Mes signets du 23/10/2009 au 31/10/2009
Ma selection de liens du 23/10/2009 au 31/10/2009:
- C S P: Les idiots utiles de l’identité nationale – Traduire : quand ça va mal, sortir le drapeau tricolore en l'agitant très très fort pour ressouder autour le peuple de petits blancs pétochards qui flippe à cause de tout et lui faire penser qu'au moins, il lui reste la Nation, le Sol, le Sang, et les Valeurs Z'éternelles De La Fraaaaannnnnceuuuuuhhhhh.
- «Qu’est-ce qu’être français ? – Cela ne vous regarde pas» – Libération – C’est pourquoi, à la question «Qu’est-ce qu’être français ?» posée par le ministère de l’Immigration, il ne saurait y avoir dans les mois qui viennent qu’une seule réponse, endurante, ressassée, monotone, obstinée : «Cela ne vous regarde pas». Vous avez perdu le droit de poser cette question au moment même où, liant identité nationale et contrôle de l’immigration, vous avez aménagé le renversement systématique des composantes de la citoyenneté en autant de critères d’exclusion. A cette captation, il ne saurait y avoir de réponse qu’en acte ; libre à vous, lorsque ce temps viendra, d’interpréter la violence de notre refus comme une composante de la «francité».
- Rouvrir la question carcérale | Contretemps – qui va en prison (et donc, qui n’y va pas) et pourquoi ? Qui bénéficie et qui est desservi par la définition et la hiérarchisation actuelles des infractions ? Quelles sont les distinctions et distributions opérées tout au long de la chaîne pénale ? Bref, souligner les rapports inextricables entre le recrutement social des prisonniers et le fonctionnement de la pénalité (ses présupposés, ses filtres, ses partages, etc.). [...] la question carcérale a-t-elle tout à voir avec la dépénalisation du droit des affaires et du droit du travail.
- Les ravages de la pensée moniste : à propos de "La Diversité contre l’égalité" – Mouvements – NOTE DE LECTURE sur La diversité contre l’égalité , de Walter Benn Michaels, (Raisons d’Agir, 2009), ouvrage dont la réception critique positive contraste avec une certaine pauvreté de l’argumentation et d’importantes libertés avec les faits historiques et sociologiques. Daniel Sabbagh replace l’ouvrage dans la littérature consacrée à l’Affirmative Action aux Etats-Unis et les débats en France et montre qu’il existe des travaux critiques plus aboutis sur le sujet que ce que propose Benn Michaels. 19 octobre 2009.
Articles similaires
Lettre ouverte au Collectif National pour les Droits des Femmes et aux Femmes Solidaires
Cher-e-s ami-e-s,
tout d’abord, permettez-nous de nous présenter. Les Indivisibles sont un groupe de militant-e-s dont le but est de déconstruire, notamment grâce à l’humour et l’ironie, les préjugés ethno-raciaux et en premier lieu, celui qui nie ou dévalorise l’identité française des Français-e-s non-Blanc-he-s. Malheureusement cette lettre peut ne paraître ni drôle, ni ironique…
Cette année vous avez appelé à une manifestation nationale unitaire pour les droits des femmes à Paris le 17 octobre 2009. Sur le principe, nous ne pouvions que nous en réjouir. Mais nous avons tout d’abord été étonné-e-s de la date choisie. Le 17 octobre, est dans l’Histoire de France, avant tout le triste anniversaire des massacres contre la manifestation pacifique algérienne du 17 octobre 1961 à Paris. Une plaque commémorative a même été installée sur le pont Saint-Michel en 2001 par le maire de Paris. Un groupe de féministes a d’ailleurs estimé, probablement avec justice, le choix de cette date «fort inapproprié, voire insultant». Dans les faits votre manifestation a effectivement occupé l’espace médiatique, probablement au détriment de la commémoration du 17 octobre 1961, pourtant indispensable en ces temps de réhabilitation de l’histoire coloniale…
Cette année, votre slogan était «Ensemble pour une réelle égalité». Souscrivant pleinement à cet objectif nous aurions aimé qu’il s’applique à toutes les femmes. Nous nous y sentons inclus-e-s, pas seulement parce que nous luttons contre le racisme et pour une réelle égalité, mais également parce que nous comptons en notre sein de nombreuses personnes féministes ou sensibles et solidaires aux idées et luttes féministes.
Dans votre «Appel à une manifestation nationale à Paris le 17 octobre 2009»(4) vous y expliquez que vous ressentez «le danger de voir la lutte pour l’égalité femmes/hommes passer au second plan au profit de la lutte contre les discriminations et pour la diversité». Nous aurions préféré que vous n’opposiez pas la lutte contre le sexisme à celle contre le racisme…
En effet, les discriminations ne sont pas seulement racistes, elles sont également sexistes, et dans de nombreux cas elles sont multiples. Comme dans le refus quasi-systématique d’embauche des femmes musulmanes voilées. Ou encore les femmes non-blanches qui subissent des discriminations à l’embauche et durant leur carrière, qui les conduit souvent à subir le statut de femmes au foyer ou encore à opter pour un emploi pour lequel on leur suppose, par la force des préjugés et racistes et sexistes, des qualités maternelles ou domestiques naturelles…
Certes vous n’omettez pas la situation des femmes étrangères même si vous n’évoquez ni le racisme qu’elles peuvent subir, ni le statut particulier des migrantes. En revanche la situation spécifique des femmes racisées (non-blanches), qu’elles soient françaises ou étrangères, n’est tout simplement pas abordée. Alors même que vous évoquez bas salaires, chômages, retraites inférieures, l’appel fait l’impasse sur le fait que ces situations sont aggravées par le racisme que ces femmes subissent…
Dans un communiqué paru le lendemain de la marche vous déclarez : «Le combat pour la « diversité » ne doit pas être non plus l’occasion de réduire les femmes à une « catégorie » de discriminés comme d’autres, alors que nous sommes la moitié de l’humanité et que notre combat est un combat transversal.». La lutte contre le racisme est également un combat transversal et en France comme pour l’humanité, le nombre et la proportion de personnes vivant une situation de racisme n’est pas non plus négligeable. Il est regrettable d’opposer, de façon aussi définitive, ces deux luttes, car ce faisant vous souscrivez au jeu des dominant-e-s qui cherchent à nous “diviser pour mieux régner”. Notre nom “Les Indivisibles” évoque d’ailleurs cette volonté de positionner la convergence des luttes au cœur de notre action…
Nous regrettons que votre conception du féminisme ne s’inspire pas des féministes non-blanches, notamment du courant « Black feminism » qui étudie l’imbrication du sexisme et du racisme. Courant dont un des textes principaux, le « Third World Women’s Alliance. Black Women’s Manifesto. » date tout de même de 1970. Nous regrettons également que vos positions sur l’action positive n’aient pas évolué depuis les débats sur la parité au cours desquels de nombreux-ses féministes ont disqualifié la discrimination positive à l’égard des minorités racisées afin de mieux encenser le principe de parité.
En conclusion nous regrettons que vous participiez à l’invisibilisation de ces femmes migrantes et françaises qui partagent cette communauté d’expérience d’un sexisme raciste. D’autant que vous expliquez à juste titre que «pour éviter cette régression majeure, pour la reconnaissance de la lutte pour les droits des femmes, il nous faut réaliser l’unité». Pour réaliser cette unité, nous ne pouvons que vous inviter à faire face aux préjugés raciaux, qui minorent ou invisibilisent une grande part de ces femmes.
amicalement,
Les Indivisibles
Articles similaires
L’identité blanche et sa critique, Maxime Cervulle
Maxime Cervulle donnera une présentation sur «L’identité blanche et sa critique, les Critical White Studies en débat» dans le cadre de la première journée d’études «Cultures et Inégalités». Ce sera le mardi 3 novembre 2009 à 10h à la Maison de la recherche de Paris III, 4 rue des Irlandais, Paris 5ème. Métro place Monge (ligne 7).
Maxime Cervulle est un enseignant-chercheur français, chantre des cultural studies, c’est-à-dire l’étude critique du sens des productions culturelles. Il est également l’auteur de l’article Visage blanc sur fond blanc paru dans la RiLi qui avait fait le tour de la toile postcoloniale française par le biais du Sieur Bougnolosophe et du site des Indigènes de la République.

