«Nous n’avons pas les mêmes valeurs» disent-ils…

Bordeau Chesnel

Bordeau Chesnel : « nous n’avons pas les mêmes valeurs »

Le débat sur l’identité nationale repart de plus belle depuis l’annonce du ministre Eric Besson de refonder l’identité nationale, intitulé du Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale. Nous ne polémiquerons ni sur la proximité du calendrier électoral, ni sur la récupération des thèses du Front National.. En revanche nous nous intéresserons au contenu du débat. Deux camps semblent s’opposer, ceux des nationalistes vieille France, qualifiés par certains de pétanistes, pour leur référence à la terre, essence supposée de la France, ou plus généralement de la souchitude comme fondement de la Nation française et les Républicains qui pensent que l’identité nationale doit se fonder sur des valeurs. Les premiers sont immédiatement reconnus comme extrêmistes, antipathiques, voire même fascistes ou racistes. Les seconds, en revanche, font l’objet d’un consensus bien plus large.

A gauche, ce camp républicain est le mieux représentée par la penseuse féministe, dont la notoriété s’est faite en sabrant1 Tariq Ramadan dans un opuscule éradicateur2 intitulé « Frère Tariq« , j’ai nommé Caroline Fourest3. Son premier livre, « Face au boycott », lui aura probablement enseigné que pour faire sortir le laborieux combat féministe de la marginalité, le plus simple était encore de s’enrôler dans le clash de civilisation en professant un féminisme colonial islamophobe de bon teint. Ses engagements contre le voile islamique et sa dénonciation des barbus-véliques4 et autres islamogauchistes5 lui ont permis de remporter le Prix national de la laïcité ainsi que le prix du livre politique de l’Assemblée nationale6. Sa thèse, et celles des nationaux-républicains de gauche, comme de droite, simple et modérée en apparence, consiste à proposer de remplacer une identité nationale fondée sur l’identité raciale De Souche par une identité nationale fondée sur les valeurs républicaines. Bref, de façon quelque peu paradoxale, elle propose une identité nationale, particulière à la France donc, qui soit universelle7. Le principe du besoin d’une identité pour la Nation et définissant ce qu’est un bon français est bel et bien confirmé. Il y a les bons français, ceux qui adhèrent aux valeurs prédéterminées, et les faux ceux qui sont soupçonnés d’y déroger. Eric Besson définit ces valeurs par le classique tryptique « liberté, égalité, fraternité », dont l’application se fait toujours attendre, tout en y ajoutant « laïcité, égalité hommes femmes » qu’il faudrait défendre, mais contre qui ?8 Le traitement égalitaire des femmes fondant, rappelons-le dans l’imaginaire colonial, la différence entre la civilisation républicaine et la barbarie indigène.9

Je vous propose pour illustrer ce débat, une publicité de la rillette Bordeau Chesnel. Dans cette publicité, à une réception de mariage (une micro-société en somme), nous y voyons deux jeunes et belles femmes d’un statut social élevé refuser les avances de deux monsieurs parce qu’elles n’auraient pas les mêmes valeurs. Avant de s’en aller, elles leur proposent, dans un geste mi amusé mi condescendant, des rillettes Bordeau Chesnel afin de leur permettre d’accéder à ces fameuses valeurs. Déçus, ils décident tout de même de gouter à ces rillettes, probablement afin d’accéder à ces fameuses valeurs dans l’espoir d’être digne aux yeux de ces distinguées demoiselles. Deux autres demoiselles, séduites par les monsieurs, leur demandent de les accompagner pour une promenade dans le parc. Manque de chance, elles ne sont pas vraiment attirantes, même si rien d’indique un statut social inférieur à ces messieurs. Ne sachant comment légitimer leur refus de les accompagner, l’un des monsieurs prétexte la différence de valeurs en leur proposant à son tour les rillettes Bordeau Chesnel puis s’en vont à leur tour. Le spot se conclue par le slogan « Rillettes Bordeau Chesnel, Nous n’avons pas les mêmes valeurs », juxtaposant pour mieux les lier une pratique culturelle, celle de manger des rillettes de Porc, et l’appartenance à une communauté de valeurs. Remarquez que le groupe des deux monsieurs, même s’il mangent les rillettes pour acquérir ces valeurs, n’atteignent pas le niveau de distinction et de beauté des deux premières demoiselles et n’arriveront pas à leurs fins.

retrouver ce média sur www.ina.fr

Nous y voyons une belle illustration du sempiternel l’intégration par le jambon10. Le problème central de cette scène est le concept des mêmes valeurs. Il est évident que la différence de valeurs n’est qu’une stratégie pour exclure des personnes à cause de leur statut social inférieur, rendu visible par leur apparence physique perçue comme grossière par le groupe dominant civilisé. La fausse solution apportée par les groupes dominants civilisés est de suggérer qu’il est possible d’accéder à la civilisation en mangeant de la rillette de Porc. Finalement, ça ne vous donne ce privilège de civilisation que pour mieux écraser les barbares qui ne les possèdent pas…

Mais revenons aux valeurs républicaines et à l’identité nationale. Ces valeurs sont construites en fonction de la différence entre le groupe discriminant se posant comme civilisé et le groupe discriminé perçu comme barbare. «Nos» valeurs sont celles que l’on suppose absente chez l’Autre. Lorsqu’Eric Besson, rejoint par les nationaux-républicains, ajoute « laicité et égalité hommes femmes » aux valeurs de l’identité nationale c’est qu’il suppose que ceux qui ne sont pas vraiment français, suivez mon regard, ne les possèdent pas. Or quel groupe depuis une dizaine d’années fait l’objet d’attaques sur la menace qu’ils font peser sur la laïcité et leur oppression supposée des femmes si ce n’est les arabo-musulmans ? Pour être reconnu comme pleinement français, il faut disposer de ces fameuses valeurs. Ce n’est qu’en mangeant du cochon, incarnation charcutière de ces valeurs, donc en montrant des signes d’assimilation, et en dénigrant ceux qui ne le font pas, qu’il est possible que les vrais français, les civilisés reconnaissent en vous un presque-civilisé. Cependant le groupe civilisé des français De Souche reste le groupe dominant et décide de qui et de comment accéder à leurs fameuses valeurs. Goûter à leurs valeurs, ou goûter à leurs rillettes, au fond c’est la même chose car elles restent les leurs quoique vous en disiez. A moins de disparaître, ce qui semble être la solution finale, vous ne serez que des membres honoraires invités du club des civilisés, constamment sous le parrainage et le regard mi-inquiet mi-compassé des français De Souche. Et n’ayez aucune crainte, qu’en cas de dérapage vous serez les premiers à sauter. Inversement, si vous en êtes un membre authentique, même en cas de dérapage, le club est là pour vous secourir…

L’affaire Amine Benalia-Brouch11, et l’avalanche de soutiens de premier plan apportée au ministre Hortefeux, a démontré de manière éclatante qui est le maître et qui est le faire-valoir à peine toléré. Des soutiens qui comptent parmi d’autres membres honoraires du club de ceux qui n’ont que ces valeurs à la bouche : Fadela Amara, Dalil Boubakeur, ainsi que le premier concerné le «petit arabe»12 Amine13, mais également des membres à part entière tel que le fort à propos ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale Besson.14

Vous n’êtes pas convaincu par l’emploi des catégories coloniales pour ce débat ? Qu’à celà ne tienne, Bordeau Chesnel s’en charge à ma place dans une deuxième publicité.

Celle-ci montre un safari colonial en Afrique en pleine brousse. Alors que le chef de camp, un mâle blanc, s’apprête à déguster ses rillettes Bordeau Chesnel, représentant l’exquise essence charcutière des valeurs françaises, il est perturbé par des singes sauvages. Une des femmes se retrouve même nue. Alors qu’une voix de femme, désespérée et incapable de se prendre en main, demande à l’aide à l’homme Blanc : «Mais enfin, faites quelque chose !». Ce dernier, exprime alors son dédain, en déclarant : «Nous n’avons vraiment pas les mêmes valeurs». Le ridicule de sa réaction est mis en avant par le snobisme de ce monsieur ainsi que par l’emploi superflu de l’adjectif vraiment. Ce qu’il aurait du faire, c’est aller à la rescousse de ses femmes trop faibles, et de l’homme poltron manquant singulièrement de virilité, pour les défendre de l’intrusion des sauvages représentés ici par les singes. Les singes sont-ils la métaphore de l’homme noir ? Nul ne le sait. Mais en tout cas la leçon c’est que, quand on a affaire à des sauvages, il faut savoir se débarasser de ses valeurs, certes exquises mais trop encombrantes, prendre son courage à deux mains et leur foutre une bonne raclée pour leur apprendre à toucher à nos femmes. Ce qu’il faut comprendre : les valeurs universelles morales républicaines droits-de-l’hommistes civilisées, et j’en passe, c’est bien, mais elles ne doivent pas être appliquées quand il s’agit de ces sauvages de colonisés…

Si vous trouvez mon propos outrancier, je vous propose une dernière publicité où le message peut paraître encore plus clair.

Dans cette dernière, tournée en noir et blanc, se déroulant dans une campagne française stéréotypée, l’on voit un monsieur Blanc et âgé, vivant dans une batisse faite de pierre, en plein milieu des champs de blés, déguster des rillettes Bordeau Chesnel sur un morceau de bon pain de campagne avec le commentaire suivant «les parents de nos parents vivaient ainsi» (ceux des De Souche, hein…) puis un discours institant sur la simplicité et la sincérité de ce modèle proche de la nature. En juin 1940, le Maréchal Pétain expliquait déjà: « La terre ne ment pas15. Plus récemment le président Nicolas Sarkozy a affirmé «La terre fait partie de cette identité nationale française»16. La publicité se termine par ce slogan : «Ce qui était bon en 1922 est toujours bon aujourd’hui», en montrant au préalable le vieil et honorable monsieur tenant un télépone portable, puis la boîte de Bordeau Chesnel en couleur, symbole des valeurs françaises, indiquant ainsi l’actualité de cette scène et la permanence des valeurs françaises depuis cette époque. Oh oui 1922, quelle belle année, celle de la publication du livre « Romantisme et Révolution » de Charles Maurras,17 anti-républicain et anti-sémite notoire, collaborationniste pendant Vichy, et membre de l’Académie Française jusqu’à sa mort en 1952. Livre dans lequel il s’en prends radicalement aux droits de l’Homme et du citoyen ainsi qu’à la Révolution française18. C’est lui qui affirmait que de par ses valeurs, «La France se confond avec la civilisation et ne saurait souffrir la moindre comparaison tant elle se place naturellement au-dessus et en avant des autres nations.» . 1922 est surtout une année bien pratique puisque, nous, les non-blancs de nationalité française n’existions pas. «Bordeau Chesnel, nous n’avons pas les mêmes valeurs.»

En conclusion l’identité nationale c’est comme les rillettes Bordeau Chesnel : il faut en manger pour avoir les bonnes valeurs et ainsi espérer faire partie de la communauté nationale. Mais même en mangeant du cochon, vous ne serez que des civilisés de seconde zone… Gâre à vous si vous n’en mangez pas, vous n’êtes dans ce cas que des singes harcelant les femmes et les « mauviettes », et les valeurs républicaines ne pourront pas s’appliquer à votre situation de sauvage. Et puis ne comptez pas trop avoir un quelconque impact sur la définition de ces valeurs, elles sont notre propriété exclusive !

  1. notre frère []
  2. du nom de ceux qui justifient la dictature au nom de la lutte contre les islamistes []
  3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Caroline_Fourest []
  4. contraction de barbus et de machiavéliques inventée par Mariame de Hijab and the City []
  5. que nous serions… []
  6. http://lmsi.net/spip.php?article558 []
  7. http://carolinefourest.wordpress.com/2009/10/31/le-faux-debat-de-lidentite-nationale/ []
  8. http://www.youtube.com/user/ministereimmigration#p/u/1/lkNPlgOv-YU []
  9. http://indigenes-republique.org/spip.php?article152 []
  10. http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=689 []
  11. http://www.youtube.com/watch?v=fA4i0QF37ho []
  12. cf expression employée par une militante UMP dans la vidéo []
  13. http://www.youtube.com/watch?v=2HPzejPobVk []
  14. http://www.elwatan.com/Hortefeux-recoit-le-soutien-de []
  15. http://www.marechal-petain.com/maximesetprincipes/travail/terre.htm []
  16. http://www.politis.fr/Nicolas-Sarkozy-et-la-terre,8471.html []
  17. http://www.academie-francaise.fr/Immortels/base/academiciens/print.asp?param=576 []
  18. http://www.actionfrancaise.net/projet-tresor-maurras_romantisme_et_revolution.htm []

8 comments on “«Nous n’avons pas les mêmes valeurs» disent-ils…

  1. Ivan dit :

    Bonjour,
    quant au fond, contestant la validité du débat sur l’identité nationale, même considérée sur le plan des »valeurs françaises » paradoxalement proclamées universelles, je ne peut qu’être d’accord. Quant on se pose ce genre de question, la vraie question sous-jacente, c’est bien évidemment : qui n’est pas français( et j’ai bien suivi votre regard).Et je pense bien également que quelles que soient les deux camps cités,il n’apporteront jamais de solutions au problème de vouloir rendre « français », ceux qui » ne le sont pas »sauf en leur faisant bouffer du porc, boire du vin,renier la foi,chanter « la femme est l’avenir de l’homme », j’en passe et des pires…Il restera encore à changer le nom, dépigmenter la peau,et encore ! en fin de compte on entendra dire : »Ils sont comme nous », donc « ils » ne sont pas « nous ».

    Oui, ce débat sur « nos valeurs  » a pour fonction idéologique de masquer les oppressions sociales et post-coloniales.

    Mais en ce qui concerne les rillettes, vous atteignez au sommet du délire masochiste d’un écorché vif ! Les rillettes auraient pu être au saumon, que la pub n’aurait en rien changé. Il a fallu que vous mettiez le porc( dans ce cadre-ci détail insignifiant) en exergue! Vous allez retrouver des symboles non pas au second degré, mais encore plus loin.Vous allez Ce que vous y lisez révèle plus votre inconscient que celui des publicitaires; Lorsque vous écrivez « des sauvages représentés ici par les singes. Les singes sont-ils la métaphore de l’homme noir ? » c’est offensant: vous assimilez , sous couvert de dénonciation ,noir=sauvage=singe. Je constate que votre inconscient, marque au fer rouge par les colonisateurs, a associé ces notions sans rapports rationnels entre elles.

    Ce que je vois moi de scandaleux dans cette pub, c’est lle détournement d’une expression à connotation morale pour vendre un produit commercial, quel qu’il soit. Quant au normes alimentaires elles-mêmes ce qui me choque c’est la sublimation d’un produit usiné, au dépends d’une nourriture naturelle, faite à la maison.Au niveau des valeurs culturelles, alimentaires en particulier,donc mes valeurs se situent au niveau d’un cuisine saine faite maison, comme dans la plupart des villages du Vietnam,du Maghreb, et encore en France…Effectivement , je na partage pas les « valeurs » culinaires des Bordeau Chesnel et autres William Saurin…

    Évidemment ma lecture est très subjective, mais la vôtre alors ! A tout lire sous l’angle discriminatoire comme vous le faites, cela en devient obsessionnel. Un peu de distance vis-à-vis de vos ressentiments ne desservirait pas vos propos, au contraire.

    Cela étant je trouve votre blog intéressant et vos propos salutaires fac à la pensée unique sévissant en France, malgré mes critiques.

    Puisque vous semblez aimer les étiquettes de vos interlocuteurs, je ne suis pas français, mais bien européen, de souche très pâle,me sentant cependant étranger à tout pays, même celui dont je subis la nationalité.Heureusement, ce pays-là est plus pragmatique et n’a pas les moyens de lancer le même débat qu’en France.

  2. Bader Lejmi dit :

    Je suis heureux de voir que vous n’êtes pas piégé par le débat sur l’identité nationale, ça me rassure sur la capacité de mes concitoyens blancs à prendre conscience du racisme latent à ce débat…

    Vous me critiquez sur la mise en exèrgue du Porc. Or il me semble que vous n’avez pas saisit le fond de ma pensée. J’y dis notamment que le cochon est « l’incarnation charcutière de ces valeurs » et que « Goûter à leurs valeurs, ou goûter à leurs rillettes, au fond c’est la même chose car elles restent les leurs quoique vous en disiez. » Ce que je dis donc que le problème ce n’est pas de manger ou non du porc, mais que ces valeurs ne soient qu’une expression universalisée d’une culture spécifique. Ce qui fait qu’il n’est pas possible pour non-blanc de prétendre à ces valeurs, au mieux il en est l’invité s’il s’assimile par exemple en mangeant du cochon et que les De Souche le sache. Au fond adhérer à ces valeurs c’est aussi grâve en terme de signe que manger du cochon.

    Les rillettes Bordeau Chesnel est l’illustration la plus aboutie de cette identité nationale. Ce ne sont pas les rillettes en soi, mais les rillettes en tant qu’illustration de mon propos…

  3. jean dit :

    Oui effectivmeent il y a deux manières de voir l’identité :
    – l’identité fermée, par exemple celle basée sur certains mélanotypes et associés à une religion.
    C’est l’identité de droite.
    Pour les uns ce sera peau claire et catholicisme, pour les autres ce sera peau basanée ou noire, et l’islam. Mais dans le fond ce sont les mêmes valeurs identitaires, une identité basée sur la séparation des êtres humains en groupes bien distincs et bien déterminés qui sont séparés sur les apparences et les symboles.

    Et il y a la conception républicaine de l’identité qui repose sur ce qui unit, donc les valeurs universelles, car quand on constate qu’une société est plurielle, pluraliste, hétéroclyte, on ne peut pas baser son identité sur des particularismes qui n’appartienent qu’à un groupe de la population et exclu les autres. Donc l’identité républicaine est basée sur des valeurs universelles et le rejet des identités particularistes. Avec le droit du sol la france mettait fin à une identité potentiellement raciste, puisuqe quelle que soit l’origine, même d’afrique ou d’asie, il était possible de devenir français, en naissant et grandissant en france.

    Donc depuis le XIXème siècle la france a pu accueillir des populations différentes, et mêem intégrer des populations rejetées par l’ancienne france comme les juifs, jusqu’à l’intermède de la collaborration du régime de vichy qui lui a voulu reprendre l’identité particulariste de l’ancien régime.
    IL y a eu les vagues d’immigrés espagnols, italiens et polonais, qui ont trouvé un pays permettant à leurs enfants de pouvoir mvivre mieux. Les descendants peuvent avoir gardé une grande partie de la culture de leur parents, mais ils sont avant tout français, avec des fils d’ouvrier qui pouvaient facilement finir ingénieur.
    Mais voilà, les conjonctions historiques ont fait que l’immigration post coloniale a vu la conjonction de changements économiques et sociaux qui rendaient l’ascenseur social plus difficile, la concentration de ces populations en stagnation sociale dans des quartiers défavorisant, et la montée des revendications identitaires musulmanes d’abord à l’étranger (iran, afghanistan ect…) puis en france. Tout ça a créé une mauvaise alchimie qui fait que les populations de l’immigration post coloniale sont moins intégrés même aprés plusieurs génération. D’une part part le racisme social des élites économiques qui ont utilisés ces immigrés pour faire pression sur les salariés français, a contribuer la favorisation de la stagnation de ces populations, mais de l’autre côté il a émmergé une image identitaire qui met les populations qui y adhère en porte à faux avec la trés grande majorité des français, notament en faisant rentrer par la petite porte un discours conservateur que les progrés de la société avaient fait sorti par la grande porte (1789, 1905, 1945, 1968).

    Donc on a des musulmans qui crient d’être exclus de l’identité française alors que ce sont eux qui s’excluent de l’identité française en mettant en avant une identité partuculariste voisine de celle ne france avant la révolution.

    Mais vu la culture politique de sarkosy, l’identité républicaine et ses valeurs de liberté (plus de répression policière avec moins de moyens), d’égalité (tout pour les riches), et de fraternité (misen en exergue de ce qui divise le peuple) , ainsi que la laïcité ( volorisation du catholicisme dans le discours de latranau dépend du reste de la population qui n’y adhère pas ), ne sont pas sa tasse de thé come tout bon membre de la droite décomplexée. IL s’agit bien de faire diversion sur les vrais problèmes économiques et sociaux, mêem si les problèmes de l’identité française sont à remettre à l’ordre du jours mais dans un autre contexte et avec des personnes qui sont plus dignes de représenter l’identité républiciane, qui est la seule qui puisse réunir les poulations différentes qui composent la france.

    En fait il n’y a de paradoxe que dans les apparences pas dans le fond de baser l’identité sur des valeurs universelles, parce que si les valeurs républicianes sont universelles dans leur fondement, il y a beaucoup de blocages pour qu’elles le soient dans la réalité ailleurs. En adoptant une dientité basée sur des valeurs universelles, d’une part celà permet d’accueillir n’importe qui, de toute ethnie, religion, sexe, culture, et d’autre part ces valeurs universelles sont aprtageables avec d’autres pays plutot que de jouer dans une concurence particulariste.

    D’aileurs il y a un exemple frappant du passage d’une identité universelle reliant les hommes de diverses communautés, à un puzzle d’identité particularistes, c’est al yougoslavie, qui s’est batie sur une identité universelle, puis les particularistes serbes au pouvoirs ont favorisé leur identité particulariste au détriment des autres, avec en plus une montée de l’identité particulariste chez les musulmans, ce qui a conduit aux guerres de bosnie herzegovine et du kosovo, plutot que de combattre les inégalités, ils ont préféré combattrre pour la séparation.

    Quand à la pub bordeau chesnel, pourquoi ne pas avoir mis celle où la cliente demande dans une bijouterie une broche pour ses rilettes?
    Peut être parce qu’il était difficile d’en faire une interprétation douteuse dans le sens de votre discours…. Parce que là c’est avec d’autres bourgeois, et surtout (pour vous) blancs, qu’il est dit « nous n’avons pas les mêmes valeurs » Du coup c’est sûr que sortir un discours néocolonialiste là dessus c’est difficile. En faitcome dit dans le premier comentaires, c’est vous qui faites les interprétations subjectives, et donc notament donnez un fond raciste à l’une d’elle.
    Mais le comble du ridicule c’est quand même la critique de la dernière.C’est vrai qu’il y a surement un message caché à représenter la campagne traditionnelle française, par un visage typique de la campagne traditionelle. Je ne sais pas si vous allez beaucoup dans les campagnes, lmoins des banlieux et des villes, dans les coins où il y a plus de caches et de moutons que d’habitants, mais les personnes agées ressemblent plus au monsieur de la publicité qu’à jamel debouze dans 30-40 ans. Et le message de la pub c’est la référence à la tradition, donc au terroir, donc rien d’étonannt aux images diffusées sauf si on a une logique douteuse. Bon il aurait été question de référence culturelle djeunz, branchée et urbaine, là oui on aurait pu épiloguer sur le fait qu’il n’y ait que des blancs, mais ce n’est pas le cas.

  4. Bader Lejmi dit :

    @Jean, Sur la publicité votre critique est à coté de la plaque. Les publicités sont clairement des illustrations de propos subjectifs, tout comme des statistiques, des photos etc. sont des illustrations d’un discours pré-construit. Néanmoins j’ai fortement enrichi mon discours par le biais de ces publicités. Bordeau Chesnel est un excellent exemple qui m’a fortement inspiré. La publicité pour le collier de perle aurait pu être utilisée également dans le cadre de l’identité nationale, dans une approche de division de classe dans la nécessaire adhésion à ces valeurs. Mais à vrai dire, je n’en n’avais juste ni le temps, ni l’envie.

    Sinon sur ce que vous dites, ô jean, ange exterminateur des particularismes. Vous semblez ne pas comprendre ce que j’ai dis dans cet article. Vous n’êtes rien de plus qu’un particularisme comme les autres. Or ces prétendus valeurs que vous mettez en avant ont un groupe particulier de propriétaires légitimes qui les façonnent selon leur bon vouloir en leur donnant le sens qu’il souhaite. Ces valeurs sont l’expression généralisée des valeurs du groupe dominant. Domination qui forge sa légitimé par le biais de grands récits sur la genèse de ces mêmes valeurs ou de la République. Vous faites comme s’il n’existait pas de rapport de forces entre groupes, et comme si le groupe dominant lui-même n’était pas un particularisme. En me traitant de particulier, vous vous posez en universel et faites ainsi entrer tout ce qui vous semble juste, depuis votre petite subjectivité, dans le panthéon des valeurs universelles. C’est tout ce que j’ai essayé de déconstruire au travers de cet exercice.

  5. Oketi dit :

    Je ne vais pas faire un long discours mais juste vous féliciter pour la pertinence de cette comparaison avec les rillettes Bordeau Chesnel…
    Par contre, je ne suis pas sûr d’avoir compris ce passage à propos de la deuxième publicité:

    « Ce qu’il aurait du faire, c’est aller à la rescousse de ses femmes[…]il faut savoir se débarrasser de ses valeurs, certes exquises mais trop encombrantes, prendre son courage à deux mains et leur foutre une bonne raclée pour leur apprendre à toucher à nos femmes. »

    L’homme symbolise-t-il le Français ou le Français en devenir ou le Français défaillant? Il me semble que son attitude n’est pas censée être répréhensible dans la pub… Voulez-vous dire -si on poursuit le parallèle avec l’identité nationale- que le débat doit bien avoir lieu et qu’il faut reconsidérer les valeurs nationales et donc réapprendre à l’homme de la publicité à être Français? Je suis un peu confus…

  6. Bader Lejmi dit :

    @Oketi. Merci pour votre commentaire encourageant :)

    L’homme de la deuxième publicité est un bon vivant, attaché aux valeurs, les rillettes, qui va par amour de ces valeurs oublier les femmes et le poltron… Son attitude n’est pas répréhensible dans cette publicité parce que c’est une publicité pour les rillettes, les valeurs donc. Or de la façon dont la publicité présente les choses, cet homme fait défaut tout de même à son petit camp colonial ! Et il est présenté, selon les critères communs, comme un peu trop pédant tout de même. Ça se voit dans ses gestes, sa coupe de cheveu, et son « vraiment » en plus dans la formule « nous n’avons [vraiment] pas les mêmes valeurs ». Dans l’imaginaire collectif c’est too much. Ce qu’il aurait du faire c’est lacher les valeurs, donc les rillettes, et aller botter le cul de ces sauvages.

    Pour répondre à votre question donc, c’est ce qu’il devrait être dans le cas de figure où le sauvage-barbare vient déranger la partie ! Or pour en revenir à notre actualité, c’est ce qui arrive désormais. Les « sauvageons » d’indigènes nous dérangent, ils vont même jusqu’à pénétrer dans notre société, ils n’en sont plus des étrangers, des éléments du décors. C’est donc bien pour celà que l’identité nationale requiert de façon paradoxale que les valeurs soient réaffirmées en même temps qu’elles ne doivent pas s’appliquer à tous. Dans de nombreux discours j’entends parler de laxisme, de droitsdelhommisme ou encore de territoires perdus, c’est ce genre d’attitudes que cette publicité condamne en réalité. Elle exige un surcroit de virilité salvateur conduisant à l’idée de suspension de ces valeurs dans certains cas.

    Donc mon cher Oketi, je pense que votre interprétation est probablement juste. Le concept Bordeau Chesnel de l’identité nationale requiert peut-être en effet que le débat ait lieu pour réapprendre au Français à se comporter comme un « vrai mec ». Mais je pense que l’idée c’est qu’il faut lâcher ses valeurs de façon temporaire. Les lâcher pour mieux les déguster tranquillement plus tard.

  7. Oketi dit :

    Merci pour ces éclaircissements :)

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