On ne se cache pas derrière les mots…


Dans ce débat-conférence sur Radio France Culture le 4 juin 2009, Houria Bouteldja, invitée en tant que porte-parole du Mouvement des Indigènes de la République, s’est exprimée sur de nombreux sujets concernant les indigènes.

(Cliquez sur les flèches pour écouter les extraits)

Ce débat sur le « Nous et les Autres » a permis d’aborder le sujet de la communauté politique. C’est à dire sous quelles conditions Nous (les Blancs) et les Autres (les Indigènes) peuvent former un Nous politique selon l’optique décoloniale du MIR.

Par ailleurs, et vu que les mots sont importants, Houria Bouteldja a abordé la question du mot « diversité ». Pourquoi ce mot a-t-il tant de succès ? Que cache-t-il ? Quels sont les intérêts politiques qu’il sert ? Houria fait indubitablement partie de cette diversité. Mais comment le savons nous ? D’où nous viens ce savoir permettant d’identifier immédiatement un membre de la diversité ? Vous verrez que la diversité révèle la culture « scientifique » de la race qui imprègne la société française pour mieux tenter de la dissimuler et de sauver la colonialité nichée au sein de la République. Mais « on ne peut pas se cacher derrière les mots »…

C’est en opposition au terme de diversité, dont une critique doit émerger dans l’espace publique, que nous devons lui opposer le terme Indigène qui recouvre la même réalité mais avec une optique opposée, celle de révéler la confrontation raciale de la société et de la combattre au lieu de la dissimuler.

Finalement, un autre mot « intégration » est à remplacer par celui de « libération ». Intégrés, nous le sommes déjà, les militants de l’immigration n’ont eu de cesse de le rappeler. Et comme projet alternatif à celui de l’intégration, forme euphémisée d’assimilation, nous proposons celui de libération. Libération des indigènes, mais qui conduit à la libération des blancs eux-même du poids colonial. En effet les indigènes n’existent que parce qu’il y a des blancs, et de la même façon les blancs n’existent que parce qu’il y a des indigènes.

Ensuite, la séance de questions/réponses a permis d’explorer d’autres mots. Youssef Boussoumah a rappeler dans le cas de la Guerre d’Algérie, l’importance de la mémoire collective des victimes et pourquoi il ne fallait pas laisser la prétendue vérité historique scientifique avoir le dernier mot… Bien sûr son exemple est extensible à d’autres situations, il est universalisable. Il a abordé aussi le problème très actuel de l’anti-capitalisme, et pourquoi il fallait y inclure le rapport Nord/Sud pour le remettre sur ses pieds…

Houria Bouteldja nous a donné également une belle leçon de féminisme ! Salutaire rappel en ces temps où le féminisme est exploité à des fins paternalistes voires même racistes à l’égard des femmes identifiées comme musulmanes, notamment par des féministes historiques comme Elisabeth Badinter, mais également par NPNS et les féministes islamophobes où qui pensent que l’Islam est la source du problème…

Puis une femme blanche qui écrit l’Histoire se présentant comme telle, a exprimé son mal-aise dégoulinant. Bien mal lui en a pris, le voilà accusée de simplification abusive et d’opposer les méchants hommes/blancs aux gentils femmes/indigènes. Ce qui a quand même permis à Houria Bouteldja de lui expliquer ce qu’est le féminisme, et en quoi dénoncer le privilège Blanc est nécessaire et relève bien de la complexité de ce monde.

Contexte :
« Hors les Murs », Collège International de Philosophie sur France Culture.
Emission « Nous et les Autres ».
par Joël Roman, directeur de la collection Pluriel chez Hachette Littérature.

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