Tupac Shakur, l’artiste Africain-Américain le plus marquant de notre époque

tupac

J’aurais pu citer Imamu Amiri Baraka (Le Roi Jones) ou Gil Scott-Heron que j’étudie le plus en ce moment, mais à c’est Tupac Shakur que j’ai très vite pensé. Déjà du fait de son nom, Tupac comme le leader Inca-hispanique qui va formenter une insurrection contre le joug colonial. Shakur comme sa tante Assata Shakur, membre du Black Panthers Party, qui s’est échappé de prison pour trouver l’asile politique à Cuba en 1979.

La courte vie de Tupac Shakur a été certes remplie. Il est de cette génération d’Africains-Américains, un peu perdue. Drogue, criminalité et autres « affaires » l’ont entouré. Mais il a surtout été un artiste prolifique dont l’image comme les créations ont innondé le monde sans l’envahir. Tupac Shakur fait partie de ces icônes de la contre-mondialisation, arrivant dans les bagages étatsunisien, il en déjoue les pièges et en révèle les pitfalls (pièges) comme eux diraient…

Le titre comme le message de Only God Can Judge Me1 a une portée universelle avec ce message qui pourraît apparaître en intro à ce documentaire :

I’d rather die like a man, than live like a coward
There’s a ghetto up in Heaven and it’s ours, Black Power
is what we scream as we dream in a paranoid state
And our fate, is a lifetime of hate
Dear Mama, can you save me?

Et à propos de Dear Mama, le titre éponyme qui est à la fois une magnifique déclaration d’amour, un superbe morceau en terme musical comme des paroles, et un message moral et politique fort :

Et enfin Changes qui annonce presque sa vie et sa mort :

First ship ‘em dope & let ‘em deal the brothers.
Give ‘em guns, step back, and watch ‘em kill each other.
« It’s time to fight back », that’s what Huey said.
2 shots in the dark now Huey’s dead.
I got love for my brother, but we can never go nowhere
unless we share with each other. We gotta start makin’ changes.
Learn to see me as a brother ‘stead of 2 distant strangers.

Son destin tragique annonce le début d’un nouvel ère après le Black Power en en même temps sa mort prématurée… La génération détruite par la drogue, le marasme économique, la dégradation morale des Africains-Américains et tous les problèmes sociaux connus, et toujours l’oppression raciste… Et en même temps un formidable élan de création et de protestation, d’affirmation de soi…

  1. où l’on a rarement compris qu’il ne promeut pas l’individualisme éthique mais raconte l’histoire d’un gangster qui dit que seul Dieu peut le juger pour finir par dire une fois mort que seul Dieu peut le juger maintenant []

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