994" id="identifier_4_994" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je mets Isra&euml;l, l&rsquo;Etat sioniste, en deuxi&egrave;me position sur cette liste. Faut dire, le hijab est autoris&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;cole. Mis &agrave; part &ccedil;a, c&rsquo;est tout de m&ecirc;me un r&eacute;gime sacr&eacute;ment d&eacute;testable.">5</a></sup></em></strong>, du côté de la langue vous devez être costaud. Il ne reste donc plus que la main, c’est-à-dire l’action. Pour ça, je vous propose tout simplement d’être productif.<em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Quoi comment ça ? Tu nous a bassinés depuis le début de cet article pour dire combien la productivité c’était islamophobe, tu te contredis tout le temps ! </em>Doucement, il y a productivité et productivité. Ce que je vous propose c’est d’être un Musulman productif, c’est à dire d’être productif dans votre soumission exclusive à Allah. Et comme on l’a vu être productif c’est une question de valeur au regard du Système. Quand on se soumet à Allah, le système, le dîn, c’est l’Islam. <strong>Pour accroître votre productivité durant le Ramadan, ce mois de jeûne, de prière,de générosité, de pardon et du Coran il suffit donc de suivre les préceptes de l’Islam selon nos savants.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Profitons en pour méditer sur les raisons d’être de l’islamophobie sans réduire notre identité de Musulman à cette lutte contre l’islamophobie.</strong> La plus grande des luttes étant celle contre l’ego (Jihad An-nafs). <strong>Avec un coeur raffermi par la foi, une langue bien pendue et deux mains promptes à se prosterner, je pense que nous finirons un Ramadan des plus productifs inchaAllah.</strong></p>
<p><a href="http://www.al-har.fr/blog/2011/08/21/ramadan-et-productivite/">Publié initialement sur Al Har</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_994" class="footnote">Comme quand les bobos envahissent nos quartiers et que les prix de l’immobilier flambent. Des boutiques « super sympas » aux prix exorbitants s’installent. Nous sommes alors forcés de plier bagages alors qu’eux, au contraire, sont attirés par la hausse du prix de l’immobilier et le nombre croissant de boutiques « super sympas ». Le quartier prenant de la valeur, il attire des gens de valeur qui à leur tour feront croître sa valeur ! Ce qui est valable pour le prix au m² dans l’immobilier est aussi vrai pour la productivité du travail.</li><li id="footnote_1_994" class="footnote">« L’humain a par devant lui et derrière lui des Anges qui se relaient et qui veillent sur lui par ordre d’Allah. En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les ceux qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. Et lorsqu’Allah veut infliger un mal à un peuple, nul ne peut le repousser: ils n’ont en dehors de Lui aucun protecteur. » Essai de traduction du verset 11 de la sourate 3 du Coran</li><li id="footnote_2_994" class="footnote">Christianisme Romain et Réformé ainsi que le Judaïsme Sioniste</li><li id="footnote_3_994" class="footnote">Rapporté par Abû Sa’id al Kudri, radhi Allah anhou</li><li id="footnote_4_994" class="footnote">Je mets Israël, l’Etat sioniste, en deuxième position sur cette liste. Faut dire, le hijab est autorisé à l’école. Mis à part ça, c’est tout de même un régime sacrément détestable.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://bader.lejmi.org/2011/08/22/si-le-ramadan-est-un-pilier-de-lislam-la-ramadanophobie-est-un-pilier-de-lislamophobie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

