Achille Mbembé sur la colonialité suintante de la France

novembre 19, 2009 · Posted in Liens · Comment 

Sélection d’articles d’Achille Mbembé sur la colonialité du pouvoir en République (impériale) française et de ses conséquences sur elle-même et sur les autres :

  • Décoloniser les structures psychiques du pouvoir – Mouvements – Achille Mbembe est l’une des figures les plus originales et les reconnues de la pensée postcoloniale contemporaine. Auteur du livre retentissant De la Postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine (première édition 2001), son œuvre explore les imaginaires postcoloniaux à partir d’une réflexion qui mêle philosophie et psychanalyse, faisant dialoguer Frantz Fanon, Michel Foucault, Labou Tansi ou Georgio Agamben. Dans cet entretien, Achille Mbembe revient sur les articulations centrales de sa pensée et propose une analyse fine et complexe de la France coloniale, de son racisme « exotique » comme des mouvements qui s’y opposent, dans la continuation de ses interventions publiques lors des émeutes de novembre 2005.
  • Figures du Multiple: La France peut-elle réinventer son identité ? – La crise dans les banlieues de France a pour origine la manière dont la France a historiquement voulu esquiver la question raciale tout en multipliant, à tous les niveaux de la vie quotidienne, des pratiques de « racialisation ». Elle révèle au grand jour l’impasse à laquelle a conduit le refus, par ce pays, de s’auto-décoloniser. Si la France tient encore à exercer un minimum d’attraction dans l’imagination contemporaine, il faudra, très vite, qu’elle en vienne au fait qu’urgence.
  • La République et sa bête – La France est un vieux pays fier de ses traditions et de son histoire. Sans son apport sur le plan de la philosophie, de la culture, de l’art et de l’esthétique, notre monde serait sans doute plus pauvre en esprit et en humanité. Voilà le côté limpide, presque cristallin de son identité.
  • La France et l’Afrique : décoloniser sans s’auto-décoloniser – Aujourd’hui, la tentation chez beaucoup, en France, est de ré-écrire l’histoire de la colonisation en faisant une histoire de la “ pacification ”, de la “ mise en valeur de territoires vacants et sans maîtres ”, de la “ diffusion de l’enseignement ”, de “ fondation d’une médecine moderne ”, de la “ création d’institutions administratives et juridiques ”, de la mise en place d’infrastructures routières et ferroviaires. L’on retrouve, dans cet argument, tous les ingrédients du vieux paradigme de la colonisation comme entreprise humanitaire et de modernisation de vieilles sociétés primitives et agonisantes qui, laissées à elles-mêmes, auraient fini par se suicider.
  • l’Afrique de Nicolas Sarkozy, par Achille Mbembe – Lors de sa récente visite de travail en Afrique sub-saharienne, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a prononcé à Dakar un discours adressé à “ l’élite de la jeunesse africaine ”. Ce discours a profondément choqué une grande partie de ceux à qui il était destiné, ainsi que les milieux professionnels et l’intelligentsia africaine francophone. Viendrait-il à être traduit en anglais qu’il ne manquerait pas de causer des controverses bien plus soutenues compte tenu des traditions de nationalisme, de panafricanisme et d’afrocentrisme plus ancrées chez les Africains anglophones que chez les francophones. Achille Mbembe en fait, ici, une critique argumentée.

Articles similaires

L’indiscipline des corps à l’école comme symptôme

novembre 19, 2009 · Posted in Liens · Comment 

Voici 3 articles étudiant les rapports entre indocilité ou indiscipline des corps à l’école comme des symptômes des défaillances du système éducatif ou comme indice de la déviance scolaire :

  • Le classement par corps. Les écarts au corps scolaire comme indice de « déviance » scolaire – Partant d’enquêtes sur les difficultés de scolarité de collégiens de milieux populaires, cet article montre que le corps, à travers les postures corporelles scolairement non-conformes des élèves, est constitué en indices institutionnels de « déviance scolaire » et d’inadaptation. Devenant le lieu d’inscription d’une « anormalité d’école », le corps des élèves non seulement signe, pour l’institution, l’existence de « troubles » plus profonds, mais est lu comme le symptôme de « désordres intérieurs » révélant une « enfance en danger ». En outre, la perception de ces corps comme indociles et inenseignables débouche sur le repérage et la catégorisation institutionnels de postures corporelles comme postures « irrégulières », s’étendant à partir du terrain scolaire au plan judiciaro-éducatif. Les postures corporelles des collégiens à l’école servent ainsi la prévention de ce qui est perçu comme un risque de désordres ultérieurs, scolaires ou extra-scolaires.
  • Cairn.info – La construction de l’absentéisme scolaire comme problème de sécurité intérieure dans la france des années 1990-2000 – L’absentéisme scolaire ne constitue pas une nouvelle forme de déviance. La constitution de l’absentéisme en tant que problème social est très récente. Ce n’est effectivement qu’à partir du moment où cette question a été associée à celle des jeunes de banlieue, indissociablement conçus comme dangereux et en danger, qu’entre la fin des années 1990 et le milieu des années 2000, elle s’est imposée et thématisée sur la scène publique comme un problème préoccupant exigeant des solutions collectives. À partir de l’exploitation de textes officiels, rapports institutionnels, discours politiques et documents médiatiques, cet article propose de retracer quelques-unes des étapes de cette période, en étudiant les manières de dire et de faire, travaillées au cours d’un processus de socialisation collectif, qui ont constitué progressivement la pratique de l’absentéisme comme étant avant tout un problème de sécurité intérieure.
  • Le corps comme symptôme des dysfonctionnements éducatifs – Corps et Culture – À partir d’une approche longitudinale et etho-clinique de groupes d’enfants présentant des conduites perturbées ou en difficulté dans le système éducatif traditionnel, cet article tente de montrer l’apport spécifique des pratiques sportives à une lecture motrice des déviances scolaires. Sur un plan plus explicatif, l’élaboration d’une sémiologie clinique des actions sportives semble nécessaire pour une compréhension renouvelée des phénomènes de déviances chez l’enfant.

Articles similaires

Mes signets du 11/11/2009 au 13/11/2009

novembre 13, 2009 · Posted in Liens · Comment 

Ma selection de liens du 11/11/2009 au 13/11/2009:

  • Observatoire des inégalités – Le retour des bandes – Les jeunes qui utilisent la force pour parvenir à leurs fins ne cherchent ni à détruire la société ni à contester ses principes fondateurs. Ils visent tout autant à s’emparer de biens matériels inaccessibles extrêmement valorisés qu’à exprimer symboliquement une très vive protestation. Par Robert Muchembled, historien.
  • Esther Benbassa : « Islam, obsession du siècle » | RespectMag – L’islam, c’est l’obsession du XXIe siècle comme le judaïsme l’était au XIXe siècle et début XXe. Les préjugés à l’encontre de musulmans sont les mêmes que ceux rencontrés par les juifs au 18ème siècle. « Ils se multiplient trop vite », disait-on à l’époque ! L’antisémitisme et l’islamophobie sont les résultats de ces focalisations. J’irai même plus loin : l’islam des Arabes dérange. Les Noirs musulmans sont nombreux mais on n’en parle pas. Le rapport Obin de juin 2004 (2) ne parle que des Arabes. Tout ça reste très politisé. Quand Nicolas Sarkozy vante « les racines chrétiennes de la France », cela veut dire : « la Turquie musulmane ne peut pas entrer dans la communauté européenne chrétienne ». Sauf que l’Europe a connu des bouleversements démographiques…
  • Global Challenge – A propos de L’Occident décroché de Jean-Loup Amselle par Irène BELLIER – Le titre choisi par Jean-Loup Amselle pour son Enquête sur les postcolonialismes témoigne d’une angoisse. On pourrait penser que dans un monde globalisé, interconnecté, et du point de vue d’un anthropologue spécialiste des « branchements » culturels, l’Occident se retrouve plutôt « interpellé » par les voix alternatives qui ont émergé dans les années 1980, si l’on se place dans la perspective du dialogue, « rattrapé » si l’on réfléchit en termes géopolitiques, ou « dépassé » si l’on pense à la crise du capitalisme et en termes de compétition.

Articles similaires

Page suivante »