Perspective islamique sur le jeûne

De nos jours, le monde subit le raz-de-marée de la rage matérialiste qui touche la plupart des gens si bien qu’ils ne cessent de demander sans donner, de désirer sans patienter, d’amasser les biens sans savoir les partager, au point de briser en eux l’esprit de lutte contre les penchants et les passions propres. C’est alors qu’arrive l’école du Ramadan pour dispenser une formation qui s’étend sur trente jours de l’année. Le jeûneur sincère y acquiert des leçons pratiques qui renforcent en lui la lutte et la résistance contre ses propres passions.

(c) Miles Aldridge

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Par ailleurs, nul n’est à l’abri des aléas de la vie. Il se peut qu’aujourd’hui se déroule dans l’aisance et que demain soit chargé de difficultés. Si l’homme s’habitue au luxe et à l’aisance puis se retrouve un jour face à l’adversité, il baissera les bras et pliera l’échine car il n’a point connu des moments rudes, ni goûté à l’austérité et à la vie modeste. C’est pour cela que `Umar Al-Fârûq disait : « Entrainez-vous à la rusticité de la vie, car l’aisance ne dure pas. » Le jeûne constitue un entraînement volontaire à cette rusticité avant que ce ne soit une pratique forcée.

(c) Miles Aldridge

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Si le jeûne procure une purification des sens et de l’être, une épuration de l’âme et un renforcement du cœur, il s’agit également d’une méthode de formation saine. En effet, lorsque le jeûne est accompli de façon correcte, il cultive en l’être humain la force de la volonté ; il est ainsi capable de se priver, de plein gré et dans l’espoir de la rétribution, de diverses passions. De même, il forge son endurance qui lui permet de supporter, de lutter et de surmonter les obstacles de son chemin. Il insuffle en lui l’esprit de l’organisation : il jeûne et rompt son jeûne selon des horaires précis. Par ailleurs, le jeûne renforce le sentiment d’appartenir à une communauté lorsque l’on se rappelle que des millions de croyants jeûnent avec nous et rompent leur jeûne au moment où nous le faisons. Il n’y a là rien de surprenant car ils partagent tous le même credo et pratiquent tous la même œuvre de culte. « Les croyants ne sont que des frères. »1

Traduit de l’arabe de Yas’alûnaka fî Ad-Dîni wal-Hayâh, de Sheikh Ahmad Ash-Sharabâsî, volume 1, pp. 125-127.

  1. Sourate 49, Al-Hujurât, Les appartements, verset 10. []

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