Malik al-Shabazz, 50 ans après sa mort, sa pensée vit encore….

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Frères de sang, sang des frères

Il y a 50 ans, un 21 février 1965, tomba en martyr Al-Hajj Malik al-Shabazz, rahimou Allah, plus connu sous le nom de Malcolm X. Tombé sous les balles d’un terroriste de sa propre couleur, de son propre sang, infiltré par le FBI au sein de la secte “Nation of Islam” dont il fut, un temps, le porte-parole. La tragédie de sa mort nous rappelle le martyr d’autres musulmans de noble caractère avant lui. Comme eux, il s’était préparé à accueillir la mort en restant fidèle à ses principes. L’un de ces principes majeurs chez Malik al-Shabazz fut la fraternité dans l’amour de Dieu. Mais qui le sait ?

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Débat identitaire en Tunisie : quel modus vivendi pour une transition démocratique?

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Si les tensions se sont apaisées après le vote de la Constitution tunisienne adoptée le 26 janvier 2014, ce pan de l’histoire, marquant ainsi une étape juridique achevée, doit aussi se tourner vers une étape sociale où un modus vivendi avec les forces islamistes en présence, de la quiétiste à la plus radicale, est nécessaire pour éviter tout retour à l’ancien régime. Bader Lejmi, jeune Tunisien de France, militant anti-raciste anticolonialiste et membre d’Uni*T, association des Tunisiens de France en soutien à la révolution tunisienne et pour l’Etat de droit  a accepté de nous éclaircir sur les clefs d’un débat identitaire.

Propos recueillis par Lilia Marsali

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Révolutions arabes, peut-on encore y croire ?

Mounir Chafik

Les révolutions arabes tanguent au point où l’on vient à se demander si elles ont vraiment un jour eu lieu. D’un côté, une vague contre-révolutionnaire semble les submerger. En Egypte, le putsch militaire de la junte et la chape de plomb qui s’en est suivie; en Syrie le renforcement militaire et géopolitique apporté au régime de Bachar al-Assad par ses alliés et l’étrange silence états-unien; en Tunisie, l’impunité de l’ancien régime toujours en fonction sans même parler du Yémen ou du Bahreïn… De l’autre, un vent de scepticisme se lève, mêlant pêle-mêle une analyse anti-impérialiste, islamiste ou humaniste décriant les nouveaux pouvoirs comme collabos de l’impérialisme, ayant renoncé à l’application intégrale de la charia ou encore insuffisamment respectueux des droits de l’Homme. Il nous apparaît crucial de réinjecter une dose d’espoir en revenant sur les apports indéniables des révolutions arabes au travers de l’analyse de l’intellectuel palestinien Mounir Chafik.

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L’antiracisme en France, 30 ans de peaux de bananes ?

Avant de parler de la marche dite « anti-raciste » du 30 novembre, revenons sur l’affaire dite de « La guenon mange ta banane » prononcée par cette fillette à l’apparence innocente contre la Ministre de la Justice, Christiane Taubira. La peau de banane brandie par cet enfant fait écho au trophée des Y’a Bon Awards. Cette cérémonie du même nom, organisée par les Indivisibles, consacre par des peaux de bananes dorées les propos racistes de l’année illustrant le mieux le racisme ordinaire. Un peu comme si cette jeune fille réclamait ce trophée pour elle-même. Un peu comme si, en France, l’on pouvait être fier de son racisme.

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Révolution du Bardo ou nouveau traité du Bardo ?

A propos du soutien du Front de Gauche aux “démocrates” du Bardo


Discours de Jean-Luc Mélenchon au meeting place… by lepartidegauche

Une délégation du FG s’est récemment rendue en Tunisie en soutien à la mobilisation du Bardo pour la dissolution de l’ANC. Pour rappel, l’ANC (Assemblée Nationale Constituante) qui siège au Bardo à Tunis est la seule institution fruit des acquis de la révolution tunisienne. Elle est également la seule instance représentative du peuple Tunisien dans son ensemble. Appeler à sa dissolution revient, de facto, à balayer d’un revers de main non seulement la souveraineté populaire mais aussi et surtout à supprimer le seul lieu de délibération politique libre, pluraliste et rationnel en Tunisie. La mobilisation dite du Bardo ne s’arrête pas là. Elle appelle également à remplacer le gouvernement nommé par les élus du peuple par un gouvernement de technocrates expérimentés dit de “Salut National”. Or le terme de “compétences” en Tunisie ne désigne rien de plus que les haut fonctionnaires de l’ancien régime ou pire, des instances néo-libérales internationales telle la Banque Mondiale ou le FMI. N’est-ce pas cette même dictacture de la techocratie que dénonce pourtant la gauche radicale en Europe ? Sans compter que cette mobilisation est soutenue et financée par des hommes d’affaires véreux de l’ancien régime. Leur stratégie ? Arriver à une minorité de blocage en obtenant la démission d’1/3 des députés. Or le nombre de députés démissionnaires ne représentent pas meme 30% des élus de l’ANC et sont soit des partisans du retour de l’ancien régime soit alliés avec ce dernier au sein du “Front du Salut National”. Ce dernier est fondé sur le modèle du Front du meme nom en Egypte qui a récemment organisé le putsch et la dictature militaire du général Al Sissi. Ces memes méthodes fascistes se retrouvent en Tunisie. Ainsi une députée a meme été menacée dans son intégrité physique pour avoir désobéi à la consigne de son parti de se retirer de l’ANC. D’autres ont été débauchés pour rallier le mouvement contre rémunération sonnante et trébuchante. Certes ce mouvement se fonde également sur une critique légitime du bilan des députés tunisiens toute tendances confondues. Mais cette défiance vire à l’anti-parlementarisme quand il ne s’agit pas de nostalgie de l’ancien régime. En celà elle est assimilable en France à l’anti-parlementarisme des populismes du Général Boulanger ou de Poujade.

Une fois ce portrait dressé, comment des militants et élus de la principale force de gauche radicale en France peuvent-ils soutenir un tel mouvement ?

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